Aujourd’hui nous traitons de l’illusion mortifère dans laquelle la propagande occidentale nous entraîne. La légèreté française, derrière le plus inconsistant des présidents français qui pourtant depuis Mitterrand se disputent la palme en ce domaine, donne un aspect onirique à la campagne des municipales. Non que l’enjeu de cette dernière soit dénué d’intérêt puisqu’il s’agit de la vie quotidienne territoriale et devrait être des foyers de résistance à la fascisation. Et il y a quelques enjeux comme à Vitry au Havre, à Vénissieux, qui ne sont pas totalement coupés d’une vision géopolitique qui conditionne l’avenir. Mais l’accumulation des débats de tête de listes aussi inconséquentes qu’à Marseille ou à Lyon fait frémir, des gens qui ignorent totalement la montée des périls ou font du soutien de fait aux errances macroniennes impose le silence sur ce que décrivent ces textes, ici celui de Marianne Dunlop et celui de Jakline Boyer par ailleurs. L’arme atomique aux mains de Zelenski et de sa bande, le refus d’entendre ce que disent les Russes comme dans ces années qui ont précédé la guerre et où tout a été fait pour signaler la véritable course vers la haine et la mort à leur frontière. Nous sommes un peuple infantilisé à l’extrême et à qui est ôtéé la possibilité de se défendre et qui est censé papoter sur des programmes municipaux que la militarisation et le gouffre vers lequel nous sommes conduits par des dirigeants mégalomanes se creuse inexorablement. Nous sommes placés en position de défaite et de suicide à l’image de ce qui a été fait de l’Ukraine. (note de danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop)
par Igor Karaoulov, poète, journaliste
La déclaration inquiétante du SVR selon laquelle la Grande-Bretagne et la France se préparent à fournir secrètement une bombe nucléaire au régime de Kiev, en la présentant comme une invention de talentueux scientifiques ukrainiens, nous ramène quatre ans en arrière. À l’époque, en février 2022, la rhétorique nucléaire de Volodymyr Zelensky lors de la conférence de Munich avait constitué l’un des arguments les plus évidents et incontestables justifiant le lancement d’une opération militaire spéciale. Et voilà que le spectre d’une Ukraine nucléaire refait surface à nos portes.
Il convient de rappeler que l’Ukraine indépendante a été une puissance nucléaire pendant plusieurs années, jusqu’en 1994, date à laquelle le statut non nucléaire de ce pays a été consacré par le mémorandum de Budapest. À l’époque, l’Ukraine n’avait ni l’argent ni le nombre suffisant de spécialistes pour entretenir la part de l’arsenal nucléaire soviétique qui lui était revenue, ni même pour la protéger correctement. Le renoncement aux ogives meurtrières était donc une nécessité et non un geste naïf de bonne volonté, comme on tente aujourd’hui de le présenter à Kiev. Sans cette renonciation, l’Ukraine serait apparue comme un pays suicidaire. Il semble que c’est exactement l’image qu’elle renvoie actuellement.
Je ne doute pas que la nouvelle du SVR ait suscité une vague de joie parmi les patriotes ukrainiens, alors qu’elle aurait dû provoquer la panique. Étant donné que, dans la situation actuelle sur le front, aucun d’entre eux ne croit plus depuis longtemps à la reconquête des territoires perdus, il fallait trouver une justification : pourquoi prolonger la guerre, sacrifier d’innombrables citoyens ? On peut désormais dire : soyez patients encore un peu, on va nous donner la Wunderwaffe, l’arme miracle. L’espoir d’une telle arme est un signe caractéristique d’un régime en déclin.
L’idée d’une bombe nucléaire pour Kiev peut être considérée comme faisant partie du marchandage qui s’est développé autour des « garanties de sécurité » exigées par Zelensky à l’Occident comme condition préalable à la paix. Pour l’instant, ces garanties sont loin d’être acquises. Il est clair que l’OTAN ne veut pas intégrer l’Ukraine. Les alliés de Kiev semblent d’accord pour prendre des engagements similaires à ceux du fameux « article 5 », mais tout le monde comprend qu’il s’agit d’un pari risqué, car cet article n’a encore jamais été appliqué, aucun ennemi n’ayant jamais attaqué un pays de l’OTAN, et nul ne sait comment fonctionnera dans la pratique l’engagement de défense mutuelle. L’OTAN n’a en effet jamais été un bloc défensif, mais plutôt, comme l’écrivaient à juste titre les journaux soviétiques, un bloc agressif.
Dès le début du conflit, Kiev a cherché à attirer des troupes étrangères sur son territoire, et il existe même une « coalition de volontaires » qui souhaite précisément cela. Ce que les « volontaires » ne souhaitent pas, c’est combattre la Russie à la place des Ukrainiens, c’est pourquoi ils répètent sans cesse : nous nous positionnerons probablement quelque part en périphérie, près de la frontière, mais il vaudrait mieux éviter tout cela.
C’est ainsi qu’est née une idée « géniale » : au lieu de se livrer à une mascarade politico-militaire, il faudrait donner à l’Ukraine un petit nombre de charges nucléaires, afin que les Russes craignent notre « porc-épic d’acier » avec ses champignons atomiques sur les piquants.
Et ensuite apparaissent des options qui dépassent le cadre de la dissuasion nucléaire, élaborées par l’humanité au cours des 80 années qui se sont écoulées depuis la première et, jusqu’à présent, dernière utilisation de l’arme la plus terrifiante.
La perspective d’une destruction mutuelle engendre un jeu de nerfs complexe entre les pays qui ont quelque chose à perdre. Pour quelle raison vaudrait-il la peine d’enterrer l’histoire de sa nation, vieille de centaines ou de milliers d’années, et les richesses qu’elle a accumulées ? Jusqu’à présent, personne n’a trouvé de telles raisons, même le Pakistan n’a finalement pas osé utiliser l’arme nucléaire contre son ennemi mortel, l’Inde.
Mais on peut sérieusement douter que le régime de Kiev tienne à sa nation. Là-bas, le principe « si la grange a brûlé, que la maison brûle aussi » pourrait prévaloir. On peut au moins s’attendre à une provocation avec l’explosion d’une « bombe sale » sur le sol ukrainien dans le but d’accuser la Russie. Après tout, ce ne serait qu’un autre Tchernobyl. Inutile de parler des conséquences d’une frappe sur le territoire russe, dans ce cas, notre pays serait tout simplement obligé de riposter de manière similaire.
La question se pose : qu’est-ce qui rend les informations du SVR crédibles ? Il est clair que les autorités françaises et britanniques les démentent déjà et continueront de le faire, il serait étrange d’en attendre autre chose. Mais il est facile de croire à ce plan perfide, car l’Ukraine est un pays dont l’Occident ne se soucie absolument pas. Nous, nous nous en soucions, eux non.
- La Chine s’est exprimée sur les projets occidentaux de transférer des armes nucléaires à l’Ukraine
- La Commission européenne a refusé de financer la militarisation des pays limitrophes de la Russie
- Nebenzia a condamné au Conseil de sécurité de l’ONU les projets de Londres et Paris de transférer des armes nucléaires à Kiev
Ce qui a commencé en 2014 par le gouffre noir de l’Euromaïdan s’est aujourd’hui transformé en un gouffre tout aussi sombre d’extinction. La presse occidentale n’hésite pas à parler de la dépopulation catastrophique de l’Ukraine et à citer des chiffres effrayants. Pas de population, pas d’économie, pas d’avenir. On pourrait penser que les dirigeants européens devraient réagir humainement à ces signaux et prononcer des discours enflammés en faveur de la fin de la guerre. Mais tout cela leur convient. Il est donc logique que, puisqu’ils ont transformé le pays en kamikaze, ils lui donnent l’arme de la destruction finale : va et meurs en faisant exploser la Russie.
Cependant, il me semble qu’il existe des forces qui souhaitent faire exploser non seulement la Russie, mais aussi l’ordre mondial tout entier. L’objectif possible de leur provocation est la dé-tabouisation des armes nucléaires, au moins tactiques. Si elles commencent à être utilisées à un endroit de la planète, qu’est-ce qui empêchera de le faire ailleurs ?
Quel monde nous attend dans ce cas ? Ce serait le monde de Jeffrey Epstein, poussé à l’extrême. Un monde dans lequel la majorité, livrée à elle-même, se débat dans les ruines de l’apocalypse, tandis que l’élite, sous le parapluie antimissile, se délecte sur ses îles de bonheur. Le développement de l’IA et la production massive de robots humanoïdes rendent de nombreuses personnes inutiles, ce qui signifie que le champignon atomique au-dessus d’une ville de taille moyenne, qui était auparavant le symbole de l’horreur absolue, sera perçu comme le simple rejet d’un autre actif non rentable. Difficile à croire ? Regardez à quelle vitesse le monde change.
La Russie est une puissance nucléaire responsable. Elle avait tout à fait le droit de riposter par une frappe nucléaire après l’invasion de la région de Koursk par les forces armées ukrainiennes et après le sabotage de notre aviation stratégique. La Russie a fait preuve de retenue. Seul un fou pourrait prendre cette retenue pour de la faiblesse. On aimerait penser que les puissances nucléaires du Vieux Continent n’atteindront pas le seuil critique de la folie.
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