Histoire et société3

Tant qu'il n'y a pas d'œuvre commune, il y aura toujours de l'intolérance

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la conscience de staline, la conscience du "sérieux" de l'existence engagée...

. Kojeve dont vient d'être publié chez Gallimard "Sophia" a, eu une trés grande influence sur le monde intellectuel français les surréalistes et Lacan par exemple. Un intellectuel français qui interroge "l'académisme" propagandiste français, Nicolas Rambert, à partir de Kojève, mais aussi ceux qui l'ont nourri dans la philosophie russe avant l'URSS, tente de rendre u peu moins ignares les intellectuels français. Noble tâche, il s'indigne devant l'inculture de plus en plus dramatique de la France et des Français qui désormais par chauvinisme, xénophobie sont en train de se couper de ce monde intellectuel - celui de la multipolarité et plus encore celle qui s'interroge sur le "progrès, "science sans conscience n'est que ruine de l'âme...." A l'ordre du jour du destin de l'humanité face à sa propre science. Cette crasse néocoloniale qui nous fait regarder le monde avec la morgue imbécile de celui à qui la propagande et l'esprit de supériorité tiennent lieu de compétence, est déjà bouffon quand nous avons les moyens de notre suprématie mais quand nous sommes fauchés, chassés de partout cela devient humiliant par la paresse intellectuelle. Elle correspond bien à la montée de l'extrême droite passée du stade de repoussoir à celle d'éclaireur pour bobos gauchisant et opportunistes et face auquel il y a trahison du peuple français. .

Publié par Danielle Bleitrach

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Article original pour le blog

Si vous n'avez pas le courage de lire "sophia" et ce serait dommage vous pouvez toujours lire ce petit livre d'initiation de Rambert Nicolas : la conscience de Staline Kojève et la philosophie russe nrf, Gallimard, d'à peine 200 pages qui peut être un bouleversement. C'est le genre de livre que je mets dans mon sac à dos et dont je lis quelques feuillets en m'asseyant sur un banc . J e découvre le rôle de la mort dans la pensée russe, il ne s'agit pas de nihilisme mais du pris de la vie et de ce qui vous parait suffisamment important pour la sacrifier dans un acte d'amour total. Si notre "oeuvre" ce à quoi nous avons consacré notre vie , autrement dit si notre existence (soit ce que l'on a fait de sa vie ) ne vaut pas la peine qu'on la défende de toute nos forces , alors elle n'est ni juste, ni valable.. Dans le fond cela résume assez bien ma conception de l'engagement et ce qui fait que je peux soutenir le PCF et être sympathisante, mais je ne donnerai pas ma vie pour ce qu'il est aujourd'hui alors que ce fut évident pour moi et il est toujours évident que Cuba mérite un tel sacrifice s'il s'avérait utile. C'est tout sauf du nihilisme, c'est plus proche de la phrase d'Aragon "aimer la vie à en mourir" .

Ce n'est pas si éloigné de Robespierre ("nos raisons d'existe valent mieux que notre existence disait-il) si ce n'est qu'il s'agit d'une proposition idéaliste aves le "mieux", non mes "raisons d'exister' valent exactement le prix que j'attribue à mon existence et à celle de mes camarades et il est très élevé. il doit se payer de mots, mais pas seulement, surtout d'actes concrets et de résultats matériels, de progrès réels. et une organisation politique se mesure à ce prix là qui mérite alors ou non mon adhésion. Parce que quand j'ai adhéré ceux qui m'ont accueilli sortaient de la guerre et avaient été prêts à payer ce prix là pour la patrie et pour la sécurité sociale, le droit à la santé, à l'éducation et à l'énergie nucléaire civile, toutes questions profondément actuelles, la guerre et la paix n'étaient pas des concepts abstraits.

Kojeve reprend pour la Révolution ce qu'a exposé comme la "conscience russe" Soloviev, le drame d'une société réfractaire à l'élargissement de sa propre conscience, à la philosophie alors que celle-ci n'a de sens que "collectif' que comme "pravda" au double sens du terme théorique et pratique, comme "sagesse" à accomplir collectivement ici bas et l'espoir de sa réalisation par l'URSS. Le dégoût de cette pensée mondaine, individualiste dont l'occident réformiste se contente : la perfection personnelle ne peut être isolée du progrès social qu'en parole et non dans les faits, un discours d'oisifs.

C'est donc la participation à une conquête théorico-pratique à travers laquelle l'humanité écrit son histoire qui apporte la seule certitude possible et le refus du pessimisme. On pense comme le disait Brecht : je n'ai pas une particulière estime pour les êtres humains tels qu'ils sont mais je sais que tout ce qui est important dans ma vie dépend d'eux et de leur capacité à faire l'Histoire, la leur et celle de la connaissance théorico-pratique, sagesse et matérialisme comme la seule prière qui vaille.

Staline et il en avait conscience a été une hypostase du pouvoir des soviets, il a été l'exécuteur testamentaire de la philosophie russe c'est ce qu'évoquent chacun à leur manière Althusser et Lukacs en dénonçant le caractère réducteur du "pouvoir personnel".

Dans l'angoisse mortelle de la condition humaine, dit Kojève en citant Hegel , l'homme prend conscience de sa réalité, de la valeur qu'a pour lui le simple fait de vivre ; et c'est seulement ainsi qu'il se rend compte de ce "sérieux" de l'existence qui n'est pas l'apanage de l'existence. Dans un temps où nous assistons à un tel dévoiement du politique qui devrait traduire comme destin collectif de l'humanité cette essence du sérieux de nos engagements, il faut mesure à quel point l'engagement populaire, celui des petites gens est plus proche de ce "sérieux" que ce que nous le croyons. C'est aussi ce que mesure la pensée russe qui n'est pas élitiste. Combien ces prolétaires nous ont donné d'exemple du sérieux de leur existence en sacrifiant leur emploi, leur vie sans attendre rien en récompense même pas la notoriété en recréant l'unité théorico-pratique de la "consciensisation" la capacité à penser par moi même et non par ce qu'on exige que je sois.

Comment la Révolution bolchevique a été la poursuite de cette conscience russe qui dénonce les "masques mondains" de l'occident hier et plus encore aujourd'hui. Il y a même de la colère d'avoir été dupe...

L'idée fondamentale est qu'il existe une philosophie russe que nous avons méconnu et continuons plus que jamais à méconnaitre par pure stupidité et esprit de supériorité mal placé,

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