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L'accord Macron-Zelenski, beaucoup de bruit pour pas grand chose...
En réalité, il faudra beaucoup de temps, voire jamais, avant qu'une usine en Ukraine ne produise des armes françaises ou américaines de grande envergure. La France a conclu un "accord important" avec l'Ukraine qui comprend des milliards d'euros d'achats
Publié par Danielle Bleitrach
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Source : asiatimes.com
par Stephen Bryen
15 juillet 2026
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le président français Emmanuel Macron. Photo : Facebook
La France a conclu un « accord important » avec l'Ukraine, qui comprend des milliards d'euros d'achats par l'Ukraine de systèmes français et de licences pour produire un certain nombre d'armes, dont le SCALP/Storm Shadow, un missile de croisière à longue portée, les intercepteurs Aster 30 pour le système de défense aérienne SAMP/T NG (que l'Ukraine achètera), et le kit de bombe planante AASM.
L'Ukraine achètera 16 avions de chasse Rafale et (probablement) quatre systèmes de défense aérienne SAMP/T NG.
Le Rafale F4, le dernier modèle, coûte entre 80 et 100 millions d'euros (environ 87 à 108 millions de dollars américains) l'exemplaire.
Le système SAMP/T NG est onéreux. Pour un pays étranger acquérant un ensemble complet (comprenant le radar Ground Fire 300, les lanceurs, les modules de commandement et de contrôle, la logistique, la formation et les pièces de rechange initiales), une seule batterie SAMP/T NG coûte entre 700 millions et 1 milliard de dollars américains (650 à 900 millions d'euros).
Les avions de chasse seront armés, mais la nature et la quantité des armes n'ont pas été précisées.
Par ailleurs, aucun prix n'a été annoncé pour les licences de production des missiles intercepteurs Aster 30, des missiles de croisière à longue portée SCALP Storm Shadow ni de la bombe planante AASM. Il est probable que le prix des licences soit calculé en pourcentage de la valeur commerciale de chaque produit, mais cela reste à confirmer.
Il n'est pas déraisonnable de penser que les Français s'attendent à récolter une manne de 4 à 8 milliards de dollars, voire plus, étant donné que la France devra fournir des composants et des pièces détachées.
Comme on dit, il y a de nombreux problèmes.
Par exemple, l'Italie est en passe d'acquérir des unités SAMP/T NG pour ses besoins de défense. Cette demande italienne entre très probablement en conflit avec les capacités de production françaises limitées de systèmes SAMP/T. Soit l'Italie sera livrée d'ici 2030, soit l'Ukraine le sera dans le même délai, mais pas les deux. Bien que le consortium de fabrication, Eurosam, ait accepté d'accroître sa production, on ignore encore tout du calendrier et du financement de cette expansion.
Lancement de missile SAMPT du 4e régiment d'artillerie antiaérienne de l'armée italienne.
Qui paiera la facture ? Certainement pas les Français. La France exigera que l’UE prenne en charge les frais, s’enrichissant ainsi aux dépens de la quasi-totalité des autres pays européens. On peut prévoir une forte opposition de la part des gouvernements européens qui refuseront de financer la République française.
En effet, le manque de financement risque de rendre l'accord caduc lorsque Macron sera confronté à la réalité. La seule question est de savoir combien de temps il faudra avant que des réticences politiques ne se manifestent face au soutien apporté à l'industrie de défense française au détriment (plus ou moins) de tous les autres pays. On ignore encore ce que la France proposera à ses partenaires de l'UE et de l'OTAN.
Macron cherchait bien sûr à prendre l'ascendant sur Trump, ce qui constitue le véritable fondement politique de l'« accord » franco-ukrainien. Même la proposition de Trump est truffée d'écueils, le principal étant que son administration s'attendait à ce que l'OTAN finance la licence des intercepteurs Patriot de Lockheed. Il est peu probable que l'OTAN paie, tout comme il est peu probable qu'elle garantisse l'accord français.
Au final, le grand perdant, c'est bien sûr l'Ukraine. Il faudra attendre longtemps, voire jamais, avant qu'une usine ukrainienne produise des armes américaines ou françaises de grande envergure. L'accord avec la France commence en douceur, sans éclat. Pauvre Emmanuel.
Stephen Bryen est un ancien sous-secrétaire adjoint à la Défense des États-Unis. Cet article a initialement paru dans sa lettre d'information*Weapons and Strategy* . Il est republié avec son autorisation.
