Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Hypothèse géopolitique : une stratégie indirecte contre le bloc BRICS de la part de « MAD » Donald

C’est effectivement ce qui paraissait prévisible et que nous avions souligné en notant que ce type de coup de force de Trump serait un déplacement sur un terrain qu’il espère un peu plus maitriser mais qui pour lui et l’impérialisme a une dimension beaucoup plus large ne serait-ce que celle du contrôle des routes de l’énergie et de l’autonomie stratégique des BRICS. Je dois dire que pour une fois Elon Musk a dit le caractère délirant de cette intervention « trumpienne » en expliquant que pendant la conférence de presse, Rubio l’homme de la mafia de Miami, découvrait qu’il était devenu président du Venezuela, shah d’Iran, gouverneur de Cuba, procurateur dans d’autres lieux de la planète. Les souffrances de l’Amérique latine et des Caraïbes risquent d’être atroces mais il y a aussi un côté grotesque dans ce qu’un commentateur désignait comme le « Mad » Donald impérialiste. Lorsque l’affrontement direct devient trop risqué entre puissances nucléaires, les conflits se déplacent vers des terrains périphériques. Si tel est le cas, la crise vénézuélienne pourrait marquer non pas un événement isolé, mais une nouvelle phase de la guerre d’influence mondiale qui tenterait de rejouer la guerre froide et ses conflits périphériques pour déserter le terrain de l’affrontement principal devenu trop dangereux parce que nucléaire et celui de l’inversion des rapports de force par rapport à la guerre froide. C’est bien ce que j’avais défini comme le Zugzwang (note et traduction de Danielle Bleitrach).

Si l’on raisonne en termes de rapports de force globaux, l’intervention américaine au Venezuela peut être interprétée comme bien plus qu’une simple opération contre Nicolás Maduro. Dans cette hypothèse, Donald Trump agirait dans une logique de confrontation indirecte avec les puissances émergentes du bloc BRICS, en particulier la Russie et la Chine.

L’échec supposé d’une action directe ou indirecte contre la Russie notamment après l’attaque avortée visant un symbole du pouvoir russe aurait poussé Washington à déplacer le champ de bataille vers une zone plus vulnérable : l’Amérique latine. Le Venezuela, allié stratégique de Moscou et de Pékin, riche en hydrocarbures et acteur clé dans les équilibres énergétiques alternatifs au dollar, devient alors une cible idéale.

En frappant Caracas et en neutralisant Maduro, les États-Unis chercheraient à envoyer plusieurs messages simultanés, affirmer leur capacité d’action unilatérale, briser l’élan géopolitique du BRICS, et surtout affaiblir l’influence chinoise dans une région historiquement considérée comme zone d’influence américaine. Ce n’est pas seulement un régime qui serait visé, mais un symbole : celui d’un monde multipolaire en construction.

Dans cette lecture, la réaction ferme de la Russie ne relève pas uniquement de la défense d’un allié, mais de la protection d’un principe fondamental : la souveraineté des États face à la loi du plus fort. Le Venezuela deviendrait alors le théâtre d’un affrontement indirect entre grandes puissances, où la diplomatie cède progressivement la place à la démonstration de force.

Cette hypothèse, bien que spéculative, s’inscrit dans une logique historique : lorsque l’affrontement direct devient trop risqué entre puissances nucléaires, les conflits se déplacent vers des terrains périphériques. Si tel est le cas, la crise vénézuélienne pourrait marquer non pas un événement isolé, mais une nouvelle phase de la guerre d’influence mondiale.

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