Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Guennadi Ziouganov : Nous sauverons Maduro !

Nous avons Marianne et moi une grande admiration pour le président du KPRF. Si le parti communiste a su à la fois conserver, célébrer la mémoire de ce qu’a été l’URSS, il le doit largement à la volonté tenace de ce grand dirigeant qui dans le même temps a su ne pas se contenter de célébrer mais chercher l’unité et une perspective internationaliste, en particulier en percevant le rôle de la Chine et de ce monde multipolaire en continuant à concevoir la fédération de Russie comme le creuset de l’unité des peuples. On a ici le résultat de ce grand dirigeant et de l’équipe qui s’est constituée autour de lui et de la défense des peuples, des travailleurs, la classe ouvrière et les intellectuels. Aujourd’hui encore en appelant à travers la défense de Maduro et de la première combattante son épouse, c’est le refus de l’injustice et du crime contre le Venezuela, mais aussi Cuba et tous les peuples du sud. Après le texte fondamental publié avant-hier, voici ce vibrant appel en faveur du droit et de la justice contre le capitalisme en fin de course (note de Danielle Bleitrach, traduction de Marianne Dunlop pour histoireetsociete)

kprf.ru

Entretien avec le commentateur politique du journal « KP » Alexandre Gamov

… – Guennadi Andreïevitch, hier, lors de la conférence de presse à TASS, vous avez déclaré que votre comité pour la libération de Maduro était soutenu par 90 organisations internationales…

– Hier, j’ai dit qu’aujourd’hui, chaque personne honnête et courageuse avait deux choix.

Soit la poursuite du capitalisme, qui aboutit au nazisme et au fascisme, car tout le système capitaliste est dans une impasse totale.

On le voit partout, en Amérique comme en Europe. Rien que dans le Minnesota, Trump et ses sbires ont arrêté 10 000 personnes et sont contraints de faire marche arrière.

Quant à l’Europe, elle devient chaque jour plus brune. Si elle continue de se détruire, le nazisme est inévitable en Allemagne. C’est à nouveau une menace pour tout et pour tous.

– Et le deuxième choix ?

– C’est le socialisme. C’est ce que nous avons proposé.

Afin de renforcer la lutte contre le nazisme et le fascisme, nous avons organisé trois grands forums antifascistes…

– Oui, nous en avons parlé.

– Il y a plus de deux ans à Minsk, en 2025 à Moscou, à la veille du Jour de la Victoire.

Nous avons ensuite réuni tous les dirigeants des médias et des forces patriotiques de la planète. Nous allons maintenant organiser un autre forum antifasciste… Et nous avons déjà contacté tous les participants à ces événements.

– La dernière fois, 165 délégations sont venues chez nous…

– … Oui, provenant de 91 pays du monde. Nous leur avons envoyé, dans leur langue maternelle, notre évaluation de la situation et mon message. Tous ont répondu et ont dit : « Nous nous réunirons avec plaisir, nous vous soutiendrons.

Nous considérons actuellement que la plus grande menace est la politique du grand bâton que les Américains brandissent à nouveau au-dessus de la planète.

En effet, si l’on peut enlever le président de son propre pays, l’emprisonner et le persécuter avec son épouse, où cela peut-il s’arrêter ? Lorsque même les chefs d’État, dont l’immunité est garantie par tous les traités internationaux, ne peuvent bénéficier d’une sécurité élémentaire.

Non seulement ils viendront (165 délégations de 91 pays – A.G.), mais ils ont tous soutenu notre appel et lancé un vaste mouvement anti-guerre. Et aussi un mouvement en faveur des idéaux de justice, d’amitié et de socialisme.

Et j’ai particulièrement souligné hier que le principal soutien au niveau international viendra des BRICS et de l’OCS, c’est-à-dire de ce que le président Poutine et le président Xi Jinping ont créé, inventé et consolidé ces dernières années.

– Hier, vous avez également évoqué Slobodan Milosevic… que vous vous êtes battu pour lui… (L’ancien président yougoslave est décédé en prison à La Haye le 11 mars 2006.)

– Je ne me suis pas contenté de me battre… je le connaissais bien, je l’ai rencontré.

J’ai passé toute la nuit avec lui à Belgrade, quand les Américains le harcelaient, je suis allé l’aider, le soutenir.

Et je lui ai expliqué alors que s’il leur faisait confiance, ils l’enfermeraient en prison et le tueraient là-bas. Je lui ai dit cela sans détours.

Et pourtant, le secrétaire d’État adjoint est arrivé là-bas, il l’a convaincu… Milosevic a accepté. Et puis, avec l’aide de leurs agents locaux, ils ont en fait arrêté Slobodan et l’ont emmené à La Haye.

Mais à La Haye, il y avait un officier russe dans la garde, enfin, avec des racines russes. Et Milosevic et moi étions en contact direct. Mes assistants se sont rendus sur place et l’ont rencontré. Et quand la tension artérielle de Slobodan a grimpé à plus de 200, il est devenu évident qu’il fallait le soigner d’urgence.

Je me suis rendu sur place, ainsi que notre médecin, et nous avons dit qu’il fallait le soigner.

Nous avons fait une demande officielle, mais les Américains ont compris que les Russes sauveraient Milosevic et ne l’ont pas laissé partir. Et la nuit, ils frappaient contre les murs de sa cellule, allumaient la lumière, créant des conditions insupportables. En fait, ils l’ont tué à petit feu.

Puis je me suis rendu à Belgrade pour accompagner Slobodan dans son dernier voyage. Je n’avais pas vu un tel rassemblement depuis longtemps. Plus d’un million de personnes s’étaient rassemblées sur la place principale. J’ai pris la parole, puis j’ai accompagné Milosevic jusqu’à sa maison natale, où il a été enterré dans son jardin, là où il était né.

– Pensez-vous que Maduro pourra être sauvé ?

– Je suis sûr que c’est possible. J’en suis absolument certain. Et il faut se battre.

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