Il va falloir une fois de plus tenter d’aller au-delà du spectacle que constitue le cirque de la toute puissance des Etats-Unis. La presse occidentale française en particulier atteint des sommets en se ralliant à la politique spectacle qui caractérise désormais l’action de Trump. Celui-ci a déjà imposé sa vision : le rêve multipolaire est terminé, il ne reste plus que deux puissances et demi, la demi portion étant la Russie pour le reste tout se joue entre la Chine et les Etats-Unis. Mais le moins que l’on puisse dire c’est que le plan de Trump sur cette seule affaire du Venezuela n’est pas clair du tout. D’un côté il a institué Rubio comme une sorte de vice roi du Venezuela mais aujourd’hui nous tentons de mesurer à quel point tout cela ne repose pas sur grand chose. Contentons-nous dans cet article introductif de tenter de faire percevoir quelques réalités au-delà de cette « opération » qui veut nous faire croire que l’on est passé du multipolaire à la « réalité » des grandes puissances et de la loi du plus fort. Certes on peut être inquiet pour Cuba et il faut renforcer la solidarité de cette île héroïque qui se trouve au premier rang des résistances mais il faut aussi mesurer que depuis le blocus qui avait été institué sur le Venezuela ce pays ne disposait plus de la possibilité d’utiliser pour lui et pour d’autres ses énormes réserves. Nous étudions par ailleurs les difficultés de réaliser l’annonce de mettre la main sur lesdites réserves et d’en gérer la vente en surveillant son utilisation par le gouvernement vénézuélien. Quant à prétendre à partir de là gérer le Venezuela la carte ci-dessous a le mérite de vous donner un aperçu du problème et encore vous ignorez à quel point certaines zones souvent les plus riches en ressources échappent à tout mode de gouvernement, sauf à tenir compte des équilibres sociaux et politiques locaux.
PARTONS D’ABORD D’UN FAIT – L’INTERVENTION FAIT L’UNANIMITÉ CONTRE ELLE : 77 % DES VENEZUELIENS SONT CONTRE ET SEULEMENT 5,4% L’APPROUVENT SANS RÉSERVE
Selon Datanalisis, le plus gros institut de sondage du Venezuela, 77% des Vénézuéliens et Vénézuéliennes rejettent une intervention militaire des États-Unis (décembre). Et d’après un autre sondage de septembre, la ligne dure et antipatriotique de Machado lui vaut un rejet de 64,6%.
Il faut toujours prendre une distance très critique des sondages. Pourquoi ces sondages sont particulièrement intéressants ? Datanalisis est une entreprise privée, dont les experts ont une reconnaissance internationale, en raison de leur hostilité au pouvoir de Maduro. Les dirigeants de l’entreprise Datanalisis défendent un renforcement du rôle du monde privé au Venezuela, et même du rôle pétrolier des États-Unis. Ce sont à l’évidence des néolibéraux, davantage adeptes de Friedman que de Chavez, qui publient de nombreux sondages critiques du gouvernement.
En effet, le principal institut de sondage vénézuélien a été obligé d’admettre l’existence d’une opposition massive à une intervention des États-Unis au Venezuela. Son président Luis Vicente León est une référence dans les médias occidentaux, du Monde au Figaro, avec des analyses hostiles à Maduro.
Seulement 5.4% des Vénézuélien(ne)s sont fermement pour une intervention des États-Unis.
De plus, l’impact négatif de la position antipatriotique de Machado se ressent dans les sondages. Toute l’opposition ne voit ainsi pas d’un bon œil une appropriation étasunienne des ressources du Venezuela, sur fond de division entre population et diaspora, ainsi que riche et pauvre.
Les sondages successifs illustrent un Venezuela divisé, marqué par les traumatismes de la doctrine Monroe et l’opération Condor en Amérique latine.
Chavez avait été porté au pouvoir pour cesser la mainmise historique des USA sur le pétrole. ET le chavisme a tenu parole malgré le blocus, l’asphyxie, les ressources ont été redistribuées pour rendre le pays plus égalitaire avec l’aide des Cubains qui ont soigné et alphabétisé. Ils ne se sont pas contenté de donner leur vie en protégeant Maduro, l’essentiel de la coopération porte sur cette éducation et la santé.
L’agression des États-Unis n’a pas le soutien du peuple.
à partir d’un article d’Antoine Trupiano Remille
EN OUTRE IL Y A LE PAYS, IMMENSE AVEC DES ZONES TRÈS DIFFÉRENTES DE LA CARAÏBE A L »AMAZONIE, QUI A LA MOINDRE IDÉE DE CETTE RÉALITÉ ?

Nul ne sait où ces gens là veulent aller et comment … même pas les représentants du Congrès des USA
Dire que c’est de la comédie ne signifie pas l’absence de danger au contraire… D’abord rien n’assure que Trump et son équipe ait décidé de s’arrêter là au contraire. On sait et nous en parlons par ailleurs que Trump s’est vanté vu le caractère secret de l’opération et son aspect de simple police selon lui, de ne pas en parler avec le Congrès alors même qu’il mettait au courant « les pétroliers ». Sur deux points au moins on conçoit que cela pose problème : les bases de l’inculpation et du traitement d’un chef d’Etat en simple délinquant quand il s’avère que les charges ne tiennent pas. Mais aussi l’annonce faite au « pétroliers ». Une réunion de rattrapage du congrès s’imposait mais elle a été tout aussi problématique : lors d’une réunion d’information avec de hauts responsables de la Maison Blanche en début de semaine, le sénateur démocrate Chuck Schumer a demandé des assurances claires que l’administration n’envisageait pas d’étendre ses opérations à d’autres pays de la région. Il a mentionné deux pays en particulier : Cuba et la Colombie. La réponse qu’il a reçue n’a pas été rassurante. « J’ai demandé des assurances qu’ils ne prévoyaient pas d’opérations dans d’autres pays, et j’ai mentionné certains de ceux que vous avez cités, notamment la Colombie et Cuba, et leur réponse m’a beaucoup déçu », a déclaré Schumer aux médias après la réunion.
Bien qu’il n’ait pas donné de détails sur les propos des responsables, sa réaction a clairement indiqué que l’administration républicaine n’excluait pas la possibilité de nouvelles actions militaires. Ceux qui étaient censés répondre aux questions de cette session le secrétaire d’État Marco Rubio ; le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth ; la procureure générale Pam Bondi ; le directeur de la CIA John Ratcliffe ; et le chef d’état-major interarmées Dan Caine. Et ces gens là n’ont en rien rassuré Chuck Schumer, le chef de la minorité démocrate au Sénat, sur une préoccupation qui commençait à gagner du terrain dans les couloirs du Capitole : d’autres pays sont-ils dans le collimateur du Pentagone ? Et est-ce que le déploiement actuel au Venezuela s’étendrait ?
« J’ai posé quatre questions simples. Combien de soldats américains allons-nous envoyer au Venezuela ? Ils n’en savent rien. Combien de temps allons-nous gouverner le Venezuela ? Ils n’en savent rien. Combien cela va-t-il coûter ? Ils n’en savent rien non plus. Quel sera le prochain pays ? Nul ne le sait », a-t-il résumé à la presse. Les propos du sénateur viennent s’ajouter à un climat de tensions diplomatiques croissantes, alimentées par les récentes déclarations de Trump dans lesquelles il n’exclut pas une intervention en Colombie et lance des attaques directes contre le président Gustavo Petro. Pour Schumer et d’autres législateurs, le manque de clarté des plans de l’exécutif représente un risque non seulement pour la stabilité régionale, mais aussi pour le contrôle démocratique des décisions de guerre.
Le malaise de Schumer a été renforcé par les commentaires du président Trump dimanche, soit un jour seulement après l’intervention au Venezuela. Interrogé par des journalistes sur une éventuelle opération similaire en Colombie, le président a répondu sans ambages : « Cela me semble une bonne idée. »Trump est allé plus loin en faisant directement référence au président colombien Gustavo Petro, qu’il a décrit comme « un homme malade qui aime fabriquer de la cocaïne et la vendre aux États-Unis ».
Il a ajouté : « Il ferait mieux de faire attention », une menace à peine voilée qui a été interprétée comme une grave escalade des tensions entre Bogota et Washington.
Ces déclarations, faites à bord d’Air Force One, ont suscité une vive condamnation de la part de la Colombie et alimenté les spéculations quant à une éventuelle opération militaire américaine sur le sol colombien.
Par le passé, Trump a à plusieurs reprises lié Cuba au gouvernement Maduro et à des réseaux de trafic de drogue tels que le Cartel des Soleils, désigné par le Département d’État comme une organisation terroriste étrangère. Sous ce même prétexte – la lutte contre le trafic de drogue – l’opération militaire a été menée au Venezuela. Au Congrès, certains élus mettent en garde contre le risque que le discours sur la sécurité nationale ne s’étende à d’autres pays de la région, notamment ceux qui ont adopté des positions critiques à l’égard de la politique étrangère de Washington.
L’opération a abouti à la capture du président Nicolás Maduro et de son épouse, qui ont été transférés à New York sous détention mais visiblement n’a pas beaucoup changé la donne et le gouvernement vénézélien quelle que soit l’interprétation et les luttes de tendances que l’on tente de lui attribuer a fait bloc en qualifiant les événements d’« agression militaire très grave » et a dénoncé le fait que le véritable objectif de l’attaque était de s’emparer des ressources stratégiques du pays, telles que le pétrole et les minéraux.
Lundi, Maduro a comparu devant un tribunal du district sud de New York, où il a plaidé non coupable de plusieurs chefs d’accusation, notamment de narcoterrorisme.

donc cette carte qui est déjà très parlante est partiellement inexacte : le Venezuela mis dans les pays neutre ne l’est pas du tout et s’affirme résolument contre. La Turquie n’est pas un soutien sans faille, et quant aux neutralités dans le pacifique elles sont bien fragiles ; cette affaire ne rend pas plus confortable la situation du Japon, le seul allié véritable des USA menacé d’étranglement. Quant aux Etats-Unis eux-mêmes on ne peut pas dire que l’opération y jouisse d’un soutien majoritaire… on peut d’ailleurs signaler aux amateurs d’ambiance que le traité New Start, dernier vestige des accords de maîtrise des armements entre les États-Unis et la Russie, s’apprête à expirer, le 6 février dans un contexte de forte tension géopolitique, en Ukraine évidemment, mais aussi au Venezuela et au Groenland. Prolongé et signé à Prague en 2010, ce traité a fixé des limites strictes aux arsenaux stratégiques des deux puissances nucléaires, instauré une transparence entre adversaires et, jusqu’à récemment, contribué à contenir les dépenses liées aux armes les plus destructrices jamais inventées. Et pour que nous sachions où nous mettons les pieds après que la « coalition » ait décidé de contribuer après un hypothétique cessez-le-feu en Ukraine et que Macron ait proposé d’envoyer des milliers de soldats français, les Russes leur ont répondu qu’il les considèreraient comme des cibles légitimes. Tandis que Trump explique non sans perspicacité que sans lui l’OTAN ne ferait peur à personne… Il est clair que nous ne sommes pas nous Français dans une réalité multipolaire mais dans la dure loi de la domination de notre maître US mais ne projetons pas notre situation sur celles de pays qui se sont engagés dans cette démarche…
En l’absence du président du Venezuela pour des raisons indépendantes de sa volonté, la vice-présidente Delcy Rodríguez a assumé le rôle de présidente par intérim. Nous analysons par ailleurs le fait que ce gouvernement ne compte pas affronter militairement les USA sans pour autant lui reconnaitre la moindre légitimité à lui dicter ses choix politiques y compris celui de ses liens avec d’autres pays.
Ceci nous conduit à la Russie que les mêmes qui lisent dans la boule de cristal de leurs préjugés et envisageaient ladite Russie en train de passer un deal pour se partager la malheureuse Europe semblent manifester peu de complaisance face à l’opération, comme on le voit ci-dessous. Et si l’on considère que le même gouvernement vénézuélien a viré notre représentation française quand Macron s’est cru autorisé à nous ridiculiser en tant que nation en approuvant l’opération terroriste des USA sur le Venezuela et l’enlèvement du chef d’Etat. Bref cette rupture avec la Russie mais aussi la Chine n’est pas à l’ordre du jour d’aucun calendrier.
Il serait totalement faux de sous-estimer les dangers de cette opération d’enlèvement d’un chef d’Etat pour mettre la main sur les ressources d’un pays, mais il serait tout aussi erroné d’imaginer qu’il a réussi son coup et qu’il est désormais le maître de la situation, lui et un de ses alliés vassaux prêts à tout avaler.
1. – « Nations sœurs et alliés stratégiques » : le Venezuela exprime sa profonde gratitude à la Russie pour son soutien. Le chancelier vénézuélien Yván Gil a souligné le soutien de Moscou « pour défendre la libération du président Nicolas Maduro et de la Première Combattante Cilia Flores ».
Le gouvernement vénézuélien a exprimé ce mardi sa « profonde gratitude » à la Russie pour le soutien exprimé à la suite des attaques militaires américaines et l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro, ainsi que de la Première Dame Cilia Flores.
« Le Venezuela et la Russie sont des nations sœurs et des alliés stratégiques. Le Gouvernement bolivarien exprime sa profonde gratitude pour la déclaration de la Russie en soutien à la revendication d’une nation souveraine, en particulier pour la défense de la libération du Président Nicolas Maduro et de la Première Combattante Cilia Flores », a déclaré le chancelier vénézuélien Yván Gil, via Telegram.
Le diplomate a souligné que le Venezuela apprécie « le soutien » de la Russie à « l’ordre constitutionnel » dans son pays, lequel, a-t-il dit, « est pleinement garanti sous la direction de la Présidente en charge Delcy Rodriguez, conformément à nos lois ».
Gil a également remercié la Russie pour « son appel ferme au respect de l’autodétermination du peuple vénézuélien et son refus d’une intervention extérieure illégale et destructive, motivée par des intérêts néocoloniaux », comme ceux exposés par le président américain, Donald Trump, en soulignant ouvertement que sa priorité est de reprendre le contrôle du pétrole vénézuélien pour le livrer aux « grandes compagnies » énergétiques américaines.
Déclaration de la Russie. La Chancellerie russe a publié ce mardi une déclaration sur l’évolution de la situation au Venezuela, soulignant que la prestation de serment de la vice-présidente exécutive Delcy Rodriguez en tant que « Présidente chargée de pouvoir », « démontre la détermination du gouvernement bolivarien à assurer l’unité et à préserver la structure verticale du pouvoir, établie par conformément à la législation nationale. »
De même, a souligné Moscou, les actions institutionnelles prises par Caracas visent à « contenir les risques d’une crise constitutionnelle et à créer les conditions nécessaires au développement pacifique et stable ultérieur du Venezuela face aux menaces néocoloniales flagrantes et à l’agression armée de l’extérieur ».
« Nous saluons les efforts entrepris par les autorités officielles de ce pays pour protéger la souveraineté de l’État et les intérêts nationaux. Nous réaffirmons la solidarité indéfectible de la Russie avec le peuple et le Gouvernement vénézuéliens. Nous souhaitons plein succès à la Présidente en charge Delcy Rodríguez dans la résolution des tâches auxquelles est confrontée la République bolivarienne », a déclaré la Chancellerie russe.
Moscou a également exprimé sa « disposition à continuer d’apporter le soutien nécessaire au pays ami qu’est le Venezuela », raison pour laquelle il plaide « fermement » pour que le pays sud-américain soit garanti « le droit de déterminer son propre destin sans aucune ingérence destructive de l’extérieur ».
« Nous nous prononçons constamment pour la désescalade de la situation actuelle et pour la résolution de tout problème existant par le dialogue constructif et le respect des normes du droit international, en premier lieu la Charte des Nations unies. L’Amérique latine et les Caraïbes doivent rester une zone de paix. Le développement souverain des pays de la région doit être garanti », a souligné le bureau des étrangers russes.
2. – La ferme demande de la Chine aux États-Unis après l’audience de Maduro au tribunal de New York. La chancellerie chinoise a dénoncé que ce qui s’est passé « a gravement violé la souveraineté du Venezuela et a gravement compromis la stabilité des relations internationales ».
Le gouvernement chinois s’est prononcé ce mardi sur la première comparution de Nicolas Maduro et de sa femme Cilia Flores devant un tribunal de New York, demandant la libération immédiate du président vénézuélien et de la Première Dame.
« Les USA, ignorant le statut de chef d’État du président Nicolas Maduro, l’a ouvertement accusé devant un tribunal national et a mené un prétendu « procès » qui a gravement violé la souveraineté du Venezuela et a gravement compromis la stabilité des relations internationales », a déclaré Mao Ning, la porte-parole de la chancellerie chinoise quand on lui a posé des questions sur le sujet.
« La partie chinoise exhorte les États-Unis à libérer immédiatement le président Maduro et sa femme et à assurer leur sécurité », a conclu la porte-parole.
Posture ferme de la Chine. Pékin a précédemment exigé la libération de Maduro lors d’une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité à l’ONU. « La Chine est profondément choquée et condamne fermement les actes unilatéraux, illégaux et intimidants des États-Unis. », a déclaré lundi Sun Lei, représentant permanent adjoint de la Chine auprès de l’ONU.
Pour sa part, le président chinois Xi Jinping a averti que le monde d’aujourd’hui « connaît des changements et des turbulences qui n’ont pas été vus depuis un siècle, avec des actes unilatéraux d’hégémonie qui minent gravement l’ordre international ».
Personnellement, quatre jours après les événements, je ne vois nulle part les deux objectifs des États-Unis, « le changement de régime », « la remise des ressources naturelles ».
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