Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Dans la presse « hispanique » : NOUVELLES DU VENEZUELA. Delcy Rodríguez, entre la survie du régime et une transition et les confidences de Trump, du théâtre de la cruauté, par Danielle Bleitrach

Il faut continuer la pression contre l’acte fasciste de Trump et élargir la protestation en mesurant bien que nous sommes devant un processus, une déflagration. Il faut être conscient des dangers (en particulier pour l’héroïque Cuba mais aussi autour des multiples trahisons possibles) mais en étant tout aussi conscients que Trump est en train de mener les contradictions jusqu’à l’incandescence là où la seule issue devient la guerre et le fascisme. On ne peut que l’emporter ou l’humanité disparaîtra et si la victoire n’est pas dans l’immédiat, déjà les conditions de la bataille sont désavantageuses pour ce desperados de l’impérialisme. Il ne s’agit pas d’un processus dont nous serions nous Français simplement spectateurs mais d’une orientation à laquelle on tente de nous habituer en nous laissant croire que tout est joué et que nous devons nous en accommoder écrasés par le spectacle hollywoodien de la force supposée, alors qu’une analyse attentive y compris à partir du narratif d’une presse largement inféodée et du show médiatique de Trump lui-même c’est que c’est la fin du système qui est là. Un système obligé de composer avec la réalité sur laquelle il est impuissant. Cette réalité est le fait que la doctrine Monroë existait quand les peuples de l’hémisphère sud n’avait pas d’autre issue que le protectorat de l’empire du nord tellement plus développé, quand il s’agissait d’exercer son pouvoir absolu sur des indigènes et des esclaves… Mais il y a eu la révolution bolchevique et le mouvement d’émancipation, bloqué par la querelle sino-soviétique et la contre-révolution qui a débuté au Chili, mais cela a été étonnement court et désormais la Chine est le premier partenaire de l’Amérique latine en proposant une alternative politique de non ingérence gagnant-gagnant… Comme le disait Marx ce qui a été une tragédie devient un opéra bouffon tonitruant … mais non dénué de dangers et qu’il faut impérativement vaincre…

CONCLUSION : LA CHINE CONTINUERA ET ELLE RESSORT GRANDIE DE CET ACTE DÉSESPÉRÉ. Elle est devenue incontournable … le monde s’éveille à la Chine, il ne peut faire autrement…

(note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Commençons par El PAÏS qui est l’équivalent du Monde en Espagne, il se présente comme de centre gauche mais en fait il est très atlantiste et a toujours été anti-vénézuélien. Sa position témoigne de la confusion dans laquelle se trouvent les « démocrates » qui n’osent pas appuyer l’initiative de Trump et tout en feignant de la condamner mènent campagne sur la brutalité du tyran Maduro et sur l’échec économique du régime qui ne serait jamais imputé au blocus des Etats-Unis. Cela peut aller d’ailleurs jusqu’au mensonge pur et simple puisque les économistes du CEPAL ont reconnu une réussite de l’économie vénézuélienne qui tranchait sur la plupart des situations dans d’autres nations plus soumises aux Etats-Unis. Ce qui reste complètement obscur pour ce courant opposé à Trump à la manière des démocrates c’est deux choses essentielles :

  1. que la crainte d’une telle opération est qu’elle se retourne en son contraire et devienne le mot est souvent avancé un Nouvel Irak, voire un nouveau Vietnam, ça c’est la crainte officielle, celle dont on peut encore faire état : malgré leur auto-intoxication, ils savent qu’il n’y a pas d’opposition crédible et qu’en revanche il existe un important courant chaviste et ils sont littéralement pétrifiés par le rôle supposé des Cubains et la colère de ces derniers devant l’assassinat de 32 des leurs. Les Cubains représentent pour eux une puissance morale qui est capable de réveiller les forces de l’Amérique latine. Ces propagandistes zélés n’ont jamais réussi à provoquer un mouvement semblable de mobilisation populaire quelle que soit la propagande qu’ils développent autour de leurs protégés comme Zelenski. Qu’ils fassent de Machado un prix Nobel, rien n’y fait. La présence de l’OTAN et d’autres organisations impérialistes est indéniablement un obstacle à cette mobilisation quelle que soit la propagande. L’intervention au Venezuela comme celle à Gaza en revanche suscite une protestation qui risque d’augmenter, déjà en Bolivie reconquise grâce aux dissensions de la gauche un puissant mouvement des mineurs marche sur La PAZ. Ils savent la fragilité des régimes soutenus par les USA.
  2. Mais personne de responsable ne peut ignorer que comme l’analyse dans un autre article présenté par Xuan cette intervention représente un saut dans l’inconnu, au plan de la fin du droit international. Il y a le rendez-vous à l’ONU, l’acte insensé des USA face auquel se dresse la Chine comme la statue du Commandeur. Même lors de l’invasion de l’Irak ou de l’assassinat de Kadhafi les Etats-Unis ont cherché à obtenir un accord de l’ONU. Cette intervention celle de Trump se moque totalement du droit international et est même incapable de donner une excuse quelconque. C’est un facteur de division aux Etats-Unis et au sein de la base trumpienne, son équipe. Il s’en amuse. Sur le fond ce jeu médiatique narcissique s’il entretient l’effroi par ailleurs fait que personne ne peut tabler sur un tel allié même s’il tend partout à rallier les forces « conservatrices » et les capitalistes à la recherche de pillage. Personne ne peut faire confiance à des gens pareils, il n’y a plus de négociation, de diplomatie. Nous sommes donc dans un processus dont les Chinois analysent la fragilité de la base sociale et dont il faut pousser les contradictions. Retrouver dans la presse toute l’expression de ces contradictions est intéressant à commencer par la première d’entre elles, le fait que dans ceux qui trahissent leur pays il n’y a pas un seul individu capable de le tenir et il vaut mieux laisser en place ceux qui y sont en les soumettant mais suivant ce que ces gens accepteront ils perdront leur crédibilité. Ces perroquets de la presse qui ont tout justifié ont le vertige devant ce que signifie l’intervention de Trump et le fait qu’il ne cherche même plus à justifier et il y a un côté pathétique et tout ce portrait de l’autorité légale du Venezuela témoigne de cette double crainte (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Delcy Rodríguez, entre la survie du régime et une transition.

La vice-présidente assume le pouvoir en raison de « l’absence forcée » de Maduro et sera chargée de gérer les relations entre le chavisme et Trump

Dans les heures qui ont suivi la capture de Nicolás Maduro, tous les regards et toutes les spéculations se sont tournés vers une femme, et ce n’est pas María Corina Machado. Delcy Rodríguez, la puissante vice-présidente, apparaît plus que jamais comme un élément central dans la reconfiguration du pouvoir chaviste en ces heures critiques où Donald Trump a réussi à décapiter le régime.

Pour l’instant, Rodríguez, 56 ans, a pris les rênes du pays. Samedi après-midi, la Cour suprême de justice du Venezuela a déclaré l’« absence temporaire » de Nicolás Maduro et ordonné à Delcy Rodríguez, en tant que vice-présidente, d’assumer la présidence en raison de l’« absence forcée » du président. La Constitution vénézuélienne stipule, dans son article 234, que les absences temporaires du président seront suppléées par la vice-présidente pendant 90 jours maximum, une période qui peut être prolongée de 90 jours supplémentaires par décision de l’Assemblée nationale. Le Brésil l’a déjà reconnue comme dirigeante du Venezuela en l’absence de Maduro.

« Delcy est la clé », affirme une source bien informée de la situation interne au Venezuela. « Elle est intelligente et fera preuve de prudence », ajoute-t-elle. Chaque heure est cruciale dans un contexte d’informations contradictoires, de propagande et de fausses nouvelles. Personne n’ose prédire ce qui va se passer dans les prochains jours, ni même dans les prochaines heures, mais tout le monde s’accorde à dire que la dirigeante chaviste jouera un rôle déterminant dans le dénouement de la situation. Fille d’un leader marxiste assassiné en prison en 1976, Rodríguez a grandi dans un appareil dominé par les hommes, où elle s’est distinguée par sa capacité à dialoguer avec les élites économiques et les acteurs étrangers.

Trump, qui a affirmé que l’opposante María Corina Machado ne bénéficiait pas du « respect » et du soutien suffisants pour diriger ce moment crucial, a déclaré que son secrétaire d’État, Marco Rubio, avait eu une « longue conversation » avec Rodríguez. Selon le républicain, Rodríguez s’est mise à la disposition de Washington. « Je pense qu’elle n’avait pas le choix », a-t-il affirmé.
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Elle, en revanche, est apparue quelques heures après l’attaque pour tracer une ligne rouge : le pays ne sera pas une colonie et Nicolás Maduro reste le seul président. Entre les gestes publics de fermeté et les négociations invisibles, Rodríguez évolue aujourd’hui dans un espace décisif, à mi-chemin entre la continuité du régime et sa fin après plus de trois décennies au pouvoir.

Delcy Rodríguez a été décrite comme une modérée au sein du gouvernement, mais ce n’est peut-être pas la définition la plus juste. Contrairement à d’autres membres du régime, elle est, selon les analystes, une figure chaviste capable de survivre à une transition supervisée par les États-Unis, et une dirigeante qui connaît les rouages du secteur pétrolier et en contrôle les ressorts, puisqu’elle est ministre des Hydrocarbures depuis 2024. « L’objectif essentiel de Trump pour le moment était Nicolás Maduro et non de provoquer un conflit plus grave, avec le risque d’une guerre civile », ajoute la source au courant de la situation à Caracas. « Ils vont tenter une stabilisation sous la supervision de Delcy, qu’ils considèrent comme très chaviste, mais aussi intelligente et capable de dialogue. Et, à partir de là, une transition encore à définir », avance-t-il.

*Les interprétations des mêmes faits présentent des nuances, voire des contradictions. « Les déclarations du président Trump ont clairement indiqué que destituer Nicolás Maduro du pouvoir n’était pas l’objectif final de Washington », affirme Renata Segura, directrice du programme pour l’Amérique latine et les Caraïbes de l’International Crisis Group. « L’annonce selon laquelle les États-Unis vont désormais « gouverner le Venezuela » et prendre le contrôle de l’industrie pétrolière indique l’intention de Washington de rester impliqué dans le pays à long terme », soutient Mme Segura. Et une fois de plus, l’incertitude règne à court, moyen et long terme : « Les prochaines heures seront cruciales pour déterminer si la vice-présidente Delcy Rodríguez ou d’autres membres du mouvement chaviste resteront au pouvoir dans le cadre d’un accord avec Washington et s’il existe des fractures au sein du régime ».

EL PAÏS 6 Janvier 2025

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Lundi 5 janvier 2026 La Jornada

 Dernières nouvelles

Monde

« Des élections au Venezuela sont impossibles », déclare Trump ; il nomme une équipe de surveillance.

Le président américain Donald Trump. Photo
Le président américain Donald Trump. Photo AFP

la rédaction

5 janvier 2026 20:45

Le président Donald Trump a exclu lundi la tenue d’élections au Venezuela dans les 30 jours, déclarant : « Il faut d’abord régler la situation du pays. On ne peut pas organiser d’élections. Il est impossible pour les gens de voter. » Il a tenu ces propos lors d’une interview accordée à NBC, au cours de laquelle il a annoncé la nomination du vice-président J.D. Vance, du secrétaire d’État Marco Rubio, du secrétaire à la Guerre Pete Hegseth et du conseiller Stephen Miller pour superviser le rôle des États-Unis dans ce pays d’Amérique du Sud.

Interrogé sur l’existence d’un « quelconque accord avec un responsable vénézuélien pour destituer » Maduro, Trump a répondu : « Eh bien, oui, car beaucoup de gens voulaient conclure un accord, mais nous avons décidé de procéder ainsi », ajoutant que cela s’était fait sans l’aide du cercle restreint de Maduro.

Il a souligné que Vance, Rubio, Hegeseth et Miller possèdent des « expertises différentes » et a répondu par un simple « Moi » à la question de savoir qui est en fin de compte responsable de l’administration américaine en République bolivarienne, insistant sur le fait que c’est lui qui est aux commandes au Venezuela, comme il l’a déclaré quelques heures après l’opération militaire au cours de laquelle le président Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores ont été enlevés.

Il a réaffirmé que les États-Unis ne sont pas en guerre contre le Venezuela. « Non, nous ne le sommes pas. Nous sommes en guerre contre ceux qui font le trafic de drogue. Nous sommes en guerre contre ceux qui inondent notre pays de leurs prisons, de leurs toxicomanes et de leurs hôpitaux psychiatriques », a-t-il déclaré.

Trump a déclaré que la présidente par intérim Delcy Rodríguez coopérait avec les responsables américains, mais a réaffirmé qu’il n’y avait eu aucune communication entre son groupe et les États-Unis avant l’enlèvement de Maduro.

« Non, ce n’est pas le cas », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il sera bientôt déterminé si les sanctions en vigueur contre Rodriguez seront maintenues ou levées.

Il a refusé de dire s’il avait déjà parlé avec Rodríguez, mais a souligné que Rubio « lui parle couramment espagnol » et que leur « relation est très forte ».

L’aventure désespérée de Trump // Le déclin de l’hégémonie américaine // La Chine, le grand rival – La Cité perdue

Il faudrait organiser une manifestation publique massive où tout le monde, depuis le Zócalo par exemple, dirait NON à M. Trump et à son désespoir absolu, si vous me permettez l'expression. Photo
Il faudrait organiser une manifestation publique massive où chacun, en commençant par le Zócalo par exemple, dirait NON à M. Trump et à son désespoir absolu – si vous me permettez l’expression. Photo de Jorge A. Pérez Alfonso

Miguel Ángel Velázquez

6 janvier 2026 00:09

Rien n’est aussi dangereux ni aussi trompeur que l’attaque contre le Venezuela. Dangereux, car les menaces de Donald Trump constituent un véritable danger pour tous les pays de la région ; trompeur, car il ne témoigne pas de la force d’une hégémonie, mais plutôt de son désespoir, de sa faiblesse face à d’autres pays émergents, notamment la Chine, qui la concurrencent avec succès sur le marché mondial. 

Comme tout animal blessé, les États-Unis ont recours à la force pour tenter d’endiguer l’ascension apparemment irrésistible de la Chine. L’analyse de John Mearsheimer, à écouter absolument (disponible sur YouTube), explique en détail ce qui se passe aux États-Unis : leur désespoir. 

Il convient de préciser que la personne citée est un philosophe et professeur à l’Université de Chicago, connu pour ses critiques idéologiques très virulentes à l’égard de l’empire américain. L’une de ses observations met en garde contre le déclin du potentiel économique des États-Unis et le fait que leur industrie, jadis essentielle au monde, cède désormais la place à la montée en puissance de la Chine, qui propose des produits de meilleure qualité et moins chers. 

Cela montre également clairement que la situation aux États-Unis est de plus en plus alarmante pour les Américains eux-mêmes, et que les sommes investies dans les aventures militaires désespérées de M. Trump auraient dû servir à moderniser une bonne partie des infrastructures vieillissantes du pays. 

Il convient d’ajouter que ce pays du Nord n’a pas été épargné par les ravages du néolibéralisme. Là aussi, la négligence des institutions, la montée des inégalités, le désintérêt, voire le mépris, pour la patrie, et l’amour immodéré de l’argent ont fait des ravages. Tout cela a contribué à l’affaiblissement actuel du Léviathan. 

Ainsi, le recours à la force pour tenter d’imposer certaines conditions à des pays, par exemple dans la région, ne servira pas à compenser la perte de puissance, comme l’a expliqué hier matin le président Sheinbaum, mais au contraire à créer une résistance de toutes sortes. 

Et le pire pour eux : toutes ces tentatives désespérées n’arrêteront pas la vague chinoise qui déferle déjà sur tous les pays de la région, y compris, bien sûr, les États-Unis. 

Rien n’est facile en Occident. Tant que l’on s’illusionnera pour expliquer le déclin, le désespoir ne fera que croître et le danger s’accroître pour tous. Trump parviendra peut-être à contrôler le Venezuela, mais sera-t-il capable de contrôler les États-Unis lorsqu’ils prendront conscience de leur chute ? 

Une gestion prudente des relations du Mexique avec l’administration Trump n’empêche pas la folie et l’exaspération, c’est pourquoi il faudrait organiser une grande manifestation populaire massive où tout le monde, depuis le Zócalo par exemple, dirait NON à M. Trump et à son désespoir désespéré, si vous me permettez ce jeu de mots. 

Je passais juste par là 

Après des mois et des mois à entendre le même discours promettant une solution et à tomber, sans aucune possibilité d’y échapper, dans l’un des centaines ou des milliers de nids-de-poule qui jonchent les rues de la métropole, la question est inévitable : qui se soucie de la ville ? 

Dans le quartier de Cuauhtémoc, où des banderoles promettant de combler les nids-de-poule ont fleuri un matin dans de nombreuses rues, ces derniers n’ont fait que s’agrandir et de nouveaux sont apparus sous le mandat d’Alessandra Rojo de la Vega. Elle démontre à maintes reprises son incapacité à combler les nids-de-poule, même après des mois de travaux, alors qu’elle s’est empressée de faire démolir des monuments historiques témoins de notre culture et de la défense de la souveraineté régionale. Où cela va-t-il nous mener ? 

cd_perdida@jornada.com.mx

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