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Editorial: quelques précisions utile sur ce qui me fait approuver le choix du nouveau pacte social PCF
Cet éditorial écrit à la hâte est né des riches contributions que provoque le choix de Roussel et du PCF de donner un tout autre sens à la vie politique française et ce qui en constitue aujourd'hui la clé institutionnelle à savoir l'élection présidentielle. A ce titre je voudrais dire mon accord avec avec un texte paru dans la tribune de la Marseillaise. Il dit la chose suivante :"Alors, Verdun ou Waterloo ? Fabien Roussel et le PCF partent de loin. Le chemin vers le second tour paraît aujourd’hui extrêmement étroit. Mais le premier défi n’est pas encore celui des pourcentages : il est de rendre la candidature du dirigeant communiste politiquement nécessaire. S’il reproduit une campagne communiste classique, additionnant revendications sociales, nationalisations, hausses de salaires et taxation du capital, il risque d’être broyé entre Mélenchon, le vote utile et le RN. S’il court derrière ses adversaires, il disparaîtra derrière eux. S’il transforme en revanche sa candidature en proposition d’un nouveau contrat national, appuyé sur un Pacte, articulant question sociale, production, écologie, éducation, sécurité quotidienne, souveraineté démocratique et paix, il peut rouvrir un espace." (1) Très bien posé tout est dit avec le terme "POLITIQUEMENT NECESSAIRE "... parce que le fait est que nous n'avons pas le choix...
Publié par Danielle Bleitrach
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Article original pour le blog
Il y a deux interprétations fausses que je voudrais rectifier parce qu'elles portent sur ce POLITIQUEMENT NECESSAIRE, nous pouvons diverger mais pas interpréter les convictions et ne pas penser qu'elles méritent d'être entendues.
Commençons par l'essentiel c'est toujours le plus simple.. le sens du vote communiste ou comment lui donner le poids de la vérité, du la réalité sur laquelle nous devons oeuvrer…
Mille fois d'accord avec ce commentaire d'Armand Lecoq dit à propos de mon appui à la candidature du PCF que Roussel assume mais qui doit être celle de ceux qui partagent cette analyse : "Expliquer pourquoi voter Fabien? Il me semble qu'il ne faut pas entretenir l'illusion d'une victoire, sachant que toutes les élections se résolvent par le maintien des forces de droite au pouvoir! L'objectif, c'est accroître le rapport des forces dans la préparation du passage au socialisme. Les mois qui viennent seront porteurs du développement de la lutte de classe, par les nombreux appels à manifester déjà programmés à la rentrée. La campagne électorale ne sera pas comme les précédentes, et nous, communistes, sommes porteurs de Paix, de propositions pour le climat, de renforcements et de créations de services publics nouveaux, comme les assurances ou la société Total, de réformes de la sécu et de la retraite, de réindustrialisations... La campagne électorale aura une autre gueule si nous nous y mettons tous...et toutes."
Mille fois d'accord oui et d'ailleurs c'est ce que j'ai fait ce matin avec une jeune femme qui m'expliquait qu'elle ne voterait pas parce que ça la répugnait : tous ces gens s'entendent entre eux et ils nous méprisent, rien ne change et on les installe au pouvoir pour qu'ils fassent la même chose, je ne veux pas perdre mon temps. Nous avons discuté pendant une heure montre en main .Je l'ai écouté et je lui ai expliqué le sens du vote communiste, très simplement :Il ne s'agissait pas d'élire "mon " candidat mais de donner de la force à ceux qui la défendaient … Et là tout à surgi la classe qui avait fermé, le prix de la nourriture, les vêtements des enfants, et moi j'ai expliqué la manière dont ils s'attaquaient aux retraites. Je lui ai dit "les communistes sont ceux qui vous représentent si vous ne leur donnez pas de la force, ils font de nous tous ce qu'ils veulent". Comme elle vient d'Algérie, elle connait Iveton, le communiste français exécuté, et elle a aisément entendu le fait que depuis qu'il y avait la fin de l'URSS et que l'on avait raconté que les communistes étaient des tyrans, les capitalistes, ceux qui n'en ont jamais assez en prenaient à leur aise et que cela ne pouvait plus durer. De ce point de vue l'autorité, elle n'était pas contre, ça dépendait contre qui ?
. Tout ce que j'ai dit là était sans la moindre démagogie, je le pensais et elle le sentait. Il est vrai qu'il y a entre nous des relations de confiance. C'est important la permanence, le temps de la présence.
En parlant du fond à cette femme, je me disais que c'était là ce qui relativise ce se passe à l'intérieur du parti depuis des décennies, Je ne le sous estime pas puisque je suis partie! c'était infernal! partir pour ne pas devenir anticommuniste, ne pas leur faire ce cadeau là. Je pense encore à ce que m'avait dicté Aragon à la fête du Bourget pour le publier dans l'Humanité du lendemain. Cela débutait par : "Etre communiste ce n'est pas confondre les petites histoires et la Grande… " la Grande histoire c'est ce dont je parlais avec cette femme qui refusait d'aller voter et les petites histoires c'est le mépris, le haut le cœur qu'il m'arrive d'éprouver devant certains comportements. Mais je ne leur accorde pas assez d'importance pour renoncer à un parti communiste malgré eux, ma conviction les dépasse. Parce que j'ai je pense conscience des risques que fait courir un impérialisme aux abois
Et je m'interdis même à ce titre de démontrer ce que sont les autres candidats à gauche : Roussel a raison de ne pas se situer sur ce terrain là mais sur la réalité des périls.
Aujourd'hui, nous avons plus que jamais besoin d'un parti communiste et ce parti là ne se jouera plus dans une élection, son rôle est infiniment plus important: il est de reconstruire la confiance de ceux qui l'ont perdue et qui font pourtant le pays, ils peuvent contribuer à redonner sens y compris à la France. C'est ce que j'ai dit dans le Zugzwang et perçu de Roussel. Le Pacte peut être là: même si nous avons des désaccords auxquels je ne renonce pas, je sais qu'il a la même perception de ce besoin d'un parti communiste. Et je crois qu'il sait que j'ai compris la nature de ce qu'il fait: recréer une force dont nous allons avoir besoin.
je pense à mon compagnon pascal Fieschi : ils n'étaient plus que trois et il contemplait Pétain accueilli par une foule ardente devant la préfecture des Bouches du Rhône, deux ans après il avaient dépassé la centaine de communistes dans le bassin minier er il prenait contact avec les gaullistes pour créer le Front National, le vrai, l'unité dont nous avons besoin naîtra des tâches à accomplir ensemble et c'est ce qui déterminera les contours du rassemblement. Aujourd'hui c'est la paix, le refus de l'économie de guerre et de l'étranglement des couches populaires. Il y a tant à, dire...
Le paradoxe est que l'on assiste à une recomposition, des gens avec lesquels on a pu s'opposer parce que les problèmes auxquels nous étions confrontés créaient le doute, aujourd'hui peuvent avoir la même conscience de l'urgence d'un parti communiste même si comme François Asensi et Moi n'y sommes plus. (2)
La deuxième idée est plus compliquée à exposer
c'est une réfutation de ceux qui pensent que j'ai la nostalgie de l'URSS, ou que je suis pour la censure. Là c'est beaucoup plus difficile parce que cette réflexion là s'appuie sur des acquis théoriques, nés d'élaborations séculaires et plus. Je vais essayer de simplifier à l'extrême.
Je n'ai jamais la nostalgie, ce qui m'intéresse c'est de voir naître l'avenir dans le présent et de découvrir ce qui s'est construit à partir de conquêtes mais aussi à partir d'échecs. Et en ce moment même l'idée de retour en arrière est plus que jamais impossible, le djinn est sorti de la lampe, il n'y rentrera pas.
Sachez que sur le plan intellectuel, le monde le plus abominable pour moi serait celui où tout le monde penserait comme moi et il ne s'agit pas de petites divergences, non j'aime des systèmes qui ont leur propre logique. Sur le plan intellectuel j'éprouve un intérêt passionné quand quelqu'un a réellement un système de pensée antinomique au mien. Parce que je ressors souvent enrichie dans ma propre argumentation d'un tel débat. C'est mon côté anthropologue. Mais c'est aussi la conscience de la multipolarité, de cet immense chantier avec des logiques et des systèmes de pensée hétérogènes, reconnaitre que l'on ne sait pas et avoir la patience de bâtir des coopérations au lieu d'antagonismes.
Autre chose est l'unité de pensée dans l'action d'un parti révolutionnaire, cette unité a été construite dans un débat réel dans une nation, et il est un facteur essentiel de l'action collective, la politique au sens le plus noble, ce dont nous avons un si urgent besoin et qui ne se réalisera pas sans cette volonté transformatrice. c'est pour ça que je déteste les tendances qui évitent de penser, on se range derrière un leader. C'est pour ça que pour moi une base commune est plus démocratique que plusieurs bases à mes yeux, chacun comptant pour un.
Alors quand on a abouti à un résultat il devient la ligne collective que l'on défend tous ensemble. Un parti ce n'est pas l'Assemblée nationale où s'affrontent des intérêts de classe différents. Ce n'est même pas l'équivalent de l'école : il n'est ni laïque, ni gratuit, ni obligatoire. Il est responsable, notre peuple va devoir se battre et nous n'obtiendront pas l'unité du peuple si nous ne sommes pas capables de construire la notre.
Je pourrais longuement vous parler de cette question du fonctionnement du PCF et je considère que la "mutation" a été une véritable catastrophe antidémocratique et tout ce que j'ai subi avec d'autres illustre ce fonctionnement pervers. C'est un problème qui dépasse les individus et relève d'une crise historique très profonde.
Mais et c'est mon ultime allusion, je ne suis pas plus nostalgique de l'URSS que je ne le suis de la Révolution française, j'assume l'héritage des deux. Mais je considère que la Révolution bolchevique a à la fois porté l'idéal proclamé par la Révolution française d'Egalité, liberté et fraternité et en même temps l'a fait contre la bourgeoisie et l'exploitation de celle-ci à son stade impérialiste. De même je pense que la Révolution bolchevique a été immense, grandiose et qu'il faut le reconnaitre mais en croyant l'abattre l'impérialisme s'est abattu lui-même et il a crée les conditions de sa propre fin.
Tout cela mérite d'explications mais je tenais à ces quelques explications basiques. et je me félicite qu'il y ait tant de gens pour se rendre compte de ce rendez-vous qui s'impose à nous.
Danielle Bleitrach
(2) compte-rendu du livre de François Asensi : https://histoireetsociete.com/le-champ-communiste-des-annees-1980
