Face à ce que représente Cuba que dire sinon la honte de ce qui peut être dit en France, cette nuit l’écoute du plateau de LCI a été au delà de l’infamie : la description de ce qu’est Cuba avec un « spécialiste »de l’Amérique latine qui racontait avoir vu dans les rues de la Havane des blonds aux yeux bleus donc bien sur des espions de Poutine installés là pour menacer les Etats-Unis qui ne pouvaient pas tolérer là des gens influant sur la démocratie des Etats-Unis, un régime en faillite pas un mot sur le blocus, une journaliste qui avait visité l’île lors de la venue d’Obama et qui n’avait rencontré que de gentils dissidents surveillés nuit et jour par un régime qui faisait régner la terreur sur sa population mais qui cependant en tant que représentante des « démocrates » s’interrogeait sur la menace que faisait peser l’île sur les USA. Madame Nivat qui a de plus en plus vendu son âme et son savoir à Bouyghes jouant les innocentes découvrant avec le telespectateur ce que ces « experts » racontaient de l’île eux qui avaient été: comment un tel vestige du communisme peut-il subsister? En les écoutant oui on s’interroge comme le disent les Cubains, nous Français qui acceptons avoir une telle propagande et qui au coeur même du PCF avons encore des « militants » qui croient ces gens là (peu sur Cuba bien que) quand il leur dépeignent l’ennemi russe ou chinois… Oui on se demande qui parmi nous aurait la force de tenir dans les conditions que subissent les Cubains pour rester maitre de leur destin. (note et traduction par danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Ecoutons les Cubains, ils ont tant à nous apprendre:
Commençons par le propre pays qui nous bloque. Une coupure de courant de 24 heures suffirait pour que les médias sociaux soient pleins de plaintes, que les supermarchés se vident et que les journaux parlent de « crise nationale ». Deux jours sans carburant et les autoroutes deviendraient des cimetières de voitures; trois sans transports publics et les villes seraient paralysées. Si les avions n’avaient pas de kérosène pendant 10 heures, le chaos aérien serait total. Et si les marchés restaient vides à peine 48 heures, les manifestations rempliraient les rues. Ce pays, qui se vante de puissance, ne supporterait pas une semaine dans les conditions auxquelles Cuba fait face chaque jour. Leur système dépend de l’abondance, de la consommation constante et de la peur du vide.

Si nous regardons l’Europe, ce serait encore pire. Le simple chaos d’une grève des transports les met en échec. Maintenant imaginez votre « état de bien-être » avec un blocus de six décennies. Ils ne dureraient pas un soupir.
J’ai parcouru les continents et les nations, et je n’ai trouvé que quelques miroirs pour nous regarder : Gaza, pour cette résistance héroïque et quotidienne contre le siège ; et cette fois où les hordes fascistes ont assiégé Leningrad, par le froid et la faim endurés avec une dignité que l’histoire n’oublie pas.
Mais même ça n’est pas comparable. Parce que ce qui rend cette ville grande, ce n’est pas de supporter ; c’est de s’imposer à la pénurie, de survivre avec esprit et de s’en sortir lorsque les règles du jeu sont conçues pour vous faire tomber. C’est faire la fête avec le peu qui existe, inventer là où il n’y en a pas et garder le sourire, même lorsque le monde ne répond pas à la hauteur malgré ces mains solidaires qui se tendent.
C’est pour ça que certains sont si chauds. Parce que ce pays n’a pas seulement plus de vie qu’un chat : il a la vie d’un peuple qui a appris à vivre debout plutôt que de s’agenouiller. Et ça, mes gens, ça ne se bloque pas.

Les FAR (forces armées cubaines) nettoient les rues de la Havane dans lesquelles faute de combustible les bennes à ordure ne passent plus. Quand on connait la propreté méticuleuse des Cubains et l’étendue de la havane , le fait que depuis 5 mois pas une goutte de carburant, on mesure tout ce que cela représente et l’envie de hurler de rage devant de telles émissions vous secoue. Ce que l’on peut demander puisque sur ce point au moins, il semble y avoir unanimité des communistes français, c’est qu’aucun dirigeant désormais n’intervienne dans les médias sans rappeler le cas de Cuba.

A ce propos, je crois aussi qu’il est bon que les communistes français prennent conscience de deux choses. La première part d’une action qui a donné un bon résultat, c’est la conférence de Salim Lamrani dans une université parisienne, elle a réuni plus de 300 auditeurs, essentiellement des jeunes étudiants. C’est très bien et ceux qui l’on organisé sont proches du NPA. En revanche on a pu considérer comme décevant le rassemblement à Paris organisée par le PCF qui a regroupé des militants communistes et des associations de soutien à Cuba, il y avait des jeunes mais pour l’essentiel c’étaient des gens qui avaient connu l’histoire depuis la baie des cochons.
En fait, il faut ne pas se limiter à cette vision mais bien mesurer les possibles de la situation et se féliciter de ce qui se fait simplement songer à amplifier. Si l’on considère effectivement la France entière ce qui est frappant c’est le nombre de rassemblements qui s’opère autour de Cuba, et le fait que ce qui est en jeu là et dans le congrès du PCF c’est la capacité de ce parti à la fois à renouveler ses cadres et à s’adresser à la population, au monde du travail, à ce que jadis on appelait les forces vives. Et de ce point de vue, pour les échos que j’en ai tout est chantier. Les municipales ont témoigné d’une bonne implantation locale et d’une capacité d’insertion au plus près des préoccupations, un parti qui reste de ce point de vue le mieux implanté même si depuis trente ans tout a été fait a contrario. Ces rassemblements pour la paix, pour Cuba, pour la Palestine, peuvent paraitre dérisoires et ils le sont mais il ne leur manque que la capacité à convaincre, une ligne offensive qui envisage un rassemblement au-delà du politicien. Le débat du congrès, les amendements dont beaucoup ont porté sur l’organisation des cellules et sur le monde multipolaire autant que sur le socialisme sont un moment indispensable. Oui mais plus le débat avancera comme cela a lieu dans ce congrès plus la défense de Cuba ne pourra pas entretenir d’illusions sur ce qu’on peut attendre non seulement de l’OTAN mais du Parlement européen: alors que le peuple cubain subit les graves conséquences du renforcement du blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis, ainsi que des nouvelles mesures d’embargo énergétique et des menaces croissantes qui pèsent sur l’île, le Parlement européen choisit une fois de plus la confrontation, la manipulation politique et l’hostilité, au lieu de défendre le dialogue, la compréhension mutuelle et le droit international.La situation est telle que l’on ne peut pas prétendre servir le peuple français, refuser le blocus et ne pas voir qui veut la guerre et qui veut la paix.
Par rapport à l’Urgence cubaine, c’est nettement insuffisant mais c’est le chemin dans lequel une fois de plus Cuba aide ceux qui la soutiennent.
danielle Bleitrach
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gabrielle gangai
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