Histoire et société3

Tant qu'il n'y a pas d'œuvre commune, il y aura toujours de l'intolérance

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Histoire et société > Éditorial

Editorial : ce que nous savons et ce que nous ignorons...socialisme et chemins de la liberté par danielle Bleitrach

Un changement en profondeur de nos attitudes (disposition à agir) politique est indispensable face au bouleversement historique que nous sommes en train de vivre. La paix en dépend et plus encore c'est l'ensemble de nos vies sur la plan politique mais aussi notre quotidien qui exige une réflexion collective qui va bien au-delà des cadres actuels dans lesquels nous sommes enfermés et qui engendrent de l'inertie, des récriminations et bien peu d'actions, de coopérations pourtant nécessaires.

Publié par Danielle Bleitrach

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Article original pour le blog

Les éditions Delga m'ont demandé recemment d'écrire des préfaces sur des années charnières de "la fin de l'URSS", une contrerévolution. Ce qui a été vécu comme "la fin de l'histoire" avec la victoire définitive du capitalisme sous son masque de "démocratie libérale" n'a jamais été pour moi autre chose qu'une énigme. Ecrire ces préfaces a été un approfondissement d'un phénomène, celui des illusions tenaces pourtant battues en brèche par la réalité. Que l'on puisse mal interpréter des FAITS quand il y a le vécu, l'illusion du savoir immédiat, un positionnement partisan, mais que demeure des effets de ce temps là alors même que la réalité les dément est un véritable problème. Ce phénomène me paraît expliquer bien des désarrois contemporains dans nos sociétés occidentales. Il s'agit là de l'incapacité à assumer une remise en cause de notre conception de l'histoire et de nous ouvrir à d'autres visions que l'on peut qualifier de politiques mais aussi de civilisationnelles.

La manière dont ont été traités les communistes et les soviétiques m'est toujours apparu comme une profonde injustice, même s'ils avaient échoué ils ne méritaient pas qu'on les nie à ce point là, que l'on ose même les identifier aux nazis, aux fascistes. J'ai trouvé particulièrement écoeurant le maccarthysme des intellectuels et la manière dont certains se sont précipité pour devenir les courtisans du pouvoir, cela a d'ailleurs précédé la fin de l'URSS, et j'ai écris dans les années quatre vingt un livre intitulé "le music hall des âmes nobles" qui décrivaient cette ruée vers les allées du pouvoir social démocrate. Me réfugier à Cuba, là où il restait la dignité et l'humanité de la résistance m'a sauvé du désespoir face à ce que devenait la France de Jack Lang, paillette et strass...

C'est dire si ces deux préfaces tombaient à pic pour tenter de comprendre. Je n'étais pas plus convaincu par les procès que l'on faisait aux communistes, à l'URSS que je ne voyais là le seul résultat d'une sorte de complot des puissants pour d'une manière machiavélique imposer leurs malveillantes turpitudes à la grande masse des ignorants. En revanche j'étais toute disposée à comprendre que c'est de l'apparente victoire de l'impérialisme qu'a surgi le monde multipolaire qui nous impose d'autres approches de la réalité, notre illusion de la victoire de la démocratie libérale. Qu'il y ait des individus particulièrement nocifs attachés à faire le malheur de l'humanité en la dupant existe certes mais il est beaucoup plus pertinent de voir les "ruses de l'histoire" , avoir une autre vision des contradictions "objectives" et de la manière dont de ce fait le retour en arrière est impossible.

Encore aujourd'hui tout est fait pour nous faire vivre ce moment, ce traumatisme de la chute de l'URSS, de la marginalisation des communistes comme une fatalité incompréhensible. Ce serait un trou noir avec une situation sur laquelle nous aurions le sentiment de n'avoir plus de prise et ce sentiment est contagieux puisque ceux qui n'ont jamais été communistes, des jeunes gens qui ignorent de quoi il s'agit, éprouve la même sensation de ne plus savoir ce qu'il est possible de tenter. Quand on parle du danger de guerre ils ne veulent pas savoir, cela ne sert à rien d'en parler. Cela ne signifie pas au contraire que nous soyons complétement dupes. D'ailleurs il est frappant de voir à quel point chacun incrimine les autres pour bien marquer que s'il ne fait rien ce n'est pas de lui que ça dépend, personne ne fait rien, les gens sont comme ça.

Ceux qui nous gouvernent peuvent nous imposer un discours complètement contradictoire sur la nécessité de la guerre, à savoir que l'ennemi est faible, mais qu'il constitue une menace telle que nous devons séance tenante sacrifier tout de notre vie, de nos protections sociales pour nous surarmer ... D'ailleurs on trouve la même incohérence dans les programmes du surarmement puisque Macron tient absolument que nous ayons un nouveau porte avion, au moment où le Lincoln fait la preuve de son inefficacité à Ormuz. Je cite ces exemples mais tout relève de la même incohérence apparente.

Quand est-ce que cela a commencé? Ne nous racontons pas d'histoire, cela a ne peut être isolé du fait qu'il a été proclamé : Le communisme est mort, la démocratie libérale a triomphé sur tous ses rivaux liberticides le collectivisme, le nazisme et le communisme. Pour que son triomphe soit avéré il faut même que les deux soient identifiés et que l'on oublie donc qui a triomphé du nazisme, etc... Il n'y avait plus d'issue depuis l'aube de l'humanité cela se passait comme ça, l'éternel retour.

Donc j'ai été amenée à travailler ces contradictions pour deux préfaces de dossiers présentés par Delga.

D'abord une préface qui concernait un texte écrit dans les années 1980. et qui sera présent à la fête de l'humanité Henri Alleg prenait le contrepied de la thèse de Carrère d'Encausse sur l'empire soviétique éclaté à partir de ses "colonies" d'Asie centrale et il écrivait un livre "étoile rouge et croissant vert" dans lequel il montrait à travers son expérience la différence de la décolonisation en France et en Algérie capitaliste et la "décolonisation" sous le socialisme en Asie centrale. En 1991, il paraissait avoir été contredit par l'histoire et madame d'Encausse transformait sa gloire médiatique en compétence couronnée par l'Académie. la réalité aujourd'hui fait revoir les copies. Mais pas au point de renverser tout ce qu'ont représenté les années quatre vingt, le mitterrandisme et ses courtisans... je rappelle pour ceux qui l'ignorent qu'Henri Alleg est celui dont le livre la question révéla la torture française en Algérie, un communiste engagé.

Pour le second, qui paraîtra à la fin du mois d'octobre, Il s'agissait des événements de Budapest de 1956 et de l'intervention soviétique. 1956, c'était aussi l'année du rapport Khrouchtchev et des tensions sino-soviétiques comme de la nationalisation du canal de Suez et de l'envoi du contingent en Algérie par Guy Mollet désigné par un vote de l'assemblée nationale pour faire la paix en Algérie et qui avait par son retournement accepté que cette guerre et les colons de l'OAS arbitrent la vie intérieure.

Il y avait ai-je pensé deux manières d'apprécier l'événement de la révolte de Hongrie et l'intervention russe. La première est celle qui a prévalu ce fut une des premières révolte des peuples épris de liberté contre le totalitarisme communiste, soviétique. La seconde était de considérer l'ensemble des événements de l'année et surtout de les mettre en regard de l'actualité d'aujourd'hui et donc d'un certain aboutissement.

Alors même que l'ère de paix annoncé par le triomphe de la démocratie libérale nous avait conduit aux crises d'aujourd'hui et à l'alternative multipolaire sous partenariat stratégique entre la Chine et la Russie.

Il n'en restait pas moins aujourd'hui la menace sous laquelle on prétendait faire accepter au peuple français le sacrifice de sa vie et celle de sa progéniture alors même que l'on continuait de nous convaincre que l'ennemi avait été écrasé par notre monde qui était celui de la liberté. La caricature était poussée si loin que comme je le notais avant -hier, il y avait des intellectuels et des gens de culture, qui au nom de leur chère petite Ukraine (il étaient excités de la même manière contre khadafi , sadam Hussein, et introduire le moindre bémol contre l'un de ces ennemis du genre humain c'était être un suppôt de Staline ce qui visiblement au vu des sympathies de Zelenski devenait pire que d'être celui d'Hitler. Ils prétendaient au nom de la démocratie imposer un nouveau maccarthysme à tout ce qui de près ou de loin rappellerait la Russie ... Ils retrouvaient les joies de l'autodafé, des lettres de délation, tout en refusant la moindre allusion au fait que leur héros était totalement corrompu et avait la mauvaise habitude de célébrer les figures du nazisme.

Nous sommes dans le symbole de la foi inquisitoriale et ces gens là depuis Budapest ont choisi leur camp. Une telle conception relève de la foi et non du principe de réalité et effectivement nous en sommes à la censure et aux moeurs inquisitoriale dès qu'un de ces symboles est activé. .

L'apathie dans laquelle on a réussi à plonger nos concitoyens en effaçant les "cadres sociaux de la mémoire" et en leur substituant des "réflexes conditionnés" mérite analyse et il faut mesure le rôle qui a été joué par la gauche et les dévots de l'anti stalinisme. Au lieu de tenter de comprendre et d'analyser les FAITS nous en avons été réduits à cautionner des stéréotypes qui permettaient de présenter chaque ingérence impérialiste comme une nouvelle et ultime victoire sur le mal totalitaire.

Mais par rapport à l'escalade guerrière de nos gouvernants a son revers pour ceux-ci, leur campagne d'hystérisation ont de moins en moins d'effet. certes l'avantage est qu'ils sont toujours aussi ignares sur la réalité géopolitique mais les appels à la "menace" perdent de leur effet au grand dam de ceux qui depuis plus de quarante n'ont pas d'autre arsenal à leur disposition.

Quoi de pire dans un tel imaginaire qu'un quatuor représenté par la Chine, l'Iran et surtout Poutine flanqué du dirigeant nord coréen. Les chars russes à Paris avec à leur tête le fou furieux supposé de la Corée du nord.

Pourtant le désespoir de Zelenski face à la nouvelle que la Corée du nord interviendrait directement contre l'Ukraine et donc contre l'OTAN n'a pas eu les effets escomptés.

Le 5 aout, Zelenski mettait en avant l'information des services de renseignement ukrainiens( qui paraissent par parenthèse de plus en plus en train de bidonner leur informations comme les Israéliens) ont indiqué l'emplacement d'une importante force de frappe et le type de missiles envoyés. Ils ont notamment affirmé que les premières forces de missiles balistiques nord-coréennes déployées se trouveraient près de Voronej et comprendraient 120 missiles balistiques et six lanceurs .le président Zelensky n' pas été en reste et il a précisé ce que les Russes attendaient des Nord-Coréens, affirmant qu'au final, 30 000 voire 50 000 soldats nord-coréens supplémentaires et leur matériel pourraient être en route pour aider la Russie. Zelensky n'a fourni aucune source pour ces dernières affirmations ni de liste des types d'unités qui seraient envoyées. Le lendemain, Zelensky s'est montré plus explicite en attribuant une attaque de missile balistique aux forces nord-coréennes. Il a déclaré que l'attaque de missiles russe menée la veille sur Zaporijia avait été au moins partiellement perpétrée par les forces de missiles nord-coréennes. Cette attaque a fait neuf morts.

Le régime ukrainien n'a pas caché sa stupéfaction de voir comment leurs partenaires, notamment en Europe mais aussi en Asie, évitent de s'impliquer dans cette affaire. Ce régime qui vit ses propres convulsions interne, avec des ambitieux qui chacun représentent un choix européen différent, espéraient que cela provoquerait une réaction européenne d'envergure en même temps qu'une conscience de la fragilité de la Russie désormais obligée de ne pouvoir faire la guerre sans renforts nord-coréens.

Oui mais voilà les Européens et surtout les Etats-Unis savent ce qu'il en est de leur propagande qu'ils l'utilisent face à leur propre peuple passe encore mais ils savent où ils en sont réellement et veulent à la fois entretenir la guerre mais tenter d'en être protégés

Tout cela est bien sur sérieux parce que si nous continuons sur cette lancée nous serons privés de tout et contraint à la guerre, mais il est difficile pour qui est doué du moindre esprit rationnel de croire un tel fatras .

Le plus difficile est ailleurs : il faut d'urgence que nous prenions conscience que nous sommes ignorants et que cette ignorance nous impose de modérer nos analyses sur cette manière dont nous avons accumulé sur le monde qui nous entoure un maximum d'idées toutes faites qui ne correspondent à rien . Et surtout pour le comprendre avant de le juger selon notre système de valeur (lui-même en péril) . Nous donnons aujourd'hui quelques exemples à travers les textes publiés. . Ils ont trait non seulement aux guerres dans lesquelles nous sommes impliquées par nos gouvernants mais ils concernent d'autres défis par exemple nous en donnons deux : la transformation de la condition féminine dans des zones de sous développement, ou encore l'écologie et les pratiques quotidiennes le tout nous permet de mesurer l'originalité du socialisme chinois.

La paix c'est imposer la fin de la guerre, de vraies négociations mais c'est de créer les conditions de la coopération en tenant compte des chemins de la liberté de chacun

danielle Bleitrach

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