Hier j’ai parlé de Braudel et de ses concepts en particulier la manière dont il a mis en évidence que le capitalisme n’avait jamais été le « marché » parfait mais un marché basé sur un mode d’hégémonie fonctionnant sur une zone d’ombre. La classe dominante capitaliste a toujours établi des règles dont elle s’émancipait tandis qu’elle les fait subir dans toute la rigueur possible à ceux qui sont soumis. On peut considérer que c’est cette fiction du marché et du libéralisme qui lui est associé qui s’effondre en tornade avec Trump ses guerres hybrides, l’affirmation fasciste du droit de la grande puissance, ce cirque grotesque, puéril et effrayant a été précédé d’une tendance lourde pour ceux qui l’ont subie en blocus, interventions destructrices y compris chez les démocrates, qui s’exhibe aujourd’hui sans complexe. jusqu’aux alliés invités à participer à la curée ce qui ne les a jamais gêné, mais avec l’abandon des formes et qui jouent les mondains vexés mais qui suivent, anticipent même, revendiquent d’être considérés.
Le paradoxe dont il sera question aujourd’hui est comment en France, dans les élites poltico- médiatique se maintient la croyance dans la suprematie d’un tel système alors qu’il déborde sur les « alliés » comment il cautionne une division des rôles tel que pour le peuple français même si la foi est ébranlée, il reste l’incapacité à s’y opposer, une tendance qui existe aussi au plan international, c’est la résistance et la contestation qui est « criminalisée » diabolisée et là aussi nous sommes dans une tendance qui s’est développée sur des décennies .
Si l’impérialisme renonce à sa propre légalité et revendique la loi de la jungle, l’escalade apocalyptique, il reste la manière dont l’autorité devient superstitieuse sur le mode d’une sorte de théologie., la « démocratie » de ce type devient les saintes écritures et la révolte diabolique.
MAIS AGIR EST DOUTEUX PLUS SURE EST LA MENACE : Pouchkine
La diabolisation gratuite de l’adversaire, un adversaire le plus souvent créé de toute pièce, justifierait une telle fureur qui fait de la crainte l’ultime mode de gouvernement : Si les hommes pouvaient régler toutes leurs affaires suivant un dessein arrêté ou encore si la fortune leur était toujours favorable, ils ne seraient jamais prisonniers de la superstition. Mais souvent réduits à une extrémité telle qu’ils ne savent plus que résoudre, et condamnés, par leur désir sans mesure des biens incertains de fortune, à flotter presque sans répit entre l’espérance et la crainte, ils ont très naturellement l’âme encline à la plus extrême crédulité ; est-elle dans le doute, la plus légère impulsion la fait pencher dans un sens ou dans l’autre, et sa mobilité s’accroît encore quand elle est suspendue entre la crainte et l’espoir, taudis qu’à ses moments d’assurance elle se remplit de jactance et s’enfle d’orgueil. »
C’est la préface de Spinoza dans le traité théologico politique. Ou la démonstration que dans cette incertitude malheureuse à laquelle les peuples sont réduits, le recours à la superstition est encore le meilleur moyen de gouverner les êtres humains et même d’en arriver à leur faire aimer leur ignorance aliénée comme s’il s’agissait de leur bien le plus précieux.
Quand un pauvre choisit un tel système il a illustré cette crédulité superstitieuse qui exigé de lui pour maintenir une autorité qui a perdu tout fondement légitime.
Celui qui ne partage pas la crédulité générale devient un ennemi qui mérite tous les traitements et c’est pour cela qu’il parait vain de s’opposer à la censure dans un tel système parce qu’il se trouvera toujours quelqu’un pour subodorer que vous l’avez mérité et parce que les autres s’écarteront comme si vous étiez contagieux. .
C’est dire si j’ai pour ma part renoncer à lutter contre la censure et les diffamations dont mes pareils sont victimes, le problème est beaucoup plus vaste, j’ai découvert à quel point la volonté de faire taire ce qui exprimait un point de vue communiste réel ou même une contestation des saintes écritures de la démocratie impérialiste relevait d’un phénomène beaucoup général qui substituait à la remise en cause des règles, l’idée de transformation se heurtait en la foi dans la personne, dans le sauveur qui s’identifiait à la fuite en avant.
– IL Y A LE CAS ETRANGE DE L’EUROPE
Un exemple : un aujourd’hui article décrivait comment le président de l’Arménie avait mis en prison des candidats d’Arménie forte le parti pro-russe, sans la moindre explication. Un commentaire s’exclamait : c’est très bien c’est là où devraient être tous les partisans de l’ignoble Poutine. Pour ceux qui ont un minimum de connaissance de la situation arménienne et de qui est le premier ministre, Nikol Pachinian, le vainqueur du scrutin, avoir une telle conviction non seulement augure mal de l’argument démocratique par lequel est vendu l’adhésion à l’UE mais de l’avenir de ce malheureux pays .Pour faire simple avec la carotte de l’intégration à l’Europe, l’Arménie a accepté de fait de rétablir les relations avec l’Azerbaïdjan, qui s’étaient envenimées avec la fin de l’URSS et l’influence turque. Epuisé le peuple arménien espère une protection et une paix par la réddition sur un mode assez proche de celui qui s’est imposé en Syrie ou au Liban, ce sont les seules « sécurité » que l’UE offre et derrière lesquelles se profile le couple USA-Israël dont il devrait ne plus être besoin de décrire ce qu’on peut en attendre .. Ce « choix est en effet celui de l’exigence ‘une rupture avec deux partenaires historiques, la Russie et l’Iran. Moscou a déjà manifesté une irritation croissante face au rapprochement de l’Arménie avec l’Occident et le Kremlin a averti qu’un désengagement plus marqué pourrait entraîner une révision des conditions préférentielles d’approvisionnement en gaz naturel, composante essentielle de l’économie arménienne. Ce scénario est le miroir aux alouette dans lequel sont entraînés des pays jadis dans l’ère soviétique et qui paradoxalement attendent de l’UE ce qu’elle ne leur apportera pas la paix de l’UNion sovietique.
Et l’Arménie n’est qu’un cas parmi d’autres, le rôle que la France de Macron joue est là comme ailleurs d’être le supplétif des anglosaxons dans l’assaut de la Russie., il est la fiction d’une Europe autonome, impuissante et pleine de jactance.
Le mirage de l’Union européenne pour des populations qui ont perdu toute perspective, ont de graves difficultés fait de cette UE un mirage tel que critiquer le gouvernement revient à s’opposer à l’Europe elle-même : la politique est alors réduite à un changement d’hommes, les autres étant plus ou moins convaincus de n’être là que pour leurs intérêts et la personnalisation jouant plus que les règles qui aboutissent à de telles dévalorisation, la corruption, les moeurs…
Que dire du régime ukrainien? Là encore la seule réponse que me fit un militant pourtant encarté au parti communiste il y a peu fut: le régime de Zelenski ne peut pas être pire que celui de Poutine. Là aussi cet état étrange ne date pas d’aujourd’hui. Que peut-on reprocher à ce militant quand il ignore tout de la réalité de ce qu’a été la fin de l’URSS, quand le parti communiste de la fédération de Russie est interdit dans les colonnes de l’humanité. Cet effet de censure ne s’est pas installé en jour: en 1994, Jacques Dimet interviewait pour l’hebdomadaire Révolution le dit Ziouganov,. Déléguée par le PCF en Inde, je le rencontrais à Chandigarh dans le Penjab, où il nous ‘expliquait à moi et à Risquet, délégué de Cuba, comme je l’étais pour le PCF alors parti de « gouvernement », (celui qui a le plus privatisé), que les communistes allaient reconquérir le pouvoir.
Il est trop tôt a commenté Risquet, alors que les Cubains étaient déjà entré en résistance, c’étai la période spéciale. Il voyait juste, effectivement cela aurait déclenché une guerre civile, les Etats-Unis régnaient en maitre et les Russes étaient trop traumatisés pour recommencer l’épopée… Il a fallu un autre processus, mais Ziouganov est un grand dirigeant, un sage qui aurait beaucoup à nous dire… quelle manque à gagner qu’une telle expérience soit il désormais censuré, le KPRF n’existe même plus.
Cette censure s’avère une contribution à la liquidation du communisme pour les Français puisque l’interdit est tel qu’il commence à englober tout ce qui est « communiste » , le système perdurera avec le congrès, c’est vraisemblable, il est littéralement enkysté. Mais au-delà de l’interdit communiste c’est le fascisme que l’on autorise, c’est une conception de la sécurité qui à l’échelle planètaire favorise la guerre contre les pauvres, et qui leur interdit de connaitre la proposition d’autres issues, il ne reste à ces malheureux que la crédulité et la diabolisation, l’attente d’un sauveur qui balayera ce qui les opprime et qui paraîtra « hors système ».
VOUS ENRôlER DANS LA GUERRE HYBRIDE ET HORS LIMITE PAR LE MIRAGE DE L’AUTONOMIE STRATEGIQUE, LA PERSONNALISATION
On me dira que j’exagère la cécité de ce landernau politique mais comment ne pas voir qu’il fonctionne sur une ignorance crasse des FAITS, de l’Histoire comme de la geopolitique. Quand à l’oNU l’Allemagne et les Philippines, les deux proches des USA ne sont pas « élus au conseil de sécurité parce qu’ils représentent une insécurité maximale pour toutes les nations de l’Assemblée de l’ONU, qui mesure ce qu’est le Kirzighistan l’Asie centrale? Ce qui se joue partout pour empêcher le terrorisme, les explosions… les guerres hors limite, hybrides.
Parce que la question est bien là, si quelques peuples cèdent au mirage de l’adhésion à l’UE c’est un facteur de division et de polarisation supplémentaire, en tous les cas l’hégémon occidental ne représente plus la sécurité et sans hostilité réelle se multiplient les dynamiques régionales qui s’en écartent., ce qui domine est la peur, la recherche de protection ou du moins la tentative d’échapper à la fureur aveugle.
Se multiplient pourtant les manifestations de la nocivité d’un tel système, qu’il s’agisse de ce qui se passe au Moyen Orient, en Afrique, à Cuba, en Amérique latine partout non seulement l’hegemon crée les conditions de la misère pour les peuples auquel il s’attaque mais il s’emploie désormais à ce que les conséquences comme dans le cas du détroit d’Ormuz ou des guerres tarifaires s’élargissent à toute l’humanité, en devienne la punition qui inspire la crainte. C’est le cas du blocus de Cuba où l’on s’emploie à interdire qu’il soit apporté du pétrole mais encore à faire partir les investisseurs étrangers. C’est le blocus « le plus long de l’histoire » et maintenant « le plus cruel et le plus inhumain ».Cuba a connu des situations difficiles mais celle-ci est la pire de toutes et l’atmosphère d’escalade entretenue rend toujours plus terrible pour les petits pays la manière dont l’impérialisme est acculé à s’en prendre à des peuples désarmés, aucune loi ne les protège plus.
Il est difficile dans un tel contexte de démêler ce qui relève du repli stratégique et ce qui est ralliement et collaboration, comme il est malaisé de voir quel type de riposte est alors la plus adaptée, celle du choix des armes ou celle de l’offre de stabilité économique qui accroit la contradiction entre les intérêts des nations et la crainte qui pousse à se ranger derrière le suzerain atrabilaire mais stérile.
Ce qui est interdit de sa part c’est toute manifestation de souveraineté et l’UE n’est plus exclue du chantage. On ne comprend rien à l’acharnement sur Cuba, la volonté absurde d’en faire une « menace » si on ne mesure pas que cette petite nation des Caraïbes est un symbole de souveraineté et pas seulement pour l’Amérique latine. Mais le cas de Cuba, comme celui à certains égard de la Palestine, nous invite à ne pas nous contenter des leurres de souveraineté que sont l’Ukraine et Israël, qui sont le chemin le plus court vers l’autodestruction nationale.
En revanche, il y a un espoir de voir ce fléau endigué il réside dans le monde multipolaire et dans les résistances diabolisées massivement dans notre consensus médiatico- politique, c’est le parti pris d’Histoire et societe et c’est à ce titre qu’il a subi les mille et une forme de la censure des saintes écritures, la diaibolisation , le silence et l’invite à reconnaitre que c’est de notre faute, les mille et une trahison des culs bénis ou que l’on a transformé en tels dans des factions, des sectes, des gens qui ne veulent plus entendre parler de ça. et qui transforment leur nombril en justification de tout et n’importe quoi… Parce que la vision superstitieuse du monde a ses traductions dans la famille, la propriété privée comme dans l’Etat, dans les vendettas comme dans les guerres impérialistes.
L’IGNORANCE ENKYSTEE DANS LA CRAINTE
La Russie lors du récent Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF), le vice-Premier ministre russe Dmitri Chernishenko a envoyé un message fort à la communauté internationale : la Russie est prête pour une expansion massive à long terme à Cuba. Cette annonce n’est pas un hasard ; elle répond directement à la crise complexe de l’île, aggravée par le retrait des capitaux européens et des chaînes hôtelières. Comme la Chine, des pays qui sont déjà en train pour leur propre compte de faire face à l’agression sont les seuls d’où émane un message clair celui qui dénonce la fascisation qui n’attend pas les échéances électorales mais qui est déjà là sous une forme globale, geopolitique alors que nous sommes la proie d’une vision sanctifiée de l’occident, de sa démocratie et tout ce qui la conteste va a contrario de cette conception religieuse de notre « salut ». En fait voici bien longtemps que s’est substitué à la démocratie les inventions multiples qui obligent les autres à penser comme eux.
Et aujourd’hui où ils agissent avec de moins en moins de scrupule ils continuent à attribuer à la démocratie confondue avec la suprématie y compris raciste le pouvoir de vaincre le mal absolu ou désigné comme tel. Nul ne peut s’opposer à leur arbitraire sauf être convaincu d’appartenir à l’espèce des damnés et être interdit de parole, d’hymne, de drapeau avec l’assentiment de tous.comme aux jeux olympiques ou plus grotesque encore à Roland Garros. C’est leur toute puissance destructrice qui se joue et quand nous sommes incapables d’en voir le caractère global et que partout c’est l’adversaire qui est convaincu de mériter son sort nous acceptons d’être gouvernés par la crédulité.
Qui échappe à un tel état de superstition, en ce qui concerne l’expérience que j’en ai : personne! Que peut-on espérer ? Une accélération de l’histoire déjà perceptible, il y a moins de résistance à accepter de reconsidérer les préjugés dans le grand public que dans les groupes plus idéologisés… Mais chez ces derniers l’impression d’un savoir immédiat demeure l’obstacle comme l’illusion que le changement de leader résout tout. alors qu’il faut accroitre le niveau politique, défendre les règles existantes pied à pied et en conquérir d’autres. Qui sera capable d’apaiser tout en mobilisant ? Peut-on ignorer un tel contexte ?

En tous les cas ne pas s’illusionner sur le rôle réel que l’on joue et les adversaires que l’on se donne. La vocation d’Histoireet societe y compris dans la nouvelle formule se précise, nous apporterons des éclairages sur l’événement qui restitue celui-ci dans sa profondeur historique et dans les enjeux planétaires parce que c’est ce qui fait défaut à la prise de conscience qui s’esquisse. Nous ne serons pas une organisation de plus mais un site de référence, nous le sommes déjà. Aujourd’hui nous centrons sur le militarisme, le mirage de l’autonomie européenne en le replaçant dans ce que nous développerons demain le fait que des dynamiques régionales basées sur la sécurité sont confrontées à l’impulsion du socialisme dirigé par des partis communistes dans un contexte qui restera marqué par l’instabilité et les contradictions de la lutte des classes, de la souveraineté face à la violence de l’hégemon unipolaire…
L’histoire nous jugera même si elle ne retient pas nos noms, elle nous jugera sur ce que nous avons construit et refusé de détruire quelles que soient les bonnes excuses que nous nous donnons, ce ne sont que des ragots, des bassesses, des visions de bigots et de dames patronesses en regard de ce à quoi nous sommes invités à apporter ce que nous avons de meilleur à offrir, là encore on pense à Cuba.
danielle Bleitrach
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