La frappe contre le Venezuela n’est que le début d’une campagne plus vaste visant à éradiquer l’influence étrangère dans l’hémisphère occidental, dit cet article qui, par son adhésion enthousiaste, montre le caractère fasciste et criminel totalement assumé des Etats-Unis. Ce qui se passe à Cuba et qui démontre jusqu’où cette monstruosité que sont devenus les USA sont prêts à aller devrait balayer les pseudos états d’âme de ceux qui n’ont cessé sous des prétextes « démocratiques » de soutenir un tel pouvoir et de fait ont cautionné l’extraterritorialité, les invasions et attaqué les pays qui ne cherchaient qu’à se défendre. Parce que cette description qui fait froid dans le dos ne tient aucun compte, comme à Cuba, de l’existence des êtres humains. La seule réponse est dans l’unité des forces antifascistes et le respect de l’ordre international tel que le définit la charte des Nations unies. Que Trump ce syndic de faillite développe à l’intérieur comme à l’extérieur ce choix fasciste qui fait songer à Mussolini annexant la Corse (l’île ou la cage sans les oiseaux), ne signifie pas qu’il ait gagné ; c’est l’effet recherché celui des blockbuster hollywoodiens mais la réalité est tout autre et elle exige notre détermination (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete).
Le 15 janvier, le Département d’État a publié son « Plan stratégique des agences », dont une grande partie reprend les grandes lignes de la Stratégie de sécurité nationale de novembre, mais qui révèle plus en détail les intentions de l’administration Trump quant à la refonte de la politique étrangère américaine. Ce nouveau plan du Département d’État souligne sans ambages la primauté des « points de passage stratégiques comme le canal de Panama », avertissant que les États-Unis « ne permettront plus à leurs adversaires étrangers d’instrumentaliser le commerce et les investissements pour s’emparer des infrastructures critiques et du territoire stratégique de la région ».
La société CK Hutchison Holding, basée à Hong Kong, exploite deux ports du canal de Panama depuis 1997. Suite à l’adoption par Pékin, en 2020, d’une loi sur la sécurité nationale criminalisant toute action de Hong Kong considérée comme une collusion avec des forces étrangères, Washington s’inquiète de la liberté de passage, car 40 % du commerce annuel américain avec l’Asie transite par ce point de passage stratégique. En cas de crise, le Parti communiste chinois pourrait ordonner à la société hongkongaise d’empêcher le passage des destroyers, navires de combat et bâtiments de transport amphibie américains destinés à soutenir et renforcer les opérations de la flotte du Commandement du Pacifique.
Le premier voyage à l’étranger du secrétaire d’État Marco Rubio l’a conduit à Panama City, où il a rencontré le président José Raúl Mulino pour lui faire part de l’insistance des États-Unis sur la nécessité de mettre fin au contrôle des ports par le Parti communiste chinois.
Le Panama a annoncé par la suite qu’il mettrait fin à sa participation à l’initiative chinoise prédatrice des Nouvelles Routes de la Soie, qui traverse 20 pays d’Amérique du Sud.
Hutchison annonça ensuite la vente de sa participation dans les deux ports du canal, ainsi que dans des dizaines d’autres ports, pour 23 milliards de dollars à un groupe d’investissement dirigé par BlackRock. Hutchison omettait d’en informer Xi Jinping au préalable, et Pékin condamna immédiatement l’opération, la considérant comme un revers stratégique pour ses activités en Amérique du Sud. Pékin lança un examen réglementaire de l’accord et exigea par la suite que le géant chinois du transport maritime COSCO devienne partenaire et actionnaire à parts égales avec BlackRock et les autres investisseurs.
Le gouvernement panaméen a depuis lors accusé Hutchison de violation des intérêts nationaux, suite à un audit révélant un manque à gagner de 1,3 milliard de dollars pour l’État et des arriérés d’impôts depuis l’octroi de la licence en 1997. La Cour suprême du Panama pourrait révoquer la concession d’Hutchison, après quoi les ports reviendraient sous contrôle panaméen pour un nouvel appel d’offres, possiblement au profit de nouveaux propriétaires soutenus par Washington.
Dans le cas contraire, la Maison Blanche pourrait décider de contester directement la présence de la Chine à ce point de passage stratégique, la considérant comme une menace critique pour les plans américains visant à dominer l’hémisphère occidental, à garantir un accès maritime et naval permanent par le canal et à expulser les ressources chinoises et autres forces adverses du Groenland jusqu’au cap Horn.
Au-delà du canal de Panama, d’autres problèmes liés aux activités néfastes de la Chine en Amérique latine se posent. COSCO contrôle et exploite un immense mégaport en eau profonde de 3,5 milliards de dollars sur la côte pacifique du Pérou, offrant au continent une alternative au canal et risquant de réorienter l’économie brésilienne, qui pèse 2 000 milliards de dollars, vers une plus grande dépendance à l’égard de la Chine.
Une autre entreprise chinoise contrôle un important port à Kingston, en Jamaïque, à proximité de routes maritimes vitales des Caraïbes et à 270 kilomètres de la base navale américaine de Guantanamo Bay, à Cuba. En décembre, un navire-hôpital de la marine chinoise y a accosté pour fournir des soins médicaux après le passage de l’ouragan Melissa dans les Caraïbes. La stratégie chinoise de « fusion civilo-militaire » laisse supposer que ce navire-hôpital aurait également pu recueillir des renseignements militaires sur la base d’intervention rapide américaine située à proximité.
Les opérations de pêche illégale colossale menées par la Chine dans les océans Atlantique et Pacifique lui confèrent un contrôle important sur les produits de la mer américains, dont 80 % sont importés via des chaînes d’approvisionnement contrôlées par la Chine.
Ces activités ont dévasté des ressources halieutiques précieuses et essentielles pour l’Argentine, le Chili, l’Équateur et le Pérou, et ont engendré de graves difficultés économiques et environnementales pour de nombreux pays d’Amérique du Sud.
La Maison Blanche concentre ses efforts sur le Venezuela et le Groenland, et sur la surveillance des opérations d’influence du régime chinois à Cuba, au Nicaragua, en Colombie et potentiellement au Mexique, où des cartels utilisent des précurseurs chimiques chinois pour fabriquer du fentanyl, tuant ainsi des dizaines de milliers d’Américains chaque année.
Le plan stratégique des agences du département d’État stipule que l’administration Trump se réserve le droit de « prévenir le contrôle [chinois] et de le faire reculer là où il s’est déjà produit, et nous le ferons indépendamment du fait que ce contrôle soit exercé directement par des puissances concurrentes ou plutôt par l’intermédiaire d’entités prétendument privées qui opèrent sous le joug de ces États. »
Le communiqué ajoute que « nous ne permettrons à aucun adversaire étranger d’utiliser la force ou d’établir une base militaire où que ce soit dans la région, et nous nous efforcerons d’enrayer l’expansion de toutes les autres formes d’influence militaire étrangère, y compris la diffusion de l’assistance étrangère en matière de sécurité, des installations de renseignement et des installations à double usage. »
Si l’on se projette plus loin en 2026 et au-delà, la question demeure : vers quoi se tournera ensuite l’administration Trump dans l’hémisphère occidental ?
À propos de l’auteur : John Sitilides
John Sitilides est associé principal chez Trilogy Advisors LLC à Washington, D.C., et chercheur principal en sécurité nationale au Foreign Policy Research Institute. Depuis 2006, il est coordinateur régional pour l’Europe du Sud au Foreign Service Institute. Il a présidé le conseil d’administration du projet Europe du Sud-Est du Woodrow Wilson Center de 2005 à 2011. Il a témoigné devant le Congrès et intervient régulièrement comme commentateur en matière de sécurité nationale dans les médias américains et internationaux, notamment Bloomberg News, CNN, FOX News, CNN International, Newsmax et NewsNation. Il a également été interviewé ou cité dans le Wall Street Journal , le New York Times , le WashingtonPost , The National Interest , Politico , National Public Radio, Euromoney, Asia Times et le South China Morning Post .
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