Les tigres de papier et les colosses aux pied d’argiles : le capitalisme états-unien paraissait dominant jusqu’à ce que l’émergence de la Chine (qui a établit un nouveau centre industriel plus avancé et plus large) et des Brics (changeant les routes du commerce mondial) ont fait perdre aux USA la domination sans partage sur l’idéologie dominante. La façade merveilleuse de la startup nation n°1 se lézarde et on mesure la profondeur de la crise de civilisation. Oui, Danielle a trouvé l’expression juste, Donald Trump est bien le syndic de faillite. Mais tant que les peuples ne se réveillent pas, le tigre de papier reste puissant. Et c’est pourquoi l’Europe, dirigée par une caste de politiciens bourgeois réactionnaires reste tétanisée devant le grand méchant Donald et tente de saigner le peuple pour payer la dîme de 1350 milliards de dollars (plus 15% de droits de douanes, plus les milliards d’armements états-uniens que la soi-disante UE achète pour sauver les néo-nazis ukrainiens de la débacle). Ces 1350 milliards ne sauveront pas les USA de la faillite, mais ils menacent de plonger nos pays dans le chaos états-unien décrit ci-dessous. Seule l’émergence du peuple peut montrer la voie de l’avenir, de la modernisation et de la reconstruction. Le peuple de France s’ébroue à peine (pas seulement dans les échos très médiatiques d’un 10 septembre spontanéiste, mais surtout par la montée des journées d’action syndicales qui démarrent dès la semaine prochaine) que déjà Bayrou prépare sa fuite vers les Pyrénées … laissant Macron totalement isolé et impuissant. (note de Franck Marsal pour Histoire&Société
On a souvent dit que les USA nous devancent, ce n’est pas faux mais c’est inquiétant.
A présent les éditorialistes bourgeois se retrouvent hors jeu et attribuent leurs malheurs à Trump. Il serait l’ami de Poutine, ou pas, ou peut-être, ça dépend des jours. Selon eux c’est toujours un grand pays démocratique, rempart contre le totalitarisme… alors.
Von der Leyen a même justifié la soumission de l’Europe avec un argument inédit : « Imaginez un instant que les deux plus grandes économies démocratiques ne parviennent pas à un accord et se lancent plutôt dans une guerre commerciale ; seuls Moscou et Pékin s’en réjouiraient »… «Au lieu de cela nous sommes tombés d’accord sur un accord solide, à défaut d’être parfait », a-t-elle ajouté, avertissant que des droits de douane de rétorsion pourraient alimenter un conflit commercial coûteux, avec des « conséquences négatives pour nos travailleurs, nos consommateurs et notre industrie ». [i]
Mais d’où vient le déficit du commerce extérieur des USA ? Bhim Bhurtel, une économiste bourgeoise, s’inquiète quand même de cette guerre tarifaire [ii] sous le titre :
« Les guerres que Trump doit vraiment gagner »
Il écrit le 25 août : « Le déficit commercial est insignifiant en comparaison des crises plus profondes auxquelles l’Amérique est confrontée sur son territoire ». Si le déficit commercial atteint 918 milliards de dollars en 2024, « cette focalisation sur les menaces extérieures constitue une distraction majeure. Les véritables combats qui menacent la prospérité et la stabilité des États-Unis se déroulent à l’intérieur de leurs propres frontières, entraînant des coûts économiques et sociaux qui éclipsent tout déséquilibre commercial ». Et il définit dix crises majeures. Un bilan froid et purement comptable qui propose quelques cataplasmes réformistes. Je résume le constat :
1 – Crise du fentanyl et de la drogue La crise des opioïdes, et en particulier la menace du fentanyl tue plus de 100 000 Américains chaque année, la perte de productivité due aux décès prématurés, les coûts élevés des soins de santé et la pression sur le système judiciaire pénal coûtent plus de 2 700 milliards en 2023.
2 – Coût omniprésent de la violence armée En 2023, plus de 47 000 personnes sont mortes suite à des incidents liés aux armes à feu , entre homicides, suicides et fusillades accidentelles. Selon les Gun Violence Archive, l’impact financier de cette crise dépasse 1 000 milliards de dollars par an, dont 2,8 milliards pour traiter les victimes, et coûts indirects en services de police, procédures judiciaires et perte de production dues aux décès et blessures.
3 – Crise du logement et des sans-abri En janvier 2024, environ 771 480 Américains se sont retrouvés sans abri , un nouveau record. La situation s’est aggravée en raison de la flambée des prix de l’immobilier et du manque de logements abordables.Le fardeau économique des sans-abris, estimé par l’Institut Hudson à plus de 350 milliards de dollars par an, comprend les soins de santé d’urgence, les services sociaux et les forces de l’ordre.
4 – Déficit budgétaire fédéral et dette publique Au 31 juillet 2025, la dette fédérale dépassait 36 910 milliards de dollars , avec des paiements d’intérêts annuels dépassant 650 milliards de dollars, soit plus que le budget de la défense, une perte annuelle de plus de 1000 milliards, qui pourrait atteindre 150 % du PIB d’ici 2030.
5 – Inégalité des revenus En 2023, les 1 % les plus riches détenaient 32 % de la richesse totale, tandis que les 50 % les plus pauvres n’en possédaient que 2 %. Les conséquences économiques dépassent les 500 milliards par an.
6 – Fléau de la division sociale 80 % des Américains ressentent une fracture importante , selon le Pew Research Center. Elle engendre une paralysie politique, une instabilité sociale et une incertitude considérable pour les entreprises. Son coût économique s’élèverait à plus de 200 milliards de dollars par an.
7 – La réalité économique du changement climatique En 2023, les catastrophes liées au climat – ouragans, incendies de forêt et inondations – ont causé plus de 100 milliards de dollars de dégâts. Selon la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), le coût annuel du changement climatique dépasse les 500 milliards de dollars, et les États-Unis accusent un retard dans la transition mondiale vers les énergies vertes, perdant du terrain face à des concurrents comme la Chine.
8 – La hausse du coût de la criminalité Le coût économique de la criminalité aux États-Unis atteint 2600 milliards en 2017, en services de police, systèmes judiciaires et système pénal, avec les coûts importants des soins de santé pour les victimes et des dommages matériels. Au-delà de ces coûts directs, la criminalité exacerbe la peur et l’insécurité de la population, ce qui freine les économies locales et l’investissement.
9 – Augmentation du coût des soins de santé Le système de santé américain consomme 18 % du PIB en 2023, soit 4,5 billions de dollars, plus que tout autre pays développé, tout en obtenant les résultats de santé les plus bas.
10 – La « fracture des diplômes » La « fracture des diplômes », qui reflète l’écart croissant de revenus et d’opportunités entre diplômés et non diplômés de l’enseignement supérieur, contribue significativement aux divisions économiques et sociales, réduisant l’assiette fiscale et alourdissant le fardeau des programmes de protection sociale.
Bhim Bhurtel évalue ces dix crises à 8500 milliards de dollars. Mais la cause de ces dix plaies c’est la Chine Populaire qui la définit le lendemain en revenant sur le drame des sans abris [iii] :
la « tempête de la loi et de l’ordre » révèle le malaise social insoluble des États-Unis »
« Les États-Unis traversent actuellement une « tempête sécuritaire », déclenchée en partie par la crise des sans-abri. Parmi les derniers développements, le président américain Donald Trump a menacé dimanche d’étendre ses déploiements militaires à davantage de villes dirigées par les démocrates, a rapporté l’Associated Press (AP). Il a proféré cette menace lors d’une altercation avec le gouverneur du Maryland, Wes Moore, un démocrate qui a critiqué l’extension sans précédent du pouvoir fédéral par Trump pour lutter contre la criminalité et les sans-abri à Washington, selon l’AP. Cela a non seulement révélé la division politique croissante aux États-Unis, mais a également mis en lumière le problème profond des inégalités de richesse dans la société américaine, reflétant l’échec systémique du modèle américain à résoudre les problèmes sociaux, notamment la crise des sans-abri. « Des camps de tentes. De la crasse. De la drogue. Des gens qui fouillent, vivent dans des ordures et les mangent. Des vies brisées partout. Ce n’est pas l’Amérique », c’est ainsi que le commentateur politique américain Benny Johnson a décrit le centre-ville de Los Angeles dans un article publié sur X en mai. Si le discours public américain sur la crise des sans-abri est souvent politiquement chargé, il a également mis en évidence à quel point le sans-abrisme est devenu un fléau insurmontable aux États-Unis. […] Bien que de nombreux facteurs soient à l’origine du sans-abrisme, comme le chômage, les problèmes de logement et les problèmes de santé, la cause sous-jacente réside dans l’échec des politiques américaines.
Premier pays capitaliste, les États-Unis souffrent également des inégalités de richesse les plus marquées parmi les pays occidentaux, pris dans un cercle vicieux où les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent. […]»
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Les causes des dix plaies des USA ne sont pas extérieures, la cause fondamentale c’est le capitalisme, celui-là même qui a servi de modèle économique, idéologique et politique à notre pays. En France comme aux USA, la colère populaire monte comme elle a monté contre les Démocrates.
L’objectif des mouvements populaires devrait être la société socialiste et la fin du capitalisme. L’expérience a montré que les changements de personnel politique qui ignorent ou rejettent cet objectif n’ont rien apporté de bon, ils n’ont fait que dérouter le peuple et l’orienter vers des révoltes sans espoir.
Xuan
[i] L’UE affiche une « vision du monde dépassée » alors que von der Leyen utilise la Chine et la Russie comme excuse pour défendre le compromis sur l’accord commercial avec les États-Unis https://www.globaltimes.cn/page/202508/1341656.shtml?id=12
[ii] L’analyste économique Bhim Bhurtel enseigne l’économie du développement et l’économie politique mondiale au sein du programme de master de l’Université ouverte du Népal. https://asiatimes.com/2025/08/the-wars-trump-really-needs-to-win/#
[iii] « La crise des sans-abri sous la « tempête de la loi et de l’ordre » révèle le malaise social insoluble des États-Unis » Par Global Times – Publié le 26 août 2025 à 01h02 https://www.globaltimes.cn/page/202508/1341710.shtml
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