Histoire et société > Vie du PCF
Débat sur la forêt et les incendies à la fête des communistes à Salles en Gironde
La fête des communistes du Val de l'Eyre et du bassin d'Arcachon fut, comme chaque année, l'occasion de riches débats et de bons moments de convivialité. Le matin, nous avons abordé la situation qui résulte des incendies majeurs de cet été en Gironde. Ceux-ci ont ravagé 42 000 hectares de forêts, fait des centaines de victimes, dont 4 pompiers décédés dans leur travail et plus de 110 pompiers blessés, détruit 240 habitations, des commerces, des entreprises ... Un débat riche avec Bruno Lafon maire divers droite de Biganos et président de l'Association de Défense des Forêts contre les Incendies pour la région Nouvelle Aquitaine et Amar Bellal, responsable de la commission écologie du PCF, animé par Danielle Trannoy et Jacky Cusol.
Publié par Franck Marsal
le
Article original pour le blog
Ce débat fut bien sûr l'occasion de rappeler les propositions des communistes, sur la forêt, sur la nécessité des moyens de services publics, sur le dérèglement climatique. Mais aussi les propositions des syndicalistes de Dassault, qui, en 1999 avait proposé de lancer en France une filière de fabrication d'avions bombardiers d'eau modernes, en remplacement des canadairs vieillissant. Ces propositions comme chacun peut le constater n'ont pas été suivies. Après les incendies déjà catastrophiques de 2024, E. Macron avait annoncé une commande de canadairs supplémentaires, oubliant de dire (ou ne sachant pas ?) que l'usine des canadairs avait été fermée. Celle-ci a été rouverte, mais ne pourra pas livrer les avions dont le besoin est si urgent avant encore plusieurs années. Il fut rappelé aussi que les moyens aériens, s'il avaient pu arriver plus tôt, auraient permis de limiter la dimension catastrophique de cet incendie. Le constat est là et il est partagé : les leçons des incendies de 2024 n'ont pas été tirées. Les décrets alors annoncés par le gouvernement n'ont même pas été signés. La catastrophe s'est donc renouvelée, avec une ampleur élargie. Il est urgent d'agir donc et de dégager des priorités politiques concrètes autour de l'intérêt général.
C'était tout l'intérêt de ce débat contradictoire, mais serein et respectueux. Les communistes sont une force de propositions appréciée pour son sérieux et sa capacité à tracer une ligne d'avenir à moyen et long terme. Le dialogue avec un élu de terrain, comme le maire de Biganos, qui respecte l'histoire, et rappelle régulièrement l'importance de la paix et de l'antifascisme est nécessaire et pertinent. Bien sûr, comme l'a rappelé un camarade, entre un propriétaire terrien, fut-il loin d'être un milliardaire, et un prolétaire, subsiste le coeur de la lutte de classe. Cependant, le propriétaire forestier ne possède pas un actif immatériel. Il a besoin que sa forêt soit correctement protégée et, c'est pour cela que, comme l'expliquait Bruno Lafon, après l'incendie de 1949, ce sont les propriétaires eux-mêmes qui ont proposé la création des associations de Défense des Forêts contre les Incendies, dont le budget est alimentée par une taxe payée par ces mêmes propriétaires. Dans un tel contexte, le travail porté par le PCF, concret et basé sur une connaissance réelle du terrain, vu de point de vue de ceux qui le travaillent, se distingue alors radicalement (et à son avantage). Nos propositions sont alors de bon sens et comme des évidences. Il faut des moyens pour les services publics, et notamment des moyens renforcés quand les incendies se font plus nombreux et plus graves. Il faut des casernes au plus près du terrain pour raccourcir les délais d'intervention (alors qu'on en a fermé sous prétexte de "rationnalisation"). Il faut une filière française de production d'avions bombardiers d'eau, refusée depuis plus de 25 ans. Etc.
Dans ce genre de débat, les propositions des communistes se distinguent même doublement : d'une part, elles mettent en porte à faux les contradictions de la droite, qui est bien obligée de constater que, oui, il y a besoin de moyens pour les services publics et que ces moyens ont été supprimés par les politiques libérales. D'autre part, elles se distinguent du discours de la gauche réformiste et des écologistes, dans lequel dominent trop souvent les fausses promesses, la langue de bois et un dogmatisme éloigné des réalités du terrain. Le débat politique est transformé et on touche ici à un des enjeux majeur des candidatures communistes aux élections. La présence communiste a une capacité particulière pour changer la nature du débat, son matérialisme.
Au delà de la gestion de l'incendie lui-même, c'est tout l'avenir de la forêt et du territoire qui est posé. La forêt du massif landais et girondin est une forêt de pin exploitée depuis près de 150 ans pour divers usages. L'évolution de ces usages, des modes d'exploitation, l'évolution des conditions économiques du territoire, notamment les conditions de cohabitation de l'activité touristique, du développement immobilier et de la gestion de la forêt doivent être examiné ensemble.
C'est l'orientation prise par les communistes, qui prévoient une action dans la durée, à l'écoute des travailleurs, des habitants et des forces vives du territoire pour porter les revendications et développer des propositions concrètes et partagées. La colère et l'urgence montent dans la population, face aux dégats, à l'inadaptation des moyens, aux multiples problèmes urgents non résolus, en particulier pour les victimes, notamment les familles ayant perdus leur logement ou les travailleurs réduits au chômage technique.
Plus largement encore, le plan climat du PCF apporte avec le même principe matérialiste des réponses précises au problème du dérèglement climatique.
Le débat s'est prolongé l'après-midi autour des orientations adoptées par le 40ème congrès du PCF, autour de la perspective nécessaire d'une société socialiste et l'engagement du parti dans l'élection présidentielle. Une mise en perspective cohérente et concrète des enjeux de notre époque et de notre pays.
