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Tant qu'il n'y a pas d'œuvre commune, il y aura toujours de l'intolérance

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Cuba résiste, le Venezuela risque de perdre sa souveraineté : deux voies opposées face à l’impérialisme (Éditorial de Luciano Vasapollo)

Je suis pleinement d'accord avec la manière équilibrée dont ce site catholique proche du vatican et anti-impérialiste pose le problème dont par ailleurs nous présentons une version moins soft. Elle ne spécule pas sur les individus et leur possible trahison, elle dit ce qui est ma propre conviction: nous sommes tous les enfants de nos oeuvres et la période historique veut que cela relève de moins en moins de la "personnalisation" . Il m'arrive de me dire devant certaines attitudes au sein des forces progressistes et même communistes française (ce serait dommage qu'il fasse cela gratuitement)mais c'est une question secondaire parce qu'il ne s'agit plus de querelles idéologiques mais de choix concrets. Hier je parlais d'inscription dans le budget, faire silence sur le surarmement devant un aéropage de patrons pour inaugurer une campagne présidentielle va au-delà de la trahison individuelle, de l'aspect caricatural des individus c'est une parodie de démocratie. Il ne s'agit pas de sonder les reins et les coeurs de ceux qui dirigent au Venezuela et à Cuba, c'est l'incarnation d'un destin collectif à la croisée des chemins. D'un côté il n'y a pas capitulation, choix de la défaite, de l'autre il y a ce FAIT de l'accord pétrolier... Pas une condamnation non, une compréhension de la voie choisie au-delà même des étiquettes...

Publié par Danielle Bleitrach

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Source : www.farodiroma.it

Il existe des moments dans l'histoire où les mots souveraineté, indépendance et dignité cessent d'être des concepts abstraits et deviennent un choix concret. La situation actuelle dans les Caraïbes et en Amérique latine nous offre deux images profondément différentes : d'une part, Cuba, soumise à des pressions économiques, politiques et médiatiques sans précédent, mais déterminée à ne pas capituler ; d'autre part, le Venezuela qui, après les bouleversements politiques dramatiques de ces derniers mois, risque de voir ses ressources stratégiques et sa capacité d'autodétermination s'éroder progressivement.

Le fossé entre ces deux trajectoires apparaît aujourd'hui plus flagrant que jamais au vu des déclarations de Miguel Díaz-Canel et de l'accord pétrolier annoncé par Donald Trump avec Caracas. Le président cubain a réaffirmé que l'île subit une guerre multidimensionnelle et un blocus énergétique aux conséquences dévastatrices sur le quotidien de la population, marquée par des pénuries d'électricité, d'eau, de transports, de nourriture et de médicaments. Mais, dans le même temps, il a déclaré sans ambages : « Nous n'avons d'autre choix que de résister. Nous devons résister. »

C’est là la différence fondamentale. Cuba peut être critiquée, débattue et analysée pour ses contradictions et ses difficultés, mais elle n’a pas capitulé. Díaz-Canel a rejeté l’idée que les ouvertures économiques mises en place pour faire face à l’urgence constituent un retour au capitalisme et a explicitement lié la défense du socialisme à la défense de l’indépendance et de la souveraineté nationales. Il a également rappelé que le pays avait déjà traversé des moments où la survie même de la Révolution semblait impossible et que, une fois encore, le choix est de résister sans se subordonner aux intérêts des États-Unis.

Cuba résiste tandis que le Venezuela semble capituler. Tel est le contraste saisissant qui se dégage des propos de Miguel Díaz-Canel et du nouvel accord pétrolier entre Caracas et Washington. « Nous n'avons d'autre choix que de résister. Nous devons résister », a déclaré le président cubain, réaffirmant que La Havane n'a aucune intention de céder sa souveraineté malgré les fortes pressions américaines. De son côté, le Venezuela risque de voir ses immenses ressources pétrolières de plus en plus soumises au contrôle des intérêts américains. Une contradiction que Díaz-Canel dénonce sans ambages : est-il possible que les dirigeants vénézuéliens soient totalement dépourvus de dignité, tant politique qu'humaine, face à ce qui apparaît comme une braderie de la souveraineté, de l'autodétermination et de l'héritage de la Révolution bolivarienne ? Tandis que Cuba, bien qu'épuisée, choisit de résister, le Venezuela semble au contraire se diriger vers la capitulation.

Le cas vénézuélien, en revanche, apparaît radicalement différent. L'annonce du nouvel accord pétrolier entre Washington et Caracas soulève d'énormes questions quant à l'avenir de la souveraineté économique du pays. Selon l'ANSA, Donald Trump l'a qualifié de « plus important accord de l'histoire », faisant état de réserves couvertes par l'accord estimées à 65 milliards de barils. Une coentreprise privée devrait obtenir 55 % de la production réelle et, d'après un responsable de la Maison Blanche cité par la même agence, les droits d'exploitation des gisements seraient accordés pour une durée de 100 ans.

Si ces éléments se confirment dans leur version définitive, nous serions confrontés à un enjeu bien plus profond qu'un simple accord commercial. Il ne s'agirait plus seulement de savoir qui extrait le pétrole vénézuélien, mais qui contrôle une ressource stratégique essentielle à l'avenir du pays. L'ANSA souligne que, pour la première fois, le Venezuela pourrait céder le contrôle de ses champs pétroliers à une entreprise privée sous influence américaine, tandis que le rôle de la compagnie pétrolière nationale PDVSA demeure flou.

C’est là qu’apparaît une question politique inévitable : que reste-t-il de la souveraineté bolivarienne si le contrôle des principales ressources énergétiques est progressivement transféré à des entités privées liées aux intérêts américains ?

Le pétrole vénézuélien n'est pas une simple matière première. Il est le pilier de la souveraineté économique du pays, une ressource que Hugo Chávez a affranchie de la logique du profit oligarchique et utilisée comme outil de redistribution sociale, d'intégration latino-américaine et de construction d'un projet politique indépendant. Par conséquent, le transfert potentiel du contrôle des champs pétroliers ne saurait être perçu comme une simple mesure nécessaire à la relance de la production. Il convient de s'interroger sur le modèle de développement, la souveraineté et la relation avec les États-Unis qui émergeront de cette transformation.

La situation est d'autant plus grave qu'elle survient dans un contexte où Washington joue un rôle central dans la gestion et la commercialisation du pétrole brut vénézuélien depuis l'arrivée au pouvoir de Nicolás Maduro et la montée en puissance de Delcy Rodríguez. L'ANSA souligne également que Caracas envisage même de quitter l'OPEP, une décision qui confirmerait le réalignement stratégique du pays.

Face à cette situation, nous ne pouvons pas nous contenter de relater les événements comme de simples transactions financières. Il nous faut parler ouvertement d'une possible braderie de notre souveraineté économique et de l'héritage politique issu du processus bolivarien. Et nous devons nous interroger sur les raisons qui ont permis d'en arriver à ce que le pays possédant les plus importantes réserves de pétrole au monde risque de voir le contrôle d'une part cruciale de ces ressources basculer entre les mains d'intérêts privés, sous l'influence de Washington.

Les décisions de la classe dirigeante vénézuélienne actuelle et de la direction du PSUV doivent faire l'objet de critiques extrêmement sévères, sans pour autant transformer le jugement politique en accusations personnelles non fondées. Il n'est pas nécessaire d'invoquer des intérêts privés ou des affaires personnelles pour dénoncer ce qui apparaît comme une contradiction politique majeure : un processus né au nom de la souveraineté et de l'indépendance risque de conduire à la subordination de ressources stratégiques essentielles aux intérêts d'une puissance étrangère.

Pourtant, le Venezuela ne se résume pas à son gouvernement. Il existe un Venezuela plus profond : celui des mouvements sociaux, des communes, des quartiers ouvriers, des travailleurs, des usines, des intellectuels et de tous ceux qui continuent de s’identifier à la mémoire politique d’Hugo Chávez et à l’idéal d’une révolution bolivarienne fondée sur la souveraineté populaire. C’est de ces secteurs que peut émerger une nouvelle organisation politique et sociale, capable de rouvrir une perspective d’émancipation.

Il ne s'agit pas d'idéaliser le passé ni de nier les erreurs, les contradictions et les difficultés qu'a connues le Venezuela. Il s'agit de distinguer le peuple vénézuélien des décisions prises par ceux qui sont au pouvoir aujourd'hui. La souveraineté appartient au peuple, et non à un groupe dirigeant. C'est précisément pour cette raison que les critiques les plus sévères des décisions du gouvernement peuvent et doivent s'accompagner d'une solidarité avec les forces sociales qui entendent relancer le projet bolivarien sur des bases nouvelles, démocratiques et populaires.

Cuba, de son côté, présente un tout autre tableau. L'île est épuisée, soumise à un blocus que Díaz-Canel qualifie de guerre économique, énergétique, idéologique et médiatique. Le président cubain reconnaît ouvertement les difficultés et la nécessité de réformes économiques, mais réfute l'idée que celles-ci impliquent un abandon du socialisme. Les 176 mesures approuvées par La Havane sont présentées comme des outils pour faire face à une situation exceptionnelle, et non comme une capitulation idéologique.

La déclaration de Díaz-Canel est simple et, de ce fait même, politique : « Nous n’avons d’autre choix que de résister. » Plus significatif encore est son refus d’accepter un dialogue fondé sur la subordination. Cuba se dit ouverte au dialogue avec Washington, mais refuse de négocier sous la pression ou de renoncer à sa souveraineté.

Cette position ne signifie pas que Cuba ne doit pas évoluer. Au contraire : la survie de la Révolution exige une capacité de transformation, d’innovation économique, d’amélioration de l’efficacité, de participation populaire et de réponse aux souffrances réelles de la population. Mais réformer ne signifie pas nécessairement capituler. La question est de savoir qui décide, dans l’intérêt de qui et dans quel contexte international de rapports de force.

C’est sur ce point, en revanche, que Cuba et le Venezuela s’accordent. Ouvrir un espace économique pour survivre à un siège sans renoncer à sa souveraineté est une chose ; céder le contrôle de ses ressources stratégiques à la puissance qui exerce la plus forte pression sur le pays en est une autre.

C’est pourquoi Cuba mérite aujourd’hui notre attention, non pas comme un modèle parfait et intouchable, mais comme un exemple de résistance nationale et politique. Le Venezuela, en revanche, doit susciter l’inquiétude : non pas parce que son peuple a renié son histoire, mais parce qu’une partie de sa classe dirigeante semble accepter un processus de subordination économique progressive qui risque d’anéantir le sens même de la Révolution bolivarienne.

Il ne s’agit donc pas de choisir entre deux gouvernements, mais entre deux visions de l’Amérique latine : un territoire capable de décider de manière autonome de ses ressources et de son avenir, ou un continent à nouveau transformé en une plateforme d’extraction de richesses au service des grandes puissances.

Cuba affirme aujourd'hui qu'elle ne capitulera pas. Le Venezuela nous rappelle à quelle vitesse une révolution peut se vider de sa substance lorsque la souveraineté devient un enjeu de négociation.

C’est pourquoi nous devons soutenir tout processus de réorganisation populaire, sociale et culturelle au Venezuela visant à retrouver le sens originel du projet bolivarien. Et nous devons respecter la résistance cubaine, car dans une Amérique latine à nouveau en proie à des pressions extérieures et à des intérêts géopolitiques, la défense de l’indépendance n’est pas une nostalgie du passé : c’est un enjeu d’une actualité brûlante.

Au final, la vraie question est simple : qui doit décider du pétrole, des terres, des ressources et de l'avenir d'un peuple ? Les communautés et les institutions de ce pays, ou les intérêts économiques des puissances étrangères ?

C’est sur cette réponse que se mesure aujourd’hui la différence entre souveraineté et subordination, entre résistance et capitulation.

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