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Cuba résiste au blocus, qui constitue une tentative de génocide. L'énergie, l'économie et la solidarité sont au cœur des réunions de la mission du Réseau communiste avec Vasapollo, Martufi et Marchetti (SC)
Une rencontre qui peut paraître emprunter les voies habituelles de la solidarité mais qui s'avère très politiques et non dénuées de franchise en ce qui concerne par exemple l'appréciation de la politique de l'actuel gouvernement vénéezuélien par rapport à ce qu'avait été l'orientation donnée par Chavez er Fidel. Et surtout la nécessité de mieux coordonner la politique en défense de l'île assiégée. Ce n'est pas de la "solidarité touristique" c'est un combat politique dont les Cubains ont besoin et en défense de l'humanité contre la vague maccarthyste qui s'abat sur la planète de la part d'un empire aux abois qui nous a anesthésie quant à ses méfaits.
Publié par Danielle Bleitrach
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Source : www.farodiroma.it
La situation à Cuba est « très critique », le blocus imposé depuis six décennies s'étant transformé en une véritable tentative de génocide. Les coupures d'électricité, qui durent une grande partie de la journée, paralysent progressivement des pans entiers de la vie économique et sociale : des transports à la production, en passant par la distribution et la conservation des aliments. À cela s'ajoute la hausse des prix des produits importés, la spéculation aggravant encore les difficultés de la population. Le pétrole et les autres biens de première nécessité atteignent des prix jugés insoutenables au regard des salaires et des revenus des ménages.
Voici le tableau dressé par la délégation officielle du Réseau communiste, composée de Rita Martufi, Giacomo Marchetti et Luciano Vasapollo, qui participait à une série de réunions institutionnelles et politiques à Cuba à l'invitation du Comité central du Parti communiste cubain et de plusieurs institutions gouvernementales de l'île.
Une crise qui, selon la délégation, doit être interprétée avant tout à la lumière des conséquences du blocus américain et des difficultés croissantes d'approvisionnement énergétique. « Seule la résistance héroïque de ce grand peuple pouvait permettre de surmonter une telle situation », a déclaré la délégation, qui a ajouté que, dans un pays occidental, une crise durant des mois, avec des coupures de courant quotidiennes, aurait eu des conséquences ingérables.
Cette journée de rencontres a offert à la délégation italienne l'occasion d'échanger directement avec certaines des institutions clés de la société cubaine, de l'Institut cubain de l'amitié des peuples à l'Association nationale des économistes et des comptables, des Comités pour la défense de la révolution au Centre d'études martiennes.
ICAP reconnaît la solidarité internationale
La première étape fut l'Institut cubain de l'amitié des peuples (ICAP), où la délégation rencontra les dirigeants de l'institution. Les discussions portèrent sur les activités de solidarité menées par le Réseau communiste ces derniers mois et sur le renforcement des relations avec les organisations cubaines.
La délégation a noté qu'une trentaine de membres de l'organisation sont actuellement présents à Cuba. Aux trois représentants de la direction du Réseau communiste se sont joints 26 à 27 autres jeunes engagés dans la Brigade ICAP et « La Route de Fidel », une initiative liée au centenaire de la naissance de Fidel Castro, qui mène des activités politiques et de solidarité en collaboration avec l'Union des jeunes communistes cubains.
Au cours de la réunion, les nombreuses initiatives entreprises en Italie ont été rappelées : conférences, présentations de livres, traductions, réunions publiques, manifestations et rassemblements, ainsi que collaborations avec d’autres organisations engagées dans la solidarité avec Cuba.
Une attention particulière a été portée à la nécessité de mettre en place des processus unifiés capables de renforcer la mobilisation internationale. De nouvelles discussions sont prévues dans les prochains jours entre les dirigeants de l'ICAP et des représentants d'associations, de partis politiques et de mouvements de solidarité cubains de divers pays, afin de définir des axes d'action communs.
L'objectif est de coordonner les initiatives internationales susceptibles de soutenir Cuba à un moment où, selon la délégation, les pressions économiques et politiques extérieures ont un impact de plus en plus grave sur la vie quotidienne de la population.
La confrontation avec les économistes : le défi de la planification
La deuxième étape de la journée revêtait une importance particulière sur le plan économique. La délégation a rencontré l'Association nationale des économistes et comptables de Cuba (ANEC), en présence du vice-président national, du président de l'organisation dans la province de La Havane et de plus de quinze représentants des instances dirigeantes de l'association.
La discussion a permis de mieux comprendre l'état de l'économie cubaine et les stratégies mises en œuvre par le pays pour faire face aux conséquences de la crise.
Au cœur des discussions figurait également la réforme de la planification économique et le programme en 176 points visant à transformer la structure productive et l'organisation économique nationale. Parmi les aspects abordés figuraient les modifications de la structure productive, les formes d'initiative entrepreneuriale et les mesures d'amélioration des salaires et des conditions économiques de la population.
Pour la délégation italienne, ces mesures doivent être comprises comme faisant partie des efforts déployés par Cuba pour contenir les effets des pressions économiques extérieures et, en même temps, renforcer sa propre capacité de production.
Le Réseau communiste a présenté les activités d'analyse économique qu'il a développées ces derniers mois, notamment des publications et des travaux consacrés à la pensée économique de Fidel Castro, ainsi que des initiatives de formation et d'information sur la structure productive, économique et financière de Cuba.
Cette discussion a également suscité le désir d'initier une collaboration entre les économistes cubains de l'ANEC et ceux du Réseau communiste. L'objectif est de reconstituer et d'explorer l'histoire économique de la révolution cubaine, en mettant en lumière la spécificité du modèle de planification socialiste développé sur l'île et son lien avec les transformations en cours.
Les promoteurs souhaitent que ce projet rayonne non seulement à Cuba, mais aussi en Europe et en Amérique latine, grâce à la recherche, aux publications, aux sessions de formation et aux échanges internationaux.
Les CDR : un réseau populaire face à la crise
La journée s'est poursuivie par une visite au siège national des Comités pour la défense de la révolution (CDR), où la délégation a rencontré le président Gerardo Hernández, l'un des héros de la révolution cubaine.
La discussion a porté principalement sur la capacité de mobilisation des CDR et leur rôle dans la défense de la souveraineté et de l'autodétermination de Cuba pendant une période de fortes pressions économiques et politiques.
Les Comités de défense de la révolution sont l'une des organisations les plus répandues dans la société cubaine. D'après les données communiquées à la délégation, ils regroupent plus de sept millions de personnes sur une population d'un peu plus de neuf millions.
Face à une crise énergétique aux conséquences en cascade sur les transports, la production et l'approvisionnement, le rôle des collectivités locales devient primordial. Les CDR sont appelées à organiser la participation citoyenne et à soutenir les initiatives visant à relever les défis quotidiens.
Une conférence a été organisée avec plus de vingt représentants de la direction du CDR, consacrée à la mobilisation, à la solidarité internationale et aux initiatives à développer pour soutenir Cuba face au blocus.
Venezuela, une discussion franche entre camarades
Lors de la réunion avec les dirigeants du CDR, la situation au Venezuela a également été abordée, sujet sur lequel le Réseau communiste a exposé sa position.
La délégation a réitéré son soutien à la libération de Nicolás Maduro et de Cilia Flores et son opposition aux pressions impérialistes américaines sur le Venezuela, soulignant le caractère central de la défense des ressources énergétiques et de la souveraineté du peuple vénézuélien.
Dans le même temps, la position critique du Réseau communiste à l'égard du gouvernement vénézuélien actuel et de la direction du PSUV a été exposée, en accusant l'organisation gouvernementale de prendre des décisions qui, selon elle, s'écartent de la continuité du processus révolutionnaire fondé sur la pensée d'Hugo Chávez.
Le Réseau communiste a ensuite expliqué sa décision de rompre les relations politiques avec le gouvernement vénézuélien actuel et la direction actuelle du parti, tout en distinguant clairement cette décision de sa relation avec le peuple vénézuélien et les forces révolutionnaires qui, selon la délégation, entendent poursuivre le processus de transformation initié par Chávez.
Un passage qui témoigne également de la franchise du débat politique entre les organisations qui se reconnaissent dans la tradition anti-impérialiste latino-américaine.
Fidel et Martí, la continuité d'une pensée
Un autre thème récurrent de ces réunions était le rôle central et continu de la pensée de Fidel Castro dans la société cubaine et dans la continuité du processus révolutionnaire.
La journée s'est conclue au Centro Studi Martiani, où la délégation a rencontré à nouveau la directrice Marlène. Les échanges ont permis de préciser un programme d'initiatives communes consacré à l'étude, à la recherche et à la diffusion de la pensée de José Martí.
Des conférences, des activités de formation et des initiatives approfondies sont prévues pour relier l'héritage de Martí aux défis contemporains de la société cubaine et à la dimension internationale de la solidarité.
Fidel et Martí deviennent ainsi deux références permettant d’interpréter la continuité historique du processus cubain : la construction d’une identité nationale fondée sur la souveraineté et, simultanément, l’ouverture internationaliste qui a caractérisé la politique de la Révolution.
Une semaine de réunions à l'approche du centenaire de Fidel
La délégation du Réseau communiste considère la première phase de la mission comme positive, soulignant l'accueil reçu des institutions cubaines et le caractère « fraternel » des rencontres.
Les prochains jours seront encore plus intenses. Des discussions avec des partis politiques, des mouvements, des institutions nationales et des organisations internationales sont prévues, tandis que du 10 au 13 août, la délégation participera au colloque international consacré au centenaire de la naissance de Fidel Castro, avec une série de présentations et d'interventions.
Le parcours revêt ainsi une double dimension : d’une part, une solidarité concrète avec une population confrontée à une crise énergétique et économique extrêmement grave ; d’autre part, la construction d’outils d’analyse et de collaboration politiques, économiques et culturelles.
Pour le Réseau communiste, tel est le défi auquel Cuba est confrontée : non pas simplement dénoncer le blocus, mais contribuer à la construction d’un réseau international capable d’en comprendre les effets, de soutenir la société cubaine et, en même temps, d’approfondir l’expérience historique d’un pays qui continue d’affirmer son droit à la souveraineté et à l’autodétermination.
C’est une résistance que la délégation italienne interprète non seulement comme la capacité d’endurer des difficultés matérielles, mais aussi comme un choix politique et collectif : celui de continuer à défendre, malgré d’énormes difficultés, la souveraineté nationale et son modèle de développement.
Chevaliers sacrés
