Cuba vit une mort économique programmée qui révolte ou devrait révolter tous ceux qui ont un minimum de conscience, mais même dans cette agonie l’île de la liberté défie ses bourreaux et met à jour la tyrannie derrière leur revendication à la démocratie… Et il faut que ce soient des chrétiens qui le rappellent à la gauche à tous ceux qui osent encore feindre de défendre cette démocratie et accepter le crime en son nom. Aujourd’hui il faut être nombreux devant l’Assemblée nationale pour dire à la représentation nationale son devoir face au crime: »pas au nom de la France » (note et traduction de danielle Bleitrach)
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09/06/2026

Ces derniers jours, les rédactions de FarodiRoma et Medifighter ont reçu de nombreuses lettres et des commentaires critiques suite aux initiatives de solidarité avec Cuba et au débat organisé au cinéma Aquila à Rome. Rien de nouveau sous le soleil. Depuis des décennies, chaque fois que la révolution cubaine est évoquée, les mêmes accusations ressurgissent : « il n’y a pas de démocratie », « il n’y a pas de liberté », « il y a des prisonniers politiques », « c’est une dictature ».
Ces affirmations sont si souvent répétées qu’elles finissent par passer pour des vérités admises. Pourtant, ceux qui les profèrent témoignent rarement d’une véritable compréhension de la réalité cubaine, de son histoire, de son système politique et, surtout, des conditions exceptionnelles dans lesquelles le peuple cubain est contraint de vivre depuis plus de soixante-sept ans.
La première question que nous devrions nous poser est très simple : que comprenons-nous par démocratie ?
Un système est-il véritablement démocratique lorsque des segments de plus en plus restreints de la population participent au vote ? Un modèle est-il véritablement démocratique lorsque les décisions fondamentales sont souvent déterminées par le pouvoir économique, financier et médiatique ? Un système est-il véritablement démocratique lorsqu’il marginalise des millions de citoyens, les privant d’une représentation effective et les éloignant de plus en plus des institutions ?
À Cuba, il existe un modèle différent, que l’on peut partager ou critiquer, mais qui ne saurait se réduire à de simples slogans. Il s’agit d’une conception de la démocratie fondée sur la participation territoriale, les assemblées de quartier, l’implication des organisations sociales et citoyennes, et un processus de sélection des candidats indépendant des campagnes à plusieurs millions de dollars et des lobbies économiques.
Ce modèle peut être débattu, mais on ne peut pas prétendre qu’il n’existe pas.
Le blocus : l’expression d’une politique criminelle qui déclenche un génocide pour coloniser la perle des Caraïbes
Il existe un second problème que beaucoup préfèrent ignorer : Cuba vit depuis plus d’un demi-siècle sous un blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis. Non pas un simple embargo bilatéral, comme on le décrit souvent, mais un système de sanctions extraterritoriales qui touche quiconque entretient des relations avec l’île.
Imaginons un instant un autre pays soumis depuis des décennies à une pression économique similaire, aujourd’hui exacerbée par de nouvelles mesures restrictives. Imaginons les conséquences sociales, productives et financières. Pourtant, Cuba continue de garantir l’éducation publique, les soins de santé universels, la recherche scientifique et des programmes sociaux que de nombreux pays plus riches ne parviennent pas à offrir.
Durant la pandémie de Covid-19, le monde a vu des médecins cubains travailler dans des dizaines de pays, y compris dans des régions italiennes en difficulté. Depuis des décennies, des milliers de professionnels cubains œuvrent dans les régions les plus pauvres d’Amérique latine, d’Afrique et d’autres parties du monde. Il ne s’agit pas de propagande, mais d’un fait avéré.
Fausses informations concernant les prisonniers politiques
Il y a aussi la question des soi-disant « prisonniers politiques », souvent évoquée sans distinction entre les différents cas et hors de tout contexte. Comme dans tout pays, à Cuba, des personnes sont détenues pour des délits de droit commun et font l’objet de procédures judiciaires qui peuvent être débattues et analysées. Mais assimiler systématiquement tout détenu à un prisonnier politique est une simplification excessive qui ne nous permet pas de comprendre la réalité.
La question fondamentale est tout autre : pourquoi Cuba est-elle soumise à un niveau d’examen et de condamnation que l’on voit rarement appliqué à d’autres alliés occidentaux, où des violations des droits de l’homme, une répression sociale et de profondes inégalités économiques sont également constatées ?
La réponse est évidente. Cuba demeure un exemple d’indépendance nationale, de souveraineté politique et de résistance à un ordre international dominé par les grandes puissances économiques. C’est ce que beaucoup ne peuvent pardonner.
Bien sûr, Cuba n’est pas un paradis. Aucune société ne l’est. Il existe des problèmes, des difficultés, des contradictions et des limites dont les Cubains eux-mêmes discutent quotidiennement. Mais toute critique sérieuse doit se fonder sur la connaissance des faits, et non sur la répétition mécanique de stéréotypes forgés par des décennies de guerre médiatique.
Un lien fructueux entre le leadership politique et les peuples organisés
Cuba a résisté et continue de résister depuis plus de soixante-cinq ans à un blocus économique, commercial et financier qui ne saurait se réduire à une simple mesure diplomatique, mais qui a acquis au fil du temps les caractéristiques systémiques d’une pression permanente. Dans ce long processus historique, le leadership révolutionnaire de Fidel Castro, de Raúl Castro et, aujourd’hui, de Miguel Díaz-Canel a incarné non seulement la continuité politique, mais aussi un modèle d’engagement populaire fondé sur un principe essentiel : l’apprentissage mutuel entre les dirigeants politiques et le peuple organisé.
Dans cette perspective, la Révolution cubaine n’a jamais été un processus imposé d’en haut, mais plutôt une expérience historique où la construction du consensus et de la participation a pris des formes originales, ancrées dans l’histoire nationale et la lutte pour la souveraineté. En ce sens, Fidel Castro peut être interprété comme un Martí du XXe siècle, tandis qu’Hugo Chávez a représenté une réinterprétation contemporaine de l’héritage bolivarien, contribuant de manière décisive à la formulation de ce que l’on appelle le socialisme du XXIe siècle.
Ce n’est pas un hasard si le noyau politique et théorique de l’ALBA-TCP repose précisément sur l’intégration bolivarienne et martienne, comprise non pas comme une simple alliance régionale, mais comme un projet historique d’émancipation des peuples latino-américains de la domination économique et géopolitique extérieure.
Les relations internationales promues par Fidel et Che se poursuivent aujourd’hui
L’un des plus grands accomplissements historiques de Fidel Castro fut de bâtir des relations internationales fondées non pas sur la puissance économique ou militaire, mais sur la force concrète des idées et une solidarité active. Sur cette base, Cuba a développé un réseau unique de coopération internationale, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la formation, qui demeure aujourd’hui encore une caractéristique distinctive de sa diplomatie.
Ce n’est pas un hasard si la diplomatie cubaine est reconnue comme l’une des plus efficaces pour dialoguer avec des acteurs et des réalités politiques divers, même éloignés du bloc socialiste. Cela démontre que l’expérience cubaine ne s’est jamais repliée sur elle-même, mais a au contraire constamment recherché le dialogue international, tout en préservant son autonomie politique et son identité historique.
L’ère inaugurée par la Révolution cubaine résonne ainsi de manière universelle, bien au-delà des frontières de l’île. Les idéaux de José Martí et de Fidel Castro demeurent une clé d’interprétation fondamentale pour comprendre la dynamique des transitions contemporaines, notamment dans les pays du Sud.
C’est dans ce contexte que se comprend la profonde signification de la dignité, de l’appartenance et de la fierté nationale du peuple cubain. Il ne s’agit pas d’éléments abstraits, mais bien de composantes historiques et matérielles forgées au fil du temps par une longue expérience de résistance et de construction sociale.
Assez de ces deux poids, deux mesures !
Par conséquent, toute analyse sérieuse de Cuba doit partir d’une connaissance de son histoire spécifique, en évitant les simplifications idéologiques et les lectures décontextualisées qui finissent par obscurcir la complexité d’une expérience politique unique dans le paysage contemporain.
C’est pourquoi nous répondons aux lettres reçues non par des insultes, mais par une invitation à l’étude, à l’analyse et au débat. Toute personne souhaitant discuter de Cuba est la bienvenue. Mais parlons de la vraie Cuba, et non de celle véhiculée par la propagande qui, trop souvent, substitue les préjugés à l’analyse.
La solidarité avec Cuba ne signifie pas renoncer à l’esprit critique. Elle implique de rejeter le deux poids deux mesures et de reconnaître le droit d’un peuple à décider de son destin de manière autonome, libre de toute pression économique, de tout chantage et de toute ingérence extérieure.
Voilà, en substance, le véritable enjeu de ce débat.
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