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Tant qu'il n'y a pas d'œuvre commune, il y aura toujours de l'intolérance

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Conflit Russie-Ukraine : le président du Kazakhstan dit à Vladimir Poutine que les combats en Ukraine doivent être « arrêtés » par Danielle Bleitrach

Les médias occidentaux relayent la propagande anti-russe souvent d'origine britannique qui pourtant ne relâche pas son délire interprétatif, ainsi la manière dont le président du Kazakhstan a dit en direct au président russe qu'il fallait que la guerre s'arrête a été présentée comme une preuve de plus de l'affaiblissement de ce dernier face aux "exploits" du poulain de l'OTAN. La caricature animalière d'un ours russe s'emmêlant dans ses micros et notes tandis que le tigre supposé kazakh le toise remplaçant l'analyse. Histoireetsociete3 au contraire fidèle à sa méthode prend "l'événement" comme un moyen de nous faire comprendre des tendances historiques et géopolitiques de plus ou moins grande durées qui disent les ruptures et les permanences et de ce fait donnent au présent une possibilité pour le passé de se projeter dans l'avenir. Ici nous avons un paradoxe : alors que le refus d'approuver l'intervention russe avait fait espérer à l'occident une perte d'influence de la Russie dans les anciennes républiques soviétiques, nous assistons y compris dans la plus grande d'entre elles un renforcement de l'influence mais sur des bases beaucoup plus égalitaires. L'influence de la Chine, qui à partir de Khrouchtchev avait été un facteur de déstabilisation est devenue un facteur de stabilisation en particulier économique et la guerre actuelle en Iran également. Pour écrire cet article nous avons utilisé les articles d'un site trés anti-russe et proche de l'Allemagne qu'est novostan, malgré son parti pris il est souvent bien informé et souvent est obligé de reconnaître que leurs efforts se heurtent à ce qu'ils appellent "le conservatisme", c'est-à-dire la fidélité des peuples à l'URSS et des dirigeants à la nomeklature soviétique voire comme ici à l'incontestable avantage qu'il y a à demeurer dans le monde multipolaire.

Publié par Danielle Bleitrach

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Article original pour le blog

Lors d'un sommet entre le Kazakhstan et la Russie qui se tient dans la ville d'Omsk ce samedi 25 juillet 2026, les médias donnent une large publicité à la déclaration directe du président du plus grand des pays de l'Asie centrale au président russe, le chef d'État kazakh a dit qu'il est "regrettable" que "des jeunes meurent" sur le champ de bataille chaque jour. Depuis la recrudescence de frappes de part et d'autre de la frontière, les négociations de paix entre l'Ukraine et la Russie sont au point mort. Selon notre habitude dans le site Histoireetsociete nous choisissons de replacer l'événement dans son contexte en lui redonnant une profondeur historique et géopolitique. Outre le fait que de tels sommets sont longtemps préparés à l'avance et que les interventions publiques ont été longtemps négociés à l'avance.

LE KAZAKHSTAN A DESAPPROUVE L'INTERVENTION RUSSE EN 2022, LES "EXPERTS"OCCIDENTAUX ON PREDIT UNE PERTE D'INFLUENCE ET C'EST LE CONTRAIRE QUI EST ADVENU

Les experts occidentaux ne cessent de prédire le fait que l’influence russe au Kazakhstan serait en perte de vitesse depuis le début des opérations militaires en Ukraine. En cause, les choix d’Astana au sein d’institutions internationales, le refus de reconnaître les républiques populaires de Donetsk et de Louhansk, ou encore le souhait du gouvernement d’adopter un régime de sanctions contre la Russie.

C'est pour l'essentiel une illusion, le président, Kassym-Jomart Tokaïev, continue de définir la Russie comme le principal partenaire stratégique et allié du Kazakhstan. Mais Astana s’efforce en effet de tenir compte des intérêts des acteurs clés que sont pour lui la Russie, l’Union européenne (UE), la Turquie et la Chine. Selon Foreign Bilateral Influence Capacity, le principal indice de mesure de l’influence d’un pays sur un autre, la Russie est toujours l’acteur de plus influent au Kazakhstan alors qu'un moment elle a paru supplantée par l’Union européenne, aujourd'hui celle-ci est passée derrière non seulement la Russie et les liens historiques hérités de l'URSS mais le partenariat renforcé avec la Chine comme dans toute l'Asie centrale. La Russie a toujours domine la sphère politique et militaire, tandis que l’UE est davantage présente dans la sphère économique et dans la fourniture d’aide étrangère, l’UE est l’un des principaux acquéreurs d’énergie kazakhe . Mais Bruxelles voit sa domination dans la sphère économique se réduire comme peau de chagrin, car Astana et Moscou ont vu leur coopération s’accroître en ce domaine depuis 2010.

1-En fait; l'apparente condamnation de l'intervention russe en Ukraine a en fait renforcé les liens économiques avec la Russie :

L’évolution des relations entre le Kazakhstan et ses principaux partenaires est clairement mise en lumière par les projets d’investissement dans le pays par des investisseurs étrangers, dont le nombre a augmenté de manière significative en raison de la fermeture de nombreuses entreprises étrangères en Russie et de la nécessité pour les entreprises russes de se servir du Kazakhstan pour faire des affaires avec une partie du monde. L’effet d’interconnexion s’est donc amplifié. En outre, le Kazakhstan lui-même invite activement les représentants des entreprises qui prévoient de cesser leurs activités en Russie. Ainsi, le vice-ministre des Affaires étrangères du Kazakhstan, Almas Aïdarov, a indiqué que 401 entreprises ont été invitées à se relocaliser au Kazakhstan. Début mars 2024, le vice-ministre de l’Economie nationale, Baouyrjan Koudaïbergenov, a indiqué que 41 entreprises d’une valeur de plus de 1,5 milliard de dollars quittaient la Russie pour s’installer au Kazakhstan. Par ailleurs, 37 autres entreprises, représentant une valeur combinée de près d’un milliard de dollars, sont en cours de délocalisation : Honeywell, InDriver, Fortescue, Skoda, GE Healthcare et Philips. Volkswagen a prévu d’ouvrir une usine automobile dans l’oblys de Kostanaï, qui ciblerait probablement un public russe. Selon l’entreprise publique Kazakh Invest, Moscou ne prévoyait que cinq projets d’investissement au Kazakhstan avant la guerre en Ukraine, pour un investissement total d’environ 530 000 euros. En 2022, ce montant est passé à près de 3,5 millions de dollars pour 17 projets, puis, en 2023, à près de 10 millions d’euros pour 10 projets. En comparaison, la Chine a lancé 10 projets d’investissement avant la guerre, 11 en 2022 et 7 en 2023. La Turquie, quant à elle, a lancé 11 projets avant 2022, puis 5 en 2022 et 2023. L’Union européenne n’a lancé que 13 projets depuis 2022.

2 -Projets d’industries et de complexes logistiques

Pour Moscou, il est très important d’ouvrir des entreprises d’industrie lourde au Kazakhstan, comme une usine de production de structures métalliques légères à parois minces ou de matériaux TSMCERAMIC innovants et peu énergivores. Ces produits peuvent cibler à la fois les marchés russe et internationaux (ni russe ni kazakh). Le secteur logistique du Kazakhstan intéresse également la Russie, car il permet d’obtenir des marchandises concernées par les sanctions.

Le plus grand complexe logistique du marché du commerce électronique, Ozon, est en cours de construction au Kazakhstan. En 2023, cette entreprise a étendu ses activités à d’autres pays d’Asie centrale, comme l’Ouzbékistan et le Kirghizstan. Le projet devrait créer 4 000 emplois. A titre de comparaison, le plus grand projet chinois, Great Wall Motor, ne créera que 2 200 emplois. Au cours des deux dernières années, la Banque eurasiatique de développement a lancé des projets tels que la construction du gazoduc Saryarka, la modernisation des aéroports d’Almaty et du Turkestan, et la construction du périphérique d’Almaty. Jusque fin juin 2023, le capital autorisé de la Banque eurasienne de développement était de 66 % pour la Russie et de 33 % pour le Kazakhstan.

Ainsi, la Russie tend à devenir un nouvel acteur dans le soutien aux projets d’infrastructure et de logistique au Kazakhstan. Auparavant, c’est la Chine qui tenait ce rôle, suivie par l’Union européenne.

3- Hausse des exportations kazakhes et des délocalisations des PME russes

En 2022, les exportations de produits technologiques du Kazakhstan vers la Russie ont nettement augmenté. Cette tendance s’est poursuivie dans le secteur en 2023 : au premier semestre de l’année, les plus fortes croissances en exportations avoisinaient les 300 % par rapport à la même période en 2022.

Cela indique que près d’une entreprise sur deux ayant une participation étrangère au Kazakhstan est russe. En 2022, le pays comptait 15 600 entreprises russes, soit deux fois plus qu’en 2021. Fin 2023, ce nombre était monté à 19 000. La part d’entreprises russes par rapport au nombre total d’entreprises étrangères présentes au Kazakhstan s’élevait à 44,9 %. Il s’agit pour la plupart de petites entreprises actives dans les domaines du commerce, de l’information, de la communication et des services.

Dans ce contexte, la présence croissante de la Russie au Kazakhstan ainsi que la hausse de la dépendance de la Russie à l’égard du Kazakhstan deviennent évidentes.

4 - Influence militaire : tentatives de diversification

Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’intensification de la coopération militaire avec la Turquie a fait couler beaucoup d’encre au Kazakhstan. Au centre des débats : l’accord sur la construction d’une usine de production de drones turcs au Kazakhstan, ainsi que la signature, le 10 mai 2022, d’un accord militaire, le « Protocole sur la coopération dans le domaine du renseignement militaire ». Ce document décrit les procédures et les obligations relatives à l’échange d’informations en matière de renseignement militaire, au suivi de la situation militaire et politique et à l’échange d’informations sur les organisations terroristes internationales.

Pourtant, le Kazakhstan continue d’acheter ses armes principalement à la Russie. Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, entre 1992 et 2022, la Russie représentait 85,5 % des importations d’armes du Kazakhstan, tandis que les pays de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) n’en représentaient que 7 %.

Cette dépendance s’explique en partie par le besoin de compatibilité avec le matériel militaire russo-soviétique, le Kazakhstan étant membre de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC). Astana tente malgré tout de se diversifier dans ce domaine également.

Par exemple, outre les accords signés avec Ankara, le Kazakhstan a tenté d’acheter des équipements militaires à la Chine, notamment des missiles antichars et des drones Wing Loong, bien que ceux-ci ne représentent que 1 % du total des importations.

Auprès des Etats membres de l’OTAN, le Kazakhstan a principalement acheté des avions et des hélicoptères militaires, dont certains ont été donnés, car utilisés dans le cadre d’opérations militaires en Afghanistan. Le Kazakhstan a notamment acheté des avions de transport militaire à l’Espagne, mais a préféré les avions et hélicoptères russes ainsi que des systèmes de missiles sol-air, aux chasseurs français Rafale. La doctrine militaire du Kazakhstan, mise à jour en octobre 2022, réaffirme l’engagement du pays à mettre en place un système régional unifié de défense aérienne avec la Fédération de Russie, reflétant ainsi le partenariat stratégique et la dépendance militaire qui existent entre les deux pays. La stratégie de sécurité militaire décrite dans la doctrine prévoit la modernisation des forces armées en mettant l’accent sur l’acquisition d’armes à l’étranger.

Près de la moitié des armes du Kazakhstan devraient être achetées à l’étranger, alors que la part des dépenses militaires dans le PIB du pays est inférieure à 1 %. L’infrastructure militaire et les armements du Kazakhstan sont pour la plupart d’origine soviétique, ce qui oblige Astana à les entretenir en les achetant à la Russie. Toutefois, en raison des sanctions actuelles, les livraisons de certains composants et pièces détachées en provenance de Russie ont été sévèrement restreintes. Le ministère de la Défense du Kazakhstan cherche activement des alternatives, soit par la production nationale, soit par des achats auprès de pays d’Europe de l’Est comme la Serbie, la République tchèque et la Slovaquie, où la production et la modernisation d’armes selon les normes du Pacte de Varsovie se poursuivent.

En fait le diagnostic est comparable à celui que nous avions fait pour d'autres ex-républiques soviétiques d'Asie centrale l’influence directe de la Russie sur le Kazakhstan demeure forte, l’évolution du contexte international et les choix stratégiques du Kazakhstan favorisent un scénario dans lequel les relations sont devenues plus complémentaires à la fois parce que le Kazakhtan apporte une aide face aux sanctions de l'UE qui elle en général perd au change sauf des paysplus souples à l'égard de la Russie comme le Serbie, la Slovaquie. Mais aussi dans le cadre d'un partenariat renforcé avec la Chine. Les liens politico-culturels se maintenant et même se renforçant.

LIENS ENTRE L'IRAN ET LE KAZAKHSTAN

Il n'est pas indifférent pour établie la signification de "l'évenement" de la déclaration Kazhak de savoir le rôle joué par les relations avec l'Iran dans la rupture du blocus actuel . Depuis son indépendance de l'Union soviétique, l'Iran entretient des relations cordiales avec le Kazakhstan. Ce dernier a notamment aidé l'Iran par le biais d'accords d'échange de pétrole, permettant ainsi à la République islamique d'éviter les sanctions. Ces dernières années, la coopération économique et de transit entre l'Iran et le Kazakhstan s'est intensifiée, Bandar Abbas s'imposant comme un point névralgique pour les deux pays et l'un des principaux carrefours de ces échanges. Le Kazakhstan a annoncé son intention d'établir un centre logistique à Bandar Abbas afin de faciliter son accès aux marchés iranien, du Golfe persique et irakien via le corridor Nord-Sud . Parallèlement, les deux pays ont signé des accords de transport ferroviaire permettant la circulation réciproque de wagons iraniens et kazakhs, avec pour objectif de transporter conjointement jusqu'à cinq millions de tonnes de marchandises par an sur cet axe. Cette coopération s'inscrit dans le cadre d'efforts plus vastes déployés par les deux nations pour développer les réseaux de transit et dynamiser les échanges commerciaux. Les analystes économiques estiment que le renforcement de la présence kazakhe à Bandar Abbas pourrait relancer la branche sud du corridor Est-Ouest , consolider le rôle de l'Iran dans le transit régional et renforcer la position de Bandar Abbas comme lien essentiel entre l'Asie centrale et les marchés du Golfe persique et de l' Asie du Sud .

C'EST DONC DANS CE CONTEXTE QU'IL FAUT APPRECIER LA DECLARATION EN DIRECT DU PRESIDENT DU KZAKHSTAN AU PRESIDENT RUSSE LORS DE CE SOMMET.

Le président du Kazakhstan Kassym-Jomart Tokaïev a déclaré, ce samedi 25 juillet, au président russe Vladimir Poutine que les combats en Ukraine devaient être "arrêtés", appelant à un "gel" du conflit, dans un rare commentaire adressé en face-à-face au dirigeant russe. Le Kazakhstan est un allié de la Russie mais n'a jamais exprimé son soutien à l'offensive de Moscou en Ukraine débutée en 2022, qui a ébranlé les partenaires du Kremlin en Asie centrale.

"Comment sortir de cette situation ? Personne ne le sait, parce qu'il y a les positions des deux parties. Mais, d'un autre côté, il y a en ce moment, cette possibilité de geler tout cela", a déclaré le président kazakh à son homologue russe, ajoutant: "C'est regrettable, des jeunes meurent... Tout cela doit être arrêté".

Des origines de la guerre "très difficile à comprendre"

Ces mots, prononcés à l'occasion de l'ouverture d'un sommet de coopération entre les deux pays dans la ville sibérienne d'Omsk, étaient retransmis à la télévision. "J'ai choisi d'exprimer ma modeste opinion parce que les gens savaient que je prévoyais d'être à Omsk", a ajouté Kassym-Jomart Tokaïev, assis à côté de Vladimir Poutine.

Le dirigeant kazakh a en outre déclaré que les origines de la guerre "ne sont pas tout à fait compréhensibles pour beaucoup, y compris pour nous". Il a affirmé que, si les origines des guerres entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan étaient "claires", "ici, il est très difficile de comprendre". Le président kazakh a suggéré de revenir aux accords d'Istanbul de 2022 et "ensuite d'avancer vers une paix tant attendue".

Les pourparlers diplomatiques visant à mettre fin à plus de quatre ans de guerre sont au point mort et il convient de noter comme vient encore de le rappeler Lavrov le ministre des affaires étrangères russes à Rubio son homologue des USA lors de la conférence de l'ANSEA à Manille que le véritable problème était l'absence de crédibilité de ses interlocuteurs occidentaux l'UE en particulier. De nombreux pays et le cas du Palistan à propos de l'Iran sont amenés de ce fait à jouer un rôle. Ce que dit donc le président du Kazakhstan loin d'être la condamnation dont rêvent les Européens est que ce qui s'est passé en 2022 quand sous pression de la grande Bretagne il y a eu dénonciation des accords qui venaient d'être signés à Ankara a été une erreur fondamentale et il faudrait si possible en revenir là. Ce que ne veulent ni l'Ukraine de Zelensky ni la "coalition" en fait l'Allemagne et la France de Macron.

Iran (vert) Kazakhstan orange au milieu la mer casppienne

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