Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Comment les Gardiens de la Révolution d’Iran ont réorganisé le Hezbollah

Voici un article venu d’Israël. Tandis que les « génies » de la Silicon Valley comme nous le montrons aujourd’hui sont en train de nous inventer la guerre de l’intelligence artificielle robotisée, avec assassinat ciblé, il y a au contraire une réponse « humaine » redoutablement efficace, celle du peuple organisé à la base en « mosaïque » avec des cadres démultipliés… ce qui ressemble étrangement au centralisme démocratique des communistes avec des cellules et des militants de haut niveau capables d’initiative et de discipline. Voici la manière dont l’Iran a reconstruit non seulement sa propre défense mais celle de ses « proxys » et comment toute la sophistication de la Silicon Valley et d’Israël se heurte à la colère d’un peuple que l’on a cru pouvoir humilier, tuer les femmes, les enfants, écraser de peur… Ceux qui parmi nous ont dit la folie de la puissance qui ignore l’humain y compris à ce stade du développement des forces productives savaient que ces « victoires » ne sont que des chemins vers la défaite et que sur cette route-là Netanyahou conduit le peuple israélien vers la fin, aujourd’hui ou demain. C’est inexorable parce qu’il arrive un moment comme dans tout le Moyen Orient où la haine d’Israël et de son protecteur suzerain les Etats-Unis, l’occident, devient plus forte que toutes les peurs et toutes les divisions (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete).

Des conseillers iraniens ont comblé les vides au sein de la direction décimée et ils ont fait passer ce groupe terroriste d’une structure de commandement hiérarchique à un système composé de petites unités décentralisées.

Par ReutersAujourd’hui, 22:55

Un drapeau du Hezbollah flottant sur le site de bâtiments détruits à la suite de frappes aériennes dans la banlieue sud de Beyrouth, dans le quartier de Ghobeiry, le 5 mars 2026. (Crédit : AFP)

Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, a reconstruit le commandement du Hezbollah après qu’il a été mis à mal par Israël en 2024. Il a d’abord comblé ses lacunes avec des officiers iraniens, puis il a restructuré le groupe terroriste chiite libanais. Il a ensuite élaboré des plans pour la guerre qu’il mène actuellement en soutien à Téhéran, ont déclaré deux sources proches de ces activités du CGRI.

Cette restructuration a été une première pour le Hezbollah, qui a été fondé par le CGRI en 1982, et elle a témoigné d’une approche très active après les coups durs qui avaient été encaissés par le groupe terroriste pendant la guerre de 2024, avec notamment l’élimination de son chef Hassan Nasrallah et d’autres hauts commandants.

L’investissement du régime iranien a porté ses fruits, permettant à l’organisation chiite libanaise de se remettre sur pied à temps pour entrer en guerre au Moyen-Orient aux côtés de Téhéran – après que la république islamique a été attaquée par les États-Unis et Israël.

Reuters avait rapporté, au début du mois de mars, que le Hezbollah considérait une nouvelle guerre comme inévitable et qu’il s’y était préparé pendant des mois. Cet article met en lumière le rôle qui a été tenu par le CGRI dans ces préparatifs, en s’appuyant sur les témoignages de six sources qui se sont exprimées sous couvert d’anonymat, ainsi que sur l’expertise d’un spécialiste du groupe terroriste chiite libanais.Supernova lee CGRI, qui est très impliqué dans le Hezbollah depuis sa création, a envoyé des officiers pour former des hommes armés et pour superviser le réarmement du groupe terroriste, ont déclaré deux sources proches de ses activités.

Elles ont également indiqué que des officiers du CGRI avaient réorganisé les structures de commandement du Hezbollah, infiltrées par les services de renseignement israéliens – une infiltration qui avait permis à Israël d’éliminer de nombreux dirigeants du groupe terroriste.

Des personnes inspectant une maison en grande partie détruite par une roquette tirée par le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, à Haniel, dans le centre d’Israël, le 12 mars 2026. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Malgré tout, le 12 mars, un porte-parole de l’armée israélienne a fait remarquer que le Hezbollah restait une force influente et dangereuse, malgré les coups portés par Israël au cours des trois dernières années.

Le Hezbollah a tiré des centaines de missiles sur Israël depuis son entrée dans la guerre régionale le 2 mars, déclenchant une opération militaire israélienne qui aurait fait plus de 1 000 morts au Liban.

Les chiffres libanais sont invérifiables et ils ne font pas la distinction entre civils et terroristes.

Les hommes armés du Hezbollah affrontent les soldats israéliens qui ont établi une zone tampon dans le sud du pays.

Tsahal estime avoir éliminé quelque 600 terroristes du Hezbollah.

Il reste à voir comment le groupe terroriste, dont la puissance est inférieure à son niveau record d’il y a quelques années, réagirait en cas d’incursion israélienne à grande échelle.

Le bureau de presse du groupe terroriste, le ministère iranien des Affaires étrangères et le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.

Netanyahu avait déclaré au mois de janvier que le Hezbollah s’efforçait de se réarmer et de reconstituer son infrastructure avec le soutien de Téhéran.

Des chars et des soldats israéliens près de la frontière libanaise dans le contexte de la guerre en cours contre la République islamique d’Iran et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, le 14 mars 2026. (Crédit : Ayal Margolin/Flash90)

Abandon de la hiérarchie

Les deux sources ont indiqué que les officiers du CGRI chargés d’aider le Hezbollah à se relever étaient arrivés peu après le cessez-le-feu du mois de novembre 2024, se mettant au travail alors même qu’Israël poursuivait ses frappes.

L’une d’elles a précisé que ce déploiement avait concerné une centaine d’officiers.

Parmi les changements qui avaient été mis en œuvre à leur demande, le remplacement d’une structure de commandement hiérarchique par une structure décentralisée, composée de petites unités ayant une connaissance limitée des opérations des autres – contribuant ainsi à préserver le secret opérationnel.

Ali Larijani (au centre) chef du Conseil de sécurité nationale iranien, faisant un geste tandis que des partisans du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah lui lancent du riz pour l’accueillir à l’extérieur de l’aéroport international Rafik Hariri, à Beyrouth, au Liban, le 13 août 2025. (Crédit : Bilal Hussein/AP)

Elles ont précisé que les officiers du CGRI avaient également élaboré des plans d’attaques aux missiles à l’encontre d’Israël qui seraient lancées simultanément depuis l’Iran et le Liban – un scénario qui a finalement été mis en œuvre pour la première fois le 11 mars.

Une source libanaise haut placée dans les services de sécurité a déclaré que des commandants iraniens avaient aidé le Hezbollah à remettre sur pied et à réorganiser ses forces armées.

Selon cette source, les Iraniens aideraient le groupe terroriste chiite libanais à gérer le rythme du conflit actuel plutôt que de s’impliquer dans le choix précis des cibles.

Une autre source bien informée sur le sujet a indiqué que le CGRI avait envoyé des officiers au Liban en 2024 pour dresser un bilan de la guerre du Hezbollah et qu’il avait pris la supervision directe de sa branche armée.

Des personnes se recueillant devant les tombes de Hashem Safieddine, le chef du Hezbollah, du chef historique du groupe terroriste, Hassan Nasrallah, et d’autres responsables lors d’une cérémonie marquant le premier anniversaire de leur élimination par Israël, au sanctuaire de Safieddine dans la ville de Deir Qanoun al-Nahr, près de Tyr, dans le sud du Liban, le 27 septembre 2025. (Crédit : Mahmoud Zayyat/AFP)

Deux autres sources ont indiqué que le CGRI avait détaché des conseillers spéciaux auprès du Hezbollah l’an dernier pour l’aider à diriger les affaires militaires.

Andreas Krieg, maître de conférences au département d’études sur la sécurité du King’s College de Londres, a déclaré que le CGRI « a fondamentalement réorganisé le Hezbollah en un système beaucoup plus horizontal », en contraste avec la hiérarchie politique qui s’était développée autour de Nasrallah avant son élimination.

« Ce modèle décentralisé qu’ils ont désormais mis en place ressemble aussi un peu plus à ce qu’était le Hezbollah dans les années 1980 – de très petites cellules », a expliqué Krieg, qui mène des recherches sur ce groupe terroriste depuis quinze ans.

Il décrit cette structure comme une sorte de « défense en mosaïque », également utilisée par le CGRI en Iran.

Le Liban a demandé au CGRI de quitter le pays

Ces efforts du CGRI interviennent alors que le gouvernement libanais et son armée, soutenus par les États-Unis, cherchent à faire avancer un processus de désarmement du groupe terroriste, soulignant ainsi l’énorme difficulté de cette entreprise.

Selon un responsable libanais, le Liban estime qu’environ 100 à 150 ressortissants iraniens présents dans le pays entretiennent des liens avec le gouvernement iranien qui vont au-delà des fonctions diplomatiques normales, y compris avec le CGRI.

Ce responsable a indiqué que le gouvernement avait demandé à ces personnes de quitter le Liban début mars.

Des chambres d’hôtel endommagées, frappées par une frappe israélienne, à Beyrouth, au Liban, le 8 mars 2026. (Crédit : Hussein Malla/AP Photo)

Les deux sources proches des activités du CGRI ont déclaré que des officiers des Gardiens faisaient partie des plus de 150 Iraniens qui ont quitté Beyrouth à bord d’un vol à destination de la Russie le 7 mars.

Des membres du CGRI figuraient également parmi les quelque 500 morts des suites des frappes israéliennes au Liban qui sont survenues au cours des quinze mois qui se sont écoulés entre le cessez-le-feu de 2024 et le déclenchement de la nouvelle guerre.

Israël a expliqué qu’il s’agissait de contrer les efforts de réarmement du groupe terroriste chiite libanais, des efforts entrepris en violation du cessez-le-feu.

Une dizaine d’autres ont été éliminés lors d’attaques israéliennes depuis le début de la guerre, notamment lors d’une frappe contre un hôtel de Beyrouth le 8 mars, ont-ils indiqué.

Le CGRI est étroitement impliqué dans le Hezbollah depuis que ses hommes ont fondé le groupe terroriste dans la plaine de la Békaa orientale pour exporter la Révolution islamique de 1979 et combattre les troupes israéliennes au Liban en 1982.

Qassem Soleimani, le général en chef du CGRI éliminé en 2020 par une frappe de drone américain, avait travaillé aux côtés de Nasrallah pendant la Seconde Guerre du Liban, en 2006, entre le Hezbollah et Israël. Lorsque des frappes aériennes israéliennes ont éliminé Nasrallah dans un bunker de la banlieue sud de Beyrouth, un général iranien était également présent.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

Views: 63

Suite de l'article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

La modération des commentaires est activée. Votre commentaire peut prendre un certain temps avant d’apparaître.