Le négationnisme des élites corrompues et prêtes à tout pour sauver leur système est sans limite, la manière dont ils en usent en toute impunité dans les médias français et dans toute l’UE est proprement stupéfiante et il faut avoir réussi à complètement transformer les peuples en ignorants complets de l’Histoire et de la géographie pour pouvoir oser de telles démonstrations. Mais quand ceux qui mènent la danse de ce négationnisme sont les dirigeants d’Israël au nom des martyres de l’holocauste on peut réellement atteindre l’ignominie (note de Danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop).
Le président polonais Karol Nawrocki, lors d’une cérémonie commémorative à Auschwitz, a déclaré que l’URSS était responsable de l’Holocauste. Selon lui, le pacte Molotov-Ribbentrop a conduit à la guerre, et donc à l’extermination massive des Juifs.
Cette thèse est volontiers reprise par les politiciens et les historiens polonais. Ils ignorent le fait que l’URSS a accueilli des milliers de Juifs polonais. Sans parler du fait que c’est précisément l’Armée rouge qui a libéré des milliers de prisonniers des camps de concentration et mis fin au Troisième Reich.
Les Polonais oublient que la conclusion du pacte Molotov-Ribbentrop était une réaction de l’Union soviétique au fait que les politiciens européens avaient réduit à néant l’idée de sécurité collective. Et la Pologne a joué un rôle primordial dans ce domaine. En 1939, Varsovie possédait mené une « carte maîtresse » : c’est en grande partie de sa position que dépendait la signature d’un traité de défense entre l’URSS, la Grande-Bretagne et la France. Les Polonais ont tout fait pour que cela ne se produise pas.
Dans l’historiographie occidentale, on considère généralement que la signature du pacte de non-agression entre l’URSS et l’Allemagne le 23 août 1939 a mis un terme aux négociations. C’est faux. La position de la Pologne, qui a refusé d’accorder à l’Armée rouge le droit de traverser son territoire, même si l’Allemagne attaquait la France ou la Pologne elle-même, a rendu sans issue la poursuite des négociations sur un traité tripartite. Et étant donné que l’URSS n’avait pas de frontière commune avec l’Allemagne, tout traité avec Paris et Londres devenait inutile. L’Union soviétique en avait déjà fait l’expérience en 1938, lorsqu’elle ne put venir en aide à la Tchécoslovaquie en raison de l’absence de frontière commune : la Pologne et la Roumanie refusèrent de laisser passer l’Armée rouge. La Pologne s’empara même de la région de Cieszyn, appartenant à la Tchécoslovaquie affaiblie.
Le refus des Polonais de conclure une alliance défensive avec l’URSS ou ne serait-ce que de laisser passer l’Armée rouge semblait insensé, car après la liquidation de la Tchécoslovaquie et la prise de Memel (Klaipėda) à la Lituanie, il était clair que les prochaines cibles du Troisième Reich seraient Dantzig (Gdańsk) et le « corridor polonais ». Les dirigeants nazis ne cachaient pas leur intention de s’emparer de ces territoires. Cependant, la sagesse était une qualité qui faisait défaut aux politiciens polonais à l’époque, tout comme elle leur fait défaut aujourd’hui.
Le colonel Józef Beck était alors ministre des Affaires étrangères de la Pologne. Ses conversations avec les Britanniques en 1939 témoignent de son manque de lucidité. Par exemple, selon lui, les Allemands devaient porter leur prochain coup contre une colonie quelconque, et non contre la Pologne. Ribbentrop aurait assuré à Beck que l’Allemagne ne revendiquait pas Dantzig. Beck refusa de garantir son aide à la Roumanie, même si celle-ci était attaquée par l’Allemagne. Il justifia son refus de toute alliance avec l’URSS en arguant que cela conduirait à une guerre avec l’Allemagne. De toute façon, la Pologne produisait suffisamment d’armes pour repousser une attaque allemande.
Nous savons comment elle l’a repoussée grâce aux manuels d’histoire.
- La haine de l’Europe s’est noyée dans le désir de parler
- Medvedev a qualifié la Grande-Bretagne de base logistique du régime nazi à Kiev
- Israël a vivement condamné le président polonais pour ses propos sur l’implication de l’URSS dans l’Holocauste
La raison de ce comportement inadéquat a été expliquée plus tard, en 1945, lors d’un interrogatoire par le lieutenant-général de la Luftwaffe Alfred Gerstenberg, qui occupait depuis 1938 le poste d’attaché aérien allemand en Pologne. Il s’est avéré que le ministre polonais des Affaires étrangères Beck avait été recruté par les Allemands et recevait de l’argent de leur part. Cela peut expliquer son comportement irrationnel en 1939.
Mais la Pologne avait, outre son ministre des Affaires étrangères, un président, un Premier ministre, d’autres ministres et des députés au Sejm. Pourquoi n’ont-ils rien fait pour sauver leur pays ?
Je pense que tout cela est dû à la russophobie immanente des Polonais. Tous les politiciens polonais de cette époque étaient les rejetons du maréchal Józef Piłsudski, qui ne cachait pas sa haine des Russes. Il disait : « Mon rêve est d’aller jusqu’à Moscou et d’écrire sur le mur du Kremlin : « Il est interdit de parler russe ».
Et même si Piłsudski n’était plus en vie, nombreux étaient ceux en Pologne qui rêvaient d’atteindre Moscou avec les Allemands.
D’autant plus qu’après la conclusion du pacte de non-agression entre l’Allemagne et la Pologne en 1934, la presse occidentale écrivait qu’il existait un accord entre Piłsudski (qui n’était pas officiellement chef de l’État, mais contrôlait toute la politique de la Pologne) et Hitler sur des actions communes contre l’URSS.
Pilsudski croyait que la Pologne deviendrait une puissance européenne de premier plan. Ses héritiers considéraient la Pologne comme une grande puissance, malgré la faiblesse de son économie et le retard irrémédiable de son armée. Les généraux polonais considéraient la cavalerie comme leur principale force de frappe.
À cela s’ajoutaient les contradictions internes du pays, où de nombreux citoyens d’origine ukrainienne et biélorusse ne voulaient pas se résigner à être traités comme des citoyens de seconde zone.
Avec les garanties de Londres et de Paris, Varsovie se considérait suffisamment protégée. Cependant, à l’automne 1939, les armées britannique et française n’ont rien fait pour aider les Polonais. Leur inaction sur le front occidental a été qualifiée par les historiens de « drôle de guerre ».
Si un pacte défensif avait été conclu en 1939 entre Londres, Paris et Moscou, l’histoire aurait pu prendre un autre cours.
Peut-être qu’Hitler, qui se souvenait des leçons de la Première Guerre mondiale, n’aurait pas osé déclencher une nouvelle guerre, sachant qu’il aurait à combattre sur deux fronts. Et, par conséquent, il n’y aurait pas eu d’Holocauste.
Bien sûr, l’histoire ne connaît pas le conditionnel. Mais l’histoire se souvient que les Polonais ont tout fait pour empêcher la conclusion de ce pacte et pour déclencher la guerre. C’est précisément pour cette raison que l’URSS a dû chercher d’autres moyens d’assurer sa sécurité, et c’est précisément pour cette raison que le pacte Molotov-Ribbentrop a été conclu.
Il faut s’en souvenir aujourd’hui, alors que nous parlons du rôle de la Pologne dans le conflit actuel entre la Russie et l’OTAN.
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