Politique et société
quand on se laisse prendre aux jeux de la politique politicienne, il y a beaucoup de temps perdu à tourner en rond sans oser voir l’évidence qui nous permettrait de négocier pour alléger la peine des êtres humains. C’est également préjudiciable au plan intellectuel, scientifique, alors que des horizons inconnus s’ouvrent devant nous, nos radotages et le rétrécissement des focales de nos radotages, interdit également de voir à quel point la période est riche sur le plan anthropologique. Marx revient en force avec cet « holisme », c’est pour cela que j’avais chois de faire débuter notre livre « quand la France s’ouvrira à la Chine, la longue marche vers le monde multipolaire par des textes de Marx méconnus sur la Chine. C’était un pari osé dans une France inculte et où la gauche n’a plus de telles référence qui lie la politique à un temps beaucoup plus long, celui de l’humanité et même du vivant. Qui connaît autre chose de Marx que quelques citations, voire le Manifeste et encore ? L’importance que Engels et lui attachent à la rupture épistémologique que constitue pour eux des textes comme L’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’État qui est un essai de Friedrich Engels publié en 1884 après la mort de Karl Marx d’après les notes qu’il a prise sur les études anthropologiques des sociétés archaïques de Lewis Henry Morgan. Engels se réfère aussi au livre Le Droit maternel de Johann Jakob Bachofen. Ce qui devrait passionner dans le monde multipolaire est la possibilité de s’ouvrir sur la somme d’expériences que l’humanité a mise en oeuvre pour régler les rapports sociaux d’abord de production mais aussi ceux qui relèvent de la gestion de la quotidienneté, sur la relation entre individu et société, le fait que comme le soupçonnaient Engels et Marx la propriété privée n’a pas été une constante de l’humanité . Et plus encore, il est possible désormais non plus de concevoir les sociétés à partir de l’occident mais de multiplier les prismes pour de nouvelles méthodes et résultats, comme il est possible d’économiser la phase imperialiste dans la modernisation et le développement, l’apport fondamental de la Chine socialiste. Le cinéma est déjà pour moi une expérience de cet ordre à condition d’échapper à la norme des festivals. Voir l’Afrique, l’Amérique latine, l’Europe elle-même non seulement sous l’angle de la civilisation chinoise mais le faire dans un partenariat qui ne soit pas seulement celui d’intellectuels voyageurs ou de lettrés mais également celui de partenaires économiques, des marchands comme du temps de la route de la soie, et aussi des représentants du socialisme chinois ayant eu un autre mode de développement que celui de l’occident et qui s’est passé du colonialisme c’est un kaleidoscope. Il faut se garder d’une démarche hagiographique et se dire que pour un marxiste, seule la vérité est révolutionnaire non par idéalisme mais parce qu’elle seule permet les rectifications indispensables. Parce que le marxisme en tant que démarche théorico-pratique doit avoir une perspective claire de ce qui est recherché mais être capable de rectifier sans cesse les déséquilibres qu’engendre la dynamique, le processus, la longue marche comme toutes les marches est un déséquilibre compensé. et dans ce texte qui date de 2018, on mesure déjà à quel point le monde multipolaire, le déclin des USA et de l’occident est une réalité admise dans la relation entre l’Afrique et la Chine . (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)


j’étais sans doute la seule dans l’équipe des co-auteurs à revendiquer ce Marx anthropologue et pourtant c’est peut-être là la clé du dépassement de certaines divisions inutiles dans la pratique politique. un détour qui nous fait gagner du temps… dans la production de ce livre comme dans les défis les plus concrets auxquels nous sommes confrontés. (DB)
Depuis 500 ans, l’action étrangère en Afrique a été exclusivement guidée par ses propres intérêts et une exploitation brutale. Il est donc presque impossible d’imaginer une autre forme de relation entre les étrangers et les Africains. Mais aujourd’hui, à ce tournant décisif de la transformation mondiale, il est crucial non seulement d’imaginer, mais aussi d’observer et de soutenir la construction d’une relation d’une nature différente.
Publié il y a 7 ans
sur 21 novembre 2018
Par DJ Zhao

Le Forum triennal sur la coopération Chine-Afrique , qui réunit les chefs d’État chinois et africains pour définir ensemble les orientations de leur coopération et planifier des projets concrets, a débuté en 2000, marquant un tournant historique pour les deux continents. Examinons brièvement les types de projets menés depuis lors :
« Sur un total de 1 673 projets mis en œuvre par des entreprises chinoises dans les pays africains, 757 concernaient le secteur manufacturier et les secteurs connexes, 215 le secteur social, 192 la santé, 161 l’éducation, 115 les transports et les infrastructures, 106 l’agriculture, 83 l’énergie et seulement 44 l’exploitation minière. » (Données de 2015, africa-me.com )

On estime à 800 le nombre d’entreprises chinoises présentes en Afrique, principalement des sociétés privées investissant dans les infrastructures, l’énergie et le secteur bancaire. Des lignes de crédit sans conditions et à taux d’intérêt bas (1,5 % sur 15 à 20 ans) ont remplacé les prêts occidentaux, plus restrictifs et conditionnels. Depuis 2000, plus de 10 milliards de dollars de dettes contractées par des pays africains envers la République populaire de Chine ont été annulés. ( Wikipedia )

« L’éducation et le transfert de savoir-faire technologique font de plus en plus partie intégrante de la stratégie d’influence chinoise en Afrique. On compte plus de 20 centres de formation agricole gérés par la Chine et plus de 40 écoles de langue chinoise et centres Confucius sur le continent. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a déclaré la semaine dernière que son gouvernement offrirait 10 000 bourses d’études à des fonctionnaires africains pour étudier en Chine au cours des dix prochaines années. La Chine est déjà la première destination des étudiants africains originaires de pays anglophones, devant le Royaume-Uni et les États-Unis. » (qz.com)
Les projets chinois ne se concentrent pas dans les pays riches en ressources, mais sont répartis sur tout le continent. En Angola, les 14,5 milliards de dollars investis sont alloués à la reconstruction du pays, alors que le pétrole angolais se trouve en mer. Au Congo, les nombreuses routes construites relient les pays voisins et ne mènent pas jusqu’à la côte. Les chemins de fer, comme celui du Kenya, ne servent pas uniquement à l’exportation de matériaux, à l’instar de ceux construits par les Britanniques, mais dynamisent les économies locales et facilitent le commerce entre les régions et les nations africaines. Vingt-cinq entreprises chinoises construisent des infrastructures en Éthiopie, un pays presque dépourvu de ressources. (Deborah Brautigam)
Le 7e Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) s’est tenu en début d’année et a réuni 53 dirigeants africains (à l’exception d’un seul). Un nouveau plan de développement prévoyant 60 milliards de dollars d’investissements pour l’Afrique y a été annoncé. Ce plan comprendra « 15 milliards de dollars de dons et de prêts sans intérêt ; 20 milliards de dollars de lignes de crédit ; un fonds de 10 milliards de dollars pour le financement du développement ; 5 milliards de dollars pour financer les importations en provenance d’Afrique ; et l’annulation de la dette des pays africains les plus pauvres ayant des liens diplomatiques avec la Chine » (Asia Times). Une analyse plus détaillée est disponible ici ; et pour un aperçu encore plus complet des projets chinois en Afrique, veuillez consulter ce rapport de l’Institut des économies en développement basé au Japon.

7e Forum de la coopération Chine-Afrique, 2018
Problèmes
Dès lors qu’il existe une asymétrie de pouvoir et que les parties évoluent dans un contexte économique inégal, le risque d’injustice se fait sentir. Bien que des représentants du Parti communiste chinois supervisent le fonctionnement de chaque grande entreprise privée et que ces entreprises soient responsables devant le gouvernement démocratiquement élu, la multiplication des projets d’envergure rend inévitables de nombreux conflits et problèmes. Des accords inéquitables aux pratiques commerciales corrompues, des problèmes liés au travail aux chocs culturels et au racisme, ces questions doivent être reconnues et prises au sérieux, et il convient de privilégier le point de vue des parties structurellement désavantagées.
Face à ces complications, erreurs et infractions, il est essentiel de conserver une perspective équilibrée et de garder à l’esprit les points suivants : les erreurs et les abus de certaines entreprises ne reflètent pas la politique de l’État. Les litiges et les complications au niveau local doivent être évalués au cas par cas, en fonction de l’ampleur et de la portée des grands projets de développement. Les pratiques déloyales ne doivent pas être passées sous silence, mais elles ne sauraient servir à juger l’ensemble des activités chinoises. De récentes réformes politiques ont d’ailleurs été mises en place pour restreindre davantage les pratiques commerciales laxistes et ainsi résoudre ces problèmes. Par exemple, même si, dans la plupart des pays africains, les projets chinois ont toujours employé une forte proportion de travailleurs locaux ( Deborah Brautigam ), ces dernières années, les grandes entreprises ont eu recours à une main-d’œuvre locale encore plus importante, même si, pour diverses raisons, cela se traduit souvent par une moindre rentabilité à court terme.
Tout indique que le mode opératoire de la République populaire de Chine rompt avec le modèle américano-européen d’exploitation pure et simple. Il se caractérise par un bénéfice mutuel et, surtout, par un engagement en faveur du développement économique indépendant de l’Afrique. Les bénéfices que la Chine tirera de cette relation proviendront d’opportunités économiques accrues avec les économies à forte croissance, et non du pillage.
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Ligne de chemin de fer à écartement standard (SGR) construite par la China Road and Bridge Corporation (CRBC) et financée par le gouvernement chinois à Mombasa, ville côtière du Kenya, le 30 mai 2017. REUTERS/Stringer TPX IMAGES DU JOUR — RTX389W3
Géopolitique
La puissance mondiale des États-Unis est en déclin, et les responsables politiques américains ont explicitement désigné la Chine comme leur « plus grande menace », tant pour le moment que pour les années à venir . Mais des dynamiques encore plus vastes, aux racines historiques plus profondes, sont à l’œuvre : les puissances occidentales ont toujours cherché à récupérer leurs acquis, depuis qu’elles ont « perdu » la Chine au profit de la révolution communiste de 1949. Et contrairement aux idées reçues, la « guerre froide » idéologique menée par les empires bourgeois contre le communisme ne s’est jamais achevée après l’effondrement de l’Union soviétique.
Outre la poursuite des campagnes classiques de déstabilisation contre la RPC, similaires à celles observées récemment en Libye, en Égypte, en Syrie et en Ukraine, avec le financement de l’extrémisme islamique au Xinjiang et de groupes se réclamant de la « démocratie », l’empire médiatique mondial américain intensifie sa propagande antichinoise et sinophobe . En plus des allégations alarmistes et mensongères de « totalitarisme » et des mensonges flagrants sans fondement, comme l’affirmation selon laquelle « un million d’Ouïghours seraient détenus », Internet regorge d’articles sur le « colonialisme » et l’« impérialisme » chinois en Afrique, évoquant des « pièges de la dette » et une « domination financière », malgré toutes les preuves du contraire.

Affiche de propagande de l’époque de la guerre froide sur le « péril jaune » représentant les Asiatiques de l’Est comme des êtres maléfiques.
Propagande contre réalité
Pour évaluer l’utilisation des termes « colonialisme » et « impérialisme » pour décrire cette nouvelle relation entre la Chine et l’Afrique, comme certains l’ont fait, nous devons préciser ce que ces mots signifient.
Le colonialisme implique le tracé de frontières artificielles, l’imposition de lois étrangères, les conversions religieuses forcées, l’interdiction des langues autochtones, la réduction en esclavage des populations locales, la répression violente des soulèvements et, surtout, l’établissement de colonies . La Chine n’a rien fait de tout cela.
L’impérialisme entrave le développement économique indépendant des pays hôtes. Il crée et perpétue une pauvreté artificielle en destituant les dirigeants démocratiquement élus et en installant des dictateurs fantoches. Il déstabilise le pays hôte en finançant des groupes extrémistes et en orchestrant des conflits et des guerres afin de maintenir des prix bas pour les marchés étrangers, perpétuant ainsi le chaos et la discorde à des fins d’exploitation économique. L’impérialisme maintient la domination politique, se concentre sur les industries extractives et n’investit que dans les secteurs les plus rentables.
La République populaire de Chine non seulement ne fait rien de tout cela, mais fait exactement le contraire. Elle contribue au développement de l’Afrique sans s’immiscer dans la politique sous couvert de « restructuration politique », et sans intimidation militariste déguisée en « aide à la sécurité ». L’efficacité de ces relations est démontrée empiriquement : des ressources sont échangées contre du développement dans les régions qui en ont besoin. La Chine apporte sa technologie et finance les infrastructures, tout en recevant des ressources en retour, contrairement aux accords occidentaux où de l’argent est versé aux élites politiques africaines en échange de ressources.
Au cours de la première décennie de l’implication chinoise, le secteur manufacturier sur l’ensemble du continent africain a progressé d’environ 5 à 10 % par an. En Angola, où 14,5 milliards de dollars de fonds chinois ont été investis en 2011, le taux de pauvreté absolue a chuté de 68 % à 36 %. Les prêts chinois, caractérisés par des taux d’intérêt relativement bas et des échéances de remboursement longues, sont souvent prolongés et parfois même totalement annulés . (Deborah Brautigam)
Contribuer au développement économique souverain des pays hôtes contredit et sape les fondements mêmes de l’impérialisme. Selon l’ OCDE , chaque point de pourcentage de croissance économique en Chine permet à 7,7 millions de personnes hors du pays de sortir de la pauvreté, faisant de la Chine le moteur le plus puissant de réduction de la pauvreté au XXIe siècle – telle est la différence entre socialisme et capitalisme.

Affiche de l’époque maoïste illustrant l’amitié Afrique-Chine
Au Congo, sans doute le pays le plus riche en ressources naturelles de la planète, et donc le plus durement touché par le capitalisme, on a dénombré 5,4 millions de victimes officielles de la guerre entre 1998 et 2008 , dans ce que l’ONU a qualifié de « pire catastrophe humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale ». Ces conflits, qui se poursuivent et impliquent souvent des enfants soldats, ont pour enjeu le contrôle des mines destinées à approvisionner les multinationales occidentales en minéraux essentiels. Le chaos et la violence engendrés par la pandémie maintiennent les prix à un niveau bas. Ces conditions ont été créées par l’installation de dictateurs corrompus, proches de l’Occident, après l’assassinat par les forces américaines et françaises du dirigeant socialiste démocratiquement élu après l’indépendance, Patrice Lumumba.
Soyons clairs : si la Chine avait été en mesure de s’engager auprès du Congo dès 1961, au lieu de lutter pour le développement de sa propre nation après plus d’un siècle de domination coloniale, à la place des États-Unis et de leurs alliés, aucune des tragédies graves et colossales évoquées précédemment ne se serait produite, et la vie dans ce lieu merveilleux, peuplé d’un peuple exceptionnel et doté d’une culture extraordinaire, serait aujourd’hui infiniment meilleure. Qualifier l’implication chinoise en Afrique aujourd’hui de « colonialisme » ou d’« impérialisme » revient non seulement à vider ces termes de leur sens, mais aussi à insulter les millions de victimes du véritable colonialisme et de l’impérialisme.
Un nouvel accord
Le statu quo en Afrique, façonné par 70 ans d’impérialisme occidental postcolonial, est effroyable, les États-Unis et l’Europe continuant de s’ingérer dans les affaires du continent et de l’exploiter sans vergogne. Seul le renforcement des nations africaines par un développement indépendant, à commencer par la construction d’infrastructures permettant l’émergence de grandes entreprises et la croissance d’économies fortes, peut briser ce cycle d’exploitation et de domination. L’initiative chinoise des Nouvelles Routes de la Soie s’intègre à l’Agenda 2063 africain , un « cadre stratégique pour la transformation socio-économique du continent au cours des 50 prochaines années », visant à lutter contre le chômage, la pauvreté et les inégalités.
Tout en restant vigilants et en exigeant des entreprises chinoises un haut niveau de professionnalisme, ne nous laissons pas piéger par la propagande capitaliste et gardons une vision d’ensemble. Malgré le parti pris antichinois omniprésent dans les médias internationaux dominés par l’Occident, de nombreuses études menées par des groupes non partisans reflètent des attitudes positives, comme celle du réseau de recherche panafricain Afrobarometer :
« Les résultats des enquêtes menées en 2014/2015 dans 36 pays africains suggèrent que le public a généralement une opinion favorable des activités économiques et d’assistance de la Chine. … L’étude indique que la perception du public confirme non seulement le rôle économique et politique important de la Chine en Afrique, mais présente également son influence comme étant généralement bénéfique. »

Des femmes et des enfants brandissent les drapeaux de Djibouti et de la Chine
Ce nouvel accord avec le continent africain s’inscrit dans un plan à long terme que la Chine commence à mettre en œuvre. Ce plan consiste à utiliser des méthodes capitalistes (inévitables sur un marché mondial actuellement dominé par le capitalisme) pour nouer des alliances solides avec d’anciennes nations colonisées. Grâce à des relations mutuellement avantageuses et à une politique de non-ingérence, la coopération entre les anciens peuples marginalisés et opprimés permettra de renverser l’hégémonie capitaliste, de contrer l’impérialisme, de mettre fin au militarisme, de lever les obstacles à la socialisation mondiale et d’orienter pacifiquement le monde vers la communisation.
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