Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Avec l’accord de Trump sur l’Iran, les guerres du 7-Octobre sont finies. Et Israël n’a aucune idée de la suite

Vu d’israël : Netanyahu a promis un nouveau Moyen-Orient et la victoire totale. Avec l’accord conclu entre Téhéran et Washington, Israël se retrouve isolé et vulnérable dans une région en mutation. Cette analyse dans sa conclusion est simple même si rien n’est dit : il faut virer Netanyahu et notons que cette conclusion n’est pas totalement éloignée de celle qui se dessine pour Zelensky A la différence près qu’une partie de l’UE totalement déstabilisée au plan interne comme au plan international s’accroche d’une manière absurde à son proxy mais le fait est que comme nous l’avions annoncé après l’échec en Iran on assiste à une sorte de dérive des alliances comme des continents. (note et traduction de danielle Bleitrach histoireetsociete)

Lazar Berman

Par Lazar Berman16 juin 2026, 15:50

Illustration : De gauche à droite : Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une réunion spéciale du gouvernement à Nof Hagalil, le 11 juin 2026 (Haim Zach/GPO) ; Une femme brandit un drapeau iranien devant une banderole montrant un portrait du Guide suprême, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, à Téhéran, le 4 juin 2026 (AP Photo/Vahid Salemi) ; Le président américain Donald Trump assiste à l’UFC Freedom 250 depuis la pelouse sud de la Maison Blanche, le 14 juin 2026 (AP/Alex Brandon).

Deux jours après le pogrom du Hamas du 7 octobre 2023, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis : « Nous allons changer le Moyen-Orient ».

Cette formule, Netanyahu l’a répétée à l’envi ces deux dernières années et demie, lorsqu’Israël est entré en guerre, contre le Hamas, contre le Hezbollah et enfin contre l’Iran, respectivement.

« Nous avons fait d’Israël une puissance régionale capable de dissuader et de défaire ses ennemis », se vantait Netanyahu au mois de mars dernier, au plus fort de la campagne américano-israélienne contre l’Iran.

À ce moment-là, dans le cadre de la guerre contre l’Iran, les représailles militaires d’Israël au 7-octobre avaient eu, en effet, des airs d’aboutissement. Tsahal avait porté des coups particulièrement durs au Hamas et au Hezbollah, et se battait désormais aux côtés de l’armée la plus puissante de toute l’histoire pour renverser le régime iranien et pour mettre un terme définitif à la menace posée par l’axe iranien.

La défaite des ennemis d’Israël était enfin arrivée, espéraient certains.

Aujourd’hui, la situation est bien différente. L’emprise de la République islamique sur le pouvoir semble être plus solide que jamais, Israël a perdu sa légitimité concernant ses ripostes aux attaques directes du Hezbollah sur son territoire, et le président américain Donald Trump s’apprête à signer avec l’Iran un accord qui n’atteint aucun des objectifs qui avaient été énoncés par les États-Unis ou Israël au début de la guerre, le 28 février dernier.

Des militantes brandissant des portraits de l’ayatollah Ali Khamenei, le défunt guide suprême iranien, lors d’une cérémonie d’hommage, à Lahore, au Pakistan, le 13 juin 2026. (Crédit : Arif Ali/AFP)

Les guerres de l’après 7-octobre, porteuses d’attentes et de promesses de « victoire totale », sont dorénavant terminées. Comme les illusions.

Les Palestiniens ne vont pas quitter Gaza.

Le Hamas ne va pas désarmer, pas plus que le Hezbollah. Trump ne va pas reprendre la guerre contre l’Iran et la république islamique est dorénavant en mesure de menacer de se retirer de l’accord pour pousser Trump à stopper toute opération israélienne d’envergure contre le Hamas ou le Hezbollah.

Les menaces n’ont pas disparu, les ennemis n’ont pas été vaincus. Israël va continuer de faire face aux mêmes adversaires et va devoir mener des guerres contre eux, à l’avenir, indépendamment de ce que Trump ou les prochains présidents américains pourront dire.

Le Moyen-Orient a certes changé, et bon nombre des ennemis d’Israël sont effectivement affaiblis. Mais nombre de ces changements — au premier rang desquels l’assurance retrouvée de l’Iran et les restrictions qui ont été imposées par Trump à Israël — ne jouent pas en faveur de l’État hébreu.

Dans ce nouveau cadre difficile, qui sera sans doute affecté par les termes du dernier accord américano-iranien, Jérusalem va devoir trouver de nouvelles manières d’agir et de nouveaux moyens d’atteindre ses objectifs, au-delà de la seule force militaire.

Des objectifs abandonnés en chemin

Il est aujourd’hui douloureusement évident que ce n’est pas le résultat qu’Israël attendait, ni celui que les autres alliés des États-Unis dans la région espéraient lorsque les deux alliés étaient partis en guerre il y a de cela un peu plus de 15 semaines.

Trump et son équipe avaient pourtant fait des promesses explicites au début de la guerre.

Le président américain Donald Trump à son arrivée à une cérémonie de remise de la médaille d’honneur dans la salle Est de la Maison-Blanche, le 2 mars 2026, à Washington DC. (Saul Loeb/AFP)

« Nos objectifs sont clairs », avait déclaré Trump le 2 mars dernier. « Primo, détruire les capacités balistiques de l’Iran… Deuxio, anéantir leur Marine… Tertio, veiller à ce que le premier commanditaire mondial du terrorisme ne puisse jamais se doter de l’arme nucléaire… Et enfin, veiller à ce que le régime iranien ne puisse plus armer, financer et diriger des armées terroristes en-dehors de ses frontières. »

La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, avait répété à plusieurs reprises que le programme de missiles de l’Iran et ses proxys étaient des objectifs déclarés de l’opération militaire.

Les détails exacts du protocole d’accord restent incertains. Ce qui est sûr, c’est que l’accord n’aborde la question des missiles balistiques ou du soutien de l’Iran aux organisations terroristes dans aucune des versions qui ont été divulguées aux médias.

La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, s’exprimant lors d’une conférence de presse, à la Maison Blanche, à Washington, le 25 mars 2026. (Crédit : Jim Watson/AFP)

Il prévoit, certes, la fin des opérations militaires américaines et du blocus, en échange de la réouverture du détroit d’Ormuz. L’Iran consent aussi à discuter de son programme nucléaire, tout en bénéficiant d’un certain allègement des sanctions – ce qui permettra à Trump d’obtenir une baisse des prix à la pompe avant les élections de mi-mandat.

Mais les États-Unis n’auront pas définitivement bloqué les aspirations de Téhéran à se doter de la bombe, ni éliminé ses 440 kg de stock d’uranium hautement enrichi. Ces questions centrales ont été mises de côté dans le but d’obtenir 60 jours de négociations post-protocole d’accord, au cours desquelles il est probable que l’Iran fera barrage à toute concession importante.

On ne peut pas vraiment dire que l’Iran se soit plié à la puissance militaire américaine ou aux menaces de Trump.

Le protocole d’accord ne dit par ailleurs pas un mot des manifestants qui sont descendus dans la rue en début d’année pour protester contre le régime.

Cette capture d’écran tirée d’une vidéo circulant sur les réseaux sociaux en Iran montre des manifestants descendus une nouvelle fois dans les rues de Téhéran malgré une répression de plus en plus dure, alors même que la République islamique reste coupée du reste du monde à Téhéran, en Iran, le 10 janvier 2026. (Contenu généré par les utilisateurs via l’AP)

« Patriotes iraniens, CONTINUEZ À MANIFESTER — PRENEZ LE CONTRÔLE DE VOS INSTITUTIONS !!! » avait écrit Trump sur Truth Social au moment des manifestations. « Notez les noms des meurtriers et de ceux qui se comportent mal. Ils le paieront cher. »

« L’AIDE ARRIVE », avait-il promis.

Trump dit à qui veut l’entendre qu’il a engendré un changement de régime, mais ce protocole d’accord, comme tout accord ultérieur, ne fait que renforcer ce même régime qui avait fauché des dizaines de milliers de vies iraniennes.

« Si le nouveau régime iranien ne sort pas immédiatement grandi de cette confrontation, il est clair qu’il le sera bientôt », estime Danielle Pletka, de l’American Enterprise Institute.
« L’ancienne garde a été balayée », ajoute-t-elle, « le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) est fermement aux commandes ; les dirigeants iraniens ont prouvé qu’ils pouvaient résister à la puissance combinée des États-Unis et d’Israël ; leur guerre par procuration reste intacte et le nouvel Iran qui renaîtra de ses cendres sera plus dangereux pour les États-Unis et leurs alliés. »

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, vêtu d’un uniforme du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), préside une séance à Téhéran, en Iran, le 1er février 2026. (Agence de presse de l’Assemblée consultative islamique (Crédit: ICANA)/AFP)

Toute limitation du programme nucléaire iranien à laquelle le pays consentira s’accompagnera de la libération de milliards de dollars d’avoirs gelés, ou de la levée des sanctions qui feront affluer d’autres milliards dans les caisses du régime.

Cet argent servira essentiellement à deux choses : reconstituer les capacités militaires détruites lors de la guerre et aider au redressement des mandataires armés de l’Iran. L’argent qui ira à la population iranienne ne permettra de soulager que marginalement la pression qui s’exerce sur une économie en ruine et mal gérée.

L’influence iranienne s’étend

L’influence de l’Iran dans la région devrait également se rétablir suite à cet accord.

Depuis le 7-octobre, Israël s’en prend sans relâche au réseau des mandataires de l’Iran à Gaza, au Liban et ailleurs. En 2024, le Hezbollah avait accepté un cessez-le-feu humiliant et il est resté silencieux tandis qu’Israël continuait d’éliminer des centaines de ses combattants.

Une banderole à l’effigie de Hassan Nasrallah, le chef éliminé du groupe terroriste chiite libanais Hezbollah, accrochée à un bâtiment le long d’une rue jonchée de débris, après une frappe aérienne israélienne menée pendant la nuit et visant un quartier de la banlieue sud de Beyrouth, le 25 mars 2026. (Crédit : AFP)

Le Hezbollah ayant été mis hors d’état de nuire, les rebelles syriens avaient pu renverser rapidement le régime de Bachar al-Assad, éliminant ainsi un autre rouage essentiel de la machinerie iranienne.

Mais l’Iran a discrètement aidé le Hezbollah à se remettre et avec l’attaque américano-israélienne, le groupe chiite a repris ses tirs sur Israël. De nombreux décideurs israéliens y ont vu l’occasion de porter un coup fatal au Hezbollah, mais l’Iran a réussi à sauver son fidèle proxy en faisant de la conclusion d’un cessez-le-feu au Liban une condition du cessez-le-feu avec les États-Unis.

Trump, de plus en plus désespéré de voir les combats cesser, a accepté cette condition en avril dernier.

Mais le Hezbollah a continué à tirer sur le nord d’Israël et sur les soldats de l’armée israélienne déployés dans le sud-Liban, et Israël a continué à riposter.

Les conséquences d’une frappe aérienne israélienne qui a visé le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah dans un immeuble de la banlieue sud de Beyrouth le 14 juin 2026. (Crédit : Ibrahim Amro/AFP)

Lorsque le Hezbollah a attaqué Israël à quatre reprises à l’aide de drones, le week-end dernier, Israël a riposté par une frappe contre le bastion du Hezbollah à Beyrouth, au risque de s’attirer les foudres du président. Et, en effet, cela n’a pas plu à Trump.

« L’attaque de ce matin contre Beyrouth n’aurait pas dû avoir lieu, en particulier en ce jour spécial où nous sommes si proches d’un accord de paix avec l’Iran », a écrit Trump dimanche.

« Israël a le droit de se défendre contre les menaces, mais l’attaque à laquelle il a répondu était tout-à-fait mineure, insignifiante ; personne n’a été blessé ni tué, cela ne devrait pas perturber ce processus important. »

Peu importe que Trump ait déclaré la semaine dernière que les États-Unis « devaient, par nécessité, riposter » à la destruction par l’Iran d’un hélicoptère américain dont les deux pilotes s’étaient échappés indemnes. L’armée l’avait d’ailleurs fait.

Dans le cadre de leur plan pour le Liban, les États-Unis ont déployé des efforts considérables pour aider le gouvernement de Beyrouth et pour lui donner la légitimité nécessaire pour débarrasser certaines parties du Liban des armes du Hezbollah. Cet effort a été totalement vidé de son sens par le protocole d’accord.

Trump a accédé à la demande iranienne concernant l’extension du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran aux combats entre Israël et le Hezbollah — ce qui veut bien dire que ce qui se passe au Liban reste décidé à Téhéran, et non à Beyrouth.

« Les autorités israéliennes ont le choix entre éviter un conflit avec le président », a déclaré Michael Oren, ancien ambassadeur d’Israël aux États-Unis, « ou, pour dire les choses, céder le nord du pays. »

Un nouveau Moyen-Orient

Au moment où Israël cherche le moyen de se défendre, de dissuader ses ennemis et renforcer ses alliances dans ce nouveau cadre, ses dirigeants découvrent que d’autres aspects du Moyen-Orient ont changé lors de la guerre.

Photo d’illustration: Une photo fournie par la Cour présidentielle des Émirats montre (de gauche à droite) le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz al-Saoud, le roi de Bahreïn Hamad ben Isa Al Khalifa et le président des Émirats arabes unis Cheikh Mohammed ben Zayed al-Nahyan assistant à une réunion du Conseil de coopération du Golfe, à Doha, le 5 décembre 2023. (Crédit : Abdulla AL-NEYADI/COUR PRÉSIDENTIELLE DES ÉMIRATS ARABES UNIS/AFP)

Cela fait des années que les pays arabes de la région cherchent le moyen de garantir la stabilité et la sécurité. Ils voyaient sans aucun doute dans l’Iran la menace la plus importante : ces dernières années, ils ont tenté de parer à toute attaque de l’Iran et de ses proxys par le biais d’un dialogue avec la République islamique.

Cette approche a échoué de manière spectaculaire, pendant la guerre, l’Iran ayant pris pour cible la quasi-totalité des pays arabes de la région.

Mais ce n’est pas seulement l’Iran qu’ils considèrent comme une puissance militaire agressive et déstabilisante pour la région. Ils sont également déconcertés par l’attitude d’Israël depuis le 7-octobre et par sa volonté de mener des frappes dans tout le Moyen-Orient, y compris au Qatar, alors même que ce dernier a joué un rôle de médiateur dans les négociations en faveur de la libération des otages.

Cette image tirée d’une vidéo de l’AFPTV montre de la fumée s’élevant après une frappe israélienne à Doha, la capitale du Qatar, le 9 septembre 2025. (Crédit : Jacqueline PENNEY / AFPTV / AFP)

Les pays arabes collaborent de plus en plus pour mettre fin aux conflits et ils créent une architecture régionale leur permettant de parler d’une seule voix avec les États-Unis. Cette architecture est ouverte au dialogue avec l’Iran, malgré les attaques. Les États arabes considèrent toujours l’Iran comme leur plus grande menace, mais ils sont convaincus que ce n’est pas la force militaire qui mettra un terme à cette menace ou qui renversera le régime.

Des responsables de plusieurs pays arabes pris pour cible par l’Iran, notamment les Émirats arabes unis, se sont entretenus avec leurs homologues iraniens ces dernières semaines.

Le message que les pays arabes ont envoyé, ces dernières années, a été qu’Israël — tout comme l’Iran — était invité à dialoguer avec eux. En effet, nombre d’entre eux ont accueilli des responsables israéliens de la sécurité ou participé à des réunions multilatérales avec des Israéliens.

Le président Donald Trump, au centre, avec, de gauche à droite, le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Khalid ben Ahmed Al Khalifa, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, Trump, et le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Abdullah ben Zayed al-Nahyan, lors de la cérémonie de signature des Accords d’Abraham à la Maison Blanche, à Washington, le 15 septembre 2020. (Crédit: AP Photo/Alex Brandon/Dossier)

Malgré cette ouverture au dialogue avec Israël, l’extension des accords d’Abraham, en particulier avec l’Arabie saoudite, semble des plus improbables. Les pays arabes n’ont pas besoin d’Israël pour parler avec la Maison Blanche. Loin de là : ils influencent de plus en plus la politique américaine dans la région, alors qu’Israël a vu passer plusieurs décisions de Trump qui allaient à l’encontre de ses principaux intérêts.

« Faute de progrès significatifs sur la question palestinienne, les dirigeants du Golfe ont peu d’intérêt politique à approfondir leurs relations avec Israël », a écrit lundi l’analyste militaire britannique Andrew Fox. « Plus important encore, ils sont parvenus à se faire une idée lucide sur l’Iran. Quels que soient les dommages infligés au régime, ce dernier reste la puissance dominante sur la rive nord du Golfe et il continuera d’être une constante du paysage régional. Les tentatives visant à isoler complètement Téhéran ou à provoquer son effondrement ne semblent plus réalistes. »

De gauche à droite : le ministre égyptien des Affaires étrangères Badr Abdelatty, le ministre pakistanais des Affaires étrangères Ishaq Dar, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan et le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal bin Farhan Al-Saud participent à une discussion lors de la 5e édition du Forum diplomatique d’Antalya, à Antalya, en Turquie, le 17 avril 2026. (Service de presse du ministère turc des Affaires étrangères)

Une autre alliance informelle a également vu le jour. L’Égypte, l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont créé un partenariat quadripartite qui cherche à contrebalancer la puissance tant israélienne qu’iranienne. Les ministres des Affaires étrangères de ces quatre pays se sont réunis à Riyad, Islamabad et Antalya pour demander et obtenir la fin de la guerre en Iran et pour apporter leur soutien à la médiation pakistanaise.

Israël devra trouver le moyen de communiquer avec cette alliance, surtout compte tenu de la présence de la Turquie, l’un de ses détracteurs les plus virulents sur la scène internationale.

Netanyahu est seul

Face à la décision prise par Trump de conclure un protocole d’accord dont les termes déplaisent à Israël, Netanyahu se retrouve sans recours face aux Etats-Unis.

« Nous n’avons aucun ami capable de tenir tête à Trump », explique Oren sans détour.

Archive – Le chef de la majorité au Sénat, Chuck Schumer (à gauche), un démocrate de New York, avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 23 février 2021. (Amos Ben-Gershom/Service de presse du gouvernement israélien)

Netanyahu ne peut pas se tourner vers les démocrates pour obtenir leur soutien, car ces derniers lui en veulent depuis longtemps – et ils en veulent de plus en plus à Israël en tant que tel.

Et s’ils répondent toujours à ses appels, les républicains du Congrès ne défieront pas Trump pour venir en aide à Netanyahu.

Il ne faut pas compter sur d’autres alliés. Netanyahu a en effet totalement lié son sort à celui de Trump. Cette stratégie conduit aujourd’hui à un résultat radicalement opposé à celui qui était espéré par le Premier ministre, et aucun chef d’Etat ou de gouvernement n’est prêt à prendre des risques pour lui ou Israël.

Aux yeux de la plupart des acteurs de la région, Netanyahu est, à ce stade, un personnage trop controversé pour s’associer avec eux sur des questions d’intégration régionale. Il est celui qui a mené la guerre à Gaza. En outre, il est perçu comme trop préoccupé par la politique intérieure et par ses propres intérêts pour être digne de confiance.

Le Premier ministre Naftali Bennett (à gauche) est reçu par le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Abdullah bin Zayed al Nahyan, à Abu Dhabi, le 9 juin 2022. (Kobi Gideon/GPO)

Netanyahu aurait décidé de rendre publique sa visite aux Émirats arabes unis en pleine guerre — un déplacement que les Émirats auraient préféré tenir secret et dont Abu Dhabi a publiquement nié l’existence — afin de réduire l’impact politique du déplacement prévu dans cet État du Golfe par son rival politique, Naftali Bennett.

Netanyahu pourrait commencer à prendre des mesures pour faire évoluer le discours sur Israël et faire preuve de bonne volonté envers de potentiels partenaires dans la région et ailleurs. Ce qui impliquerait une répression énergique des violences des résidents d’implantations juifs en Cisjordanie et l’acceptation de certaines mesures symboliques sur la question palestinienne.

Mais son gouvernement actuel ne lui donne pas la marge de manœuvre nécessaire pour s’adapter à cette nouvelle ère pleine de défis. L’aile droite de sa coalition ne le laissera pas s’attaquer aux violences des résidents d’implantations extrémistes ou faire le moindre geste envers l’Autorité palestinienne.

En sa qualité de pays puissant et bien ancré dans la région et ailleurs, Israël finira par trouver le moyen d’aller de l’avant et des solutions pour améliorer sa situation. Mais avec le protocole d’accord de Trump, les guerres qui ont commencé le 7-octobre sont terminées.

Avec Netanyahu, Israël n’a aucun projet pour la suite des événements.

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