Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Arte, un nouveau censeur culturel ? Ce qu’Arte ne veut pas que vous voyez par jean Michel le Carré.

J’ai découvert à l’occasion de mon débat à la Librairie Tropique cette affaire de censure: Jean Michel Carré était présent et c’est même lui qui à la fin m’interroge sur le Que faire? Après le débat nous avons discuté et j’ai découvert que ce cinéaste connu et respecté pour la qualité de sa production avait subi cette censure. Je découvrais deux jours après que j’était moi aussi non pas censurée seulement, ça j’en ai l’habitude, y compris de la part des publications du parti communiste et de Vincent Boulet qui orchestre semble-t-il cette censure en tenant les financement des fondations européennes et celle de la mairie de Paris. Ainsi la revue la Pensée et son directeur claude Gindin se sont permis sans me demander mon avis de procéder au même « effacement » dont est victime de la part d’Arte Jean Michel Carré dont vous lirez ci-dessous la description. C’est-à-dire que l’article que j’avais écrit en 1999 et qui faisait l’analyse de l’intervention en Yougoslavie avait été effacé sur demande de la direction de la Pensée sans me demander mon avis et à cause d’une disposition autorisant aux « repentis » du communisme et d’autres affiliations nettement moins glorieuses de faire effacer les traces d’un tel engagement. (1) L’article avait été effacé dans les publications en ligne de la Pensée’ mais également sur mon propre blog histoireetsociete. En fait, qu’il s’agisse d’Arte ou de la Pensée, de la fondation Gabriel Péri qui la manage c’est le même système, celui d’une gauche qui se présente comme social démocrate mais qui ne se contente pas du défaitisme habituel de la social démocratie mais qui pousse l’anticommunisme jusqu’aux pires excès de FO et des stipendiés de l’atlantisme allant jusqu’à organiser une censure cachée et rétrospective sur la vérité parce qu’elle les gêne. Jean Michel Le carré est en procès avec Arte et je lui ai demandé de me mettre en contact avec ses avocats pour que nous voyons ensemble comment faire un procès à la revue la Pensée et à son responsable. Je m’engage de reverser tout ce que j’obtiendrais à Cuba… (note de danielle Bleitrach)

(1) Claude Gindin qui est dans la même section du 13e arrondissement de Paris que Vincent Boulet et que notre editeur DELGA face à la proposition de ce dernier d’organiser une réunion de la section autour de notre livre vu la forte communauté chinoise s’est vu refuser parce qu’il y aurait eu dans ce livre des « ennemis du parti » et la section a convenu de demander l’avis de Vincent Boulet qui pourtant présent n’a pas pipé mot. Et la propositionalternative a été de demander à Dominique Bari d’assurer la conférence. Et ce petit sketch s’est répété dans diverses sections, dans l’une d’entre elles le membre du Comité National à qui l’on faisait remarquer qu’il y avait une préface de Fabien Roussel, a déclaré en parlant de moi « Elle l’a obligé » . Ce qui m’a convaincu que le problème dépassait le fait de savoir si ces gens étaient vendus ou le faisaient gratuitement mais qu’il résidait dans la faiblesse des cadres et de la direction. Virer les gens compétents et installer des nullités serviles a été semble-t-il le premier travail de la perestroïka. Nous avons eu partout dans le temps où fleurissait l’illusion des « radios libres » parallèlement une pression accrue sur les chaînes publiques et l’exigence d’une servilité de la part des directeurs de publications.

ARTE, un nouveau censeur culturel ? par Jean Michel Le Carré

            Je dis bien : « Arte censure » et non pas « Arte censurée ».

Beaucoup de professionnels mais aussi des spectateurs réguliers ne peuvent imaginer qu’Arte, chaîne respectée et respectable, pourrait un jour interdire totalement un film de diffusion. Et ce, jusqu’à demander d’ôter les mentions même d’Arte coproducteur dans les génériques début et fin.

On peut penser que le Tibet n’a pas beaucoup d’importance dans la géopolitique mondiale, que c’est un épiphénomène sans conséquence sur notre vie quotidienne. Excepté que c’est la seule expérimentation américaine qui dure sans continuité depuis plus de soixante-quinze ans : l’utilisation d’une guerre par procuration, l’emploi d’un « proxy » comme on dit aujourd’hui, pour imposer, sous couvert de droits de l’Homme, une politique impérialiste pour dominer un lieu stratégique qui domine et permet de contrôler toute l’Asie.

D’autres exemples récents ne manquent pas, possibles ou en prévision : Zelenski, Netanyahou, María Corina Machado, Ahmed al-Charaa, Reza Pahlavi…, et parfois des chercheurs peu connus mais serviles comme Adrian Zens pour les Ouighours, sans parler d’une grande majorité d’une presse mainstream ou d’oligarques corrompus et bien sûr des hommes et femmes politiques atlantistes, parmi les plus importants, qui sont aux ordres, encourageant l’intervention militaire américaine.

Cette interdiction de diffusion vient pourtant d’arriver à mon dernier film « Tibet, un autre regard ». Un sujet certes sensible mais qui demandait d’autant plus d’être abordé de manière indépendante et documentée. Ce qui était dès le départ le dossier accepté par Arte et qui se retrouve dans la version finale du film. Elle l’avait coproduit puis avait accepté le montage définitif ainsi que le PAD (Prêt à diffuser). Une Première depuis l’existence d’Arte !

Cela a duré six années depuis la signature du contrat. Un temps infini durant lequel le montage est devenu peu à peu un bras de fer permanent dès lors que le film final ressemblait paradoxalement de plus en plus au projet initial accepté ! La réalité du terrain et la découverte d’archives inédites incontestables allaient pouvoir enfin être mis à la disposition du public. Des faits documentés qui remettaient en cause l’histoire du Tibet longtemps mythifiée par quelques zélotes du monde universitaires. Ce n’était plus une analyse intellectuelle sur papier mais une mise à plat d’une réalité dérangeante et malvenue en ces temps actuels de pensée atlantiste dominante de l’Occident collectif.

LE FILM QU’ARTE NE VEUT PAS QUE VOUS VOYEZ

L’histoire n’est pas une science exacte, elle évolue suite à la découverte régulière d’archives. Ici, le système est aggravé du fait que même ces archives provenant de faits élaborés par des pro-exilés tibétain eux-mêmes – film coproduit par la CIA ou d’interviews du Dalaï Lama – puissent être niées où simplement ignorées ou cachées !

Ce sont quelques « universitaires » qui se sont empressés de crier au scandale, à la calomnie, à la diffamation en écrivant à la présidence d’Arte pour demander à la chaîne de ne pas diffuser ce documentaire sous prétexte qu’il serait « prochinois », alors qu’il ne montrait que la complexité d’un conflit géopolitique, non pas entre le Tibet et la Chine mais entre la Chine et les États-Unis ! Et la chaîne signe servilement !

Résultat : ARTE PLIE, RENONCE, CENSURE

Ils auraient pu, comme cela est arrivé il y a quelques années pour un film coproduit par Arte Allemagne, mettre un bandeau indiquant qu’ils se désolidarisaient de ma vision d’auteur, et prévoir un débat contradictoire à la suite de la diffusion.

Que nenni, il ne fallait surtout pas que des citoyens découvrent des images déconstruisant la bonne pensée occidentale… 

Face à cette censure de la liberté d’expression et de création, je me trouve aujourd’hui dans la nécessité d’assigner Arte en justice.

Il ne s’agit pas d’être pro-chinois ou pro-tibétain, mais se soucier des faits historiques même s’ils doivent remettent en question une doxa qui refuse depuis des décennies de reconnaitre la complexité du récit. Il s’agit de conflits réels continuellement occultés qui n’empêcheront personne d’avoir sa propre opinion mais cette fois en connaissance de cause et aussi sur d’autres terrains que la Chine.

Milan Kundera m’avait dit un jour : « Le cinéma doit rester un espace médiatique alternatif aux médias dominants. Un espace qui permet la discussion, la nuance et d’apporter des compléments d’information. » 

À nous de continuer de faire respecter cet espace, surtout sur une chaîne publique qui se présente comme un lieu de liberté d’expression et de création.

                                   Jean-Michel Carré, auteur-réalisateur-producteur

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