Histoire et société (archive 2020-2026)

Dieu me pardonne, c'est son métier...

Pas seulement des trahisons mais une clarification...

Par Danielle Bleitrach 17 janvier 2022
Actualité

Un député, encore adhérent du PCF a annoncé officiellement son soutien à la candidature de Mélenchon, et il y en aura certainement d'autres déjà sortis du bois. Cela n'a rien de surprenant et pour certains d'entre nous le scénario était prévu d'avance. Mais pour beaucoup de militants honnêtes et sincères c'est un déchirement et ils disent sur les réseaux sociaux le sentiment d'être trahis. Au risque d'une fois de plus ne pas paraître en accord, je pense que ce n'est pas qu'une trahison mais c'est une clarification. Quand personnellement j'ai fait le choix de soutenir la candidature de Fabien Roussel, je savais que dès que la campagne de Mélenchon commencerait, ils agiraient ainsi et que leur volonté de faire intervenir le Congrès et sa clarification après les élections serait également pour eux et d'autres la consécration d'une liquidation pour laquelle ils n'ont cessé d'agir. IL n'y a pas que des vendus, il y a ceux qui croient que c'est "fini", que le PCF est dépassé alors même que tout ce qu'ils ont soutenu s'effondre aujourd'hui à un rythme accéléré. C'est simplement le résultat de trente ans de leur domination sans partage, d'une débâcle sans principes ni vision à long terme, dans un parti dont il est miraculeux qu'il existe encore et qu'il se trouve encore assez de force en lui pour refuser une disparition programmée par ceux qui tiennent les fils de simples marionnettes carriéristes. Alors que dire et que faire ?

Premièrement, dépasser ce sentiment de la découverte d'une trahison, qui pour beaucoup vient de loin même s'ils ont voulu le limiter à des individus. Il ya eu Robert HUE avec la mutation détruisant pierre après pierre ce qui faisait la force de ce parti, son organisation, la formation de ses militants et terminant en train de faire la cour à Macron. Marie-Georges Buffet nous imposant Mélenchon en violant déjà le choix souverain des adhérents en s'appuyant sur des groupuscules qui ne représentaient qu'eux-mêmes. Ledit Mélenchon à qui les militants avaient fourni aide et financement ne craignant pas de les insulter, de refuser aux législatives suivantes le soutien au député sortant si celui-ci ne faisait pas allégeance à sa personne. Malgré ce la dite Marie Georges choisissant de fait malgré tout Mélenchon et encore au dernier Conseil National, d'autres qui cherchent en vain un socialiste présentable auquel se rallier et se demandant si Taubira. Le viol de la décision des adhérents et des militants ne date pas d'aujourd'hui c'est une habitude, une seconde nature, intervenue au minimum en 1996 et accompagnée depuis 1981 par une volonté de déstabilisation constante. Elle a été obtenue à l'intérieur jusqu'à entraîner la mort de Marchais, et apparemment menée par la gauche de Mitterrand. Pourtant pour détruire le PCF, Mitterrand avait du détruire le PS, le couper de sa base ouvrière, d'en faire le lieu de tous les carriérisme, technocrates, le champ dévasté par d'anciens trotskistes ayant renoncé à toute référence révolutionnaire ou technocrates des agapes patronales, une gauche atlantiste, européenne et violemment anticommuniste, anti-classe ouvrière et ouvrant les portes à l'extrême-droite. Ce n'est pas seulement le PCF, qui en a fait les frais, c'est toute la gauche dans les valeurs qui étaient les siennes, avec comme colonne vertébrale le PCF qui a été détruite. Ce sont les syndicats, manipulés au niveau européen et passé de la FSM à l'UE, parce qu' on ne peut pas 'ignorer que la trahison ne se limite pas à l'allégeance à Mélenchon, lui qui n'a jamais désavoué ni le lambertisme, ni Mitterrand, cette débâcle le dépasse, elle a été managée au niveau européen. Cette fin de la gauche sur le modèle des démocrates étatsuniens s'est développé dans toute l'Europe et obéit à un projet mené de longue date dans le contexte de la victoire sur l'URSS . le socialisme européen, c'est ou se devrait être l'alternance sans risque au profit de l'OTAN et du capital.

Et aujourd'hui, avec l'accélération de la pandémie, en France, en Europe, sur toute la planète, c'est la remise en cause d'une suprématie occidentale avec son dernier avatar l'empire américain. une transformation planétaire et qui veut que les problèmes soient à l'échelle de la planète même si l'agir doit être au plus près des victimes de la situation,. Le capital cherche des solutions politiques de remplacement dans le sang et les larmes, même s'il continue à agiter l'étendard de la démocratie contre le totalitarisme, une de ses bases, les élections se vide de son contenu comme la pseudo indépendance des médias. Au titre de ce qu'il défend, il y a une écologie pétainiste qui combat le nucléaire civil mais soutien l'OTAN et ses missiles, peut être antivaccin mais n'a rien contre la privatisation de l'hôpital public, face à ce "pétainisme", l'autre alternance c'est l'autoritarisme, l'extrême droite, utilisant les excès sociétaux d'une gauche renonçant à la justice sociale, à la paix, à la nation ... aussi refuser de voir les remèdes nécessaires face à pareille dérive, c'est croire que l'unité du parti pourrait se construire sans la remise en question de telles bases, c'est se tromper sur la nature du mal que de l'attribuer à tel ou tel individu. C'est ne pas voir aujourd'hui quels sont nos atouts et ne pas mesurer à quel point ils sont loin d'avoir gagné. Ils n'ont pas la solution et ils n'ont que des gadgets...

Deuxiémement, même si l'ébranlement est planétaire, il faut rester là où il existe un point d'appui qui a permis "la divine surprise du 38 e Congrès alors même que l'on sait qu'il ne s'agit que d'une étape dans la prise de conscience. Il y a eu FABIEN ROUSSEL qui représente cette étape inespérée, une volonté de conserver le parti communiste sur des bases qui dépassent la seule défense de l'organisation à savoir la justice sociale et la souveraineté nationale, le courage dont on toujours fait preuve les communistes. Il n'est pas le seul et je voudrais citer ce qu'a déclaré le nouveau secrétaire du Val de marne issu d'une bataille au sein du Parti avec les mêmes: " Aujourd’hui, d’autres qui ne soutiennent pas la stratégie décidée par la majorité des adhérents et ne se soumettent pas à ce choix souverain et démocratique. (J’espère qu’ils auront l’honnêteté intellectuelle et morale de quitter le Pcf afin d’être cohérent avec leurs choix.) C’est leur droit, ça n’a pas été notre choix. Je pense qu’il faut plutôt prendre ces prises de positions, non pas comme une trahison mais comme une clarification de positions et de choix politiques. Et c’est plutôt bénéfique pour toute la gauche et l’écologie. Cet entre-deux, cette confusion a toujours été mortel pour les progressistes. Notre peuple a besoin de clarté quand il nous regarde. Et c’est quand on est clair que nous sommes entendus et écoutés par notre Peuple. Et cerise sur le gâteau, c’est quand on est clair que nous pouvons mieux nous retrouver dans les luttes, sur des objectifs précis. C’est un passage douloureux pour toutes et tous surtout pour celles et ceux qui font d’autres choix que de mener la bataille avec nous. Ces mouvements et basculements existent et continueront dans d’autres partis et organisations politiques et c’est logique. Alors loin de me réjouir humainement et affectivement de cet enfantement douloureux d’une nouvelle gauche révolutionnaire, je me réjouis intellectuellement de la clarification de l’échiquier politique. Avec notre candidat aux élections présidentielles, Fabien Roussel 2022, nous sommes sur leChemin de cette clarification avec la mise en avant et en lumière des sujets comme le travail, le pouvoir d’achat de nos concitoyens en remettant la lutte des classes au cœur du débat national. Continuons sans nous ébranler des départs des uns et des autres, on les retrouvera dans des luttes. Regardons plutôt ces milliers de personnes qui renouent avec la Gauche et avec les communistes tous les jours. Un tel enthousiasme, nous ne l’avions pas vu depuis longtemps, et en plus c’est sain. Comme disait Jean-Luc Mélenchon, « pas d’embrouille ni tambouille ».Les carabistouilles, laissons les aux autres, concentrons nous à fond sur la campagne de notre candidat Fabien Roussel qui mène une bagarre de folie. Soyons tous les dingues des jours heureux, notre Peuple le vaut bien (1)

Il n'y a pas d'autre choix que de soutenir ceux qui avancent sur ce chemin, même si en ce qui me concerne et je ne suis pas seule à penser ainsi il y a bien d'autres avancées à opérer. je vais brièvement en dire pour mémoire deux qui me paraissent incontournables mais dont l'énoncé montre à quel point on ne gagnera qu'en prenant conscience qu'il faut aller au-delà et se positionner dans un monde en plein changement: peut-être FABIEN ROUSSEL qui témoigne d'un tel courage et d'une telle ténacité dans sa campagne et qui voit comme nous tous la vague qui est en train de naitre autour de sa candidature a-t-il en revanche sousestimé la confiance qu'il avait acquise dans le parti et combien il a derrière lui de militants prêts à s'engager, c'est peut-être là une erreur, une sous estimation à corriger pour aller plus loin.

Voilà quelques idées superficielles jetées à la suite d'un "événement" qui n'en est pas un mais qui peut représenter une étape importante pour reconstruire un parti digne de ce nom sans lequel la situation de la classe ouvrière, de la jeunesse, du pays va ne cesser de s'aggraver... la seule sagesse est de vivre non pas dans la crainte mais dans l'espoir et tout ce qui aide à la prise de conscience est bon à prendre.

DANIELLE BLEITRACH

je ne sais pourquoi je pense à ARAGON le soir de l'élection de MITTERRAND, j'ai témoigné du fait qu'il ne voulait à aucun prix voter pour ce dernier, mais il s'était néanmoins rendu à la Bastille, là où JUQUIN organisait une opération récupération de fête de "la victoire de la gauche", à laquelle les militants les plus conscients ne pouvaient pas croire (mais quand le vin est tiré il faut le boire pensaient-ils). Il s'est moqué de toute cette fête et a dit " Tout cela n'a aucune importance, c'est un non événement, mais j'ai vu passer des jeunes gens sur un nuage et cela seul avait de l'importance"... Peut-être songeait-il à cette colère devant la boucherie des tranchées qui l'avait incité comme bien des jeunes de sa génération à devenir surréaliste et communiste. Nous en sommes peut-être là... La trahison n'est pas celle d'un médiocre carriériste, elle est beaucoup plus vaste et nous devons tous en sortir ensemble.

(1) Les camarades du VAL DE MARNE me signalent une erreur :"la citation du camarade du Val-de-Marne que tu cites n’est pas celle du premier fédéral Ozer Oztorun mais celle de son frère Denis Oztorun Maire de Bonneuil.


Commentaires (2)

Luc
17 janvier 2022

Salut Camarade Bleitrach ,
D'accord avec toi à 100% pour ton texte du 17/01/2022!
Avec Fabien Roussel ,rien ne nous arrètera pour la renaissance du PCF !
Continuons,nous y sommes déjà,presque..
Bises à toi,Danièlle
Luc

Papadopoulos G
18 janvier 2022

Du meme avis, prenant en compte les trop nombreuses annes de trahison de certains. Mais loin de France pour en saisir toutes les subtilites. Et la pente pour remonter est hardue. Pour le reste c'est aux militants de prendre les choses en main.