Histoire et société (archive 2020-2026)

Dieu me pardonne, c'est son métier...

Les Pays-Bas refusent d'obéir aveuglément aux USA et de rompre leurs liens avec la Chine

Par Danielle Bleitrach 2 décembre 2022
Civilisation
Dans une interview accordée au Financial Times, la ministre néerlandaise de l’Économie a fait preuve de fermeté à l’égard des avertissements américains. Ce n’est pas à Washington de dicter la politique économique et internationale de la Haye. Les Pays-Bas refusent d’obéir aveuglément aux USA et de rompre leurs liens avec la Chine : « L’Europe doit avoir sa propre stratégie »© Il y a l'IRA (Inflation Reduction Act) qui déplait mais la manière dont les USA contraignent l'UE et les pays européens à s'identifier à l'OTAN est également en question, des voix commencent à s'élever en faveur de la paix et du compromis diplomatique, et comme les Pays-Bas ici notent qu'il ne faut pas être naïf, la Chine va vite très vite et risque de ne plus avoir besoin des avancées technologiques d'autres pays. Encore une pièce à apporter au dossier d'aujourd'hui qui dénonce derrière les vantardises, les faits qui sont têtus. Ils démontrent que la classe capitaliste n'est peut-être pas prête à payer le prix que des politiciens exigent pour sa défense face au socialisme qui leur accorde le sursis nécessaire pour que les deux classes antagonistes meurent ensemble comme le dit Marx avec l'apparition d'un nouveau mode de production. (note de Danielle Bleitrach)

Extraits de l'article de Olivier Daelen à partir du Financial times et de notes fournies par Business AM • Face aux Etats-Unis qui s'ingénient à faire rompre les liens du Vieux continent avec non seulement la Russie mais la Chine, il y a des résistances qui montent et qui sans doute ne cesseront de monter au fur et à mesure que les conséquences de ce découplage et de la dépendance à la stratégie des Etats-Unis se feront sentir. Il n'est pas sûr que même en Europe les Etats-Unis obtiennent ce qu'ils veulent alors que leur slogan s'affirme de plus en plus l'Amérique d'abord et ne présente qu'un maximum d'inconvénients pour les autres nations. L'idéologie et la diabolisation caricaturale des rivaux supposés des Etats-Unis n'y suffira pas.

Dans l’actu : la ministre néerlandaise de l’Économie ne suivra pas aveuglément les conseils américains.

Contexte : les USA prient les Pays-Bas de s’allier à eux.

« Ne soyons pas naïfs »

Zoom avant : La Haye ne veut pas se précipiter.

Zoom arrière : l’IRA ne plaît pas aux Pays-Bas.


Commentaires (2)

Daniel Arias
2 décembre 2022

ASML est un des producteurs de machine de lithogravure les plus avancés au monde avec ds machines capables de graver en 7 5 et 3 nanomètres soit la finesse requise pour les puces els plus avancées.

La Chine sait graver en 10 nanomètres et surtout recherche des alternatives moins coûteuses que les technologies ASML certaines machines ASML coûtant 30 millions de $.

Les USA imposent le bannissement de la vente à la Chine des machines de lithographie les plus avancées. L'enjeu étant l'IA et le développement de la 5G, les véhicules autonomes, des puces à basse consommation d'énergie,...

Le bannissement concerne les technologies EVU, mais il est possible de graver en 7nm en DVU et ces machines sont encore vendables en Chine.

ASML perd avec la Chine la moitié de son marché et surtout devient dépendant des clients américains et leurs lois.

La Russie quand a elle aussi étudie de nouveaux procédés de fabrication des puces.
ASML propose des machines capables d'une très grande productivité, ce qui ne correspond pas forcément aux besoins de l'industrie russe dont la priorité est la qualité sur la quantité.

La course au plus petit, à la plus grande quantité de transistors ne fait pas tout, si à côté de ça vous programmez comme un cochon ou n'avez aucune stratégie pour l'utilisation des puces les gains seront réduit à néant.

Pour faire exactement le même travail bureautique sur un ordinateur aujourd'hui vous avez besoin de 4096 Mo de RAM quand hier il en fallait que 256 Mo, où est le progrès ?
Pour produire du texte avec u outil comme pandoc il faut à peine quelques Ko mais cela ruinerait Microsoft.

La devise des ingénieurs Russe est depuis longtemps de faire simple et efficace.

La réussite des entreprises américaines tient plus à la puissance politique pour imposer leurs produits que leur qualité.

https://strategy.government-nnov.ru/ru-RU/longread/nano

jean-luc
7 décembre 2022

deux ajouts sur cette explication très intéressante.
1/ Le refus des Pays Bas de s'aligner sur le diktat américain va fragiliser plus encore la tentative des US de créer un front pour handicaper la Chine dans son approvisionnement en puces électroniques. L'alliance Chip4 que les US s'efforcent de constituer avec Taiwan, la Corée du Sud et le Japon ne tiendra que si les Pays Bas refusent de livrer leurs graveurs à la Chine. Le problème se complique aussi du fait qu'une partie de la production Taiwanaise et Sud Coréenne se fait en réalité en Chine.
2/ sur la 'simplicité' recherchée par la Russie, je ne peux m'empêcher de penser à cette anecdote qui m'a été racontée par des Russes dans la cuisine d'un appartement tout neuf où la table était couverte de Butterbrodies et de bouteilles de Krystal (en 1999)... Lorsque les premiers astronautes ont commencé à être envoyés dans l'espace, s'est posé le problème pour eux d'écrire leurs rapports, à une époque où on ne disposait pas encore d'ordinateurs portables. Les stylo à billes, bien sûr, privés de gravité, ne résolvaient pas le problème. Les USA ont donc mis en place un programme d'urgence pour trouver la solution technologique la plus adaptée. 9 mois à peine leur ont suffi pour inventer un stylo qui fonctionnait dans les capsules. 6 mois supplémentaires pour les produire, les tester et le tour était joué. Les Russes ont réfléchi 20 à 30 minutes et... ont distribué des crayons à papier à leurs astronautes.
Merci à Daniel!