Histoire et société (archive 2020-2026)

Dieu me pardonne, c'est son métier...

Jean-Claude DELAUNAY: COMPRENDRE POUR TRANSFORMER ET L'INVERSE EST VRAI...

Par Danielle Bleitrach 14 janvier 2022
Textes fondamentaux
Comprendre pour transformer, l'inverse est vrai… Surtout en ce qui concerne les Chinois pour qui la pensée est plus action que notre tendance intellectuelle "critique", qui peut alors se doubler plus aisément de l'invective puisque alors on peut ignorer la nécessaire coopération pour toute réalisation socialiste. C'est le premier intérêt de ce texte, le second comme toujours chez Jean-Claude est la recherche d'une clarté conceptuelle qui pose les termes du dialogue avec un minimum d'interférence et favorise un "point" sur l'état réel de nos débats, le stalinisme, le post-stalinisme, le politique et l'économique, etc... Peut-être conviendrait-il, c'est une hypothèse, de remettre en perspective cette "opposition" entre la Chine et l'URSS à partir de deux faits dont on ne peut faire abstraction qu'en imagination : le premier est que toutes les Révolutions débouchant sur le socialisme sont "léninistes", c'est-à-dire comme le montre Jean-Claude "staliniennes" avec un rôle du parti et de l'ETAT. Le second fait est que pas plus que le monde n'est retourné après la révolution française à la féodalité malgré le retour des rois, la révolution bolchevique a définitivement consacré la fin du capitalisme à son stade ultime et qu'il faut aussi penser la situation en relation avec les défis actuels de l'impérialisme tels que les énonce Novikov dans le dernier texte que nous avons publié. Personnellement, ce sont ces deux faits que je trouve indispensable de réintroduire dans toute analyse. L'originalité de notre réflexion collective ici c'est qu'elle est ce que défend Jean-Claude comme méthode et tentative de penser les acquis. (note de Danielle Bleitrach histoire et société)

Je connais Gilles Mercier depuis un certain temps déjà. J’ai toujours apprécié ses analyses et même s’il me semble qu’il y a, chez lui, une certaine tendance à céder à la polémique de manière un peu débridée tout en déroulant son argumentation en des termes non nécessairement modestes, je crois qu’il faut, avec lui, passer outre à ces défauts, car il est trop âgé maintenant pour les corriger. Et puis les comportements sont différents selon que l’on parle à une personne, ou à des personnes, en face de soi ou que l’on écrit un texte. Cela dit, c’est un scientifique, et en plus c’est un scientifique honnête. Enfin c’est un communiste. Nous avons là tous les ingrédients pour avancer.

Je dois quand même faire deux remarques préalables à ce que je vais développer. Dans toute discussion, dans tout message, il risque d’y avoir des «bruits», des interférences, qui gênent la communication. Essayons de les éliminer ici. J’espère que je vais être convaincant, car rien n’est plus stupide que de débattre sur «les bruits» qui accompagnent un sujet, au lieu de discuter sur le sujet lui-même. 

FILTRER «LES BRUITS»

Le premier de ces bruits est celui selon lequel «Jean-Claude Delaunay sous-entend(rait) une parenté entre le socialisme de la Chine de Xi et celui de l’URSS de Gorbatchev». Je crois qu’il suffit de relire mon texte pour comprendre que je n’ai rien écrit de tel et que j’ai simplement écrit les deux choses suivantes : 1) le texte proposé à la connaissance des lecteurs du site Histoire et Société (aujourd’hui du site Faire Vivre le PCF) est une contribution à l’analyse de la faillite de l’URSS. Ce que je prétends, en effet, est que nous ne perdons pas notre temps, nous communistes français, en cherchant à clarifier nos idées sur les causes de l’effondrement du socialisme de type soviétique. Je salue au passage le travail effectué par Michel Aymerich pour améliorer la forme de ce texte, qui n’était pas au mieux dans sa première édition. Le texte de Cheng Enfu et Liu Zixu (qui, revu par M.A. a été repris dans l’une des revues électroniques du PRCF) est une contribution. Il y en a d’autres. 2) Cette contribution de Cheng Enfu et Liu Zixu n’est toutefois pas n’importe laquelle. C’est la contribution de marxistes chinois occupant un rang certain dans la société chinoise. Compte tenu de ma compréhension de la façon dont fonctionne le marxisme en Chine, je me suis dit que ce texte, bien que signé par des individus, dont l’un fut académicien, avait toutes les chances de refléter une opinion plus large, et que cela valait d’autant plus la peine de le lire. Bref, à mon avis, c’est un texte ayant valeur de document dans un pays socialiste dont les gouvernants réfléchissent précisément à ce qu’est et à ce que doit être un parti communiste. Je ne choisis pas les documents que je crois devoir lire pour m’informer. De certains, je pense qu’ils .sont «bons», et pour d’autres, je pense qu’ils le «moins». Mais ce qui compte est à la fois leur contenu et leur valeur documentaire.

A mon avis, on peut très bien juger qu’un texte est insuffisant, voire très insuffisant. Cela ne me fait pas problème. Je pense, en revanche, que les commentaires polémiques accompagnant un tel jugement sont superflus, surtout quand il s’agit de textes d’auteurs étrangers auxquels nous accordons l’hospitalité de notre discussion. Cela n’ajoute rien, et, lorsque les auteurs en question sont des marxistes et des communistes, cela révèle surtout que nous manquons de courtoisie à leur égard. Cela révèle également que nous manquons de lucidité sur nous-même. Si nous nous comportons de cette manière, cela signifie que nous sommes très certains de détenir la vérité. Je pense que, dans une discussion scientifique, il faut être plus modeste et prudent.

Le deuxième bruit qu’il convient à mon avis de neutraliser avant même de commencer la discussion, a trait, précisément, à la façon que Mercier a de juger Cheng Enfu et Liu Zixu. Un certain nombre de marxistes français, que je ne citerai pas ici, pensent que Cheng Enfu est un bureaucrate doublé d’un imbécile. Il se trouve que je le connais, que j’ai discuté avec lui et j’affirme, on me croira ou on ne me croira pas, peu importe, que ce n’est ni un bureaucrate ni un imbécile. Il est d’un niveau supérieur à celui d’autres marxistes chinois, travaillant par exemple dans ce qui fut le Bureau des Traductions et Compilations auprès du Comité Central. Il a fait connaître à la direction du PCC, et donc à son Secrétaire, que selon lui, le nombre des entreprises privées commençait à être excessif en Chine. Il est intervenu personnellement pour faire savoir que, selon lui, les inégalités de revenus devenaient trop fortes en Chine et qu’il fallait corriger. Ces deux interventions témoignent de sa part d’un certain courage politique. Je ne suis pas en adoration devant ses travaux, pas plus que je ne suis en adoration devant n’importe quel texte, sauf peut-être les œuvres de Stendhal, de Proust et de Victor Hugo, mais je les lis. Je cherche à en comprendre les thèses principales et ce faisant, je cherche à comprendre comment fonctionne la Chine et le marxisme en Chine. Bref, je m’abstiens de ces plaisanteries plutôt vieillottes sur le marxisme façon Groucho, ou sur «et voilà pourquoi votre fille est muette», qui m’ont fait rire une fois mais pas deux. Je dois ajouter que je ne tire aucun bénéfice de ma connaissance de Cheng Enfu. Je vis bien tranquillement dans mon coin à Nanning et personne ne vient me solliciter de manière intempestive. Je dirai également que l’un des mérites de Cheng Enfu est d’avoir contribué à maintenir le lien avec les «marxistes occidentaux», d’où ses relations avec les marxistes japonais, américains, européens, russes, africains, indiens actuellement. On peut considérer que tout ça, «c’est de la merde». Moi, je pense qu’une telle opinion est bien légère, et qu’elle est fort éloignée des exigences de Gilles Mercier qui sont, me semble-t-il, d’être un scientifique.

Enfin, pour en terminer vraiment sur ce dernier point, je tends de plus en plus, au fur et à mesure que je vieillis, à éviter les jugements péremptoires. Je confesse que j’ai de la peine à agir ainsi, car il est beaucoup plus facile de dire que tel ou tel est «un pauvre con», voire même «un sale con», plutôt que de comprendre ce qu’il, ou elle, raconte. Cela prend moins de temps et demande moins d’effort. Et puis, c’est vrai, il y a des fois où on ne peut faire autrement que de «rentrer dans le lard» de son interlocuteur. Je suis un communiste et je suis donc un homme de combat. Mais quand même, en moyenne, je m’efforce de me calmer. J’essaie de ne pas confondre les genres et d’être modéré et modeste avec des personnes qui partagent le même idéal que le mien, mais qui ne pensent pas comme moi.  

LE DÉBAT, ESSAI DE CLARIFICATION ET CE QUE JE VAIS FAIRE

J’en viens maintenant au fond du débat : l’effondrement de l’URSS et plus généralement du socialisme de type soviétique. Je vais présenter mes convictions plus que développer une argumentation fondée sur de la documentation, des références, des livres, des articles. Mon raisonnement prend place à l’intérieur de deux distinctions et sur leur articulation. Je vais donc d’abord en faire état.

La première distinction est de nature chronologique. Elle conduit à repérer deux périodes dans l’histoire de l’URSS. 

La première est celle de la mise en place et de la défense de la révolution dans ce pays sous-développé qu’était la Russie des années 1920. Cette période s’identifie à Staline. Elle prend fin en 1953.

La deuxième est celle qui va de 1953 à 1991. C’est la période de la recherche d’un fonctionnement régulier pour une révolution consolidée. Cette période s’est terminée par un échec. Pourquoi?

La deuxième distinction est de nature explicative. Quels sont les facteurs permettant de comprendre cet échec? Il en existe au moins deux.

Le premier est d’essence politique. Il fait reposer sur le Parti communiste et ses dirigeants la responsabilité de l’échec du socialisme. C’est l’explication que reprennent et valorisent Cheng Enfu et Liu Zixu, et c’est, je crois, l’explication qui prévaut chez les dirigeants chinois : si le socialisme soviétique a fait faillite, c’est parce que les dirigeants de l’URSS n’ont pas été à la hauteur et, même, pour certains, ont trahi la révolution.

Le deuxième facteur explicatif est d’essence économique. Il consiste à dire : si le socialisme a échoué en URSS, c’est parce que les dirigeants de ce pays n’ont pas su résoudre les problèmes économiques qu’ils rencontraient. Je pense que Gilles Mercier se rattache à cette branche explicative : «Les révolutions et contre-révolutions, écrit-il, ont toujours le même combustible : une crise économique». C’est la capacité d’une société socialiste à satisfaire les besoins de sa population mieux que le capitalisme qui détermine si elle est viable ou non, ajoute-t-il en substance.

Ces deux catégories d’explications ne sont pas exclusives lune de l’autre. Il me semble cependant que Cheng et Liu tendent à privilégier la première alors que Mercier tend à privilégier la deuxième, surtout dans le cas d’un pays sous-développé.

Mercier complète, à l’aide des 3 points suivants, les observations générales auxquelles il procède :

J’espère avoir correctement résumé le point de départ de la discussion. Je vais d’abord déduire de ce résumé ce que je crois pouvoir en tirer sans déformer la pensée de Mercier. Ensuite, je vais indiquer la trame de ma propre argumentation.

MES DÉDUCTIONS

MES PROPRES CONVICTIONS

Après l’exposé de ces éléments, je vais mettre au clair mes propres convictions. Je n’ai, malheureusement, ni le temps ni les connaissances qui me permettraient de faire un exposé me satisfaisant vraiment. Ce qui suit est en partie «une opinion». Elle n’a rien d’original et d’autres ont dit, sur le fond, la même chose que ce que je vais dire. Je prétends néanmoins à quelques  points d’originalité.

STALINE, LE STALINISME

APRÈS STALINE

RAPPORT DE L’ÉCONOMIQUE ET DU POLITIQUE ET DÉTERMINATION EN DERNIÈRE INSTANCE

MODE DE PRODUCTIONPOLITIQUEÉCONOMIQUE
FÉODALDominanteDéterminante
CAPITALISTE-Dominante et Déterminante
SOCIALISTE issu de CapitalismeDéterminanteDominante
COMMUNISTEDominante et Déterminante-
MPADominanteDéterminante
SOCIALISTE Issu de MPADéterminanteDominante
COMMUNISTEDominante et Déterminante-

L’utilité de ce tableau est de résumer la discussion que j’ai entreprise tout en la prolongeant. En même temps, il pousse à son approfondissement. Il me semble que la discussion pourrait notamment porter sur les deux modalités du socialisme que j’ai reprises dans ce tableau. J’ai considéré que ces phases transitoires étaient de même nature, qu’elles soient issues d’un mode de production capitaliste ou qu’elles le soient d’un mode de production apparenté au mode de production asiatique, et que, dans les deux cas, l’instance politique était déterminante de l’ensemble et que l’instance économique en était la dominante. Ce qui voudrait dire que, dans une société socialiste, de quelque origine qu’elle provienne, les instances politiques dirigeantes ont un rôle fondamental, mais que les problèmes qui se posent sont encore et avant tout des problèmes économiques. L’économie est la forme dominante du fonctionnement de la société et le rôle des instances politiques est déterminant. Le socialisme opère donc la rupture avec l’époque que décrivait Engels dans sa lettre à Bloch, à savoir les TEMPS DE LA RARETÉ. Il y a encore rareté sous le socialisme mais cette rareté est sous contrôle démocratique si je puis dire et tout est mis en œuvre pour la dépasser définitivement en abolissant les relations marchandes qui, par définition de la marchandise, sont la manifestation de la rareté. Le capitalisme a besoin d’éterniser la rareté. C’est le mode de production de la rareté infinie. Alors que le socialisme vise à sortir de la rareté, vise à construire l’abondance. Bref, est-il exact de caractériser de la même manière ces deux versions du socialisme? Comment les différencier? Serait-il utile, indispensable même, de s’interroger sur «les agents» de ces instances pour commencer à préciser les différences (et les ressemblances). Par exemple, les agents de l’instance politique sont-ils uniquement le Parti communiste, ici et là? Je laisse la discussion ouverte, si l’on estime qu’elle présente un intérêt. 

Il me revient, pour terminer, de remercier Gilles Mercier pour ses textes et Danielle Bleitrach pour ses remarques. J’espère que mon texte les intéressera à leur tour autant que les leurs m’ont stimulé et obligé à réfléchir.

Jean-Claude Delaunay

13/01/2022


Commentaires (12)

Marianne
14 janvier 2022

...si les dirigeants de ce pays disent : « Les paysans ont pour tâche de nourrir la population», alors il leur faudra mettre en place les rapports sociaux adaptés à cette exigence. Ce seront vraisemblablement des rapports sociaux marchands... Il me semble que c'est exactement ce dont parle Staline dans "Problèmes économiques du socialisme". Et aussi "sans théorie (du socialisme), on est morts", citation de Staline souvent répétée ces derniers temps par les dirigeants du KPRF.

marsal
14 janvier 2022

Merci, c'et un texte passionnant. Je vais le relire en profondeur, mais voici déjà un premier commentaire sur un point : la question de la "phase capitaliste nécessaire avant le socialisme". On peut le comprendre en théorie, dans un enchaînement formel. Mais cela reste formel, abstrait et vide de sens. En pratique, dans l'enchaînement vivant, cela ne se passe pas comme ça.
D'abord, les tentatives révolutionnaires dans les pays industriels développés ont jusqu'ici échoué, que ce soit la Commune de Paris, ou l'Allemagne des années 20 et 30 notamment. La vie politique française ne rend pas optimiste sur l'avenir, d'ailleurs, malgré nos efforts. Et au contraire, les révolutions socialistes réussies ont toutes eu lieu dans des pays arriérés ou dominés (Russie, Chine, Vietnam, Cuba notamment). Donc, ce problème du développement du socialisme dans des sociétés non capitalistes ou pré-capitalistes ne semble pas être un phénomène accidentel, mais au contraire il est récurrent.
Ensuite, à l'exception peut-être de quelques pays asiatiques comme la Corée (et encore, peut-être faudrait-il examiner les particularité du développement coréen), aucun pays ne parvient plus aujourd'hui à se développer en suivant une voie capitaliste autrement que dans un développement estropié et au bout d'un temps rapide, tombe dans la stagnation ou pire. L'organisation économique, financière, diplomatique et même militaire de l'impérialisme empêche complètement un véritable développement. Donc, non seulement ce problème est récurrent, mais il est absolument nécessaire d'y réfléchir et de le résoudre sans quoi il n'y a plus d'issue.
Enfin, cette question du développement, du blocus économique et des sanctions, de la fermeture au marché mondial est précisément l'arme principale qu'a utilisé et qu'utilise l'impérialisme (dont le centre est aux USA) pour punir ou dissuader tout pays de s'aventurer hors de la voie tracée pour lui. On le voit encore de manière très choquante avec le sort qui est fait au Mali, coupable d'avoir cherché de l'aide auprès de la Russie pour réussir à vaincre le terrorisme (et pourtant semble-t-il, sur ce terrain, les maliens remportent certains succès, en ayant obtenu des russes non seulement de l'appui militaire sur le terrain mais surtout des moyens - armements et formation- pour permettre à l'armée malienne d'assurer elle-même cette mission).
Or, cela est toutefois peut-être en train de changer grâce à l'aide que la Chine apporte à de nombreux pays dans le cadre des routes de la soie, donc précisément grâce à l'effort de construction du socialisme dans un, puis quelques pays, qui ouvrent la voie pour les autres, en dépit des difficultés).
De ce point de vue, je trouve extrêmement intéressante la citation d'Engels que tu donnes, lumineuse même : « <em>D’après la conception matérialiste de l’histoire, le facteur déterminant dans l’histoire est en dernière instance la production et la reproduction de la vie réelle. Ni Marx ni moi n’avons affirmé davantage. Si ensuite quelqu’un torture cette proposition pour lui faire dire que le facteur économique est le seul déterminant, il la transforme en une phrase vide, abstraite, absurde… Il y a action et interaction de tous ces facteurs au sein desquels le mouvement économique finit par se frayer son chemin comme une nécessité…</em> » (Marxists.org. Cette lettre a été publiée dans le <em>Sozialistische Akademiker</em>, Berlin, 1895, 351-353). C'est bien cela dont il s'agit, et cette phrase à elle seule tranche bien ce débat de prétendue "phase capitaliste nécessaire" : ce qui est nécessaire et qui va déterminer l'histoire, c'est la production et la reproduction de la vie réelle". Et dans les circonstances des pays, même arriérés qui ont la chance (malgré les énormes sacrifices nécessaires) de pouvoir passer au socialisme, c'est donc bien cela qui est nécessaire, déterminant, change et va changer l'histoire, pour eux, comme pour les autres pays. L'arriération économique héritée, doit se composer avec l'avance politique acquise afin de permettre la production et la reproduction (j'ajoute développée, on pourrait dire élargie), et cela rejoint tout à fait logiquement tes réflexions également très intéressantes sur dominant / déterminant.
Bref , grand merci !!!

Pam
14 janvier 2022

Encore un texte de référence de Jean Claude... Mais il faudrait mettre le lien sur le texte de mercier que je n'ai pas...

martin
14 janvier 2022

Bonjour Danielle
j'ai un ami allemand dans la ville de naissance de Karl Marx et qui est prof d'économie et politique .
je souhaiterais lui communiquer ce texte de JC Delaunay .y a t-il possibilité de traduction ou le même site" histoire et société"en allemand?
Merci de ta réponse
Michel

Danielle Bleitrach
14 janvier 2022

ILDOIT BIENEXISTER l'équivalent d'un traducteur automatique comme deepl en allemand ... IL Y A EFFECTIVEMENT QUELQUES SITES ALLEMANDS dont nous sommes proches grace à Andrei notre correspondant de la pravda...

martin
14 janvier 2022

merci beaucoup

Xuan
15 janvier 2022

<p>Merci cher Jean Claude de rappeler la détermination économique dans les transformations de la société, et ses répercussions dans la restauration capitaliste en URSS. Ton article soulève beaucoup de questions.</p><p>Il existe une contradiction comme on dit entre l’infrastructure et la superstructure.</p><p>Et certainement dans des conditions données l’une l’emporte sur l’autre et inversement.</p><p>D’autre part les deux sont liées, de sorte que la politique l’emporte sur l’économie dans des conditions économiques déterminées, et réciproquement. Mais la base est l’économie en effet.</p><p>En tous cas cette contradiction devrait être étudiée dans son développement et ses transformations, en rapport avec les grands bouleversements historiques de chaque nation et des relations qu’elles établissent entre elles.</p><p><br></p><p>Je ne sais pas si Althusser a raison sur la forme déterminante et dominante du mode de production capitaliste. J’avoue que j’ai du mal à saisir toute la portée de ce raisonnement.</p><p>Il me semble que dans des conditions déterminées, de rareté justement, de crise, de guerre, par exemple, le capitalisme peut se donner la forme dominante de l’étatisme, et dans d’autres conditions par exemple d’expansion, la forme du libéralisme ou du néolibéralisme. Et cette domination n’est pas uniquement propre à l’étatisme, parce que le libéralisme définit aussi la forme de l’économie, par exemple dans les privatisations ou l’ouverture.&nbsp;</p><p>Ceci voudrait dire que la politique n’est pas dominée durant toute l'ère capitaliste, mais qu’elle domine l’économie dans des conditions déterminantes données, pour transformer ces conditions économiques, qui dominent à leur tour la politique. La guerre ou la paix, la crise économique et l’essor économique vers un nouveau stade, ou bien le colonialisme et la lutte anti colonialiste, puis l’impérialisme et la lutte anti impérialiste, le néocolonialisme et la lutte économique des pays émergents, la mondialisation hégémonique et celle multilatérale, etc. sont d’autres exemples des conditions dans lesquelles se transforme cette contradiction entre la politique et l’économie. Comme disait le Manifeste <em>«&nbsp;La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c'est-à-dire l'ensemble des rapports sociaux&nbsp;».</em></p><p><br></p><p>D’autre part il existe entre la politique et l’économie une contradiction et un lien qui est la lutte des classes. Elle est à la fois politique et économique parce que les classes sont déterminées par les rapports sociaux de production. Par exemple quelle formes a pu prendre la lutte des classes en URSS après l'élimination des koulaks en tant que classe, et celle des <em>débris boukhariniens et trotskistes ? </em>C'est-à-dire lorsqu'il n'y a plus d'antagonisme de classe ou de classe réactionnaire <em>pour soi</em>. Staline a écrit <em>"...puisque l'exploitation a été supprimée, les exploiteurs n'existent plus et il n'y a plus personne à réprimer. La fonction de répression a fait place à la fonction de protection de la propriété socialiste contre les voleurs et les dilapidateurs du bien public." </em>[rapport au XVIIIe congrès - les questions du léninisme]. La lutte de classe proprement dite relevait alors essentiellement de la menace impérialiste. Mais il avait aussi écrit : <em>« La transition du capitalisme au communisme, dit Lénine, c'est toute une époque historique. Tant qu'elle n'est pas terminée, les exploiteurs gardent inéluctablement l'espoir d'une restauration, espoir qui se transforme en tentatives de restauration"....</em>[des principes du léninisme - IV la dictature du prolétariat]. Enfin que dire de la corruption ? Ce qu'a fait la Chine en ce domaine, n'est-ce pas la poursuite de la lutte de classe dans la société socialiste?</p><p><br></p><p>La révolution chinoise, dans les conditions de la révolution de Démocratie Nouvelle (les révolutions démocratiques après 1917) et de l’occupation japonaise, s’est appuyée sur quatre classes, la classe ouvrière, la paysannerie, la petite bourgeoisie et la bourgeoisie nationale. Ces quatre étoiles figurent toujours sur le drapeau chinois autour de la plus grande, celle du parti communiste qui dirige la révolution.</p><p>Mao Zedong écrivit cette annotation en 1952 sur un document du Département du Travail de Front Uni du CC du PCC&nbsp;: <em>«&nbsp;Après le renversement de la classe des propriétaires fonciers et de la bourgeoisie bureaucratique, la contradiction entre la classe ouvrière et la bourgeoisie nationale est devenue la contradiction principale en Chine&nbsp;; il ne faut donc plus qualifier la bourgeoisie nationale de classe intermédiaire&nbsp;</em>».[06/06/1952 – tome V des Œuvres choisies]</p><p>Mais le PCC est revenu sur cette définition depuis Deng Xiaoping, et la contradiction principale en Chine est définie ainsi&nbsp;aujourd’hui : <em>«&nbsp;Avec l'entrée du socialisme à la chinoise dans la nouvelle ère, la principale contradiction dans la société chinoise s'est transformée en celle entre l'aspiration croissante de la population à une vie meilleure et le développement déséquilibré et insuffisant de la Chine&nbsp;»</em><span> [Xi Jinping 19</span>e<span> Congrès du PCC]</span></p><p><span>Je crois que ce front uni entre les quatre classes peut continuer au moins jusqu’à la fin de l’hégémonisme US, voire de l’impérialisme, et jusqu’à un certain degré de développement du socialisme. Parce que la bourgeoisie nationale d'un pays dominé ne peut survivre que sous la tutelle d'un parti communiste, et qu'ensuite elle se fond dans la société comme les féodaux dans la société capitaliste.</span></p><p><span>Au passage, la révolution chinoise et le socialisme chinois n’échappent pas à ces transformations de la contradiction entre économie et politique.</span></p><p><span>&nbsp;</span></p><p><span>Mais on voit ici que la révolution chinoise diffère de celle des bolchevicks, non par l’existence d’un front uni mais par un front uni différent, déterminé par les conditions historiques différentes. Je crois que les camarades chinois avaient aussi émis des critiques sur les choix économiques de l’URSS, mais je ne saurais en dire davantage que Jean Claude sur les causes de la contre-révolution, et il appartient avant tout aux communistes russes de les analyser de fond en comble pour transformer à nouveau leur société. </span></p><p><span>&nbsp;</span></p><p><span>Dans le cas de notre pays, un front uni comporterait aussi d’autres classes, en fonction encore de la situation pré révolutionnaire puis du socialisme.</span></p><p><span>Dans les conditions de l’occupation étrangère nazie (à laquelle l’hégémonisme US n’est pas comparable), il comprenait jusqu’à la grande bourgeoisie nationale, prenant fin immédiatement avec cette occupation. Mais cette unité temporaire n’excluait pas non plus la lutte, avec un De Gaulle qui avait formé les cadres de l’armée anti soviétique de Pilsudski en 1919. On a vu comment en Chine la lutte contre l’occupation japonaise s’est transformée dès la victoire en lutte contre la bourgeoisie bureaucratique, réfugiée depuis à Taïwan. </span></p><p><span>&nbsp;</span></p><p><span>&nbsp;</span></p><p><span>Mao Zedong avait dès 1926 jeté les bases de ce front uni à partir d’une enquête sociale matérialiste&nbsp;à la campagne : l’analyse des classes de la société chinoise, en fonction de leur situation dans les rapports sociaux du féodalisme et du semi-colonialisme. Nous avons déjà une idée plus ou moins précise des classes de notre société, des relations entre direction d’entreprise, cadres sup et subalternes, ingés de prod, techniciens, employés et classe ouvrière proprement dite, entre paysans et ouvriers agricoles, mais aussi des différents statuts de la sous traitance, de l’intérim, de l’auto-entreprenariat, de l’élevage intégré et du double emploi à la campagne, idem dans la pêche et la fonction publique, etc. mais peut-être pourrions-nous approfondir nos connaissances, afin de définir les amis et les ennemis de la révolution, en fonction non pas de leur bulletin de vote mais là encore de leurs intérêts matériels, de leur place dans les rapports sociaux de production, de leurs aspirations et de leur évolution dans le temps. Les cellules d’un parti communiste sont idéalement en mesure de faire de telles enquêtes.</span></p><p><span>&nbsp;</span></p><p><span>Enfin au chapitre des déterminants, la notion de «&nbsp;maillon faible&nbsp;» comme disait Lénine. </span></p><p><span>Peut-être pouvons-nous dire que l’Europe est le maillon faible de l’impérialisme, dans la mesure où elle concentre de nombreuses contradictions, prise entre le marteau et l’enclume de l’hégémonisme et de l’émergence, déchirée elle-même par les rapacités capitalistes de deux nations dominantes et concurrentes, par la colonisation de l'Europe de l'est, et par la lutte des classes. </span></p><p><span>La construction du socialisme chez nous n’aurait pas la lourde tâche d’édifier de toutes pièces une industrie, mais la bourgeoisie possède une longue expérience de la lutte de classe, et nous avons un peu perdu notre mémoire, il faut le reconnaître.</span></p><p><span>Au sein de l’Europe la France est-elle un maillon faible comme ex puissance coloniale dominée par les USA&nbsp;? Il faudrait une meilleure connaissance que moi de notre environnement européen pour l’affirmer, et parmi les multiples contradictions qui constituent la «&nbsp;paille&nbsp;» d’un mauvais acier, celle entre la bourgeoisie et le prolétariat est certainement caractérisée par la ligne politique juste, l’audience populaire du parti communiste, sa capacité à organiser les masses en diverses associations qu’il peut diriger.</span></p>

Daniel Arias
15 janvier 2022

<strong>## Raison économique de la chute de l'URSS.</strong>

Selon l'hypothèse de l'échec socialiste par les lacunes économiques et le manque de biens de consommation comment expliquer le maintient du socialisme à Cuba, au Laos et au Vietnam ? Où les biens de consommation manquent et parfois même des biens collectifs.

Si on retourne l'hypothèse pourquoi le socialisme échoue aux USA, en France et en RFA où les biens matériels sont répandus et même gaspillés ?
Il n'y a pas de poussée de socialisme dans nos sociétés d'abondance, on y observe au contraire une intense activité culturelle anti communiste allant jusqu'à la disparition des partis communistes ou en tout cas à leur affaiblissement idéologique sans qu'il y ait de relais dans la société civile.
Les conditions économiques favorables ne permettent pas non plus les progrès socialistes, ce qui explique probablement en partie l'échec de la social démocratie.
Les populations les plus pauvres de nos sociétés, de 15 à 20% de la population, connaissent aussi les pénuries, sans se traduire mécaniquement par une influence plus grande du socialisme ou des luttes sociales. Avec des quartiers populaires sans militants communistes.

L'intensité de la lutte idéologique de la grande bourgeoisie plutôt que la lutte sur le plan économique montre à quel point la politique est la clef du problème.
La bourgeoisie n'a pas peur de plonger les masses dans la misère elle a peur de l'idéologie communiste partout diabolisée. Elle ne rivalise pas pour le bien être des populations.
Ce n'est pas un hasard leur pouvoir étant uniquement basé sur le droit de chaque nation capitaliste, un rapport de force favorables aux travailleurs les balaieraient durablement. Elle doit les maintenir dans l'ignorance et dans un état psychologique empêchant leur mobilisation. Et si cette mobilisation se réalise les forces de l'ordre interviennent avec brutalité.


<strong>## La phase capitaliste nécessaire ?</strong>

N'y a-t-il pas une confusion entre l'organisation politique de la production et la technologie employée dans la production ; dans cette dernière j'inclus les méthodes de gestion et les techniques financières ?

Le domaine technique ne peut-il pas être vu que comme un outil soumis à des décisions politiques ?

De quelles formes de capitalisme parle-t-on ?

* Libérale, forme vers laquelle il tend naturellement où le marché régule les échanges, en fait une poignée de banques qui gères des fortunes anonymes et des fonds colossaux répartis inégalement du petit souscripteur possédant une assurance vie aux plus riches disposant de fonds haut de gamme.
* Dirigé comme après guerre en France, au Japon, en Corée du Sud.
Avec une économie sous contrôle politique au service du grand capital créant les infrastructures propices au développement industriel et par conséquent à la production de richesses sous forme de marchandises (EDF, SNCF, PTT, Éducation Nationale, Sécurité Sociale).
Dans le cas du Japon l'économie de guerre a été dirigée vers la production de biens de consommation, dans un Japon occupé mais en paix. Les autorités financières ont continué leur gestion avec des méthodes d'économie de guerre en ciblant les secteurs stratégiques à financer par le crédit. Ceci a développé la production entre autres de produits électroniques qui vont inonder les marchés mondiaux.

<strong>La nécessité absolue de la forme capitaliste </strong>revient à cautionner "la fable des abeilles" de Mandeville où le vice est le moteur des richesses.
Ceci est contredit par la réalité de la production issue du travail dont la grande majorité des acteurs, les travailleurs, ne tirent pas de sur-valeur mais créent la valeur d'usage: les biens et services.
Production dont l'efficacité provient de l'organisation scientifique du travail et par conséquent de la production du travailleur qualifié qui produit également ses moyens de productions et l'infrastructure nécessaires.
La production est essentiellement organisée par les ingénieurs et c'est en cette qualité d'ingénieurs que certains bourgeois ont pu donner naissance à la première révolution industrielle, c'est le produit de leur éducation scientifique appliquée à la production qui a produit les usines et non pas leur patrimoine financier ou leur statut de bourgeois. Cette confusion entre le bourgeois et l'ingénieur ne s'applique plus et ne s'appliquait pas à l'URSS disposant d'un grand nombre d'ingénieurs et techniciens enfant d'ouvriers et de paysans. La maîtrise technique de la production s'est démocratisée.
Nul besoin de privilèges bourgeois pour développer la production, quand un patron ou même un PdG quitte une entreprise celle-ci continue à produire ce qui prouve qu'il n'est pas indispensable et que l'on confond souvent le rôle de dirigeant avec le statut politique du dirigeant, le patron propriétaire.
Par contre que les travailleurs se mettent en grève ou que les ingénieurs commettent des erreurs et l'impact sur la production est immédiat.
Les coopératives fonctionnent sans adopter la forme capitaliste dominante.

<strong>## Définition de l'économie</strong>

Ne pourrait-on pas définir l'économie comme l'organisation politique de la production ?

La forme capitaliste est très politique, inscrite dans la constitution garantissant la propriété "Art. 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression.".
Le capitalisme est politique et anti-démocratique en privant les travailleurs du droit d'organiser la production.
Sous sa forme socialiste la démocratie dans l'économie s'exerce au travers du parti des travailleurs, le parti communiste et dans les coopératives de production par l'association des travailleurs.

<strong>## Économie et rareté </strong>

Les civilisations et le commerce se sont apparemment développées dans les régions d'abondance, Mésopotamie, Chine, Amérique Centrale et du Sud ; ces régions bénéficiant de conditions climatiques et géographiques propices au développement de variétés végétales nourrissantes, blés, riz, maïs, puis de l'élevage en particulier en Mésopotamie. C'est aussi dans ces régions qu'apparaissent les grandes cités, l'administration, les sciences et en particulier les mathématiques.
Le moteur du développement économique ne serait-il pas la gestion de cette abondance par une classe qui n'a plus la nécessité de travailler qui s'octroie la propriété et développe ses moyens politiques de gouverner ? Le rapport propriétaires / bergers.
L'agriculture ne se développe qu'à l'holocène, auparavant les températures moyennes sont inférieures de 5° à 10°, l'aridité glaciaire et le manque de CO2 ne permettent pas de cultiver des végétaux. C'est aussi l'extinction des grands herbivores de la mégafaune à la fin du pléistocène partout sauf en Afrique, extinction qui est peut être à l'origine d'une période froide ; Homo Sapiens peindra ces grands herbivores sur les parois des grottes, abondance ou pénurie ?
Dans cette situation de rareté avec le réchauffement et la stabilisation du climat certaines régions bénéficient de conditions favorables, plus de pluie, plus chaud, où deux semaines de cueillette de grains sauvages pourraient nourrir quatre personnes pendant un an.
C'est autour de ces endroits comme la Vallée du Jourdain où les des familles se seraient sédentarisées et regroupée en villages. Puis déplacées lors de refroidissement vers l'intérieur des terres, aux conditions météo plus clémentes.
Naissance du politique, de la propriété et des échanges plus complexes ?
<strong>Ce qui est sûr c'est que les échanges impliquent qu'il y ait des surplus et que ceux-ci soient importants pour organiser les premières villes, dans le croissant fertile, et nourrir les artisans, les marchands, les guerriers et les politiciens,... </strong>
<strong>K Marx va découvrir et expliquer la sur valeur, l'origine des richesses tiré non pas de la pénurie mais du surplus de travail dont le produit marchandise est vendu à autrui.</strong>
<strong>Pour déposséder ainsi le travailleur il faut qu'il y ait par ailleurs un excédent pouvant couvrir ses besoins vitaux et ceux de sa prole assurant le renouvellement de la force de travail en toutes saisons. Si le travailleur ressent la rareté c'est à chaque étape de développement à un niveau différent mais sur une base précédente "abondante".</strong>

L'économie, me semble-t-il, est autre chose que "gagner son pain" mais avant tout un rapport d'échange au delà de la famille, du clan, c'est une dimension politique dont le sujet est la production. S'il ne s'agissait que d'un problème de production nous ferions mieux de tous devenir ingénieurs pour vite régler les problèmes du monde. Ils en règlent c'est évident mais pas les problèmes politiques.

<strong>La rareté cache aussi un double sens:</strong> la satisfaction des besoins qui fait facilement consensus mais aussi la satisfaction des désirs ; c'est cette dernière qui sert l'hypothèse de la chute de l'URSS, le manque de bas nylon, la recherche de disques occidentaux ou de parfum cher de Paris, sans questionner d'où naissent ces désirs de biens et services. Là il me semble que l'on rentre dans une dimension culturelle, idéologique et plus uniquement économique comme c'est le cas pour la satisfaction des besoins. Une volonté pour les soviétiques de copier le mode de vie occidental, peut être, pour les dirigeants de rivaliser et s'intégrer à la communauté internationale, il y probablement de ça aussi, oubliant les origines et les causes de la Révolution.

La désorganisation des approvisionnements a surtout eut lieu dans la période Gorbatchov encourageant l'esprit petit bourgeois ; l'outil de production était là mais on a laissé le chaos s'installer et cela relève de la politique et de l'idéologie.

La Chine a introduit le capitalisme sous contrôle pour moderniser son économie dont les bases sont rappelons le de forme soviétique et par les soviétiques en ce qui concerne l'industrie lourde et l'énergie, pour la suite la Chine avait besoin d'apprendre en faisant avec les capitalistes étrangers qui avaient l'avance technologique, aujourd'hui ils sont en avance dans de nombreux domaines comme les trains à grande vitesse et avancent en confiance vers le socialisme.
Les soviétiques ont introduit le capitalisme dans une économie socialiste avancée à contre courant de la gestion planifiée et de l'histoire qui les avait mené à ce niveau de développement.

Il n'ont pas eut la vision socialiste adaptée à leur niveau de développement pour consolider la société, faire un pas de plus pour impliquer le peuple dans la gestion socialiste ; Deng Xiaoping allait surveiller les mouches entrant avec le capital, le PCUS a laissé les mouches prendre la direction, ils n'ont pas su contrer la mentalité bourgeoise.

<strong>## Les soviétiques ont raté l'opportunité informatique.</strong>

Les soviétiques avaient une avance dans l'informatique jusque dans les années 60 avant que ne soit prise la décision de pirater et copier les systèmes occidentaux au lieu de poursuivre les recherches.
Un des ingénieurs soviétiques sera le chef de projet du Pentium de l'américain Intel qui sera presque aussi bon que le Elbrus Russe El-90.
Elbrus est une série de machines de hautes performances conçues par l'institut soviétique ITMVT fondé en 1948 à Moscou.
Le Elbrus-2 sera aussi performant que le supercalculateur Cray Américain qui était la référence. Les processeurs Elbrus seront qualifiés pour les activités militaires. L'équipe soviétique d'Elbrus collaborera avec Sun Microsystem pour concevoir des processeurs SPARC, l'actuel leader mondial des composants électroniques le taïwanais TSMC produira le E2K conçu par Elbrus. L'équipe soviétique partira en grande partie travailler chez Intel. La société Elbrus existe encore aujourd'hui.

Les problèmes de l'informatique soviétiques ont été un manque de coordination entre de nombreux projets qui parfois s'ignoraient, des problèmes de mise en production, parfois de fiabilité et une diffusion surtout dans les universités et dans le milieu professionnel et peu ou tardivement pour le grand public par le biais des clubs.

La diffusion grand public est a relativiser mon premier ordinateur PC acheté début des années 90 coûtait plus de 13 000 francs, soit 2 000€ et seuls quelques passionnés se permettaient cet achat dont l'utilisation était moins évidente qu'aujourd'hui.

Quant aux échecs de l'industrie informatique nous en connaissons également en occident et en particulier en France patrie de naissance du premier PC au monde le Micral, société rachetée par Bull dont on connais les résultats de la bonne gestion d'une nation capitaliste.

<strong>## Et nous alors ?</strong>

Dans l'UE il ne me semble pas qu'il y ait de problèmes majeurs de production nous avons encore une technologie avancée , une société avec des institutions, des savoirs faire, un enseignement supérieur de qualité, des centres de recherche, une offre sur le marché mondial.

<strong>Mais nous avons un sérieux problème dans l'économie politique d'une part et politique en général.</strong>

Problème d'économie politique dans la direction des investissements et dans l'internationalisation de la chaîne logistique de production.
Il faudra peut être synchroniser les luttes avec les camarades européens, l'UE n'en déplaise à certains est devenue une réalité économique qui pose problème.
Peut-on faire l'économie du communisme européen sans tomber dans le parlementarisme ?
A moins d'attendre un désastre lié aux gouvernements capitalistes.
La question d'une nouvelle Internationale active doit être posée et peut être encore plus dans parmi les membres de l'UE et chez nos voisins proche en Méditerranée.

<strong>Nous devrions aussi ouvrir les yeux de notre peuple sur le monde.</strong>
Le temps des colonies va prendre fin, nos élus encore dans la France Afrique et le mépris provoquent des pays qui sont en train de grandir comme il y a peu la Turquie en prétendant défendre la Grèce qu'ils n'ont pas hésité à saigner financièrement.
En Afrique la France insulte les peuples et méprise leurs descendants immigrés.
L'Europe du Sud est guerre mieux lotie, juste bonne pour y passer du bon temps.
Nos voisins de l'Est, invisibles, juste bons à venir trimer pour des salaires de misère.
Sentiment de supériorité imbécile qui correspond de moins en moins à la réalité.

Allons nous rester dans le Titanic ?

<strong>Les temps deviennent favorables: l'Empire craque, les volontés d'émancipation grandissent un peu partout et de nouvelles associations naissent</strong> comme la RCEP cette année.

Demain l'Afrique va se réveiller, la Chine est déjà à l’œuvre dans la coopération.
La Russie et la Turquie arrivent aussi en Afrique, mais aussi des coopérations sud-sud.

Nous pourrions apprendre aussi de la CELAC ouverte sur le monde avec des projets ambitieux de développement pour les peuples d'Amérique Latine et des Caraïbes.
33 pays réunis.
(Voir lien plus bas).

La CELAC souhaite moderniser son système éducatif pour 2030 et veut le meilleur pour ses enfants où qu'ils vivent ; ils ont choisi le projet de haute technologie Fatih de la République Turque.

Pour le projet de santé nommé "SANTE MIRACLE" ils vont faire appel aux anges cubains du Servicios Medicos Cubanos, pour organiser le système de soins et former sans but lucratif le personnel de santé. L'école cubaine de médecine ELAM accueille des étudiants venus du monde entier y compris des USA.

Le projet "FAIM ZERO" est lui inspiré du projet brésilien mis en place par Lula qui a sorti de la faim 35 millions de personnes qui sont venus grossir les rangs de la couche moyenne.

Une association de nations qui au delà des différences de culture ou de régime politique et même parfois d'orientation politique se rassemblent pour coopérer.

<blockquote>"En la vida hay dos cosas importantes: ideas y personas“ Fidel Castro.</blockquote>

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P.S: Référence au parfum cher de Paris, Merci Marianne pour ce merveilleux film soviétique du nouvel an où le chirurgien moscovite se retrouve par erreur à Leningrad.

Paléotempératures :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27agriculture#/media/Fichier:Pal%C3%A9otemp%C3%A9ratures.svg

Disparition de la mégafaune:
https://fr.sputniknews.com/20210218/lextinction-de-la-megafaune-dans-lhemisphere-nord-expliquee-par-une-etude-1045241308.html

Néolithique Jacques Cauvin:
https://www.exoriente.org/docs/00021.pdf

Informatique soviétique:
https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Soviet_computer_systems

https://www.rbth.com/science_and_tech/2014/09/24/computers_in_the_ussr_a_story_of_missed_opportunities_40073.html

Elbrus computers:
https://computerhistory.org/blog/the-elbrus-2-a-soviet-era-high-performance-computer/

Société Elbrus:
http://www.mcst.ru/

Vison CELAC 2030 (Avec un bon reportage sur l'ELAM à cuba)
https://celacinternational.org/vission-celac-2030/

Marianne
15 janvier 2022

"La désorganisation des approvisionnements a surtout eu lieu dans la période Gorbatchov"... Cette "désorganisation" était en fait délibérément organisée, comme le montre par exemple ce documentaire de 2015, une compilation des nouvelles de la TV soviétique qui a eu plus de cinq millions de vues et 17000 commentaires : https://www.youtube.com/watch?v=tO7HXrhHOS8&amp;t=15s. Au cas où le lien ne fonctionne pas le titre en russe est СССР: Товарный дефицит (видеохроника 1989-91г.) [URSS : Le déficit en matières premières (chronique vidéo 1989-91)]. Et le résumé (traduit avec DeepL : Les images témoignent de la destruction, de la détérioration, du vol, de la dissimulation des aliments dans les entrepôts, du sabotage du déchargement des wagons et de leur évacuation du pays.
Filmé à Leningrad, entre 1989 et 1991. (dernier article en 1993), par l'équipe des nouvelles [du journal télévisé 600 minutes]

Daniel Arias
15 janvier 2022

Les commentaires et les témoignages sont nombreux à confirmer le sabotage.
Si cela confirme le sabotage organisé à grande échelle il faudrait comprendre ce qui à pu produire les saboteurs, les petites mains, des criminels sans aucune sorte de morale, prêts à jeter des tonnes de nourritures dans la nature.

Irina Malenko dans "Sovietica" décrivait déjà le pourrissement dans la presse et la télé, le comportement malpoli de certains dans les transports en commun, la naissance de petits voyous, mais aussi comment les étudiants envoyés à l'étranger étaient manipulés .
Irina avait été envoyée dans une riche famille aux Pays-Bas, elle pensait que s'était la vie normale là-bas avant d'en découvrir la réalité une fois installée elle même dans ce pays puis en Irlande. C'était une opération de manipulation des futures élites et de promotion de l'occident montée par la direction soviétique.

Il serait intéressant de voir comment les média soviétiques, les enseignements ont évolué de la fin de la Grande Guerre Patriotique à la fin de la Perestroïka. Dans les années suivant la chute il y a bien du y avoir quelques salauds qui on fanfaronné dans les média traduisant leur état d'esprit.

Cela confirme également l'analyse de Cheng Enfu et Liu Zixu sur la prédominance de l'action politique culturelle et idéologique sur l'économique. Dans le reportage on voit bien que la production est là, abondante mais que la composante politique de l'économie l'échange est sabotée.

Présentation du livre "Sovietica" et entretien débat avec Irina Malenko:
https://youtu.be/ezAxAeFlOZA

Xuan
15 janvier 2022

Pour apporter quelques éléments supplémentaires, un autre angle de vue :

Dans deux articles, à l'occasion du 30e anniversaire de la démission de Gorbatchev, Fang Ning* recherche ce qui a pu différencier la passation des pouvoirs, la réforme de Gorbatchev, et celles de Deng Xiaoping, en rappelant qu'après la mort de Mao Zedong la Chine était elle-même dans une situation difficile (à cause des dérives de la révolution culturelle qui se focalisait sur la "lutte de classe", et des troubles économiques qu'elle avait provoqués).
&nbsp;
Dans le <a href="https://www.dwnews.com/%E4%B8%AD%E5%9B%BD/60272612/%E4%B8%93%E8%AE%BF%E6%88%BF%E5%AE%81%E4%B8%8A%E8%8B%8F%E8%81%94%E4%BA%A1%E5%9B%BD%E4%B8%89%E5%8D%81%E5%B9%B4%E7%A5%AD%E6%94%BF%E6%B2%BB%E7%BB%A7%E6%89%BF%E4%B8%8E%E8%8B%8F%E8%81%94%E8%A7%A3%E4%BD%93" target="_blank" rel="noopener nofollow ugc">premier article</a> , il relève différentes causes qu'il ne considère pas comme fondamentales dans la chute de l'URSS (la régression économique, la corruption et la transformation bureaucratique des dirigeants). Il évoque le délitement des républiques fédérées, mais sans analyser les relations du COMECON (on pourrait s'y pencher).
Enfin il met l'accent sur la transmission du pouvoir chaotique et la négation répétée de la direction précédente, après Staline.

Il relève que Khrouchtchev s’est installé dans la négation de son prédécesseur et que Brejnev a fait de même. Puis après les brèves gouvernances de secrétaires très âgés, Gorbatchev désigné par défaut n’a pas été capable de relever l’économie soviétique et a lui aussi dénigré son prédécesseur Brejnev. Enfin la direction du PCUS était profondément divisée.


Dans le <a href="https://www.dwnews.com/%E4%B8%AD%E5%9B%BD/60272614/%E4%B8%93%E8%AE%BF%E6%88%BF%E5%AE%81%E4%B8%8B%E9%82%93%E5%B0%8F%E5%B9%B3VS%E6%88%88%E5%B0%94%E5%B7%B4%E4%B9%94%E5%A4%AB%E6%A0%B8%E5%BF%83%E4%BD%93%E5%88%B6%E7%A0%B4%E8%A7%A3%E6%94%BF%E6%B2%BB%E7%BB%A7%E6%89%BF%E9%9A%BE%E9%A2%98?itm_source=universal_search&amp;itm_campaign=universal_search&amp;itm_content=%E6%88%BF%E5%AE%81&amp;itm_medium=web" target="_blank" rel="noopener nofollow ugc">second article</a> il compare la réforme engagée par Deng Xiaoping et celle de Gorbatchev.
Les réformes de Deng Xiaoping visaient un projet d’avenir «&nbsp;<em>Émanciper l'esprit, rechercher la vérité à partir des faits et regarder vers l'avenir dans l'unité&nbsp;»,</em> avec des réformes pratiques, modulables et révocables, <em>«&nbsp;traversant la rivière en tâtant les pierres&nbsp;»</em>.
D’autre part dans une réunion du comité central du PCC le 30/03/1979, Deng avait maintenu les&nbsp;quatre principes cardinaux du parti : adhérer à la voie socialiste, à la dictature du prolétariat, à la direction du parti communiste, au marxisme-léninisme et à la pensée maozedong.
Deng était un dirigeant expérimenté et il n’a pas renié l’héritage de Mao Zedong.


Inversement Gorbatchev était inexpérimenté, il a regardé vers le passé dans la critique de ses prédécesseurs, et il a instauré des réformes irréversibles et globales. Fang Ning n'en décrit pas le contenu.

&nbsp;

Enfin il expose le système de transition mis en place par Deng, associant les anciens et la jeune génération.

&nbsp;

*Directeur et chercheur de l'Institut des Sciences politiques de l'Académie chinoise des Sciences sociales, Fang Ning se consacre depuis de nombreuses années à la théorie et à la pratique politiques démocratiques.

Xuan
15 janvier 2022

Je ne parle pas russe, mais les vidéos sont effrayantes. Quelle tristesse !

Sans faire d'amalgame, la misère produit encore <a href="https://www.bfmtv.com/international/amerique-nord/etats-unis/los-angeles-des-voleurs-attaquent-des-trains-de-marchandises-et-pillent-des-milliers-de-colis_AD-202201140515.html" target="_blank" rel="noopener nofollow ugc">ce genre de désordres</a> en 2021.