Histoire et société (archive 2020-2026)

Dieu me pardonne, c'est son métier...

39ème congrès du PCF, les contributions des 4 et 5 janvier : le débat sur l'Huma resurgit

Par Danielle Bleitrach 13 janvier 2023
Textes fondamentaux

Contributions des 4 et 5 janvier 2023

Ces 4 et 5 janvier 2023, 9 contributions ont été publiées.

Je développerai particulièrement (ci-après) celle intitulée « L’humanité, porteur de communisme » , des camarades Nathalie Simonnet, Isabelle de Almeida, Thierry Aury, Gilbert Garrel et Hervé Bramy :

Les autres contributions sont :

Le camarade analyse ensuite les échecs successifs des stratégies de rassemblements et les enseignements à en tirer : S'agissant de la gauche plurielle, quels enseignements tirons-nous de notre mutisme à partir de 2000 jusqu'à la présidentielle de 2002 ? A propos du TCE et de la victoire de 2005, quels enseignements tirons-nous de la catastrophe de 2007 et de la tragi-comédie des collectifs antilibéraux ? A propos du Front de gauche, que dirions-nous aujourd'hui du populisme de gauche initié par Jean-Luc Melenchon que notre direction nationale n'a pas dit en 2016 ? Si il y a 2 enseignements à tirer de ces périodes durant lesquelles de nombreux signataires du texte alternatif étaient des responsables de premier plan du Parti, c'est d'une part qu'un Parti communiste fort est dans ces démarches notre bien le plus précieux et celui de la gauche et du monde du travail et d'autre part que nous devons pouvoir dans ces démarches de rassemblement nous exprimer, agir, et parfois, oui, dire nos désaccords avec nos partenaires, y compris stratégiques et programmatiques, affirmer notre originalité, pousser nos arguments et notre point de vue pour éviter les impasses et les désillusions et sans céder aux volontés hégémoniques des uns et des autres. Ce que nous n'avons pas su ou pas assez fait dans le passé de mon point de vue, notamment avant 2017.

Le camarade détaille ensuite les faux arguments, les arguments d’autorité, par lesquels on voudrait imposer des idées : « Argument d’autorité que voudrait être la liste des anciens responsables signataires du texte, censée nous impressionner. Ce baroud d’honneur pour revenir en arrière, vers la stratégie qui nous a conduits à l’échec, localement et au plan national est pourtant sans issue. » ; « Argument d'autorité en dissertant dans l'absolu sur le communisme, alors que leur texte fait tout pour éviter la question fondamentale : si l'objectif c'est le communisme, alors il y a besoin d'un parti communiste qui contribue, dans le rassemblement, à donner son avis sur la perspective » « Argument d'autorité en renonçant à la raison pour l'émotion paralysante : face à la peur du fascisme, à la catastrophe climatique, il faudrait renoncer à une analyse communiste. » et « Argument d'autorité encore avec des mots qui donnent les apparences du sérieux. « Capitalocène », « décivilisation », « productiviste » ... mazette, voilà qui cherche à impressionner ! Mais dans le vrai débat intellectuel, ces arguments-là ont peu de crédit (...) »

En conclusion, le camarade appelle au débat collectif et fraternel autour du projet de base commune : « Depuis le dernier congrès, le PCF s’est remis en chantier, durant la pandémie, dans le cadre des élections européennes et de l’élection présidentielle. Les militants, les responsables que nous sommes exprimons à nouveau dans le débat public notre originalité de communistes sur de nombreux sujets, et nous avons été encouragés en cela par les candidatures de Fabien Roussel à la présidentielle, de Ian Brossat aux européennes, et de nos camarades aux législatives. Cela a permis de faire entendre des solutions crédibles et cohérentes issues de nos travaux et de notre projet, ce qui n’était plus arrivé depuis longtemps. Cela a permis aussi de commencer à renouer avec les classes populaires pour qui la gauche n’incarne plus une perspective de changement radical de leurs conditions de vie. Emparons-nous du texte de base commune adopté par le conseil national et poursuivons, amplifions l’ambition de reconquête portée lors du 38e congrès de notre Parti. Assumons nos choix et débattons avec respect, en toute liberté, sur un pied d’égalité, et en toute fraternité. Nous avons de nombreuses questions à approfondir ensemble, celle de l’analyse des crises, de la centralité de la crise systémique, celle du communisme comme un chemin de luttes et une visée de changement civilisationnel, celle de la place des sciences et des idées dans notre combat pour le changement de société, celle de la lutte contre l’extrême droite, celle du rassemblement bien sûr, de celles et ceux que nous voulons unir, et celle du parti enfin, de son rôle, de sa place, de son renforcement et de ce que nous voulons en faire, avec des directions jouant pleinement leur rôle et mettant en œuvre les décisions très majoritaires des communistes. »

Le débat du jour : L’Humanité :

Notre journal « L’Humanité » fait décidément partie des débats cruciaux de ce congrès. Dans les contributions du 2 janvier, nous avions examiné celle du camarade Luc Foulquier, sur les statuts qui abordait longuement la question du journal, relevant notamment que :

« On ne sait plus à qui appartient le journal ? Bien sûr, on ne revient pas sur le fait qu’il n’est pas l’organe du Comité National. C’est clair. Mais c’est un journal communiste ! Il faut préciser ce que ça veut dire.
On peut imaginer un journal « communiste » qui ne défende pas ou ne fasse pas connaître les positions du PCF... et dans le même temps on demande aux membres du PCF de lire l’Humanité et le magasine, de les diffuser et de les aider financièrement ! (Je précise que je suis un fidèle lecteur et diffuseur de ces titres).
Mais des camarades me disent (faute d’accord) qu’ils ne les lisent plus. Cela cache aussi le recul de la lecture. Il est vrai que parfois l’Huma fait trop de place à d’autres ! Ignore les travaux des commissions du PCF, et les potentialités qu’il y a parmi les membres du Parti. J’ai un « gros dossier », par exemple, sur l’écologie et l’énergie. Bien trop souvent sont exposées des positions très éloignées de celles du Parti (sur le nucléaire ...). Beaucoup d’interventions d’autres organisations (associations, partis) et peu de membres du PCF. »

Une contribution collective des camarades de diverses fédérations revient sur le sujet. C'est heureux, car cela confirme que débattre du sens du quotidien communiste au sein du congrès du Parti Communiste est pertinent.

A la question que pose le camarade Luc Foulquier « C’est un journal communiste ! Il faut préciser ce que cela veut dire » les camarades répondent en plusieurs phrases, dont la synthèse est complexe : En premier lieu, ils disent que l’Humanité « appartient à ses lectrices et ses lecteurs dont de nombreux communistes membres ou non du Parti communiste français, des citoyens issus de divers courants de pensée. » Mais à la fin de leur contribution, ils reviennent sur cette question en disant : « L’Humanité est en effet le relais de ces luttes sociales et des alternatives face à ce capitalisme destructeur. » Dès lors, considérer que l’Humanité n’est pas communiste c’est mettre en danger le seul journal de gauche en France, le seul quotidien communiste dans les pays capitalistes. Sa disparition, sa perte serait un obstacle à nos ambitions ».

Ainsi, pour ces camarades, l’Humanité est un journal communiste, mais aussi un journal de gauche, qui appartient à ses lecteurs (mais, comme chacun sait et c’est bien pour cela qu’on en parle dans le cadre du congrès, l’Humanité appartient aussi aux communistes).

La contribution des camarades le souligne en remarquant que le journal ‘L’Humanité » ne vit que grâce à « l’étendue des participations citoyennes aux initiatives de soutien au journal ». Et ils précisent aussitôt que « Les militants du PCF sont principalement ceux que l’on retrouve chaque fin de semaine sur les marchés pour proposer la lecture de l’Humanité-Magazine. Ce dispositif original et historique des Comités de défense puis de promotion de l’Humanité mériterait de bénéficier de nouvelles impulsions communes entre les équipes du Parti et de l’Humanité afin de redéployer les énergies et gagner de nouveaux lecteurs ».

De fait, l’Humanité s’efforce de satisfaire en même temps deux identités différentes : journal communiste d’une part, journal « de gauche » d’autre part. Cette ambiguïté est difficile à tenir dans la durée et la remarque du camarade Luc Foulquier (« Mais des camarades me disent (faute d’accord) qu’ils ne les lisent plus. Cela cache aussi le recul de la lecture. Il est vrai que parfois l’Huma fait trop de place à d’autres ! Ignore les travaux des commissions du PCF, et les potentialités qu’il y a parmi les membres du Parti. ») le confirme.

Pour les camarades dont la contribution a été publiée ce 4 janvier, cela ne semble pas poser problème : Au moment où les communistes, parmi d’autres, sont appelés à concevoir une visée communiste de notre temps, l’examen du rôle et de l’utilité de l’Humanité est essentiel. Les lectrices et les lecteurs de l’Humanité, dans leur diversité, convergent vers un même but : bâtir une société d’émancipation. Le dépassement du système capitaliste qui exploite avec la même vigueur les êtres humains et la nature, dès lors s’impose. Confronter les consciences aux réalités de notre monde est donc primordial pour accélérer le mouvement et le rassemblement des forces qui aspirent à la transformation de la société. Avec l’Humanité, il s’agit de donner à voir, comme nous l’avions déjà souligné lors du 28ème congrès, les initiatives novatrices et les alternatives sociales et démocratiques, ce déjà là de communiste dans les quêtes de révolution progressiste.

Ici, les communistes, sont des lecteurs « parmi d’autres » qui « convergent vers le même but : bâtir une société d’émancipation » et il s’agit de « rassembler les forces qui aspirent à la transformation de la société ». Et la conclusion absconse semble tout droit tirée du texte alternatif, avec ses formules creuses « donner à voir les initiatives novatrices et les alternatives progressistes » et l’inévitable formule passe-partout du « déjà-là de communisme ».

Cela laisse penser que les camarades, dont les orientations n’ont pas été retenues par les communistes lors du 38ème congrès se retrouvent parfaitement dans le contenu produit par l’Humanité depuis.

La presse communiste : des enseignement historiques :

Lors des dernières rencontres internationalistes de Vénissieux, un débat a été organisé sur la situation italienne. L’Italie avait, jusqu’à la crise des années 90, le plus grand parti communiste d’Europe occidentale. Il disposait d’ailleurs d’un très grand quotidien « L’Unità », fondé par Antonio Gramsci en 1928. Ce parti s’est auto-dissout et transformé en parti social-démocrate en 1991. L’Unità s’est alors transformé en un journal « de gauche » (aspirant probablement à « construire des majorités de progrès »). Cela a tenu quelques années, mais la boussole était perdue, et l’élan militant s’est dispersé. On ne peut pas rassembler dans la durée sans rassembler autour de quelque chose de solide. L’Unità a traversé une série de crise, dans les années 2000, puis a disparu, renaissant parfois temporairement.

A Vénissieux, la question a donc été posée à un camarade franco-italien, Luciano Gelmi : comment un parti communiste aussi puissant que le PCI a-t-il pu ainsi disparaître? Son principal élément de réponse a été de dire que le parti communiste italien était un temps si grand, si glorieux, qu’être membre du parti communiste fut très à la mode en Italie. Le parti a attiré alors à lui des éléments qui n’étaient pas communistes ou qui ont rapidement cessé de l’être lorsque la situation est devenue difficile. Leur présence massive a changé l’identité du parti et l’a conduit à disparaître.

La France a connu un phénomène similaire, mais, heureusement, à un bien moindre degré. Celui-ci s’est arrêté avant la disparition fatidique du parti, car la base communiste y a fait obstacle. Dans l’adversité des années 90 et 2000, le PCF a été comme le roseau, qui plie mais ne cède pas. Mais de ces plis, sont restées des ambiguïtés, des doutes. Et, à mon humble avis, ce sont ces ambiguïtés et ces doutes que nous retrouvons aujourd’hui lorsque nous essayons de clarifier la situation de l’Humanité. L’Humanité n’a en effet pas échappé aux crises que nous évoquons : restructurations, licenciements, baisse de pagination, difficultés financières. Le parti lui-même, en proie à la mutation, a certainement contribué aux doutes qui ont envahi son journal. Nous avons été jusqu’à faire entrer au capital du journal des groupes de médias capitalistes, comme le groupe Lagardère et TF1, en 2001. Cette situation est aujourd’hui révolue et nous en sommes tous très heureux. Nous pouvons admettre que c’était un gros pli sur le roseau. Mais l’Humanité a traversé tout cela, comme le PCF et grâce à l’engagement constant des militants communistes.

Mais aujourd’hui, le vent tourne. L’orientation « néo-libérale » du capitalisme impérialiste fait face à une résistance croissante et à ses propres contradictions. Il est possible d'ouvrir de nouvelles pages.

Une autre conception du rôle d’un journal communiste :

Les camarades affirment que « L’Humanité est une exception mondiale » et que c’est « le seul quotidien communiste dans les pays capitalistes ». L’Huma est certainement une exception mondiale, ne serait-ce que par son histoire, mais ce n’est certainement pas le seul quotidien communiste dans les pays capitalistes. La presse communiste mondiale a toujours existé, existe encore et existera toujours. De fait, la plupart des organisations communistes ont leur journal et souvent, plusieurs journaux (en France aussi, n'oublions pas nos revues, ni la presse régionale, si importante). Un des plus importants journaux communistes dans les pays capitalistes, par exemple, est le Shinbun Akahata, le quotidien du Parti Communiste Japonais, dont la diffusion est d’environ 900 000 exemplaires. Le parti Communiste Japonais vient d’ailleurs de se lancer, suite à son dernier congrès, dans une grande campagne qui mène de front le recrutement pour le parti et le développement de la diffusion de son journal. L’objectif est d’augmenter les deux de 30 %. Une campagne commune du renforcement du parti et du journal ... un exemple à suivre ?

Un journal communiste n’est pas pour autant une voix unique ni uniforme, le porte parole de la direction du parti, il s’adresse à l’ensemble du prolétariat, et même au-delà, en portant la voie de la conscience de classe. Il doit l'embrasser dans sa diversité, dans toute sa richesse.

En revanche, il n’est pas là seulement pour « donner à voir ». Il est là pour susciter et organiser l’action. On nous cite souvent la phrase de Marx, tirée de l’Idéologie Allemande « Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l'état actuel.» Mais, généralement, on en occulte la signification : voici ce qu’écrit Marx, quelques lignes plus loin : On voit également, d'après ces discussions, combien Feuerbach s'abuse lorsque (...) se qualifiant "d'homme communautaire", il se proclame communiste et transforme ce nom en un prédicat de "l'homme", croyant ainsi pouvoir retransformer en une simple catégorie le terme de communiste qui, dans le monde actuel, désigne l'adhérent d'un parti révolutionnaire déterminé.(…) En réalité pour le matérialiste pratique, c'est-à-dire pour le communiste, il s'agit de révolutionner le monde existant, d'attaquer et de transformer pratiquement l'état de choses qu'il a trouvé.

Un journal « communiste », ce n’est pas simplement un journal qui s'ajoute un qualificatif, un prédicat. Pour le militant pratique, c’est à dire pour le communiste, il s’agit d’attaquer et de transformer pratiquement le monde existant.

Cela ne signifie donc pas s’isoler dans une idéologie. Quelques années plus tard, dans le Manifeste du Parti Communiste, Marx et Engels développe cette idée d’attaquer et de transformer pratiquement le monde existant :

« En somme, les communistes appuient en tous pays tout mouvement révolutionnaire contre l'ordre social et politique existant.

Dans tous ces mouvements, ils mettent en avant la question de la propriété à quelque degré d'évolution qu'elle ait pu arriver, comme la question fondamentale du mouvement.

Enfin, les communistes travaillent à l'union et à l'entente des partis démocratiques de tous les pays.

Les communistes ne s'abaissent pas à dissimuler leurs opinions et leurs projets. Ils proclament ouvertement que leurs buts ne peuvent être atteints que par le renversement violent de tout l'ordre social passé. Que les classes dirigeantes tremblent à l'idée d'une révolution communiste ! Les prolétaires n'y ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à y gagner.

Voilà le rôle et l’identité d’un quotidien communiste : c’est un journal qui a « sa carte du parti dans sa poche », car être communiste n’est pas une « simple catégorie ». C’est être, ainsi que le sens commun le dit, "l’adhérent d’un parti révolutionnaire déterminé". C’est d’appuyer tout ce qui va dans le sens de la révolution du changement, de la démocratie, en effet, mais en y mettant en exergue le but final : la transformation des rapports de propriété. C’est travailler à l’union, sans jamais dissimuler ses buts : "le renversement violent de l’ordre social passé".


Commentaires (2)

REMIGNARD Jean
13 janvier 2023

Je suis lecteur et diffuseur de l'humanité depuis 1969 je peux mesurer l'évolution de l'Huamnité passé d'organe central du parti communiste à journal de ses lecteurs. Hélas l'Humanité est plus de gauche mainstream et étasunienne que communiste. Cela se lit à plusieurs niveaux:
1) la terminologie "américain" pour "étatsunien", néo-libéralisme pour capitalisme ou impérialisme, gouvernement autoritaire/dictature pour les pays socialistes etc
2) le mot d'ordre "défense des droits de l'homme" mainstream étatsunien lancé en 1977, par Jimmy Carter 39° président des USA et son conseiller Zbigniew Brzezinski qui ont inventé les USA comme défenseurs universels des Droit de l'Homme qui leur ont permis de faire s'aligner les pays anciennement esclavagistes et colonisateurs dans une confrérie des "démocraties" avec droit d'ingérence dans les affaires de tous les pays contre les "dictateurs" du monde entier. L'Occident devenant le zénith de la liberté et le juge légitime de tous les pays. C'est toujours drôle mais amer de voir des descendants politiques de ceux qui ont coupé la tête de leur roi, défendre partout dans le monde des théocraties (sauf en Iran). Et au titre des "droits de l'homme" d'inventer comme Kouchner le "droit d'ingérence" en particulier celui de l'OTAN qui rappelle furieusement l'action civilisatrice de la 3° république masque depuis des décennies les activités et crimes coloniaux des impérialismes dont le français .
3) l'incapacité à décrire l'état réel du monde par une "analyse concrète d'une situation concrète", à savoir qu'aucune situation politique nulle part dans le monde ne peut être décrite comme un "processus interne" sans tenir compte des rapports de forces internationaux imposés par l'impérialisme occidental. Exemple la lutte de classe a été internationalisée par le mouvement même du capital occidental qui, pour échapper aux pertes de rentabilité en Occident, en plus de s'employer a désorganiser les usines pour faire disparaitre les collectifs de travailleurs en Occident et leurs conquis sociaux, a exporté la production dans ses anciennes colonies comme la Chine pourtant "outrageusement dictatoriale". Ce faisant les gouvernements et des politiciens occidentaux soutiens indéfectibles des investisseurs internationaux, ont cru qu'en en facilitant le développement, la Chine deviendrait capitaliste, erreur la Chine reste une économie planifiée qui échappe en grande partie aux Occidentaux et qui a sorti 800 millions de personnes de l'extrème misère en 70 ans L'Humanité ignore l'état réel de la Chine et entérine comme vérité d'évangiles n'importe quelle assertion d'"expert" occidental financé par la CIA. Ce faisant l'Humanité participe à l'affaiblissement du mouvement d'émancipation des peuples du monde entier juste pour ne pas paraître "stalinienne". Désespérant.
4) la faible présence des données mondiales en provenance des grandes institutions pourtant trouvables partout sur le net montrant le rapport de force économique basculant de l'Occident vers le "sud"
5) le choix d'écrire des articles à partir d'une vision morale plutôt que du point de vue de la lutte des classes un concept sans doute trop ringard pour "l'Humanité journal de ses lecteurs". Exemple les pauvres migrants se noyant en méditerranée plutôt que sous l'angle de l'industrie du trafic d'êtres humains par les diverses mafias, hautement profitable aux grands groupes du bâtiments et aux casseurs de conquis sociaux des salariés en France.
6) la faiblesse des pages culturelles qui se manifeste dans l'absence de commentaire sur les littératures du monde espagnoles, hispaniques, italiennes, allemandes, chinoises, russes etc etc etc, pourtant largement traduites en français et parfaitement méconnues des commentateurs littéraires de "l'Humanité' mais évidemment des pages entières sur la littérature étatsunienne. L'Humanité a tellement peur qu'on la prenne pour un journal pro dictateurs qu'elle préfèrent populariser le mainstream étasunien. Pour vous dire même l'institut Ricci du centre jésuite de paris Sèvres est plus instruit sur la Chine que l'Humanité journal (communiste) de ses lecteurs.
7) et pour un lecteur de son "Humanité journal de ses lecteurs" il est plus aisé de connaître toutes les turpides des pays non occidentaux que l'état des mouvements en luttes et de la place qu'y tiennent les partis communistes qui évidemment pour l'Humanité ne sont plus des partis frères Exemple l'Humanité soutient et mène campagne pour Mumia Abu Jamal et elle soutien "LE" peuple ukrainien mais c'est le PC Grec KKE qui interpelle l'Europe sur les jeunes communistes arrêtés en Ukraine, le pc et toute la gauche ukrainienne interdit et les droit sociaux interdits. Des campagnes dans l'Humanité? non sous couvert de soutenir "LE" peuple ukrainien victime de la méchante Russie du dictateur Poutine mais soutenus par les oligarques ukrainiens, par l'OTAN et ses révolutions de couleur made in CIA, par les gouvernements français liquidant les accords de Minsk par allégeance aux USA rois de la démocratie et des droits de l'homme, l'Humanité en ne disant rien des trupitudes de Zélynsky et de ses amis nazis soutient la droite et l'extrème droite européennes et l'OTAN
Autre exemple bien sûr le journal "communiste" est indépendant donc il ne donne plus d'information sur les autres pc même quand ils se réunissent avec la participation d'une délégation du PCF et qu'ils signent une déclaration commune, à La Havanne un pays dramatiquement autoritaire avec une horreur de parti unique avec lequel l'Humanité ne peut s'afficher.
Bon j'arrête ma mauvaise humeur. Lors des journées d'étude d'Aix j'avais discuté avec d'autres de ces problèmes d'orientations. Le départ de Le Hyarric me laissait espérer une nouvelle dynamique prenant en compte la complexité du monde... Eh bien nom les aspects moraux du sociétal sont toujours dominant masquant la réalité des luttes et de leur rapport à la lutte des classes localement et globalement.
Encore un effort camarade (?) et nouveau directeur pour aider le PCF a éclairer les couches moyennes sur les origines de leurs difficultés et a reconquérir la classe ouvrière et populaire qui fournit le gros des abstentionnistes mais pas des lecteurs de l'Humanité.

Mario Beltramin
13 janvier 2023

Je fait part de la réflexion de ma compagne au sujet de l'Huma , je précise qu'elle n'a pas (plus sa carte au PCF et moi non plus après des années en son sein), "Je ne vois plus d'articles a l'international ou très rarement"