Histoire et société (archive 2020-2026)

Dieu me pardonne, c'est son métier...

39ème congrès du Parti Communiste Français : les contributions du 10 janvier (2/2), par Franck Marsal (+ vidéo Fabien Roussel)

Par Danielle Bleitrach 19 janvier 2023
Civilisation

Plusieurs d'entre elles reviennent sur la sincérité du débat, et c'est également un point que je développe : avoir un débat d'idées, en exposant correctement les points de vues pour les analyser, sans sous-entendus, sans jugements implicites et sans caricaturer est essentiel.

A nouveau, la plupart des contributions analysent, questionnent et complètent le projet de base commune adopté par le comité national, préparant le travail d'amendement que devra mener le congrès.

b) Que signifie le titre (du texte alternatif) « démocratiser la NUPES » ? Actuellement, la NUPES est un accord entre partis et organisations, parmi lesquelles certaines ont un fonctionnement démocratique, c’est le cas du PCF, d’autre non (la LFI en particulier). Mais la NUPES n’a pas de « fonctionnement démocratique », car ce n’est pas un parti ni un mouvement. La NUPES n’a pas d’adhérents individuels. Elle ne peut prendre donc de décisions autrement que par consensus entre les organisations qui la compose. L’expérience, tant des Comités Anti Libéraux que du Front de Gauche montre que la plus grande clarté est nécessaire pour différencier les partis et les alliances. Lorsque les Comités Anti Libéraux ont retenu « démocratiquement » la candidature de Marie-Georges Buffet, il est rapidement apparu que la « démocratie » n’engageaient que ceux qui y avait crû et des forces conséquentes ont participer au vote, puis, l’ayant perdu, s’en sont totalement dédouané. Lorsque des désaccords sont apparus au sein du « Front de Gauche », on a vu certains faire appel à la « propriété intellectuelle » du label « Front de Gauche », pour en interdire l’utilisation aux communistes. Tout ceci n’a donné lieu qu’à de nombreuses désillusions et frustrations, découragé des milliers de militants et ont in fine freiné les possibilités de rassemblement sincère en accumulant des crispations inutiles.

  1. la santé : pour insister que la santé ne se résume pas à l’offre de soin, même si celle-ci est un problème criant, mais qu’elle est constituée, selon la définition de l’OMS « un état complet de bien-être physique, social et mental », et que ces deux composantes, sociales et mentales, doivent être également prises en compte.
  2. Le travail : La camarade insiste sur une prise en compte globale des enjeux du travail, en s’appuyant sur les travaux des « chercheurs qui analysent le travail du point de vue de l’Humain, partie prenante de sa construction et de son accomplissement. « Le travail est central dans la stabilisation de notre santé mentale, il ne peut se réaliser qu’avec l’engagement subjectif du travailleur » Mme Debout, psychodynamique du travail, conférence du 14/10/2022 à Creil. « Le travail concourt au développement personnel et à la construction de soi » programme de F. Roussel présidentielle 2022. G. Ringenbach (huma 9/2022) rappelle « que K. Marx voyait le travail comme un élément fondamental de l’essence humaine. Il donne au mot travail trois dimensions : c’est un facteur d’émancipation quand il permet à l’individu de s’exprimer, de mettre en œuvre ses savoirs, ses facultés, sa créativité, sa sensibilité, rappelant que c’est une dimension importante quant à la subjectivité individuelle, ....une dimension sociale, il revêt un caractère de centralité dans la mesure où il est un facteur déterminant pour la socialisation de l’individu, un élément important de la constitution et l’augmentation de son identité, la troisième dimension est d’ordre économique : produire des biens et des services pour la société ». Le patronat a mis en place des stratégies pour mieux capter l’intelligence des salariés, leur besoin de reconnaissance, leur subjectivité : La casse des collectifs de travail, la mise en place des objectifs annuels, les notations à la note de « gueule », les surcharges de travail, autant de modifications des organisations de travail amplifiées par la peur des restructurations, des licenciements, accentuées par le télétravail. ». La camarade nous invite à intégrer dans les travaux du congrès cette question de la relation de l’individu à son travail.
  3. Le logement et le vieillissement : La camarade fait là aussi des propositions : P28 (de la Base Commune adoptée par le Comité National), « il est urgent de construire une société pour tous les âges, intégrant la nécessite de trouver des réponses solidaires et qualitatives aux enjeux du développement. Le vieillissement ne doit plus être synonyme de relégation sociale, de perte de citoyenneté. L’autonomie peut être assurée par la réalisation et la modernisation des EHPAD, avec un service national et territorial de prise en charge à domicile ». Si le début de la phase me convient, la seule proposition de réaliser, moderniser des EHPAD ou de faciliter une prise ne charge à domicile ne correspond pas à mon souhait. Sur cette question aussi, j’ai fait d’autres propositions comme celle de vivre dans un habitat partagé intergénérationnel. Cette question ne fait pas débat au moins dans mon département de référence. Le magazine « Présence, n°126 » aborde cette question du bien vieillir, attire l’attention de ses lecteurs sur le « logement, un déterminant de la qualité de vie » et citent « des solutions alternatives » comme la colocation, les résidences autonomies, les résidences services, les habitats partagés intergénérationnels. « Fuir l’isolement social et rechercher la sécurité sont les atouts de ces nouvelles formes d’habitat. Créer et maintenir un lien humain est aussi important que d’adapter le logement et le doter de matériels qui aident plus d’autonomie mais qui ne brisent pas l’isolement. » Cette question, pour moi, se pose aujourd’hui, dans dix ans, il sera trop tard.
  4. Enfin, la camarade appelle à améliorer encore le fonctionnement du parti, le « travail collectif » et les « relations réelles entre militants, instances représentatives, collectifs, directions ».

  1. « une réaffirmation très forte de notre volonté d’une autre constitution (ce que nous avons dit au sujet de la 6ème République) reste bien sûr d’une actualité criante. Je propose de renforcer cette question car la démocratie est en soi un enjeu non philosophique mais un enjeu de lutte. Et la démocratie ne peut se résumer à l’élection présidentielle. Sans développer plus il faut re dynamiser nos luttes sur ce sujet, dire que nous sommes pour la proportionnelle intégrale à chaque élection dire que nous sommes pour la fin d’un prince fut il élu. ». La question qui se pose à cet égard est néanmoins la suivante : il existe dans les nombreux pays du monde et même d’Europe, de nombreuses constitutions. Certaines sont présidentielles, d’autres sont parlementaires (paradoxalement, c’est le cas des monarchies, comme l’Angleterre). Certaines utilisent un scrutin majoritaire, d’autres sont intégralement proportionnelles, comme Israël. Pourtant, les problématiques de maintien d’une politique libérale malgré son impopularité, de développement simultané de l’abstention et de l’extrême-droite se posent dans tous ces pays. Cela ne veut pas dire qu’il faut renoncer au sujet, mais que, d’une part on ne peut pas dissocier la question de la démocratie de la question de la lutte des classes. La démocratie, c’est l’accession au pouvoir de la classe majoritaire et porteuse de l’intérêt général. D’autre part, il nous faut élargir la question des formes au-delà du mode de scrutin et des rapports exécutif / parlement en s’inspirant peut-être de constitutions vraiment innovantes comme Cuba ou le Vénézuela.
  2. « La question du droit à vivre tranquille. Certes, la tranquillité repose sur celle d’avoir un travail, un logement, une formation une école, des soins de qualités, en un mot sur une protection sociale qu’il faut à tout crin défendre et améliorer. La tranquillité c’est aussi le droit de vivre dans n’importe quel lieu sans violence sans craindre pour ses biens. Alors de quel « gardien de la paix » avons-nous besoins où en quels effectifs il convient de travailler cette question. Nous devons l’aborder par ce que rien ne justifie cette « atranquillité » sauf à dire comme je le pense qu’elle est bien utile pour empêcher les débats sur tous les autres sujets et qu’elle permet de justifier tout un ensemble de lois à caractère répressif. C’est un sujet sinon nouveau du moins qui prend une place importante. Il conviendrait donc de le développer pour tenter d’avoir une réponse communiste aux questions de violence et d’insécurité. ».
  3. « Les résultats du RN additionnés à ceux de Zemmour sont encore a analyser car pour ma part je ne pense pas qu’ils aient la même « raison » d’un endroit à un autre. Les votes d’élus de droite pour permettre à ceux du RN d’accéder au « perchoir » est significatif de leur « labellisation » comme parti républicain. Il n’en demeure pas moins que face aux évolutions de notre société beaucoup de nos concitoyens trouvent refuge dans un discours simpliste rassurant, qui désigne. Désigner c’est plus simple et quoiqu’il arrive c’est toujours celui que l’on désigne qui est responsable. Toutes les idéologies de droite ont ce curseur plus ou moins affirmé surtout pour ne pas permettre d’autres alternatives. Combattre ces idéologues de la haine impose de s’attaquer aux questions posées par l’évolution de la société. Aborder les questions et y donner une réponse communiste est défi ! Je veux dire que nous avons à notre disposition toutes les analyses et tous les argumentaires pour expliquer le capitalisme et sa main mise sur toute l’économie. Sommes-nous par contre suffisamment « armés » sur les sujets de société ? »

a) une révolution de toutes les formes de travail et donc une révolution dans la population des travailleurs porteurs de cette révolution. Cette révolution touche directement la classe ouvrière issue de la révolution industrielle précédente.

« Faire prévaloir des rapports sociaux de paix dans le monde » : « Les marxistes disent que la socialisation des forces productives engendre, au sein du capitalisme, une contradiction croissante avec les rapports privés de production. Je crois qu’il en est bien ainsi et que la première catégorie de rapports sociaux qui devraient et doivent être changés aujourd’hui dans le monde est celle des rapports sociaux de guerre pour leur substituer des rapports sociaux de paix.

https://youtube.com/watch?v=i3gTNpqkoAM&feature=shares

Commentaires (6)

Michel BEYER
19 janvier 2023

Je reprécise que je ne suis plus membre du PCF. Ce n'est pas sans douleur mais c'est ainsi. J'ai 2 ou 3 petites idées qui me trottent dans la tête.
Une première réflexion sur l'analyse des votes. J'avais été frappé sur le phénomène des transferts sans état d'âme, sur la circonscription de François Ruffin. Aux Presidenielles, une majorité d'ouvriers avaient voté Marine Le Pen. Aux Législatives, François Ruffin récupérait un paquet de voix. C'est à dire qu'une bonne partie de la CO pouvait voter ou FN ou Nupes sans être gênée.
Hasard du calendrier, mais pour moi heureuse coïncidence, il se trouve que le 53 ième congrès de la CGT se déroule fin/mars. Je vais tenter de ne pas mélanger les genres. Nous avons sur ce blog un débat fructueux sur le rôle de la commission européenne, et constatons les dégâts occasionnés par l'application de ses directives, notamment dans le domaine de l'énergie. Dans quelle mesure, le "syndicalisme rassemblé" adopté par la direction confédérale CGT, n'a-t-il pas joué un rôle néfaste? Rappelons que la CGT a quitté la confédération FSM pour adhérer à la CES, laquelle CES est sous la férule de la CFDT.
Autre point de convergence avec le 53 ième congrès CGT: le contenu des Nationalisations. S'agit-il de réaliser des Nationalisations comme celles effectuées à la Libération à l'initiative du CNRS? Ou bien s'agit-il d'une simple étatisation type 1981? Il est question de refaire le même coup avec la renationalisation d'EDF. Le contenu sera le résultat de ce qui aura été mené comme combat. Ce n'est pas seulement l'affaire du personnel EDF. C'est l'affaire de la Nation toute entière.

Daniel Arias
19 janvier 2023

Bonne manif !

https://youtu.be/ZQ2uIJZo7lw

admin5319
19 janvier 2023

je reviens de la manif de Marseille, un monde énorme mais un Mistral à 70 à l'heure... un froid saisissant, pas de transport, donc une vieille dame de 85 ans qui doit rentrer chez elle à pied a jugé plus raisonnable de ne pas suivre tout le cortège... mais la manif tient toute la canebière...

Gérard Barembaum
19 janvier 2023

Bravo Danielle! Молодец!

Xuan
20 janvier 2023

Bonjour à toutes et à tous, cette manifestation m'a confirmé, par de multiples conversations avec des ouvriers CGT, l'opposition à la guerre, son lien avec la vie chère et le rejet de la propagande de guerre. Avez-vous des échos comparables ?

Daniel Arias
27 février 2023

<strong>Recueil d'archives historiques des communistes français.</strong>

https://pandor.u-bourgogne.fr/fr/politique-critique-sociale-et-mouvements-sociaux

Les congrès du PCF de 1924 à 2016

https://pandor.u-bourgogne.fr/fr/archives-en-ligne/ead.html?id=FRMSH021_00067&amp;c=FRMSH021_00067_e0000052&amp;qid=