Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Jean Jullien : de l’optimisme face au 40 e congrès du PCF et au chemin parcouru par Histoireetsociete2

Est-ce que la position de Franck Marsal et la mienne qui en gros considère qu’il y a là un processus dont la logique peut permettre d’imaginer une perspective avec le « retour » d’un parti communiste, au-delà de l’électoralisme et de la gauche telle qu’elle est ? Le silence total des médias comme la rage délirante du fan club de Melenchon, hystérie haineuse sans véritable objet et qui est un véritable fait de société dans les réseaux sociaux s’interroge : le mépris qui peut aussi être considéré comme une « mesure » de l’événement. A savoir que « le mouvement » par rapport au parti, l’électoralisme et ses clientélismes, l’écoeurement avec le recours à l’abstention ou à l’erzatz du vote RN, sont confrontés à quelque chose d’intolérable dans leur logique(1). Est-ce un hasard si nous tablons Franck et moi sur un retour au réel qu’il s’agisse de l’aggravation de la course au surarmement, des répressions de classe et surtout le processus du monde multipolaire avec le socialisme dirigé par le parti communiste face à cette montée de la lutte des classes? et si de ce fait le retour du socialisme arraché de haute lutte par les congressistes est ce qui a fondé cet optimisme raisonné. Jean Jullien vient compléter notre affirmation optimiste parce que nous savons et Marianne Dunlop a oeuvré pour qu’il en soit ainsi que le rapprochement avec le KPRF et sans doute le PCC, nous agissons pour qu’il en soit ainsi est amorcé, ce qui rend optimiste Histoireetsociete2 et L’équipe qui a écrit Quand la France s’éveillera, la longue marche vers un monde multipolaire c’est qu’il y a eu et il y a encore action, chemin, c’est le bilan d’histoireetsociete à la veille du basculement vers histoireetsociete3 . (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

En effet, c’est optimiste, bien qu’il s’agisse d’un mal pour un bien. C’est-à-dire que le processus qui n’est pas achevé du retour aux principes et du rapprochement d’avec les autres partis communistes, notamment le PCC et le KPRF, est probablement long et douloureux parce qu’il naît dans la lutte de classe.

Déjà la candidature de Fabien Roussel constitue le bilan par la négative à la fois des lignes liquidatrices antérieures et de la politique anti-communiste de la social-démocratie, une politique déclarée par Mitterrand et poursuivie jusqu’à l’ultimatum de Mélenchon que dénonce l’Humanité aujourd’hui.
Ce bilan est la prise de conscience que l’unité populaire ne peut se faire sous la direction de la social-démocratie parce que son but est la destruction du parti communiste. C’est une leçon de la bourgeoisie qui s’est imposée après des décennies, avant que soit de nouveau acquise la nécessité d’un parti « indépendant de toutes les formations bourgeoises ».

C’est aussi une leçon de la bourgeoisie que le droit de vote n’est qu’un aspect de la dictature démocratique du grand capital, puisque nous avons vu se succéder plans de rigueur, réforme des retraites sous Hollande, répression des gilets jaunes, 49.3 à répétition, etc. C’est une cause du rejet populaire de la gauche réformiste, qui se traduit par l’abstention et le vote RN. Par conséquent, et bien que la victoire électorale soit toujours un objectif, l’électoralisme déterminant toute la stratégie et toute l’activité du parti est relativisé. Le renforcement du parti communiste à la base est privilégié.

Le bellicisme des USA et de l’UE a aussi balayé des décennies de propagande « libérale » impérialiste. A présent la nature néo nazie de la clique ukrainienne devient un secret de Polichinelle et le financement de sa survie par les peuples d’Europe est de plus en plus rejeté. Là aussi c’est le bellicisme de notre bourgeoisie et sa soumission à l’hégémonisme US qui s’opposent au pacifisme traditionnel du PCF et engendrent le rejet de l’OTAN et de la guerre.

On peut se douter aussi que la crise économique, en particulier la dégradation des TPE au second trimestre, va se traduire par des antagonismes de classe et peut-être un basculement politique vers le RN. Je veux dire par là que c’est l’oppression qui engendre la révolte, et au sein du parti communiste le rejet des lignes réformistes et révisionnistes.

Naturellement on ne peut pas se contenter d’une méthode empirique. Les leçons tirées de l’oppression n’ont aucune utilité si elles sont séparées de l’histoire de la lutte des classes et de sa synthèse, c’est-à-dire du marxisme-léninisme. Il ya un retour indispensable aux sources théoriques et la reconstitution des écoles du marxisme.

Sébastien Crépel écrit dans l’Humatinale :
« Le socialisme fait son retour dans le projet du Parti communiste, après trente ans d’éclipse. Les grands médias n’en diront mot. Ce n’est pourtant pas rien, tant l’histoire du PCF est liée à cette notion. Le marxisme n’est-il pas l’héritier du socialisme français, de l’économie politique anglaise et de la philosophie allemande ? … ». Le reste de l’article est plutôt timide mais il signale ce grand pas en ajoutant : « Socialisme ou barbarie », en somme, pour paraphraser Rosa Luxemburg. ».
Face au capitalisme, au fascisme et à la guerre, et après trente ans d’éclipse dans notre pays, le seul recours c’est la société socialiste.

(1) Comme je l’écrivais dans deux posts sur facebook face à l’essaim de drones mélenchoniens qui s’abattaient sur toute tentative de suivre les travaux du congrès :

Mon conseil à ce disciple de Melechon qui continue à dénigrer Roussel et le congrès du PCF

Patrick Nabet ne perdez pas votre précieux temps avec ce parti, vous avez tellement mieux à apporte à l’humanité souffrante derrière votre bien aimé Melenchon, votre grand timonier, il a besoin de vous, de votre ardeur de fan pour gagner à sa causeles quelques 35 % qui lui manquent pour satisfaire son obsession présidentielle..

. savez vous ce qu’a dit un autre grand timonier , un certain Mao, qui lui n’était pas un rigolo: on ne secoue que les arbres qui portent des fruits. votre harcèlement dit la réalité que votre bouche cache

De surcroit si vous aviez le moindre sens de la tactique électorale, vous sauriez que c’est votre bien aimé Melenchon qui s’est tiré une balle dans le pied. En se déclarant candidat sans aucune primaire, ni consultation des partenaires de gauche il a autorisé toutes les autres forces politiques à en faire autant, et il s’est sans doute placé en troisième position derrière un candidat de droite, vu ce qu’est la gauche quand on la réduit à des tambouilles électorales.

Alors croyez moi vous avez mieux à faire pour sauver les meubles y compris aux legislatives pour votre grand chef.

et je précisais ultérieurement ce qui me paraissait le comble de la sottise de la part de cet essaim: d’un côté n’avoir pour horizon que la seule ambition présidentielle de leur chef bien aimé et si mal maitriser la logique « électorale » mais peut-être est-ce justement parce que Melenchon et son fan club sait qu’il a perdu et comme l’anticommunisme social démocrate qui l’anime l’oblige à tenter d’entraîner les communistes?

Il y a des moments où la sottise atteint les limites du supportable et ce que j’appelle la sottise c’est simplement le fait que ces gens qui ne pensent qu’aux élections aient eu aussi peu le souci d’en comprendre les règles les plus élémentaires qui relèvent d’un temps très court dans un affrontement dont l’essentiel est de ne laisser aucun espace à l’adversaire.

Les fans de Melenchon qui harcèlent Roussel et le PCF en priorité mais ne se privent pas de pratiquer de la même manière avec tous les partis de gauche ne mesurent pas ce qu’est la logique politique en matière d’élections :

Premièrement, ils ne voient pas que celui qui a déclenché les candidatures c’est Melenchon qui s’est tiré une balle dans le pied en se proclamant le candidat de la gauche qui refusait toute primaire et toute concertation. Il a « libéré » les autres candidatures.

Deuxièment, c’était de sa part une vraie stupidité parce que loin d’être à partir de là le challenge du RN, (dont il a été décidé qu’il serait en tête, décidé par qui? la logique voudrait que ce soit le politico-médiatique directement lié au capital qui a les moyens de le structurer dans la presse et les « élites »), il a déclenché les forces de droite qui sont en train de se recomposer et ont toutes chances de se retrouver en deuxième position vu ce qu’est la gauche qui ne cesse de s’auto-liquider depuis des décennies.

Troisièmement, non seulement Melenchon a toute chance de se prendre une raclée à la présidentielle parce qu’il ne peut plus être le « rassembleur » qu’il espérait jouer en dernière phase, puisque selon un mode éprouvé depuis Mitterrand en particulier mais international, dans la première phase on se constitue un corps de fidèles sur la base de l’unique sauveur capable de rompre avec le « système » et on termine en social démocrate républicain type radical la force tranquille. Il est concurrencé fortement dans tous ces jeux et de surcroit LFI risque de le payer très cher aux législatives comme aux municipales. C’est-à-dire de fait sur l’avenir probable.

Si les LFI soucieux d’éviter une totale débâcle réfléchissent ils arrêtent de savonner la planche de la désunion même si elle a pour fonction d’attribuer l’échec à quelqu’un d’autre qu’à leur grand leader et à sa cour de plus en plus divisée par les querelles de sucession, et ils préparent pour l’intérêt de tous une unionn des gauches qu’ils sont en train de rendre impossible et comme ils sont incapables de penser au delà des échéances électorales à l’inverse de Fabien Roussel, ils devraient arrêter leur harcèlement imbécile.

Conseil d’ami : priez pour que Fabien Roussel qui sort de ce piège en allant à la conquête de ceux qui sont abusés par le RN et les abstentionnistes réussisse son pari, vous en dépendez aussi.

danielle Bleitrach

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