Désigner comme des zombies ceux que le grand capital place à la tête de l’Etat pour détruire tous les services publics, toutes les entreprises nationalisées est exactement le terme qui convient. Quand on voit ceux qui aujourd’hui nous conduisent vers la guerre le terme est particulièrement adapté, mais il faut bien mesurer que dans tous ces domaines, ils n’auraient rien pu faire sans la complicité active hier comme aujourd’hui de la gauche et des syndicats qui ont accepté et accompagné de « diversions » et ont détruit sciemment ceux qui s’opposaient aux liquidations. Et ils continuent avec l’UE en toile de fond c’est du refus de poursuivre dans cette suicidaire que surgiront les nouvelles issues. (note et traduction de danielle Bleitrach histoiretsociete)
Nouvelle stratégie d’entreprise du chemin de fer
Photo : Christoph Soeder/dpa
Vue du Reichstag depuis la tour de la DB
Pendant plus de 30 ans, les grandes entreprises allemandes ont tenté de ruiner le réseau ferroviaire. Leurs complices les plus zélés étaient les ministres des Transports de la CSU et de la CDU, dont le fléau des trottinettes électriques de Scheuer reste un souvenir macabre. Dans les pays civilisés, ces engins mortels, véritables fléaux pour les piétons, auraient été éliminés. Malgré tout, il y a une lueur d’espoir : le réseau ferroviaire survivra. Les « zombies » qui, dans l’intérêt des familles Piëch, Porsche, Quandt, Klatten et autres, ont été hissés à des postes ministériels et au sommet de la hiérarchie ferroviaire, ont certes causé des dégâts, mais ils sont indestructibles car ils font partie de ce qu’on appelle aujourd’hui les services publics et, en termes marxistes, contribuent à la reproduction de la force de travail. La mobilité est une question de classe, au même titre que l’éducation et la santé, les loyers, les retraites ou le fonctionnement des communautés. Quiconque la soumet à la recherche du profit détruit délibérément et avec une vision à court terme le bien commun, le bien-être général de la société et ses fondements mêmes. Sans parler de la protection du climat et du bon sens.
L’histoire du chemin de fer depuis 1994 en est un parfait exemple. La ferveur anticommuniste qui caractérise ce pays depuis sa fondation soupçonne constamment le socialisme au sein de l’entreprise publique et, de ce fait, alimente sans cesse les conflits liés à ses catastrophes systématiquement orchestrées. Les derniers désastres ferroviaires ont une fois de plus déclenché la même fureur délirante de la part des grands médias jeudi : « Un véritable fiasco » ( Bild ), « Séparation des infrastructures ferroviaires et du matériel roulant » ( Handelsblatt ), et, à l’unisson et avec une hypocrisie flagrante : « Le chemin de fer est-il encore sauvable ? »Publicité
Les incompétents ne baissent pas les bras, mais détruire le réseau ferroviaire équivaut à peu près à dissoudre la population, une pratique à laquelle les grandes entreprises allemandes sont souvent enclines. Il faut reconnaître à la PDG de la SNCF, Evelyn Palla, le mérite de vouloir aider le réseau avec la stratégie présentée jeudi au conseil de surveillance. Cependant, son premier point – générer des profits dès cette année – indique qu’il s’agit une fois de plus d’une erreur d’approche. Les services publics ont un coût. Tout le reste – l’entretien des voies, la fiabilité – dépend de cette rentabilité. La stratégie de Mme Palla compromet les perspectives. De plus, elle est placée sous l’autorité d’un ministre des Transports CDU dont la mesure officielle la plus significative à ce jour a été la réduction de la taxe sur les passagers aériens, effective depuis le 1er juillet. Le secteur ferroviaire reste un champ de bataille.
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Franck Marsal
Cette politique entre en contradiction avec la volonté de guerre généralisée contre la Russie. L’UE elle-même fait face aux difficultés de faire circuler, dans le micmac généralisé de la soi-disant « europe ferroviaire » des convois industriels et militaires de manière rapide. Sans compter que les investissements d’infrastructure n’ont pas été réalisés.