La municipalité d’Aix en Provence (qui est pour ceux qui l’ignorent de droite) inaugure une stèle pour la rue de mon compagnon avec lequel j’ai vécu de 1958 à 1985 date de sa mort d’une « longue maladie » et il m’a été demandé de prononcer avec le premier adjoint un discours de célébration. C’est un peu une folie d’aller à 88 ans prononcer dans la canicule à 11 h un discours et mener tout le jour une célébration avec ceux qui l’ont aimé et tellement admiré mais je me dis qu’un tel homme mérite cet effort et ce serait une belle mort que celle là, mais je suis sûre que certains en profiteraient pour dire que je fais mon intéressante (sourire) . J’ai découvert d’ailleurs à cette occasion, une fois de plus à quel point j’ai été poursuivie par les haines gratuites puisque le Maintron, rédigé je me doute par qui, a réussi l’exploit de ne pas me citer ni mon fils et son fils Jean Léo Fieschi, de ne pas me consulter ce qui aurait évité des erreurs beaucoup plus fondamentale que mon éviction : Selon ces gens là; il n’a été mariée qu’une fois et n’a eu qu’une fille. Il respectait sa première union, aimait passionnément sa fille mais s’il avait été vivant jamais ces lâches n’auraient osé me traiter ainsi et ils le savent, mais à son exemple cette douleur là n’est pas la pire, il y a des fidélités qui le caractérisent plus.
Parce qu’il y a des choses que l’on ne peut pas effacer de sa biographie, sa fidélité à ses engagements, et la crainte qu’il inspirait y compris dans son silence, par la continuité de son attitude. Un exemple quand vous lirez ce discours vous verrez qu’à la mise en clandestinité du parti pour cause du pacte germano soviétique, les communistes ont été mis hoirs la loi. En fait, il s’agissait pour ces gens là, qui après avoir eux mêmes signé Munich et livré l’Espagne à Franco, entreprenaient de feindre voir la trahison du côté de l’URSS, pour se débarrasser du parti et mener à bien leur étrange défaite puis l’appel à Pétain,. C’étaient les hommes pourtant installés par le Front populaire, ceux qui ont traqué, emprisonné les communistes, pus les socialistes juifs comme Jean Zay , Léon Blum, seuls les renégats comme Doriot ont eu droit a être considérés. face à cette offensive, il y en avait d’autres qui se contentaient de quitter le parti en étalant leurs états d’âme… Alors que les pseudos indignés enfermaient dans un camp les républicains espagnols et établissaient des listes de communistes suspects qu’ils n’ont plus eu qu’à transmettre à la milice de Doriot et à la Gestapo pour qu’ils assassinent Marc Bloch et arrêtent partout les chefs de réseaux comme Pascal.
Alors quand aujourd’hui je vois certains « indignés » qui sont en train de faire la main à Ursula von der leyen et s’emparent de marc Bloch, de la résistance pour mieux préparer une nouvelle trahison j’ai le coeur qui se soulève. Décidemment ils n’ont pas changé, toujours l’emphase devant leur miroir pour céder à la première occasion.
A Aix en Provence ils n’étaient plus que trois à être restés communistes, et pascal était leur « secrétaire ». communiste, comme l’est resté Ambroise Croizat qui a préféré avec d’autres députés communistes aller au bagne plutôt que renier Staline et l’URSS. Pascal me racontait qu’il était « descendu » à Marseille en vélo pour aller voir qui écoutait Pétain et là il avait vu la place de la préfecture et les rues adjacentes pleines de monde criant leur ferveur et leur espoir en Pétain le héros supposé de la première guerre mondiale. Ils étaient trois à ne pas renier le parti et à commencer à recruter pour la résistance clandestine. Il m’a dit avoir pensé : »ça va être dur! ils sont nombreux! »
C’était d’autant plus dur qu’il fallait tester chaque individu, avant et après le recrutement. Quand il a été arrêté en 1943 il était plus de 120 dit le Maitron mais il ne décrit pas ce que Pascal demandait à chacun avant de l’admettere dans le parti, il appliquait les consignes du parti et il était prévu que celui qui adhérait au parti et rejoignait par cette voie la résistance en train de constituer le Front national, le vrai celui de jean Moulin, qu’il dise son positionnement face au pacte germano-soviétique.Il se souvenait du professeur de mathématique Halbwachs et sa lettre de motivation d’une vingtaine de pages dans lequel il expliquait que comme Nizan il avait un peu cédé Ou ce dessinateur humoriste qui avait déclaré qu’il adhérait au parti parce que c’était là où il y avait le moins de fascistes…
Pascal riait devant une telle conception de la clandestinité et le fait que c’était une formule qu’il devait avec discipline exiger mais qu’il n’appliquait pas avec une extrême rigueur, comme durant la guerre d’Algérie il feignait d’ignorer ceux qui convaincus d’aider l’armement des Algériens devaient démissionner du PCF officiellement puisque de jeunes français combattants malgré eux en Algérie risquaient la mort. Il disait à celui qui était convaincu d’une telle aide, » « tais-toi! » … et quand les Algériens du FLN dont le bistrot était à côté du siège rue Granet nous ont invité à célébrer leur victoire tout le monde était là étonné de ne pas savoir pour les autres..Nous gardions les sièges contre l’OAS et protégions qui devait l’être sans parler, moins on sait moins on en dit commentait Pascal. il jugeait les hommes et les femmes plutôt que leur biographie et le faisait avec beaucoup d’indulgence en s’estimant peu apte à la chose : ‘je connais la conscience d’un honnête homme c’est un abyme » ou il se moquait des jugements « La cour me suspend pour huit jours et moi plus puissant que la cour je me suspend pour toujours ! »
Il m’appelait »pauvre piou piou » ce qui me mettait en rage, mais il me disait à quel point il était étonnant de voir si bien de loin et d’ignorer les embuscades devant moi… L’autre homme aimé avait le même diagnostic, « tu manques de picaresque » et il ajoutait « dis moi qui sont tes ennemis je les abats. Je protestais et si je me trompe, les deux me disaient: ne t’inquiète pas moi je saurai faire la part des choses: » Ils avaient tous les deux payés chèrement ce savoir.
C’esrt là où cette biographie du maitron relève de la crapulerie pure et simple, me nier moi et notre fils est mesquin, mais tronquer l’hoistoire pour mieux la reproduire est une ignominie. L’insupportable c’est qu’elle présente un Pascal interrogé par la police française et qui spontanément avouerait être chef de réseau, communiste Il gomme le fait que la police française à quelques exceptions prêts qui risquaient leur vier là agissait dans une collaboration totale comme au Vel d’hiv et que la milice était l’exécuteur des basses oeuvres comme pour Marc Bloch. Cette biographie témoigne de la manière dont a été au coeur du mouvement ouvrier accepté la liquidation de l’histoire. . Elle supprime l’essentiel à savoir qu’il a été livré par la police française et torturé par la gestapo pendant deux jours et qu’il n’a pas parlé.
J’imagine qui a rédigé cette crapulerie et si c’est lui je me souviens d’un soir ou excédé il lui a flanqué une raclée, en me disant « Cela fait vingt ans et plus que je le supporte, il était toujours derrière moi avec sa méchanceté, son étroitesse, là j’ai craqué ». Mais après cette raclée qui n’a pas arrangé les choses, il a continué à le supporter et à travailler avec lui comme tous les autres parce que l’important était ailleurs. Le problème de ce type comme bien d’autre c’est avant toute chose qu’il était un vaniteux désireux , jaloux de tous ceux qui valaient mieux que lui , c’est un profil qui crée des masses de bureaucrates et quelques traitres.
Voilà alors j’ai pris cette leçon de lui et du second homme que j’ai aimé dix ans après sa mort, il m’a fallu tout ce temps pour non pas l’oublier mais retrouver son double un compagnon de lutte et d’idéal, un être noble et désintéressé et j’ai eu l’immense chance d’en connaitre plus que d’autres en amour comme en amitié, quand la confiance n’est plus là je m’en vais mais sans jamais oublier ce qui a été de juste et de vrai entre nous et qui tient le plus souvent à nos engagements communs : Le plus souvent même la rupture, la fin n’a pas d’importance et il faut conserver ce qui fait avancer, incarner l’idéal le plus haut jusque dans les petites choses. C’est lui qui m’a appris tout ça et la nécessité de rester « bienveillant » à la fin, de privilégier ce qu’il faut construire.
Même aujourd’hui l’on ne peut pas tout dire et il faut supporter des discours faussement antifascistes qui gomment l’essentiel de la menace et qui utilisent ces proclamations antifasciste pour faire le contraire de ce qu’est la lutte antifasciste: ils réduisent le front et le divisent, ils ib=gnorent l’ennemii.
onc voilà le discours que j’ai préparé pour le célébrer… Ecoutez et songez qu’il y a eu un temps où le parti regorgeait des hommes de cette envergure. Ce parti là nul ne peut l’oublier même si certains s’emploient par censure ou diffamation à ramener ce moment historique à leur bassesse et leur corruption profonde faite d’avidité et de lâcheté.Et comme il l’aurait fait cette célébration dit ce qu’il faut dire mais élimine les polémiques qui nous déshonorent tous et auxquelles on nous a réduits pour mieux nous détruire.

DISCOURS DE DANIELLE BLEITRACH POUR CELEBRER LA MEMOIRE DE PASCAL FIESCHI QUI FUT L’ORGANISATEUR DE LA RESISTANCE DANS LE BASSIN MINIER ET A AIX EN PROVENCE
Merci d’abord à tous ceux qui sont là pour cette cérémonie ce rappel autour d’un compagnon, d’un ami, d’un homme qui mérite pleinement cet hommage : Pascal Fieschi qui fut mon compagnon de lutte et d’idéal pendant près de trente ans, à notre fils disparu Jean Léo et aussi à sa fille bien aimée Denise Fieschi.
Mais d’abord qu’il me soit permis de remercier les deux personnes qui ont œuvré pour que cette cérémonie ait lieu, ils sont un symbole qui correspond bien à ce que représentait Pascal.
Merci à toi Toni Genaro, qui a œuvré avec ténacité au nom de tes camarades du Parti communiste et du syndicat CGT . Merci parce que Pascal a été jusqu’au bout un militant de ce parti, qu’il a de nombreuses fois représenté comme candidat aux élections législatives. Il est entré dans l’administration municipale d’Aix, au service du Ravitaillement municipal en 1942 après avoir réussi au concours. Il fut arrêté un an après, le 7 janvier 1943, par la police française à qui il avoua être le responsable du Front national à Aix et avoir également des responsabilités au parti communiste, mais les lia aux circonstances. La police le livra aux tortionnaires de la Gestapo pour qu’il livre son réseau et il fut restitué sans avoir parlé, enfermé à la prison d’Aix et condamné à 4ans de centrale. En réalité, il avait adhéré au PCF en 1937à la suite d’un meeting de Gabriel Peri à Aix. Dès la déclaration de guerre en 1939, il figurait sur la liste des militants communistes aixois suspects, liste établie par les français. Selon le témoignage de Georges Glise : « Pascal Fieschi et Julien villevieille m’ont affirmé qu’après la signature du pacte germano-soviétique, il ne restait plus au PCF à Aix que trois militants, eux deux et en outre Dominique Rivière, que j’ai connu aussi alors qu’il était devenu chauffeur de taxi à Aix. » En 1943, Il avait réussi à regrouper aux environs de 120 personnes sur le secteur. Il avait établi des contacts avec des gaullistes d’Aix afin de préparer des sabotages et des attentats contre les troupes d’occupation ce qui correspondait aux directives du parti.
Mais Toni, tu as le même sens que lui de la mémoire puisque tu es l’artisan à Marseille d’un large rassemblement autour des déportés du quartier Saint Jean, le vieux port vers Mathausen,le camp de concentration des victimes de la barbarie nazie.
Merci à vous monsieur le premier adjoint qui avez su par cette célébration montrer votre haute conception de la politique, loin des petitesses partisanes quand il s’agit d’honorer ceux qui servent la France mais aussi votre ville, celle de Pascal Fieschi.
Nous sommes dans un temps déraisonnable où la politique est décriée, méprisée où les hommes et femmes qui s’engagent sont accusés de faire carrière, de se servir plutôt que servir. Il y a il est vrai des dérives mais il y a aussi en particulier dans la gestion de nos communes des gens attachés à leur fonction. Ce désaveu, ce mépris de la politique n’est pas une bonne chose et risque de nous entrainer vers des dévoiements dangereux, ceux que Pascal et d’autres ont combattus Dans ce combat nombreux sont ceux qui ont laissé leur vie pour cette liberté là, celle d’exprimer nos différences, nos divergences et de construire parfois ensemble des solutions.
Pour Pascal la politique avait la grandeur d’un destin historique. ET la grandeur c’est l’oubli de soi. L’oubli de soi-même au nom de ceux qui sont les plus faibles, ceux qui réclament protection. Mais il avait le respect de celui qui défendait ses convictions. Il avait ce qui essentiel à la probité entendre ce que dit quelqu’un qui n’est pas de votre avis. Un savoir qui disparait et que nous retrouvons autour de cette célébration.
Je voudrais ne pas parler en son nom mais vous décrire quelques situations dans lequel ce personnage charismatique a exprimé ce sens d’une vie. Charismatique il le fut à un point inimaginable, cela tenait à son physique impressionnant mais surtout à une paix intérieure qu’il communiquait, une qualité d’écoute qui transformait son interlocuteur, les jeunes surtout.
Mon anecdote prend place à un moment de cette vie qu’il risqua si souvent dans l’oubli de lui-même celui de son arrestation par la police française qui le passe à la Gestapo, et il n’a pas parlé. Il est condamné à des années en centrale et il est enfermé dans la centrale d’Eysse, C’est une page de l’histoire de la résistance française que cette révolte des détenus résistants qui s’emparèrent des bâtiments pour s’enfuir tous ensemble. C’est lui qui a déclenché la révolte en ceinturant le Garde Mobile qui est venu dans leur préau. Après l’échec de la rébellion, il a été condamné à mort , ils étaient 24, le matin de l’exécution après que les 12 premiers aient été passés par les armes sous leurs cris de soutien, le gamelier leur dit vous êtes sauvés ils défont les poteaux. IL reste enchaîné dans un sous sol et toute sa vie il portera les longues traces noirâtres des plaies faites par les fers dans lesquelles les poux du typhus dans le camp de Dachau s’accrochaient et qu’il détâchait par grappe le matin dans le froid. Mon anecdote concerne le moment où Il est déporté à Dachau
Cela se passe en août 1943, il fait aussi chaud qu’aujourd’hui, ils sont entassés dans des wagons à bestiaux durant huit heures, les parois sont brulantes on leur a donné des tranches de pain et de saucisson, pas d’eau. C’est l’enfer. Il racontait : dans certains wagons, les déportés devenaient fous, la chaleur, la soif, ils se battaient certains buvaient leur urine. Mais nous nous étions des « politiques » nous nous sommes organisés avec discipline les plus faibles assis, allongés, et les autres debout en leur laissant un peu d’air. A un moment, il y a eu un orage et Pascal étant le plus grand il a tendu sa chemise et celle d’autres pour les mouiller. Il donnait les chiffons humides en s’interdisant de même effleurer se lèvres sèches, c’était pour les plus faibles. Il ne racontait pas cela pour se vanter mais pour expliquer à quel point les conditions extrêmes exigent la discipline et l’oubli de soi, la survie dépend du groupe. Et cette leçon ils l’ont appliqué dans le camp pas pour eux, pour tous.
Marcel Dassault, l’ingénieur fondateur de l’aviation Dassault, du figaro, le gaulliste, a toute sa vie été présent au rendez-vous de la célébration de la victoire de Stalingrad auprès de ses camarades parce qu’il devait la vie à cette organisation dont l’un des chefs était Marcel Paul le fondateur de l’électricité de France… Deux grand chefs d’entreprise qui ont fait la France et le fils de Marcel olivier a lui aussi honoré le rendez vous.
Enfin pour dire ce qu’était cette vision de la grandeur, sachez que quand le camp a été libéré Pascal Fieschi a été de ceux qui sont restés jusqu’au bout pour organiser le rapatriement dans l’ordre en soulageant ceux qui avaient besoin d’aide. Ils ont trouvé un jour une cassette avec des pièces d’or et ils ont dit : cela n’a plus d’importance, le monde après ça aura changé , ils auront compris l’essentiel.
Quand il est rentré à Aix les choses disons étaient plus complexes qu’il ne l’avait imaginé et alors il a su tranquillement transformer son rêve en réalités, des petites choses jour après jour en redevenant le cadre municipal qu’il était au moment de son arrestation.
Et c’est là monsieur l’adjoint un autre exemple de ce dont je vous remercie parce qu’il illustre bien ce qu’il est possible de faire ensemble quand on a une certaine conception de la politique. Je remercie en particulier madame Maryse joassin Mansini avec qui j’ai eu l’occasion de parler, il l’avait connu enfant dans sa famille respectée dans la resistance Mansini. Il s’agit de l’enterrement que la maire d’Aix et la ville d’Aix lui a organisé , toute la ville a été interdite à la circulation, ils étaient plus de 2000 à suivre le cercueil qui est parti de la Bourse du travail a débouché sur le cours Mirabeau et est remonté vers le cimetière dans un silence absolu avec les gens qui s’arrêtaient pour contempler cet hommage. C’était très dur pour moi d’être en tête, épuisée par les jours et les nuits passés chez nous, il n’est jamais allé à l’hôpital, il est mort chez nous entouré de ceux qui l’aimaient, comme le grand seigneur qu’il était, j’étais hagarde et presque blessée de devoir le partager, cela se passait en septembre 1985.
Mais l’important était que parmi cette foule qui suivait il y avait certes tous ses camarades du parti et du syndicat mais il y avait plus, merci de l’avoir compris. Il y avait une masse de gens qui étaient venus pour le remercier de l’attention qu’il leur avait porté, de son écoute, de son aide même s’ils étaient très loin de lui.
Il y avait la multitude de dossiers qu’il avait constitué d’abord pour ceux qui avaient disparu, pour leurs familles.
Comme le disait Eluard il était la douceur d’être en vie et la douleur de savoir que nos frères sont morts pour que nous vivions libres.
A ce titre, faut-il dire merci à ceux qui avec lui et toujours présents ont continué ce combat pour la mémoire que Pascal a toujours honoré avec d’autres grands résistants présents à Aix, je pense à Charles Tillon. Il a eu le souci de leur mémoire et sa rue vous le voyez se situe entre celle de l’ouvrier charpentier Fortuné Ferrini mort les armes à la main et le’ jeune Ernest Prados français de préférence assassiné à 23 ans et ce crime souleva une telle indignation que la ville d’Aix se pressa à ses funérailles et défia l’occupant en chantant la Marseillaise.
Comme il contribua à la réouverture du camp des Milles et à la mémoire de ce que ce camp a représenté.
Mais il ne s’est pas contenté de célébrer ceux qui étaient morts ou aider ceux qui étaient revenu à constituer des dossiers, je voudrais insister sur un aspect de son engagement qui là encore peut correspondre aux combats d’aujourd’hui qui peuvent et doivent nous rassembler.
Ce combat, dont j’ai parlé jusqu’ici a été le combat pour la France et contre sa soumission a un envahisseur mais il y a eu aussi l’étrange défaite pour reprendre le mot de Marc Bloch. C’était la civilisation française tout entière qui a paru s’effondre dans sa souveraineté, ceux qui l’avaient en charge la trahissaient.
Nous sommes dans un moment où cette civilisation française parait avoir une évolution normale bloquée. Les crises s’accumulent et au lieu de les traiter dans le contexte normal d’une évolution maitrisée tout se passe comme si elles n’étaient plus traitées que dans l’urgence, le paroxysme.
Une des formes de cette crise permanente n’est-il pas ce danger de desertification des services publics dans nos territoires. Cette canicule n’est pas un simple problème technique est-il normal que le gouvernement ait divisé par trois le fond vert destiné à l’adaptation climatique dans nos territoires, là où la prévention est la plus efficace. Et que dire quand les problèmes atteignent la protection de l’enfance ? Il s’agit de sécurité au sens le plus fondamental de ce terme, et ce sont dans ce cas les petits, les plus faibles qui sont les premières victimes de ce qui devient une loi de la jungle à la place d’une gestion de proximité.
Pascal était syndicaliste des employés communaux et parmi cette foule qui suivait son cercueil il y avait ceux aux côtés desquels il avait œuvré pour mettre en place des statuts qui nés dans la municipalité d’Aix se sont répandus dans le bassin miniers. J’en connais au moins deux tant que leur rédaction a occupé son temps , le statut des femmes de service et personnel des écoles municipales et les sapeurs pompiers, la protection de la jeunesse et de notre environnement.
Si j’insiste sur cette dimension de son activité inlassable c’est parce que je pense ne pas interpréter ce qui le motivait ; il faut avoir le courage de regarder en face ce qui créé un aussi profond malaise dans notre civilisation . Jamais les inégalités n’ont été aussi caricaturales. Si nous avons un déficit de citoyenneté avec tous les dangers que cela représente, il faut oser regarder en face une des raisons du malaise dans notre civilisation, dans notre culture, dans l’éducation de nos enfants, dans la solution aux problèmes qui ne se présentent plus que comme des urgences faute d’avoir été traité dans le dialogue avec les protagonistes. Jamais les inégalités n’ont été aussi grandes, aussi caricaturales et la légitimité du pouvoir aussi capricieuse et les difficultés territoriales comme celle de la nation souveraine se multiplient.
La volonté opiniâtre de Pascal d’obtenir des droits et des statuts pour le personnel municipal passerait-elle pour la défense de privilèges ? A cela on pourrait répondre ce que disait De gaulle avec son sens de la formule : « les Français veulent tous des privilèges c’est leur sens de l’égalité à eux ».
Mais le fond est que la présence de l’Etat, la défense de multiples formes de sécurité toutes plus importantes que les autres, passe par un personnel qualifié, conscient de ses missions et les besoins qui sont en pleine transformation exigent des politiques qui sont bien convaincus que l’on ne forme pas les ingénieurs, les techniciens, l’intégration des équipes dans la précarité et les bidonvilles. Pascal a su représenter ce dialogue qui par moment passe par un rapport de forces où il faut imposer ce qui s’avère l’intérêt général.
Et pour revenir à ce destin historique dont j’ai parlé en commençant cette allocution je voudrais conclure sur cette manière de lutter contre cette crise de civilisation que l’exemple d’hommes et de femmes comme Pascal nous offrent : la crise de civilisation, cette impossibilité à agit collectivement pour faire face aux problèmes c’est aussi quand la souveraineté nationale est bafouée.
IL faut toujours faire attention à ce qui peut paraitre des jacqueries, des mouvements de colère dits spontanés comme les gilets jaunes , il y a de la souffrance, un sentiment d’injustice mais aussi quelque chose de l’ordre de la dénonciation de la traitrise, de la félonie.
Il y a là aussi de l’incompréhension de la colère face à l’arbitraire et face à la guerre dans laquelle nous sommes précipités. Cette guerre personne ne la veut et n’admet qu’on prétende la résoudre par des provocations. Il faut agir pour le respect du droit internatipnal et la charte des nations unies tout ce qui est né de l’immense sacrifice de cette atroce saignée des guerres mondiales. On peut s’entendre là-dessus et dénoncer des interventions totalement illégales y compris en pleine négociations,le recours au blocus.
Et je suis sure que Pascal Fiesch n’aurait eu de cesse de rappeler à tous la nécessité de défendre la souveraineté des peuples contre l’arbitraire qui devient peu à peu une pratique de la puissance solitaire
Mais il aurait su comme il a su le faire jadis refuser la propagande soit ce qui nous invite à faire face à des menaces qui sont montées de toute pièce en ayant fait taire les voix adverses par’ répression ou simplement par les moyens financiers dont on dispose. C’est par haine de la guerre que Pascal s’est engagé dans le destin qui est devenu le sien et qu’il a pris les armes, mais prendre les armes me disait-il c’est la dernière chose, tu ne les prends que quand le peuple entier est convaincu de la nécessité de faire face et là le recours devient légitime.
Il faut convaincre, il faut combattre la guerre en combattant les causes qui les génèrent, les mettre à jour pour les empêcher en négociant, créer cet espace de négociation, de crédibilité c’est ce qui manque le plus.
Agir dans cette compréhension de ce qui cause les guerre pour les empêcher, c’est construire un avenir pour les jeunes générations que nous n’avons que trop laissé à l’abandon ; il n’y a qu’un moyen d’éduquer à la citoyenneté l’exemple et cela passe par la conduite d’hommes et de femmes tels que Pascal Fieschi mais aussi par plus de justice sociale moins d’inégalité.
C’est construire un nouveau monde dans lequel la paix et le respect des autres, les coopérations entre tous les peuples et pas le caprice seraient le fond, de cette manière on retrouverait le sens de la politique.
J’ai beaucoup réflechi à ce rendez-vous et ce que je dirai à Pascal, je lui dirai ce nouveau monde est déjà là malgré les apparences parce que l’arbre qui tombe fait plus de bruit que celui qui pousse. Tout ce que vous avez accompli finira bien par passer d’un grand rêve à la réalité. Merci à tous.

Inutile de dire qui est sur la photo Pascal, sa haute taille,sa carrure de catcheur (il disait moqueur : mon physique m’a toujours desservi tant il était discret, secret) son élégance tranche sur tous les autres et il était ainsi une grand seigneur méditerranéen…
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