Ce qui se révèle de « tolérance » à la pédophilie, aussi bien dans ce que l’on ne devrait pas considérer comme des simples faits divers mais qui mettent en cause le sens même de l’Etat, que dans les dossiers Epstein, laisse pétrifié. Cette forme absolue, terroriste de pouvoir des classes dirigeantes et qui correspond à l’extrême misère en matière d’amour de chacun, est pour Pasolini l’expression du fascisme représenté dans Salo où les 120 journées de Sodome. Cela ne peut pas être vrai! Et puis l’on découvre qu’elle a été et est toujours pour une masse grandissante de peuples, comme d’individus, un enfermement bien réel dans lequel il leur faut subir de surcroit le discours sur « l’ingérence humanitaire ». la diabolisation de ceux qui résistaient et ce double standard devient l’illustration de l’hypocrisie perverse de l’occident. Nous avons dit à quel point il ne fallait pas ignorer l’enjeu de la sécurité quand la guerre contre les pauvres incite ceux-ci à voter pour leurs bourreaux, parce qu’on les divise. Mais l’enjeu de la protection des plus faibles, de l’enfance n’est pas non plus une simple diversion. Quand remontent comme ici le même pouvoir absolu comme un tourisme du week end, en Italie, avec l’investigation des journalistes et le procès engagé par le parquet de Milan contre des hommes d’affaires fortunés, avocats, médecin pratiquant les safaris humains dans le siège de Sarajavo. La barbarie supposée des « sauvages des Balkans n’était que celle de ces riches tireurs du week end à l’ombre de l’intervention de l’OTAN pour dépecer le socialisme en Yougoslavie. Cette mémoire des atrocités travaille les société post-socialistes et vont avec la manière dont y ont été encouragées le culte de héros collaborationnistes comme en Ukraine, mais dans les pays baltes. Il reste beaucoup à connaitre non seulement sur la « colonisation » mais sur l’écroulement du socialisme et ce que cela a représenté pour ceux qui l’ont vécu et continuent à subir le discours moralisateur de ceux sur lesquels ils ne se font plus la moindre illusion. Cela explique une part de l’isolement de l’hegemon occidental et il faudra que nous conservions en mémoire ces faits demain quand nous aborderons la réunion du G7. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
L’éclatement de la fédération yougoslave fut l’un des crimes les plus sanglants perpétrés par les « changeurs de régime » occidentaux à la fin du XXe siècle.
Tandis que les tensions ethniques attisées par l’Occident embrasaient les Balkans, pour les classes dirigeantes « européennes » et américaines, la guerre n’était pas seulement une proie géopolitique et économique, mais aussi un divertissement meurtrier, pervers et déshumanisant.
Une interview du journaliste d’investigation italien Ezio Gavazzeni, publiée par Index, met en lumière une horreur passée sous silence qui révèle la décadence morale de l’élite capitaliste : le « safari humain » de Sarajevo.
Alors que la population de la capitale bosniaque vivait sous le siège pendant 1 425 jours, privée des besoins les plus élémentaires, ce ne sont pas seulement les soldats qui ont fait feu depuis leurs positions de tireurs embusqués dans les montagnes. Selon les recherches de Gavazzeni et les poursuites engagées par le parquet de Milan, entre 1992 et 1995, quelque 400 à 500 citoyens occidentaux – hommes d’affaires fortunés, avocats, médecins – ont versé des sommes considérables pour traquer des personnes, y compris des enfants, en tant que « tireurs d’élite du week-end ».
Le comble de cette violence inhumaine et perverse réside dans le fait que, selon les témoignages, les petits garçons morts ont été retrouvés avec des douilles bleues et les petites filles mortes avec des douilles roses, en guise de « trophées » pour ces monstres venus de l’Ouest.
Pour l’analyse marxiste, ce phénomène n’est pas un ensemble de cas individuels de psychopathie, mais une conséquence logique du stade ultime du capitalisme. Lorsque l’économie de marché transforme tout – culture, santé, terre – en marchandises, même le fait d’ôter une vie humaine devient un service achetable pour ceux qui disposent du capital nécessaire.
Les safaris humains fonctionnaient comme une industrie de « tourisme de guerre » bien organisée et à but lucratif, étroitement liée au commerce des armes et aux structures militaires oligarchiques locales. Les membres de l’élite capitaliste bénéficiaient de billets d’avion, d’hébergements de luxe et d’une protection diplomatique pour exprimer leurs complexes de supériorité les plus grotesques sur la classe ouvrière vulnérable et opprimée.
Derrière le masque de l’« humanisme » occidental, tandis que les gouvernements de Washington, Bruxelles et Rome menaient la colonisation néolibérale des Balkans sous couvert d’« intervention humanitaire » et de « droits de l’homme », les fils de leur propre bourgeoisie étaient autorisés à se rendre au front pour tuer en toute impunité. Ce double discours reflète fidèlement la véritable nature de l’impérialisme occidental. Les victimes – réduites par les médias dominants à de simples statistiques ou étiquettes ethniques – étaient en réalité victimes du pouvoir débridé de la classe capitaliste et des profits de guerre.
Le fait qu’il ait fallu trente ans à la justice milanaise pour désigner des suspects illustre l’efficacité avec laquelle l’appareil d’État bourgeois protège les siens. La position du Journal des Travailleurs est claire : le massacre de Sarajevo n’est pas la preuve d’une « sauvagerie balkanique », mais un monument à la décadence occidentale et à la déshumanisation capitaliste.
Le changement de régime fut un processus colonial odieux et inhumain, et quiconque considère tout cela comme un processus positif est également l’ennemi de la gauche moderne en Hongrie !
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