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Andreï Bezroukov, l’espion qui invite Poutine et la Russie à ne pas faire confiance aux ennemis

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Un ancien espion russe tend un miroir aux autorités. Alors que l’on invente souvent des influences sur Poutine, en Russie, Andreï Bezroukov est un véritable héros(1), ayant acquis le droit de formuler des critiques constructives à l’égard de son pays tout au long de ses décennies de service. Il l’a d’ailleurs fait lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg avec cette mise en garde sur le fait qu’une guerre mondiale a été déjà déclenchée par les USA et que c’est une guerre prolongée. Cet article rédigé par notre partenaire média, qui nous adresse systématiquement ses publications l’analyste politique polono-américain Andrew Korybko, installé à Moscou, nous avons désormais un certain nombre de correspondants, c’est le mode de fonctionnement vers lequel nous nous orientons.  Cet article a initialement été publié sur le site web de l’auteur. Il donne un éclairage tout à fait inédit à la concertation entre la Chine, la Corée du nord et la Russie mais aussi tous les pays comme Cuba, le Vietnam, le Laos mais aussi l’Iran, Andrei Bezroukov a demandé à la Russie et au président Poutine d’arrêter d’avoir le moindre espoir dans ses ennemis, ce qui se joue de part et d’autre est la survie. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Au point10 juin 2026

#placeMoscou

(1) https://histoireetsociete.com/andrei-bezroukov-un-penseur-russe-francophile/

Article rédigé par Andrew Korybko sur #moskvater.com

Andrei Bezrukov #Moskvater

Andrei Bezrukov
Photo : Wikipédia

Andrei Bezrukov, ancien agent secret russe, s’est exprimé au Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF) sur les menaces futures qui pèsent sur la Russie. Il a d’emblée affirmé que la Russie s’est enlisée dans un nouveau type de guerre, non plus territoriale, mais d’usure. L’Occident, soucieux d’éviter une guerre nucléaire avec la Russie, la pousse lentement à bout par des provocations constantes. Bezrukov estime que…

« Cela fait partie d’une nouvelle guerre mondiale qui a commencé en Ukraine, s’est étendue à l’Iran et pourrait se terminer en Asie de l’Est. »

Évoquant la situation actuelle et le Dôme d’or, il a déclaré que l’Occident tente de neutraliser les forces nucléaires russes grâce à des systèmes spatiaux et dans le cadre de l’« Opération Toile d’araignée ». Il a rappelé que l’été dernier, l’Occident avait ciblé la triade nucléaire russe depuis l’intérieur du pays. Le prochain objectif est de déstabiliser politiquement la Russie afin de pouvoir, grâce à l’intelligence artificielle, surcharger le système d’information avec un nombre infini d’entrées aux moments critiques, le paralysant et l’empêchant de prendre les décisions appropriées en cas de crise.

Bezrukov a également identifié les attaques contre les infrastructures critiques comme un autre objectif de l’Occident, un objectif que Starlink, selon lui, permettra de cibler avec une précision redoutable. Il a admis que la Russie n’était pas préparée à cette évolution. La liste des menaces futures qui pèsent sur la Russie inclut, bien sûr, la guerre biologique. Dès lors, que devrait faire la Russie ?

« Il est important de noter, avant tout, que cette <nouvelle guerre> dans laquelle vous êtes impliqués pourrait durer des décennies et s’étendre à d’autres régions. Par conséquent, chacun doit s’y préparer. »

Outre l’importance accordée à la défense globale, Bezrukov a souligné que l’économie devait trouver un équilibre entre défense et développement. Selon lui, le nouveau cycle technologique dans lequel le monde était entré offrait de nombreuses opportunités pour construire de nouvelles infrastructures connexes, permettant ainsi de maintenir un faible taux de chômage. La priorité absolue, a-t-il affirmé, était de protéger toutes les infrastructures critiques contre toute attaque.

Il a également plaidé pour une nouvelle culture de la prise de décision, une culture de confiance et de service, qui déléguerait les responsabilités du sommet à la base de manière plus optimale que le système actuel. Sa proposition suivante portait sur un système de surveillance des menaces biologiques visant à fusionner les cultures de l’armée et de la société afin qu’elles se renforcent mutuellement. Bezrukov a finalement…

« Il a exhorté la Russie à cesser de se lier d’amitié avec ses ennemis, car ceux-ci n’ont plus peur de lui ni de franchir les lignes rouges. »

Bezrukov est un héros russe des temps modernes qui, après plus d’une décennie de service, a acquis la légitimité pour formuler des critiques constructives. Il est la quatrième voix au pouvoir, et de loin la plus critique, à s’être exprimée ces deux derniers mois. Il a admis sans détour que la Russie n’était pas préparée à des frappes de drones de précision sur son propre territoire, a appelé à un nouveau système de contrôle politique et a déclaré que la Russie ne pouvait plus tolérer le franchissement des lignes rouges. En ce sens, son discours fut véritablement historique, à l’instar des écrits de Dmitri Trenin, Ivan Timofeev et Vassili Kachine, tous issus de l’aile experte du régime. Mais Bezrukov se situe à la croisée de cette aile et des services de renseignement, très influents dans la Russie actuelle. C’est précisément ce qui fait de lui le critique le plus important et le plus influent du statu quo. Ses paroles résonnent donc au sein de l’élite russe, et nombreux sont ceux qui espèrent qu’elles déclencheront enfin des réformes attendues depuis trop longtemps, permettant à la Russie de survivre aux prochaines décennies de cette « nouvelle guerre ».

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