Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Editorial : Raoul, le petit cubain, le cauchemar des « super-héros »

je laisse le dimanche la parole à ce cri du coeur cubain : Oui c’est ça que j’ai éprouvé en apprenant l’inculpation de Raoul, à 95 ans, un fou rire. C’est une broma, une blaque? Les cons osent tout c’est même à ça qu’on les reconnait! Ils se prennent pour Superman et ce sont des lâches face à ce que représente justement Raoul, y compris par rapport à Fidel, le grand seigneur, le don Quichotte, le visionnaire. Raoul, c’est le petit cubain malin et drôle, aimant rire et danser, mais qui est toujours vainqueur à cause de sa malice, de son attention aux détails, au concret. Raoul c’est la tendresse face à son grand frère à la stature démesurée, c’est Cuba disant « je suis Fidel ou sans nous, il n’aurait pu rien faire ». C’est la mise en oeuvre de la pensée anticipatrice de Fidel par rapport à l’état réel du peuple cubain. C’est le communiste qui découvre Marx à travers l’origine de la famille, de la propriéte privée et de l’Etat, et qui est pro-soviétique, voit la perspective chinoise et tisse partout des réseaux amicaux avec Giap et les luttes de libération nationale. Oui j’ai éclaté de rire, comme je l’imaginais lui-même en train de se moquer de ces outres gonflées. Et puis au rire a succédé une colère qui m’a emplie et ne m’a pas lâché : j’ai compris que nous les communistes, l’épopée en défense de l’humanité nous subissions depuis des décennies la contrerévolutoon d’une bande de cons, de médiocres et de lâches, qui chassaient en bande. Des conformistes qui tentaient de nous faire honte du meilleur de nous même. Nous avons tous été et sommes encore victimes de cette bande de cons mondains venant en appui de la superpuissance avec laquelle nous étions invités à composer au nom (nouveau fou-rire) de ce qu’ils appellent la « démocratie »‘, la loi du plus fort, de la jungle, celle de celui qui a le plus de point dans les sondages, celui qui a la plus grosse armada, le superhéros de toutes les démagogies immondes qui asphyxient le meilleur de l’humanité, on ne peut pas les laisser prospérer. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

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Par Yaimi RaveloMa première réaction a été d’éclater de rire lorsque les nouvelles de toute cette mascarade judiciaire orchestrée par les États-Unis contre Raúl ont commencé à circuler.« C’est forcément une blague», me suis-je dit. Je l’imaginais même rire avec ce genre d’humour que seul un homme de 95 ans possède.

J’imaginais lui demander : « Que penses-tu de tout ça ? » et il continuait de rire.« Ils ne peuvent pas m’enlever ce dont j’ai déjà profité », ai-je pensé, lorsqu’il est devenu acquis que la procédure judiciaire avait déterminé que Raúl était « coupable ». Coupable de quoi ?J’écris ces lignes et j’en ris encore. Raúl est coupable, oui, d’être le cauchemar des super-héros qui prétendent nous « sauver » de la guerre qu’ils mènent contre nous depuis 67 ans.

L’hypocrisie est si profonde, l’impuissance de ceux qui l’accusent si déconcertante, que je n’arrive même pas encore à me mettre en colère. Ils n’ont jamais pu le vaincre. Pensent-ils pouvoir le faire maintenant ? Ha !

C’est ainsi que j’imagine Raúl, avec son sourire serein. Il ne peut en être autrement quand on vit 95 ans, la tête haute, fort, avec la fierté d’avoir mené un grand combat et d’en être sorti victorieux.Il est impossible de minimiser la stature d’un titan qui a presque un siècle et dont la dignité est restée intacte.Raúl est coupable d’avoir été un leader durant les chapitres les plus glorieux de l’histoire de la Révolution cubaine. Le voir encore entouré d’autant de monde est un véritable cauchemar pour l’impérialisme.Ils ne comprennent pas que lorsqu’on le voit, on touche à l’histoire de près. Ils ne comprennent pas que Raúl est la source de cette résistance indomptable qui nous caractérise, nous autres Cubains

Et s’ils comprennent cela et tentent de nous voler ce cœur insurgé, la réaction du peuple cubain ne sera pas à prendre à la légère.Raúl est à nous.Nous l’appelons simplement Raúl, en raison de la proximité que nous procure l’admiration pour un chef, un père, un membre de la famille bien-aimé, notre guerrier le plus sage.Ce calice révolutionnaire a toujours été un tourment ; si nous tentons d’usurper ce symbole de la Patrie, de l’Histoire et de la Dignité, nous serons tous le grand cauchemar des « super-héros ».Raúl, joyeux anniversaire !

Yaimi Ravelo. Sociologue, photojournaliste pour Resumen Latinoamericano, correspondante à Cuba, réalisatrice de documentaires et membre de la section cubaine du Réseau des intellectuels, artistes et mouvements sociaux pour la défense de l’humanité. 

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