Le crime contre Cuba devrait nous concerner tous parce que quelque chose est inauguré là-bas dont nous sommes destinés tous à être victimes : une privation du droit à exister dont on convainc tout ce qui nous entoure, une disqualification sourde qui favorise tous les étranglements en silence. C’est ce que nous analysons aujourd’hui parce que à notre manière nous l’avons vécu dans la liquidation du communisme en France, avec la complicité de ceux qui ont accepté de contribuer à cette offensive idéologique et qui continuent d’ailleurs à chasser en meute. Aujourd’hui je décris ce qu’a été la transformation du PCF et l’offensive qui a été menée de l’intérieur sur laquelle aujourd’hui en Chine et en Russie se multiplient les études : à savoir à partir de quels individus ce processus qui devient de plus en plus sophistiqué, le socialisme peut-il être détruit de l’intérieur? Comment peut-on entrainer tous les peuples à l’indifférence face à des génocides programmés? Ce devrait être un des enjeux du 40 e congrès malheureusement se qui se dessine est le compromis, une fausse conception de l’unité qui évacue y compris la question centrale posée par le pape celle de l’IA et de la déshumanisation acceptée comme l’essence du capitalisme, son unique manière de l’emporter. (note et traduction de danielle Bleitrach)
L’une des offensives idéologiques les plus longues, sophistiquées et systématiques jamais menées contre Cuba. Il ne s’agit pas simplement de campagnes de propagande visant à discréditer un processus politique précis. Photo Xinhua / archives
26 mai 2026 00:01
Contre Cuba, l’une des offensives idéologiques les plus longues, sophistiquées et systématiques est menée. Il ne s’agit pas simplement de campagnes de propagande visant à discréditer un processus politique précis. Un appareil complexe de colonisation perceptive, de conditionnement émotionnel, de manipulation sémantique et de récupération symbolique est à l’œuvre, dirigé contre la capacité d’un peuple à raconter sa propre histoire d’un point de vue souverain. Cette guerre est financée par des industriels spécialisés dans la production de subjectivité, les réseaux financiers, les plateformes technologiques, les laboratoires universitaires, les industries culturelles, les services de renseignement, les conglomérats médiatiques et la marchandisation du sens.
Depuis le triomphe révolutionnaire, l’hostilité envers Cuba s’organise selon une stratégie simultanée à deux volets. D’une part, le siège matériel par le biais du blocus économique, du sabotage, du terrorisme, de l’isolement financier et de l’agression diplomatique. D’autre part, la mise en place d’une offensive sémiotique visant à éroder la légitimité du projet révolutionnaire, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’île. La coercition économique exige la fabrication d’une interprétation morale qui en occulte les causes et transfère la responsabilité des souffrances aux victimes elles-mêmes. Le blocus construit son propre récit. La pénurie induite requiert une pédagogie du blâme. L’étranglement financier exige un appareil de production émotionnelle capable de transformer l’agresseur en un prétendu défenseur de libertés abstraites. Guerre cognitive comme forme supérieure d’intervention impériale.
Il ne s’agit pas de propagande conventionnelle. Elle ne vise pas exclusivement le contenu des idées. Elle s’insinue dans les habitudes affectives, les automatismes culturels, les structures du désir et les formes de reconnaissance sociale. Son objectif stratégique est d’empêcher la consolidation d’une conscience historique autonome capable d’identifier les contradictions structurelles du capitalisme dépendant et de l’impérialisme. Le problème central n’a jamais résidé uniquement dans les réformes économiques ou la nationalisation des ressources stratégiques. Le véritable danger réside dans la dimension pédagogique de l’exemple cubain.
La Révolution elle-même est entre les mains du peuple organisé. C’est pourquoi l’agression médiatique met en place des réseaux de diffusion clandestins, finance des publications hostiles, mène des opérations psychologiques, fabrique des rumeurs et lance des campagnes internationales visant à présenter Cuba comme une anomalie historique. La construction de l’ennemi a nécessité la répétition émotionnelle, la surcharge d’informations et la simplification binaire. La complexité concrète de l’expérience cubaine a dû disparaître sous des étiquettes homogènes. Le mot « dictature » a fonctionné comme un condensateur idéologique destiné à annuler toute analyse structurelle du conflit. Et son appareil médiatique bourgeois et transnational joue un rôle décisif dans cette agression.
Depuis des décennies, leurs conglomérats médiatiques monopolistiques produisent un récit homogène fondé sur la répétition de clichés. L’île est fréquemment dépeinte comme un espace figé dans le temps, une prison géographique, une terre de ruines, ou un décor exotique de privation perpétuelle. L’esthétisation de la précarité remplit ici une fonction politique précise. La pauvreté engendrée par le blocus se transforme en un spectacle culturel dépolitisé. La souffrance concrète de la population devient un produit visuel consommable par un public mondial. La violence structurelle disparaît derrière des images soigneusement mises en scène, romancées ou misérabilistes. Cet acte odieux s’est intensifié avec l’essor des plateformes numériques et des réseaux sociaux. La guerre cognitive contemporaine ne repose plus exclusivement sur les médias traditionnels centralisés.
Elle opère à travers des écosystèmes algorithmiques capables de déformer les émotions, de polariser les perceptions et d’accélérer la diffusion de contenus absurdes. L’économie numérique du scandale privilégie les messages instantanés, les réactions impulsives et les récits fragmentés. Dans ce contexte, la complexité historique est supplantée par des slogans viraux. Cuba devient une cible privilégiée de campagnes coordonnées où bots, influenceurs rémunérés, agents politiques et plateformes transnationales convergent pour créer des tendances artificielles. De nombreux milieux intellectuels reproduisent ces schémas coloniaux. Sous des discours en apparence progressistes, le vocabulaire des centres impériaux se répète souvent.
Les concepts déshistoricisés de démocratie, de liberté et de droits humains sont instrumentalisés pour condamner les mouvements anti-impérialistes, tout en occultant la violence structurelle engendrée par le capitalisme dépendant. Le blocus est oublié, passé sous silence ou dissimulé. Cette asymétrie révèle à quel point l’hégémonie bourgeoise s’exerce sur les formes mêmes de la pensée critique. La colonisation culturelle atteint même ceux qui croient la combattre. Les progrès sociaux en matière de santé, d’éducation, de science et de solidarité internationaliste sont systématiquement minimisés ou déconnectés de leurs contextes historiques concrets.
La participation de Cuba aux luttes anticoloniales africaines, le déploiement massif de médecins dans les régions défavorisées et la mise en place de systèmes de santé publique universels bénéficient rarement de la même attention médiatique que les conflits internes sur l’île. Le choix de l’information est rarement anodin. Cette quête de sens se déroule aujourd’hui dans un contexte technologique inédit. Les plateformes numériques transnationales possèdent une capacité sans précédent à moduler la visibilité, à hiérarchiser les contenus et à gérer les flux émotionnels collectifs. Les algorithmes ne sont pas des entités métaphysiques autonomes.
Elles expriment des priorités économiques, idéologiques et géopolitiques spécifiques. Lorsque les plateformes privilégient des contenus clivants ou sensationnalistes, elles contribuent objectivement à détruire les conditions minimales d’une analyse historique rigoureuse. Tout cela, à l’encontre de Cuba, révèle en fin de compte une vérité plus profonde sur le capitalisme : la production industrielle de la peur, de la désinformation et de la fragmentation subjective devient une condition structurelle de la gouvernance.
Face à ce constat, la construction d’une conscience historique critique s’impose comme une nécessité civilisationnelle. Défendre la capacité des peuples à interpréter de manière autonome leur expérience historique est aujourd’hui indissociable de la lutte pour l’émancipation sociale. Cuba occupe une place centrale dans cette confrontation car elle symbolise la persistance inébranlable d’une volonté souveraine face au capitalisme et à ses systèmes d’agression multidimensionnels et macabres, poussés jusqu’à l’ignominie.
*Doctorat
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Kirk
Cet article est terrifiant mais cependanr étant donné que depuis la Révolution de 1959 les gouvernements ont investi dans la connaissance, l’education, la santé, ont peut fortement espérer que la société cubaine saura se défendte et même contreattaquer victorieusement des attaques cognitives dont parle votre article