Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Editorial : Nous sommes plus loin que ce que nous l’imaginons dans la déshumanisation ?par danielle Bleitrach …

Aujourd’hui nous nous interrogeons à propos de Cuba mais pas seulement l’affaire nous concerne directement sur ce qui a été un jour désigné comme la guerre idéologique et la manière dont celle-ci a connu des développements toujours plus sophistiqués et raffinés. Partons de faits apparemment anodins et mettons les en perspective, ce qui se passe est à la fois sans commune mesure avec ce qui n’a cessé de se développer comme le stade ultime de l’impérialisme, et est déjà là avec la avec ce constat qui correspond au pessimisme ambiant: « Rien d’humain ne survivra à un avenir proche. » Certains des individus les plus riches de tous les temps semblent avoir accepté cette volonté millénariste de propulser l’humanité vers un avenir sans humains.. le pape ne dit rien d’autre et Cuba est le symbole de cet enjeu. Sur l’île s’exercent toutes les pressions qui mènent à ce « destin ». Mais il faut aussi voir ce qui est déjà à l’oeuvre chez nous et se réalise déjà.

Avez-vous remarqué la brutale conversion des chaînes d’information ou plutôt de désinformation en continue du théâtre des opérations militaires, en Ukraine puis en Iran, au fait divers et en particulier au meurtre d’enfant. Tout a été clair quand au lieu de l’espion du KGB passé à l’occident par haine de Poutine, les spécialistes de l’OTAN, nous avons eu droit à la terrible compagne de Zemmour venu nous fourguer son tout répressif, c’était la pointe la plus avancée de ce qui défilait de manière ininterrompue pour dénoncer le laxisme de la justice et la nécessité de renforcer l’appareil répressif, les fichiers de délinquants. On était passé sans transition de la description des exactions des supporter du PSG contre le mobilier urbain, les vitrines de commerçants, les voitures à cet horrible fait divers. En revanche silence quasi total sur le théâtre des opérations militaires alors que la veille on nous vantait les exploits de Zelenski en train d’écraser l’armée russe… Sans doute, il était de plus en plus difficile de porter à bout de bras le héros de la démocratie, le vainqueur de l’autocrate Poutine? Mais il y avait plus, la propagande militaire se heurtait à la saturation, au refus d’aller mourir pour l’Ukraine, cet appel au châtiment du monstre tueur d’enfants n’était pas gratuit.

S’est imposé à moi une référence cinématographique celle dans laquelle Fritz Lang décrit la montée du nazisme et la complicité entre gangsters et police pour traquer le monstre malade tueur d’enfants. M le Maudit. En utilisant la sensibilité la plus forte qui puisse exister à savoir la mort des enfants. Cette même mort des enfants à laquelle on nous habitue partout où le monde unipolaire doit imposer son hégémonie, à gaza, à Cuba, mais aussi qui inaugure un droit de frappe sur le pays visé qu’il s’agisse de l’école de fille en Iran, de ce qui s’est passé récemment avec cette autre école dans le Donbass.

Autre constat, l’argument par lequel dans le Congrès du PCF a débuté l’attaque de ceux qui ont décidé de poursuivre et amplifier l’entreprise de liquidation, l’attaque contre ce qui avait été imposé au 38 e congrès, à savoir le droit à l’existence du Parti communiste Français s’est centré sur la personne de fabien Roussel. ce qui est bien excessif vu la volonté manifeste de compromis de ce dernier mais l’opération rappelait étrangement l’offensive menée contre Georges Marchais, ce qui était dénoncé en priorité était qu’il leur faisait honte en gros il était trop prolo, il ne savait pas se conduire dans les médias, alors même que fabien Roussel comme Georges marchais avait au contraire suscité l’intérêt de ceux qui l’écoutaient. Alors même que le malheureux Roussel était prêt à fraterniser avec tous ceux qui le poignardaient dans le dos, l’organisation du boycott de ses émissions à l’intérieur du PCF, du groupe qui d’ailleurs ne porte plus le nom de communiste. En fait le seul argument que ce groupe, cette tendance, mettait en avant était le fait que Mélenchon lui faisait de l’audience et était l’idole supposé des jeunes. Là encore, nous avons une dérive totalement assumée et qui n’est pas étrangère à la dérive cognitive imposée à nos sociétés y compris par le biais d’algorithmes : la légitimité de la représentation tient aux points d’audience et au sondage.

Aujourd’hui dans la même logique nous vous présentons non seulement le cas de la guerre sophistiquée avec des moyens qui sont passé de l’artisanal de la guerre idéologique balbutiante de l’ère Mitterrand et de la contre offensive dite néo libérale qui a tout de même réussi à transformer l’immense victoire du peuple vietnamien en pleurnicheries sur les collabos boat people. Comme nous étions passé en trois mois des atrocités du Chili à la campagne sur le goulag. Le tout suivi de l’effondrement de l’URSS. Ces campagnes idéologiques et la manière dont a été obtenu indépendamment des voeux de la population de l’URSS et même ceux des populations du pacte de Varsovie, la fin du socialisme, sont aujourd’hui l’objet d’études sociologiques que nous vous présentons à travers l’une d’entre elles sur l’analyse des personnalités qui ont accepté d’être les agents de cette « trahison ».

Cela permet effectivement de percevoir ce qui s’est passé en France, en Italie dans la plupart des partis marqués par l’Eurocommunisme. Ce sentiment dont ceux qui ont été victimes d’exclusion sont encore imprégnés: l’humiliation qui a accompagné leur mise à l’écart, un mélange de sentiment d’être attaqué dans leur capacité, dans ce qui était essentiel, vital et l’extraordinaire médiocrité mondaine de leurs véritables bourreaux, le silence de tous devant l’injustice subie. Cette mise à l’écart est une technique qui est employée dans le management pour que l’individu démissionne de lui-même mais elle correspond aussi à ce qui se passe dans la societe tout entière, à savoir l’anomie. L’anomie, ce terme issu du grec signifie l’impossibilité de reconnaitre des règles communes et donc l’impossibilité de former des collectifs d’action, ce qui engendre l’inertie et les divisions. Aujourd’hui, où le mal a pris une ampleur difficilement niable il est devenu ce qui est la justification de la déconsidération de la politique, le désengagement vertueux et le choix du fascisme qui balayera tout ça.. l’anomie, le vide social, destructeur des capacités des individus est l’ultime revendication à l’indépendance d’esprit alors qu’il s’agit d’un dysfonctionnement social qui laisse l’individu totalement désarmé face à la propagande.

Ce que laisse craindre la militarisation de l’intelligence artificielle selon l’un des article que nous publions c’est ce qui est déjà à l’oeuvre aujourd’hui: la paix devenue impossible faute d’espace de négociation crédible avec le danger de l’extermination qui en résulte en particulier des populations civiles, la guerre hors limite.

L’intelligence artificielle est pour certains cerveaux malades de la Silicon valley la seule manière pour le capitalisme d’assumer sa victoire.Nous présentons un article sur l’approche accélérationniste de Land qui est un des maitres penser de l’évolution de l’IA aux Etats-Unis, celui-ci a tracé une voie de développement qui repose sur l’idée que l’intelligence artificielle surpuissante est inhérente à la dynamique du capitalisme technologique et qu’elle est, en fin de compte, inarrêtable. Il soutient que l’IA représente la conscience que le capitalisme a de lui-même et propose ce qui est sans doute la formulation la plus claire et la plus connue du pessimisme ambiant : « Rien d’humain ne survivra à un avenir proche. » Certains des individus les plus riches de tous les temps semblent avoir accepté cette volonté millénariste de propulser l’humanité vers un avenir sans humains.

Quand on a à la fois un syndic de faillite prêt à tout et une classe de capitalistes prêts à investir dans une telle orientation on mesure bien les raisons pour lesquelles le pape a choisi de nous alerter.

Mais il faut saisit le contexte global du développement du monde multipolaire avec le coup de semonce qu’a été et reste le détroit d’Ormuz, dans lequel est apparu jusqu’où le militarisme sans stratégie véritable était prêt à aller. Partout nous avons assisté à la même situation l’irresponsabilité et la mise en échec de l’armada et ses technologies sophistiquées, à la manière dont les USA, les occidentaux exercent un chantage militaire sur leurs alliés de gré ou de forces alors qu’économiquement les dynamiques régionales dépendent de plus en plus du monde multipolaire et de la Chine en particulier. Les Russes non sans lucidité sont venus alerter les Chinois sur le fait que cette contradiction était arrivée à un tel niveau que la guerre et la force militaire des USA et de leurs alliés devenaient le recours évident. Le manque d’empressement c’est une litote face à l’engagement iranien en a assuré le fiasco avec le choix de l’Iran de jouer à la fois sur son territoire, l’unité nationale et l’asymétrie mais le blocage volontaire des dynamiques régionales, celles du Golfe, celle de l’Asie mais aussi de l’UE. Tout cela nous permet de comprendre mieux ce que l’on peut définir comme le fascisme de ce moment historique où la « nouvelle guerre froide » peut aller à chaque moment vers le piège de Thucydide

Le fascisme est bien là et pas ailleurs c’est ce qu’ont dit nos camarades du KPRF lors du forum antifasciste qu’ils viennent de tenir. Et combiné avec la propension assumée à la destruction de l’humanité on assiste aujourd’hui à un changement de stratégie de la Chine, de la Russie, une prise de conscience qui s’accélère , un phénomène global dont l’unique réponse est le socialisme mais qui peut avoir d’autres alliés que ceux traditionnels : il faut retenir les leçons du passé mais entrevoir à quel point nous avançons dans des terres inconnues.

Histoireetsociete en ce qui me concerne doit toujours plus assumer la nécessité de l’engagement politique mais ne peut pas en rester à la manière dont celui-ci reste idéologiquement structuré par ce qui ne cesse de le liquider.

Histoire et societe restera à ce prix ce qui peut mettre en évidence ce que tout le monde semble ignorer y compris cette « actualité » : Au cours de leurs interventions, les diplomates ont souligné la valeur historique des relations sino-russes et souligné leur pertinence dans le contexte international actuel. Ils ont également affirmé que la Chine et la Russie étaient des acteurs responsables de la paix mondiale et du développement durable. Des experts cubains ont participé à des exposés axés sur des aspects essentiels du renforcement des relations entre la Russie et la Chine. Cette solidité se reflète, entre autres, dans les plus de 40 rencontres entre les présidents actuels des deux pays, qui ont contribué à consolider le partenariat stratégique.

danielle Bleitrach

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