Histoire et société

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Cuba, le choix de la paix plutôt que la folie de la guerre (Luciano Vasapollo)

Dans le cadre de nos réflexions du jour sur la nécessité d’endiguer la violence et la guerre consubstantielle à l’hegémon unipolaire, voici l’exemplarité de Cuba mis en lumière par le groupe progressiste catholique italien. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

 équipe éditoriale

31/05/2026

Alors que les conflits se multiplient à travers le monde et que le langage de la force semble de plus en plus supplanter celui de la diplomatie, un message important nous parvient de Cuba. C’est un message de paix, de raison et de défense de la vie, face aux tambours de la guerre que certains secteurs de l’establishment américain continuent de faire résonner de manière irresponsable à travers les Amériques.

Ces derniers jours, trois faits d’une importance politique extraordinaire sont apparus qui, pris ensemble, révèlent une réalité très différente de celle propagée par les partisans de l’agression contre l’île socialiste.

Le premier point concerne un mémorandum adressé au président Donald Trump par un groupe d’anciens responsables des services de renseignement, de la diplomatie et de l’armée américains. Il ne s’agit ni de militants révolutionnaires ni de sympathisants du gouvernement cubain. Ce sont des personnes ayant servi l’appareil stratégique de Washington et connaissant parfaitement les rouages ​​de la politique étrangère américaine. Leur conclusion est sans équivoque : toute agression contre Cuba serait vouée à un échec catastrophique. Parmi les signataires figurent d’anciens analystes de la CIA, d’anciens responsables du renseignement et de la diplomatie américains, qui appellent à privilégier le dialogue à la logique des menaces.

Cette évaluation ne repose pas sur des motivations idéologiques, mais sur un constat réaliste. Cuba n’est pas un pays disposé à se soumettre. L’histoire de la Révolution démontre que le peuple cubain a résisté pendant plus de soixante ans aux blocus économiques, aux sabotages, aux campagnes de déstabilisation et aux tentatives d’isolement international. Envisager aujourd’hui d’imposer un changement politique par la force, c’est ignorer l’histoire et sous-estimer la résilience d’un peuple qui a fait de sa souveraineté une valeur inestimable.

Le second élément est l’appel international lancé par Cuba aux mouvements sociaux, aux organisations pacifistes et à la société civile mondiale. Face à l’escalade des menaces, l’île répond non par des propos haineux, mais par un appel à la défense de la vie et de la paix. Cette position s’inscrit dans la plus pure tradition internationaliste de la Révolution cubaine, toujours opposée aux guerres impérialistes et favorable à la coopération entre les peuples. Cet appel dénonce le danger d’une nouvelle ère d’agression et rappelle à la communauté internationale ses responsabilités.

Le troisième fait, peut-être le plus significatif d’un point de vue politique, concerne l’opinion publique américaine. Un récent sondage montre qu’une majorité d’électeurs américains rejettent l’idée d’une intervention militaire contre Cuba. Même aux États-Unis, on constate une prise de conscience croissante du fait que la guerre ne mènerait à aucune solution. La majorité des citoyens privilégient le dialogue, la coopération et la normalisation des relations entre les deux pays.

Ces trois éléments sapent le discours des cercles les plus bellicistes de la politique américaine. Il n’existe aucun consensus international en faveur d’une agression contre Cuba. Il n’existe pas non plus de consensus aux États-Unis. Et même d’anciens représentants respectés de l’appareil sécuritaire de Washington mettent en garde contre les risques d’une telle aventure.

Derrière les menaces qui pèsent sur Cuba se cache une crise plus profonde. L’ordre international unipolaire issu de la fin de la Guerre froide révèle toutes ses contradictions. De nouveaux acteurs mondiaux émergent, les processus d’intégration régionale se renforcent et la demande d’un monde multipolaire fondé sur le respect mutuel entre les nations s’accroît. Dans ce contexte, Cuba demeure un symbole d’indépendance politique et de résistance à l’hégémonie impériale.

C’est précisément pourquoi l’île demeure la cible de pressions et d’agressions. Non pas pour ce qu’elle possède, mais pour ce qu’elle représente. Cuba démontre qu’il est possible de défendre la souveraineté nationale, de garantir les droits sociaux fondamentaux et de bâtir des relations internationales fondées sur la solidarité. Ce témoignage continue de troubler ceux qui aspirent à un monde entièrement soumis à la logique du marché et à la puissance militaire.

Aujourd’hui plus que jamais, il est essentiel de relancer une mobilisation internationale pour la paix. La communauté internationale doit rejeter toute suggestion d’agression militaire contre Cuba et exiger la levée du blocus économique, qui continue de frapper durement la population civile. La paix ne se construit pas avec des porte-avions, des sanctions ou des menaces. Elle se construit par le dialogue, la coopération et le respect de la souveraineté des peuples.

Les voix qui s’élèvent aujourd’hui des États-Unis mêmes, ainsi que l’appel de Cuba et le rejet populaire de la guerre, démontrent qu’une autre voie est possible : celle de la coexistence pacifique, du droit international et de la solidarité entre les peuples.

Malgré les tambours de la guerre, Cuba continue de choisir la vie. Et ce choix nous concerne tous.

Luciano Vasapollo

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