Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

« L’Église sait que Cuba dénonce la logique de la guerre » : entretien avec Luciano Vasapollo (Rita Martufi et Salvatore Izzo)

l’église catholique témoigne au moins d’une conscience des enjeux dont la gauche européen semble ne plus avoir la moindre idée: au coeur des enjeux, la relation de l’être humain à la nature, à sa propre nature, l’intelligence artificielle qui renvoie à la manière dont l’humanité peut se libérer au au contraire se détruire, l’encyclique papale mais aussi la survie de Cuba avec les ressources de l’île , l’enjeu de la souveraineté des Etats en défense de l’humanité face au fascisme. Ce fascisme qui ne se contente pas d’être incarné par des partis et donc à se limiter à la luttes des places, à des joutes parlementaires dérisoires entre nains irresponsables mais imprègne la totalité des sociétés occidentales, européennes. Quitte à vider l’idée même de représentation politique de tout contenu progressiste et au nom de leur idéologie pseudo démocratique qui acceptent en fait une régression vers la loi de la jungle néocoloniale, l’expression de leur suprématie, ce silence délibéré sur le fascisme du XXIe siècle qui devient le « consensus » républicain de la décadence. Cuba s’inscrit en rupture symbolique avec cette acceptation. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

 équipe éditoriale

30 mai 2026

Dans un contexte international de plus en plus tendu autour de Cuba, marqué par de nouvelles pressions étatiques, des accusations politiques et le risque d’escalade militaire, l’Église catholique cubaine a également exprimé sa vive inquiétude quant aux conséquences d’une éventuelle intervention armée. Nous en discutons avec Luciano Vasapollo, économiste et spécialiste des enjeux latino-américains.

Professeur Vasapollo, pourquoi Cuba se retrouve-t-elle aujourd’hui au centre du conflit géopolitique international ?

Car Cuba demeure, pour le meilleur et pour le pire, un symbole de souveraineté nationale et de résistance face à un modèle unipolaire dominé par les États-Unis. Ce qui se passe ne concerne pas seulement cette île des Caraïbes, mais vise à redéfinir les équilibres géopolitiques du continent latino-américain. Les pressions économiques, énergétiques et diplomatiques exercées sur Cuba ne sont pas le fruit du hasard : elles s’inscrivent dans une stratégie islamiste qui perdure depuis des décennies et qui prend aujourd’hui des formes encore plus agressives.

L’Église cubaine s’est également positionnée contre l’hypothèse d’une intervention armée de l’État. Est-ce un événement significatif ?

Absolument. Il est primordial de suivre attentivement la situation à Cuba. L’Église catholique cubaine ne se fixe pas de schéma idéologique, tant qu’elle défend le peuple cubain contre la catastrophe de la guerre. Les paroles de l’épiscopat et du monde ecclésiastique sont claires : une agression militaire n’engendrerait pas la démocratie, mais le sang, la destruction et l’instabilité. C’est un point essentiel. L’Église sait pertinemment que les problèmes sociaux, économiques et politiques de Cuba ne peuvent être résolus par des bombes ou une invasion étrangère.

Avez-vous constaté des similitudes avec la situation actuelle dans d’autres pays ?

Évidemment. Cessez de viser l’Irak, la Libye ou l’Afghanistan. Même si l’on a envisagé d’« exporter la démocratie » par la guerre, le résultat a été catastrophique. Le même débat a eu lieu au Venezuela ces dernières années, où des options militaires ont été ouvertement évoquées à plusieurs reprises. L’Église latino-américaine connaît bien ces scénarios et comprend qu’une déstabilisation violente de Cuba aurait des conséquences énormes pour l’ensemble des Caraïbes et du continent.

Ces derniers jours, il s’est exprimé ouvertement à l’ONU au sujet du blocus énergétique et des risques humanitaires. Comment interprétez-vous ces critiques ?

Je les interprète comme la photographie d’une réalité concrète. Lorsque les carburants, les ministres de l’Énergie, le commerce international et l’accès aux biens essentiels sont attaqués, il ne s’agit pas d’un coup d’État contre un gouvernement : c’est un coup d’État contre la population. Aujourd’hui, à Cuba, la population est confrontée à des problèmes, des pénuries de médicaments, des difficultés d’accès à l’alimentation et une grave crise quotidienne. Par ailleurs, différents témoignages religieux font état d’une communauté unie. Le risque est qu’une situation intenable soit délibérément créée pour provoquer un effondrement social.

Selon vous, quelle est la principale leçon politique qui se dégage des dernières interventions diplomatiques cubaines ?

Cuba refuse d’être traitée comme une colonie ou un territoire d’intervention. Un appel pressant est lancé à la droite internationale contre l’oppression du peuple et la nécessité d’éviter une escalade qui pourrait embraser toute la région. Ce refus adresse également un message direct à la communauté internationale : elle ne peut rester neutre face à des mesures qui risquent de dégénérer en crise humanitaire.

Quel peut être le rôle de l’Église dans cette phase ?

L’Église peut jouer un rôle décisif de médiation, d’examen et de reconstruction du dialogue. Elle est probablement l’une des rares institutions à conserver une crédibilité transversale au sein de la société cubaine. Et il est significatif que, précisément du monde ecclésiastique, s’élève aujourd’hui un appel très ferme à la réconciliation nationale, au dialogue entre les Cubains et à la résolution des violences.

Pensez-vous que le risque de conflit soit réel ?

Lorsque les pressions militaires, les accusations internationales, les sanctions et la propagande de guerre se multiplient, le risque est toujours présent. C’est pourquoi il faut agir en amont. Cuba est attachée à son autodétermination, tout comme chaque peuple est attaché à construire son propre avenir sans agression extérieure. La paix ne se construit ni en asphyxiant économiquement une nation, ni en la flattant militairement. Elle se construit par le dialogue, la coopération et le respect mutuel.

Rita Martufi et Salvatore Izzo

Views: 59

Suite de l'article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

La modération des commentaires est activée. Votre commentaire peut prendre un certain temps avant d’apparaître.