Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Editorial : Il ne s’agit pas seulement de retrouver dans le passé la force de l’action mais d’asseoir celle-ci sur les conditions présentes. par Danielle Bleitrach

Les sociaux-démocrates et les Verts de la Chambre des députés de Berlin ont exigé que les citations de Joseph Staline gravées sur le Mémorial des soldats soviétiques du parc de Treptower soient complétées par des informations sur les crimes du dictateur soviétique, par le biais de nouvelles plaques commémoratives ou de codes QR, rapporte le Welt am Sonntag.

Le Parti social-démocrate d’Allemagne estime nécessaire d’ajouter des informations sur le pacte Molotov-Ribbentrop, conclu entre l’URSS et le Troisième Reich en août 1939, à un appendice secret …

Cette obsession de la « gauche » allemande à de fait créer un signe d’égalité au moins entre le nazisme et le communisme est la voie royale à l’avancée de l’extrême-droite allemande.

Cette gauche qui a son équivalent empressé en France a pour principal ennemi la Russie et ne fait pas mystère de son soutien enthousiaste au surarmement après avoir appuyé les « sanctions » qui de fait ont détruit en priorité l’économie allemande, les emplois, est non sans raison désertée par la classe ouvrière, les couches populaires méprisées dans leur quotidienneté autant et plus que par la droite. Non contente d’avoir volontairement ruiné l’économie, cette gauche, en particulier les verts qui sont réellement vert de gris en Allemagne, mènent des campagnes de ce type toujours plus négationnistes. Il est clair que cette politique a doublé celle de plus en plus décriée de Merz appuyant le régime néo-nazi ukrainien. Dans un tel contexte qui est à la fois celui de la trahison des intérêts économiques de la nation et ceux de la révision anticommuniste de l’histoire la montée de l’extrême droite a devant elle un espace qui ne cesse de s’agrandir ici comme ailleurs en France et en dans tout l’occident. Cette vision de l’histoire qui cherche une identité chauvine et dans les bassesses partout et toujours, est bien dans la logique de l’exhibitionnisme du monde unipolaire dans son feu d’artifice de la débâcle en train d’incendier le monde. Comme nous l’avons décrit hier en insistant sur la négation de l’Histoire que ce « moralisme de valet » impliquait et la manière dont cela ne pouvait que le transformer en .totalitarisme c’est-à-dire à frapper toute opinion contraire du sceau de « l’interdit », c’est un fondamentalisme religieux qui fonctionne de plus en plus moins sur l’adhésion que sur la peur.

.https://histoireetsociete.com/editorial-lexhibition-de-la-puissance-le-totalitarisme-de-la-fin-de-leur-histoire-par-danielle-bleitrach/

Comme le dit GeorgiCheptlev
Nous devons expliquer de manière non intrusive aux députés que les monuments et les livres d’histoire ne sont pas exactement la même chose. Sinon, nous devrons écrire sur le monument aux victimes des répressions de Staline que certains d’entre eux ont d’abord jugé et abattu leurs camarades. Sur le monument de Pushkin, nous devrions refléter l’histoire de ses infidélités conjugales. Sur le monument de S.P. Korolev, nous devrions écrire que dans l’histoire de son leadership, il y a eu des échecs et des erreurs dans le projet spatial qui ont conduit à la mort de cosmonautes. En France, nous devrions écrire sur les monuments au général de Gaulle qu’il a été impliqué dans la mort de dizaines de milliers de personnes pendant les « événements en Algérie ». Sur le monument de Venus de Milos, nous devrions indiquer qu’il a été créé dans un pays où les esclaves étaient propriétaires, et que son auteur lui-même possédait des esclaves. V ous continuez ?

Oui malheureusement la question est bien celle-là : jusqu’où la gauche et même le PCF en proie aux affres liquidatrices de l »eurocommunisme et de l’électoralisme va-t-il continuer sur cette voie du trafic de la mémoire et de la négation de ce qui se transforme au plan géopolitique ?

faute d’un parti communiste et d’une gauche dont il a toujours constitué la colonne vertébrale et l’assise dans la classe ouvrière, il est clair que les occidentaux ont choisi de continuer et qu’il n’existe pas encore nulle part de force politique qui combatte ce suicide démocratique et cette escalade. IQui s’oppose à ce choix de détruire l’exemplarité de l’histoire pour n’en conserver que les bassesses qui détruisent l’élan vers un destin collectif, le chauvinisme et l’individualisme, l’anomie qui favorise la loi de la jungle de tous les fascismes.

Il ne s’agit pas seulement de retrouver dans le passé la force de l’action mais d’asseoir celle-ci sur les conditions présentes.

L’environnement stratégique a changé et la situation actuelle à la fois consacre le caractère irréversible du monde multipolaire, le leadership de la Chine qui refuse de devenir simplement l’équivalent de ce qu’est aujourd’hui l’ordre unipolaire en plein échec et dont la dangerosité s’accroit. Nous tentons non seulement de faire comprendre que cet ordre est déjà là et que la régression proposée par les USA et leur coalition divisée vers un néocoloinalisme est impossible, il ne leur reste plus que l’anarchie, la loi de la jungle. Construire malgré tout un ordre international dans un processus est la proposition de la Chine la seule qui aboutisse à un univers commun. Mais il serait illusoire de ne pas voir qu’il y a face à cette stratégie de paix et de coopération le choix simple et brutale revendiqué par les USA, leurs guerriers par procuration et sur lequel nous sommes invités à fermer les yeux pour mieux la cautionner : ces derniers mois, l’administration Trump a utilisé les pourparlers diplomatiques non pas pour négocier la paix, mais pour préparer le terrain à des interventions terroristes menées directement par l’empire où par ses complices israéliens et en avec la division du travail en UE et en Asie.

L’espace de négociation multipolaire a besoin de souveraineté nationale

Anticiper sur ce qui serait un univers commun en créant l’illusion d’un gouvernement mondial ou d’instances mondialisées régionales comme l’UE identifiée de fait à l’OTAN qui seraient celle de l’unité fictive reviendrait à assurer la domination de ces « instances » mondiales ou régionales. Alors que celles-ci sont dominées par un capital en crise profonde sur le modèle de l’actuelle UE. Il n’y a pas d’autre solution que construire des espaces de négociation à partir des Etats souverains dans le respect défini par la charte des Nations unies. De la même manière inventer que nous en sommes déjà au communisme et que le processus qui construira une véritable coopération peut se passer de coercition et de luttes des classe relève de la même dangereuse illusion sur la tâche à accomplir. Sous des allures « révolutionnaires » l’illusions de pouvoir se passer du processus socialiste avec renforcement de l’Etat, de la « dictature du prolétariat » contre la dictature mortifère de l’impérialisme revient en fait comme les verts et la social démocratie allemande à détruire son propre camp et à favoriser le fascisme.

L’ordre émergent n’est pas celui de la réconciliation, mais celui d’une rivalité orchestrée dans laquelle les anciens maîtres du monde se battent lambeau par lambeau dans la destruction, le monde multipolaire, ses leaders n’ont plus qu’à tenter d’empêcher la catastrophe vers laquelle se précipitent avec enthousiasme le monde politicien occidental : il faut aller vers la stabilité et imposer des négociations sans pour autant avoir la moindre confiance dans l’impérialisme avec lequel intervient la négociation et sans que toujours cela se traduise par des engagements clairs et écrits, la dissuasion s’opère donc sans que l’on ait abouti à un traité, ni même une résolution et la diplomatie a plus que jamais la priorité mais sans qu’il y ait une véritable convergence, la moindre assurance.

On ne peut pas parler d’ échec de la diplomatie , et il faut plus que jamais imposer l’arbitrage des institutions internationales en les incitant à se conformer à une charte de l’ONU qui ne cesse d’être violée. Il faut plus que jamais défendre la souveraineté des nations et des Etats, et à ce titre Cuba qui est le symbole de cette souveraineté mène réellement un combat en défense de l’humanité.

Alors que les conflits se multiplient à travers le monde et que le langage de la force semble de plus en plus supplanter celui de la diplomatie, un message important nous parvient de Cuba. C’est un message de paix, de raison et de défense de la vie, face aux tambours de la guerre que certains secteurs de l’establishment américain continuent de faire résonner de manière irresponsable à travers les Amériques.

Ce combat en défense de l’humanité concerne les cadres historiques de la mémoire mais aussi de ce fait le futur tel qu’il se dessine dans la relation de l’humanité à la nature, la question des forces productives, l’énergie mais aussi l’intelligence artificielle. Mais parce que le mouvement qui transforme l’ordre des choses existant se déploie désormais dans un contexte stratégique bien plus périlleux et inconnu dans lequel il faut tabler sur des évolutions parfois imperceptibles mais qui consacrent l’impossibilité du retour en arrière vers une situation néo-coloniale et unipolaire mais néanmoins très dangereuse, il y a la nécessité de construire des espaces de négociation, de coopération. D’où la nécessité de savoir comme à quoi on veut aboutir pour cette diplomatie de « l’endiguement » porte réellement ses fruits en particulier le maintien de la paix nécessaire pour que les buts de développement de la Chine et la « modernisation » du sud soit une réalité.

Qu’est ce que le but socialiste, ce processus dans lequel l’origine rejoint dans le présent le futur, voilà à quoi nous devons travailler…par pitié essayez comme cet interlocuteur de ne pas regretter que le modèle soit autocentré sur l’expérience chinoise et au contraire voyez-là ce en quoi il est de ce fait le plus utile aux pays du sud qui peuvent ne pas subordonner leur propre développement à celui supposé incontournable de l’occident. Mais même en ce qui concerne les pays qui comme la France ont choisi l’impérialisme et la collaboration décrite par Lénine de leur classe ouvrière avec le pillage du sud, il y a là la possibilité d’éviter la destruction de la base industrielle et ouvrière autant que la guerre civile et l’inhumanité. L’invite pour chacun à réfléchir à son propre chemin avec l’écho de cette vieille revendication : un socialisme à la française.

danielle Bleitrach

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