Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Lavrov a détaillé les plans des Etats-Unis visant à contrôle éternellement le marché de l’énergie de l’UE.

La diplomatie russe tente sans cesse d’alerter les peuples européens sur la manière dont ils sont en train de se livrer pieds et poings liés à l’impérialisme qui a pris le visage du fascisme, celui d’une classe qui a évidé sa propre base productive, aliéné sa classe ouvrière jusqu’à la réduire à l’impuissance et à l’acceptation de l’autodestruction et qui désormais tente d’inventer des ennemis pour justifier bellicisme et asservissement.Nous ne sommes pas vos ennemis et on invente la menace de ce que nous représentons alors que nous ne faisons que nous défendre mais nous irons jusqu’au bout alors que vous êtes une fois de plus enrôlés dans une vaine croisade qui ne peut que signifier votre déclin. (noteettraduction de danielle Bleitrach)

Lavrov a détaillé les plans des États-Unis visant à contrôler éternellement le marché de l’énergie de l’UE.

André Korybko23 mai 2026


Cela ne se contentera pas de peser sur les finances du Kremlin, mais aggravera aussi sensiblement les menaces qui pèsent sur la sécurité nationale de la Russie en provenance d’Europe, le même modèle étant susceptible d’être appliqué également du côté méridional face aux menaces menées par la Turquie en provenance du Caucase du Sud et d’Asie centrale.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a accordé un long entretien à RT India, abordant une multitude de sujets avant sa visite en Russie pour la réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS. L’un des plus importants, auquel il a consacré une grande partie de son temps, était le marché mondial de l’énergie et, plus particulièrement, les ambitions des États-Unis de contrôler durablement celui de l’UE. Il a fait référence aux documents doctrinaux américains à cet égard, probablement une allusion au Conseil national pour la domination énergétique et à la politique qui en découle , comme preuve de cet objectif.

Les États-Unis ne se contentent pas de sanctionner le secteur énergétique russe – une politique poursuivie par la seconde administration Trump l’automne dernier avec les nouvelles sanctions imposées à Rosneft et Lukoil –, mais coordonnent désormais les exportations de pétrole du Venezuela post-Maduro afin d’étendre de facto leur présence sur le marché mondial. Par ailleurs, la perturbation massive des exportations énergétiques régionales causée par la troisième guerre du Golfe , déclenchée par les États-Unis et Israël, a engendré une crise d’approvisionnement pour l’UE, crise que les États-Unis comptent bien combler à un prix plus élevé.

La Russie ne dispose pas de suffisamment de pétrole et de gaz par ses propres moyens pour y parvenir pleinement, et les exportations vénézuéliennes qu’elle contrôle de facto par procuration ne suffiront pas non plus à court terme, car leur développement exige du temps et des investissements. C’est pourquoi, selon Lavrov, « les Américains envisagent de remettre en service les gazoducs Nord Stream détruits… Ils souhaitent les acquérir pour environ un dixième du prix payé par les Européens… (mais) les prix seront dictés par les Américains » et seront donc bien supérieurs à ceux de la Russie.

Ce n’est pas tout, selon Lavrov, car « ils veulent aussi – et ils l’ont dit ouvertement – ​​prendre le contrôle du gazoduc de transit reliant la Russie à l’Europe via l’Ukraine afin de contrôler également ces flux. Leur objectif est donc parfaitement clair : ils veulent contrôler toutes les principales voies d’approvisionnement énergétique. » Plus tôt cette année, Lavrov avait mis en garde contre les projets de domination mondiale de Trump 2.0 , et la dimension énergétique était l’une des plus importantes, un processus qui se déroule visiblement à grands pas en ce qui concerne l’Europe.

Si les États-Unis parviennent à contrôler durablement le marché énergétique de l’UE, notamment en excluant la Russie, c’est qu’ils contrôleront alors durablement la politique étrangère de l’UE. Comme expliqué plus tôt cette année dans l’article « Les États-Unis instrumentalisent la paranoïa russophobe et la géopolitique énergétique pour s’emparer de l’Europe », cette situation accélère la transition vers une « OTAN 3.0 », qui devrait aboutir à la mise en place d’un cordon sanitaire autour des frontières occidentales et méridionales de la Russie, comme prévu ici .

La partie occidentale comprend la Finlande , les pays baltes la Pologne l’Ukraine et la Roumanie , qui pourraient tous se retrouver sous domination allemande . La partie méridionale, quant à elle, inclut la Turquie l’Arménie (sous domination turco-occidentale) l’Azerbaïdjan et, peut-être bientôt, le Kazakhstan . Cette dernière partie a été récemment détaillée ici . Par ailleurs, le Corridor gazier vertical risque d’affaiblir les relations turco-russes, tandis que le projet turc de gazoduc transcaspien intensifiera leur rivalité, les deux étant liés aux États-Unis.

Les projets américains de contrôler durablement le marché énergétique de l’UE ne se contenteront pas d’affecter les finances du Kremlin, mais aggraveront aussi concrètement les menaces pesant sur la sécurité nationale russe en provenance d’Europe. Ce même modèle risque d’être appliqué également au sud, via les deux gazoducs susmentionnés. La tâche qui incombe à la Russie est donc ardue : endiguer puis inverser cette tendance dont elle a perdu la maîtrise. À défaut, elle devra affronter ces menaces latentes, parfois même de manière directe.

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