C’est moins illogique que cela ne parait, ça a marché avec Zelensky et Trump espère que cela marchera au Venezuela: prendre celui qui porte les espoirs des humiliés, de ceux qui n’en peuvent plus mais qui n’ont pas de culture politique, le retourner et en faire l’agent de l’impérialisme pour ne plus laisser le moindre espoir… Ces traitres là n’ont plus rien à perdre dans leur dérive ultime…
Certes on connait l’enthousiasme que manifeste l’extrême-droite israélienne pour les pires fanatiques et la manière dont ils écartent les négociateurs respectables et respectés, mais là envisager un changement de régime mais là ils font fort. Après la secte pseudo marxiste des Moudjahidines du peuple, qui est connue pour servir à peu près tous les ennemis de l’Iran, après le fils du Shah qui est prêt à voir le peuple iranien détruit pour lui apprendre à regretter le bourreau que fut son père, voici l’ex- président Mahmoud Ahmadinejad. C’est du moins le plan secret de cette folle opération que vient de dévoiler The New York Times. Certes le personnage avait des accents anti-impérialistes et quasiment socialistes séduisants, mais il appartient comme l’explique l’article ci dessous de deux universitaires spécialistes de l’Iran à une secte apocalyptique.(1) face à laquelle les religieux ennemis par principe du nucléaire militaire paraissent de doux agneaux… Cette brochette de candidats « au changement de régime » est si peu crédible dans l’hypothèse d’assurer la paix en Iran et au Moyen Orient que l’on est plus que jamais convaincu qu’il n’existe qu’une solution de paix négociée qui laisserait au peuple iranien le soin de résoudre ses propres affaires.
En effet Israël et les Etats-Unis selon The New York Times auraient envisagé de replacer Mahmoud Ahmadinejad au pouvoir en IranSelon le New York Times, l’ancien président iranien aurait été consulté dans le cadre d’un plan israélien de changement de régime, rapidement compromis après une frappe à Téhéran.
Iran : l’hypothèse hojjatiyé par Christian Bromberger et Jean Pierre Digard ou qui est Mahmoud Ahmadinejad
Voici un texte qui m’a été transmis par un de mes collègues et amis Christian BROMBERGER, professeur d’ethnologie à l’Université de Provence, ancien directeur de l’Institut Français de recherche en Iran (2006-2008) Cet article a été écrit par lui etJean-Pierre DIGARD, ethnologue, directeur de recherche émérite au CNRS au moment de la vague de contestation qui déferlait sur l’Iran et dont on a dit qu’elle préfigurait les printemps arabes. (note de Danielle Bleitrach)
Iran : l’hypothèse hojjatiyé par Christian Bromberger et Jean Pierre Digard
L’acharnement du gouvernement iranien à refuser les ouvertures diplomatiques qui lui sont faites dans le domaine nucléaire laisse songeur : habileté des dirigeants habitués à souffler le chaud et le froid pour gagner du temps, sans doute ; conviction de leur part que les Occidentaux ne prendront pas le risque d’une action militaire qui embraserait la région et ressouderait la nation iranienne, sans doute encore ; conviction également que l’Iran a tout autant le droit au nucléaire militaire qu’Israël et le Pakistan, sans doute enfin. Mais il y a vraisemblablement plus dans cet acharnement et dans cette arrogance, et cet aspect paraît curieusement méconnu ou sous-estimé.
Le président Mahmoud Ahmadinejad, et son mentor, l’ayatollah Mesbah Yazdi, appartiennent à l’Anjoman-é Hojjatiyé (de hojjat, « preuve »), mouvement islamiste extrémiste créé en 1953 à Machhad par le clerc Mahmoud Hallabi pour lutter contre les Bahaï, adeptes de la dernière religion révélée, née en Iran à la fin du XIXe siècle. Le bahaïsme est d’autant plus honni par les clercs musulmans qu’il enlèverait à l’islam son aura de dernière en date et de plus accomplie des religions du Livre. Le mouvement hojjatiyé a ensuite gagné Téhéran, où il s’est structuré et d’où il a essaimé jusqu’au Pakistan et en Inde. Durant la révolution de 1978-79 et sous la République islamique à ses débuts, les Hojjatiyé ont entretenu des rapports souvent conflictuels tant avec les khomeynistes qu’avec les forces de gauche (parti communiste Tudeh), les uns et les autres accusant la « mafia hojjatiyé » d’actions en sous-main.
Khomeynistes et Hojjatiyyé sont en réalité séparés par des divergences bien plus fondamentales. En effet, les Hojjatiyé ne reconnaissent pas le vélâyat-e faqih (la souveraineté du guide) qui constitue l’un des principes fondamentaux de la République islamique. Pour eux, cette souveraineté légitime ne peut appartenir qu’au Douzième Imam (l’Imam caché ou Mahdi) qui doit revenir à la fin des temps pour instaurer la justice. Cette croyance en l’Imam caché est très largement partagée dans l’islam chiite iranien et les fidèles communiquent leurs vœux au Mahdi en les jetant dans des puits dans le sanctuaire de Jamkaran près de Qom. Selon les versions les plus œcuméniques, l’Imam caché reviendra sur terre le jour de l’Apocalypse, main dans la main avec le Christ (dans d’autres versions, il le précédera).
Les Hojjatiyé souhaitent l’avènement le plus rapide possible de l’Apocalypse et sont prêts à le précipiter. Du moins, cette perspective apocalyptique ne les rebute pas. Les décisions politiques qu’ils prennent ne peuvent sans doute pas être rapportées à ces seules convictions religieuses. Les vues du Guide lui-même, l’ayatollah Ali Khameneï, semblent du reste bien éloignées de ces conceptions. Mais la foi du président, de ses mentors et de ses affidés, leur certitude d’avoir raison sont indéracinables. Le pragmatisme et le doute qui habitent la pensée diplomatique internationale, en particulier dans les négociations actuelles sur le nucléaire iranien, ont peut-être du mal à prendre la mesure de ces convictions.
Mais il y a plus, ou autre chose. Le fait que les Hojjatiyé aient souvent été, dans le passé, combattus par les khomeynistes, et qu’ils aient aujourd’hui réussi à étendre leur influence sur presque tous les organes du pouvoir islamique, y compris sur les forces armées, pasdar (Gardiens de la Révolution) et bassiji (miliciens), montre, sans doute possible, qu’un changement est en train de s’opérer dans la nature même du régime politique iranien, dans le sens : moins de république, et davantage d’islam – plus exactement : d’un certain islam, obscurantiste et tyrannique. Et c’est justement parce qu’ils ne veulent surtout pas de cet islam-là et qu’ils aspirent au contraire au progrès et à la démocratie que, depuis juin 2009, date de la réélection contestée du président Ahmadinejad, des millions d’Iraniens descendent régulièrement dans la rue pour manifester, malgré la violence de la répression.
Paru dans Le Monde, édition digitale et dans Le Figaro, le 28-12-2009 sous le mauvais titre « Une autre lecture de l’Iran »
Guerre.
Les États-Unis et Israël voulaient installer Ahmadinejad au pouvoir en Iran, selon “The New York Times”
L’ancien président iranien, féroce ennemi d’Israël et des États-Unis, était pourtant vu par les deux alliés comme capable de conduire un changement de régime à Téhéran, affirme le journal d’après plusieurs sources aux États-Unis et en Iran. Ce plan israélien, très étonnant, aurait capoté à la suite d’un bombardement censé libérer Mahmoud Ahmadinejad et qui l’aurait blessé.
Lecture 1 min. Publié le 20 mai 2026 à 13h04

Au début de la guerre contre l’Iran, rappelle The New York Times, le président des États-Unis, Donald Trump, espérait voir “quelqu’un de l’intérieur” prendre les rênes de l’Iran. “Il s’avère que les États-Unis et Israël sont entrés en guerre avec en tête ‘quelqu’un’ de très particulier et de très surprenant : Mahmoud Ahmadinejad, l’ancien président iranien connu pour ses opinions intransigeantes anti-israéliennes et antiaméricaines.”
“Ce plan hardi, conçu par les Israéliens et soumis à Ahmadinejad, a toutefois rapidement déraillé”, selon les sources du journal à Washington. “Mahmoud Ahmadinejad a été blessé au premier jour de la guerre dans un bombardement israélien sur sa maison à Téhéran qui était destiné à le libérer de son assignation à résidence. […] Après s’en être sorti de justesse, il a cessé de croire au projet de changement de régime. Depuis lors, il n’est plus apparu en public et l’on ignore où il se trouve et dans quel état.”
Un équivalent de Delcy Rodríguez ?
Comme le souligne cet article cosigné par quatre journalistes, le choix d’Ahmadinejad est pour le moins inattendu. Même si ses relations avec le régime se sont gâtées, celui qui a présidé la République islamique de 2005 à 2013 est connu pour son hostilité farouche à Israël et aux États-Unis ; il a aussi vigoureusement soutenu le programme nucléaire de l’Iran.
Le quotidien rappelle tout de même qu’Ahmadinejad s’est exprimé favorablement au sujet de Trump en 2019 et que ses récents voyages dans des pays proches d’Israël, le Guatemala et la Hongrie d’Orban, “ont alimenté les spéculations”. En Iran, il a été empêché de se représenter à l’élection présidentielle et a vu ses mouvements de plus en plus limités.
D’après une source liée à Mahmoud Ahmadinejad, les États-Unis en seraient venus à voir en lui un équivalent possible de Delcy Rodríguez, l’ancienne vice-présidente vénézuélienne qui a pris le pouvoir après la capture du président Nicolás Maduro. Le New York Times indique néanmoins qu’à Washington certains doutaient du plan israélien et “en particulier de la viabilité d’un retour d’Ahmadinejad au pouvoir”. Un projet sur lequel beaucoup d’inconnues demeurent, reconnaît le journal.
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