Même s’il n’est question que du sommet Chine-US, ou des « exploits » de Trump et de nos nains occidentaux, de leurs « coalitions » dérisoires, le reste du monde a sa propre actualité et la réunion des ministres des affaires étrangères des BRICS est à l’ordre du jour, elle a donné lieu à une rencontre fructueuse entre Lavrov et Rodriguez et une déclaration de ce dernier que voici. C’est l’Inde- qui n’est pas à proprement parler le fer de lance d’un combat pour un monde juste- qui préside cette année. (noteettraduction de danielle Bleitrach pour histoire et societe)
« Cuba
apprécie le rôle des BRICS en tant qu’alternative à l’ordre économique international ankylosé et injuste qui agonise maintenant avec l’imposition de la paix par la force. ”
Intervention du chancelier de Cuba, Bruno Rodríguez Parrilla à la Session ouverte : « Réformes de la gouvernance mondiale et du système multilatéral » qui a lieu dans le cadre de la Réunion des ministres des affaires étrangères des BRICS
Son Excellence Dr Jaishankar, Ministre des affaires étrangères de l’Inde.
Messieurs les Ministres des affaires étrangères, chefs de délégation et délégués.
Pour la première fois, le Gouvernement américain officialise publiquement, par un communiqué du Département d’État, une offre d’aide humanitaire à Cuba d’une valeur de 100 millions de dollars. Aucun contact avec Cuba. Jusqu’à présent, il n’a pas été précisé s’il s’agira d’une aide en espèces ou en matériel, ni si elle sera destinée aux besoins les plus urgents de notre peuple, en carburants, en nourriture et en médicaments.
Tout en reconnaissant l’incongruité de cette apparente générosité de la part de ceux qui soumettent le peuple cubain à un châtiment collectif par la guerre économique, le Gouvernement cubain n’a pas pour pratique de rejeter l’aide étrangère offerte de bonne foi et à des fins véritables de coopération.
La meilleure aide que le Gouvernement des États-Unis puisse apporter à ce noble peuple cubain à ce jour et à tout autre moment serait de désescalader les mesures de blocus énergétique, économique, commercial et financier accru comme jamais auparavant ces derniers mois et qui affecte gravement tous les secteurs de l’économie et la société cubaine. Notez que l’application de blocage seulement pendant 5 jours entraîne des dégâts équivalents à 100 millions de dollars. Un chiffre similaire en carburant n’atteindrait que pour 15 jours de production d’électricité à faible consommation.
Lors de la séance d’ouverture, j’ai dénoncé les ordres exécutifs successifs du Gouvernement américain qui renforcent le blocus économique et la menace d’agression militaire contre Cuba à des niveaux extrêmes. À la clôture énergétique imposée depuis le début de l’année s’ajoute maintenant l’application de sanctions dites secondaires de caractère extraterritorial marqué contre des entités de pays tiers opérant ou ayant opéré avec Cuba.
Par cet acte criminel, en violation du droit international et des buts et principes de la Charte des Nations Unies, les États-Unis cherchent à imposer au monde entier l’obligation de respecter le blocus imposé à Cuba indépendamment de la souveraineté de chaque gouvernement et de la volonté de ses peuples. Seule une large coalition internationale résolue permettra de faire face avec succès à la prédation mondiale des États-Unis qui sera vouée à l’échec si nos États ne nous laissent pas intimider. Dans ce contexte, la réforme de la gouvernance mondiale et du système multilatéral n’est pas une simple aspiration, c’est une nécessité politique urgente et indispensable.
Cuba soutient que le renforcement de l’ONU doit être orienté vers sa véritable démocratisation et non vers une réduction aveugle de ses ressources. Les plus grands contribuables sont tenus de verser leurs contributions intégralement, ponctuellement et sans conditions. Une réforme globale du Conseil de sécurité qui lui confère démocratie, transparence, représentativité et inclusivité est tout aussi inajournée en remédiant à la présence insuffisante des pays en développement.
Cuba apprécie le rôle des BRICS en tant qu’alternative à l’ordre économique international ankylosé et injuste qui agonise maintenant avec l’imposition de la paix par la force. Les mécanismes d’utilisation des monnaies nationales, la nouvelle banque de développement et les initiatives d’intégration souveraine sont des pas concrets dans la bonne direction. Le groupe doit contribuer de manière décisive à la réforme du système financier international et à la création d’un mécanisme multilatéral dans le cadre de l’ONU pour une négociation juste et transparente de la dette souveraine des pays en développement.
Malgré le blocus, les sanctions et les menaces de recours à la force, Cuba continue de construire sa voie souveraine vers le développement socialiste et de contribuer de ses modestes possibilités au développement d’autres peuples du Sud.
Nous continuerons à élever la voix dans chaque forum international pour défendre les réformes dont le monde a besoin. La gouvernance mondiale que nous aspirons à bâtir part du refus de la domination et de l’hégémonie, part du respect absolu du droit international et de la conviction que la coopération, la solidarité et la justice sont la seule voie vers un ordre véritablement multilatéral, démocratique et inclusif.
Merci beaucoup.
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