Cette séquence confirme que nous sommes entré dans un autre stade des relations internationales. L’effondrement de l’ordre international impérialiste hégémonique est alimenté par l’impuissance pour l’impérialisme, les USA, l’OTAN et l’UE d’imposer sa loi, tant en Ukraine qu’en Iran. Cet échec crée une situation où les termes et moyens de la discussion ne peuvent plus être imposés par l’occident au BRICS et au Sud Global. La visite de Trump en Chine (avec l’autre échec retentissant, celui de la politique des « droits de douane » et de la tentative avortée d’isolement économique de la Chine) arrive dans les pires conditions. L’UE et l’Allemagne se divisent. Leurs alliés ne peuvent plus compter sur eux et vont devoir choisir leur camp avec cette perspective en tête. (Note de Franck Marsal pour Histoire&Société)
Publié le 13 mai 2026 par Boyer Jakline
Lors de la rencontre d’Anchorage entre Donald Trump et Vladimir Poutine, un journaliste avait commenté ainsi la rencontre : les Américains sont des joueurs de poker, les Russes des joueurs d’échec. Ainsi était posé un cadre d’appréciation pertinent sur le comportement des uns et des autres.
À la rencontre avec la presse qui s’est tenue après la Parade du 9 mai, Vladimir Poutine a tracé un chemin, en joueur d’échec qu’il est. Il a fait savoir ce qu’il souhaitait et ce qu’il n’envisageait absolument pas. Dans cette seconde éventualité sont exclus de toute participation à des négociations, c’est sur de possibles négociations qu’il était interrogé, » tous ceux qui nous crachent au visage en permanence », N’est-ce pas Kaja Kallas ?.
Et il’a avancé son pion : je pense, a-t-il dit, que Gerhard Schroeder pourrait convenir. Cet un ami politique de Vladimir Poutine. Il est à l’origine du projet Nordstream. Chancelier de 1998 à 2005, il s’est vu très malmené par les équipes suivantes en particulier en 2014 quand il n’a pas condamné le retour de la Crimée en Russie. « L’annexion », plébiscitée par plus de 80% de la population russe de Crimée.
Malmené cela veut dire précisément exclu quasi manu militari de son parti, privé des moyens accordés aux anciens Chanceliers, bureau et d’autres facilités.
Pourquoi cette sympathie à l’égard de la Russie ? Il représente ces dirigeants si peu présents dans les élites actuelles dont se plaint Karaganov « ils ne savent pas la douleur de la guerre » et il ajoute « Dieu nous préserve de devoir leur faire connaître ».
Gerhard Schroeder a été élevé par sa mère, femme de ménage, pendant que son père était au front où il est mort en 1944. Sans doute un élément qui rapproche les deux hommes. Un frère de Vladimir Poutine est mort pendant le Siège de Léningrad, Victor, enterré avec les 900.000 autres. « Plus jamais ça » doit sonner à leurs oreilles. Cette part d’humanité possible est absente de l’ancien employé de Black Rock, Merz, qui n’a même pas été capable de répondre à la question d’un journaliste « Qui sont les libérateurs? » Question posée trois fois et restée sans réponse. Part d’humanité liée aux atrocités de la guerre aussi inexistante chez un Macron ou Starmer.
La proposition est faite et Kaja Kallas écume de rage. Elle avait déjà un sujet de rage : le 9 mai les Russes ont installé des écrans pour la population estonienne, qui fait face à la Russie et les Estoniens se sont pressés contre des grilles pour assister à la Parade. Voir la vidéo plus bas.
Dernière information dans cette rencontre avec la presse. Vladimir Poutine est revenu sur le moment terrible où un accord était prêt, avril 2022, soit un mois après le début de l’opération militaire spéciale, et Boris Johnson fut dépêché, pour un million de dollars on l’a appris après, pour que Z. ne signe pas. » On t’aidera, tu feras la guerre ». « En fait, j’avais eu un appel avant l’intervention de Boris Johnson, explique Vladimir Poutine, un collègue m’a appelé, pourquoi ne pas dire son nom, c’est Macron, tout est enregistré et vérifiable. Il m’a dit, les Ukrainiens ne peuvent pas signer ce n’est pas un accord juste. Ils ont le revolver sur la tempe. Qu’est ce qu’il sait de ce qui est juste ? »
Nous en sommes là.
L’AFP n’a pas été accréditée pour la conférence de presse. Le nombre de journalistes était restreint et l’Agence Française n’a pas été estimée prioritaire. Elle proteste.
À ma connaissance elle n’a jamais élevé la voix face à l’interdit total qui frappe les organes de presse russes en France.
Je pense à cette babouchka de Nijni Novgorod sur une vidéo brève que j’ai publiée dernièrement : attention à ce que vous faites, la France, disait elle face à la caméra.
Oui, attention à ce que nous faisons ou laissons faire à celui qui représente le pays.
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