Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Le Kremlin ne bluffe pas.

Finalement, un cessez-le-feu a été conclu, mais il est clair que la Russie ne pouvait se permettre de se discréditer après avoir menacé l’Ukraine de représailles massives en cas d’attaque contre le défilé de la Victoire à Moscou. Par conséquent, une riposte susceptible d’entraîner une escalade était inévitable. Donald Trump ne le souhaitait pas et a donc contraint Kiev à accepter le cessez-le-feu. Article rédigé par notre partenaire média, Andrew Korybko, analyste politique américain d’origine polonaise installé à Moscou. ce qui confirme une pression exercée sur Poutine et surtout sur son entourage d’oligarques intéressés par le compromis, par ceux que l’auteur désigne comme les « conservateurs » mais dans lesquels sont inclus pour une part les communistes, bien que l’idée de ménager les Ukrainiens peuple frère russe soit typiquement communiste. Ce qui est évident c’est qu’il existe tout un courant en Russie mais partout dans le monde qui considère que le temps des illusions sur le soft pouvoir est terminé, il y a avec la manière dont l’impérialisme unipolaire a tombé le masque une nouvelle règle du jeu, être « sympathique » n’a pas grand intérêt, il s’agit d’être craint et c’est dans cette « crainte » que peuvent se nouer des relations pragmatiques avec ceux qui ont perdu la mémoire du fascisme et de ce qu’ils doivent à la Russie pour faire face à la bête sauvage de retour mais considérablement affaiblie et d’autant plus féroce. Même Poutine dans un tel contexte apparait l’homme du compromis inutile. la pseudo influence de Poutine sur Trump est simplement la conscience qu’a ce dernier du fait que le Kremlin pas plus que Pekin ne bluffe pas et fait Tapie: paye pour voir… et ce sera cher… (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Article rédigé par Andrew Korybko sur #moskvater.com

https://korybko.substack.com/p/russias-threat-of-a-massive-retaliatory

« À la dernière minute – comme prévu, sous la pression de Trump – Volodymyr Zelensky a publié un décret autorisant le défilé du 9 mai à Moscou. » #moskvater

« Puis, à la dernière minute – comme prévu, sous la pression de Trump – Volodymyr Zelensky a publié un décret autorisant le défilé à Moscou le 9 mai. »
Photo : EUROPRESS/AFP/SERVICE DE PRESSE PRÉSIDENTIEL UKRAINIEN

Le ministère russe de la Défense a mis en garde les civils et le personnel des missions diplomatiques à Kiev contre la décision de la Russie de lancer une frappe de représailles massive sur le centre de la ville si l’Ukraine mettait à exécution la menace de Zelensky – elle avait déjà tiré 270 drones sur le territoire russe à la veille des commémorations – et attaquait le défilé de la Victoire à Moscou le 9 mai. La Russie a ensuite annoncé qu’elle procéderait à des essais de missiles balistiques depuis le Kamtchatka entre le 6 et le 10 mai. Peu après, le ministère russe des Affaires étrangères a relayé l’avertissement du ministère de la Défense.

« À la dernière minute – comme prévu, sous la pression de Trump – Volodymyr Zelensky a publié un décret autorisant le défilé du 9 mai à Moscou. »

Le cessez-le-feu de trois jours – du 9 au 11 mai – a été négocié par le président américain, ou, selon la version officielle de Kiev, les forces armées ukrainiennes suspendent leur offensive sur la place Rouge pendant la durée du défilé. D’après le décret n° 374/2026, cette mesure  a été prise à des « fins humanitaires » et se fonde sur les principes définis lors des négociations avec les États-Unis le 8 mai. Conformément au décret, à compter du 9 mai à 10 h, heure de Kiev, la zone de la place Rouge, précisément délimitée par des coordonnées GPS, sera exclue des plans de frappe ukrainiens. Le document présidentiel utilise quatre points de coordonnées pour délimiter le rectangle concerné par la restriction de la durée du défilé. Le message est clair : Kiev souhaite ainsi démontrer qu’elle dispose de la capacité de frappe nécessaire pour atteindre le centre de Moscou et ne suspend temporairement cette offensive que de sa propre initiative.

« La menace russe a également joué un rôle dans cette décision, qui n’était probablement pas un bluff pour trois raisons. »

Premièrement, la Russie, soucieuse de la sécurité du défilé et des invités de marque, a naturellement menacé de représailles massives en cas de provocation. Elle ne peut se permettre de rester silencieuse face à une telle provocation, car cela la discréditerait irrémédiablement et risquerait d’encourager des attaques encore plus audacieuses. Troisièmement, en menaçant de porter un coup fatal aux centres de décision à Kiev, la Russie devance également les critiques des conservateurs.

Poutine avait jusqu’alors limité sa présence militaire en raison de sa conviction de « l’unité historique des Russes et des Ukrainiens » et de sa crainte d’une escalade incontrôlable susceptible de déclencher une Troisième Guerre mondiale. Puis, après le retour de Trump et sa réponse positive, contrairement à son prédécesseur, à l’offre de dialogue et de règlement de Poutine, ce dernier et l’aile modérée du Kremlin ont proposé un partenariat stratégique axé sur les ressources afin d’encourager le compromis. Les États-Unis étaient ouverts à un tel partenariat, mais la Russie a rejeté les compromis qui en constituaient une condition préalable. Par ailleurs, malgré les attentes russes, les États-Unis n’ont pas exercé de pression suffisante sur l’Ukraine et l’OTAN pour régler le différend.

« Bien que Trump se soit montré réticent à aggraver le conflit ukrainien dans cette impasse, il a continué de donner son feu vert au recul de l’influence russe à l’échelle mondiale. Son objectif était de contraindre Poutine à accepter le compromis exigé par les États-Unis, à savoir le gel du conflit en échange d’un allègement des sanctions, sans pour autant résoudre les causes profondes du conflit. »

Connue officieusement sous le nom de « doctrine néo-reaganiste », cette idée a mis la Russie sous pression dans au moins quinze pays. Elle a discrédité l’aile modérée du Kremlin, incitant certains de ses membres, dont Poutine, à revoir leur position. Cette méfiance a été renforcée par l’attaque contre l’Iran, et la riposte de Téhéran – des attaques contre des bases américaines régionales sans déclencher d’escalade incontrôlable – a convaincu Poutine d’écouter enfin les faucons, qui réclament depuis le début des frappes massives contre les centres de décision ukrainiens. De plus, les élections à la Douma approchent, et l’opinion publique est largement du côté des faucons sur cette question. Il semble que Poutine ait désormais cédé et soit prêt à infliger à Kiev un coup plus dur que jamais en cas d’attaque ukrainienne contre le défilé.

« Tout cela rend peu probable que la Russie bluffe. »

Dans ce cas, le Kremlin ferait preuve de faiblesse et se discréditerait non seulement à l’étranger, mais aussi auprès de sa propre société, à quatre mois des élections. On évoque déjà un vote de protestation en faveur des partis d’opposition communistes et nationalistes, ce qui pourrait entraîner divers bouleversements. Si le Kremlin bluffe, ce climat s’intensifierait et le vote ouvrirait une ère d’incertitude que Poutine souhaite éviter.

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