Histoire et societe n’a jamais été le relais de ce que publiait l’Iran et le dit professeur Marandi, c’est sans doute la première fois que nous le faisons. Pourtant quand nous en sommes à un tel niveau de consensus politicien autour de la propagande made in USA, il devient nécessaire de faire entendre la voix de ceux qui résistent à ce fascisme et disent au moins une part fondamentale de la réalité, celle justement du refus de céder au nom de l’unité de leur nation et sa souveraineté… Ce fascisme qui nous est imposé avec le militarisme et la guerre est devenu l’ennemi commun parce qu’il s’est révélé tel en acceptant le génocide, la famine et l’inhumanité totale. Un fascisme qui ose porter le nom de démocratie, en organisant la confusion électoraliste entre nains se battant pour les places, des politicards divisant toujours plus les peuples et la classe ouvrière, les couches populaires pour nous condamner à l’inertie et aux célébrations sans contenu. Notez que l’Iran traite Macron et nos politiciens de « mouche à merde » ce qui malheureusement n’est pas une insulte gratuite mais dit bien ce à quoi nous sommes réduits internationalement aux dépens du peuple français et que l’on doit subir avec la violence de notre humiliation. (note et traduction de danielle Bleitrach)

Source : Youtube
Traduction : lecridespeuples.substack.com
Plan de l’entretien
- Le « Projet Liberté », un échec retentissant
- Les frappes sur les Émirats arabes unis
- La stratégie iranienne : de la guerre d’usure aux attaques préventives
- L’économie mondiale sous pression
- Vers une nouvelle « Révolution de couleur » en Iran ?
- Les négociations sur le nucléaire et les missiles
- Les relations Iran-Chine
- L’isolement des pétromonarchies du Golfe
Retranscription intégrale
JOURNALISTE : Bonjour à tous. Nous sommes aujourd’hui mardi 5 mai 2026, et notre cher ami, notre frère, le professeur Marandi, est parmi nous. Bienvenue à nouveau, professeur Marandi.
PROF. MARANDI : Merci beaucoup de m’accueillir. C’est toujours un grand plaisir.
- Le « Projet Liberté », un échec retentissant
JOURNALISTE : Comme vous pouvez le voir à l’écran, Pete Hegseth, le chef du Pentagone, a parlé de deux navires qui auraient pu passer par le détroit d’Ormuz.
PROF. MARANDI : Oui. Les États-Unis… Je pense que [le Projet Liberté annoncé par Trump pour rouvrir le Détroit d’Ormuz] était plutôt un test pour voir si les Américains pouvaient intimider l’Iran afin qu’il autorise le passage des navires. Et en gros, ce qui s’est passé, c’est que les Iraniens, d’un côté, tiraient des coups de semonce sur les navires américains. Mais en même temps, ceux-ci empêchaient les navires de quitter le détroit d’Ormuz, parce que les navires iraniens sont bloqués et que les États-Unis violent le cessez-le-feu, tant au Liban que dans le détroit d’Ormuz, dans la région du golfe Persique et dans le golfe d’Oman. Ainsi, les États-Unis veulent imposer un siège aux ports iraniens, mais permettre aux pays qui aident les États-Unis à attaquer l’Iran — c’est-à-dire les Émirats, le Koweït, l’Arabie saoudite, le Qatar et Bahreïn — d’utiliser leurs ports. Et cela est inacceptable pour l’Iran.
Le détroit d’Ormuz n’est pas fermé. Les navires chinois, russes, irakiens, ainsi que ceux liés à des pays qui n’ont été impliqués d’aucune manière dans cette guerre, peuvent le traverser. Bien sûr, pour les navires transportant des marchandises provenant de ces cinq régimes (arabes), il y a des complications. Ils négocient avec les Iraniens, mais en tout état de cause, ils ne sont pas interdits. Donc, ce que veulent faire les Américains, c’est ouvrir le détroit d’Ormuz aux navires de ces régimes complices de crimes contre l’Iran, tout en le gardant fermé aux Iraniens. C’est essentiellement cela. Et leur espoir était d’intervenir pour permettre à un certain nombre de grands pétroliers, de superpétroliers et de navires, de cargos, du genre de ceux que l’on voit en images, de très gros navires, de passer.
D’après ce que j’ai compris, il y a de petits navires qui passent par le détroit d’Ormuz du côté omanais, et ils sont vraiment minuscules. Les plus gros navires doivent donc passer par une autre voie… et ils sont facilement détectés, ils sont surveillés — les superpétroliers, les grands pétroliers, les cargos. Mais ensuite, il y a beaucoup de ces minuscules navires qui passent, en naviguant tout contre la côte d’Oman et passent parfois. C’est ce que j’ai compris. Et ce ne sont pas vraiment des navires importants. Ils sont comme… par exemple, l’un des navires que les États-Unis ont frappés hier soir : ils n’ont frappé aucun navire appartenant aux Gardiens de la Révolution. Aucun. Zéro. Ils ont frappé des bateaux de pêche et un petit cargo. C’est un navire — et c’est l’un de ces navires, un petit cargo — qui transportait, disons, des marchandises d’Oman vers l’Iran et vice-versa. Ils l’ont frappé et ont tué des civils. Il y a donc beaucoup de petits et minuscules navires qui n’ont aucune importance pour le commerce mondial. Ce ne sont pas des superpétroliers ni d’énormes cargos.
Seule une propagande atlantiste omniprésente empêche que l’on se rende compte de l’incroyable humiliation infligée par l’Iran aux Etats-Unis : Trump annonce le lancement de l’Opération Liberté pour rouvrir le détroit d’Ormuz, menaçant l’Iran du pire s’ils interviennent ; depuis l’Iran
“We have mutually agreed that, while the Blockade will remain in full force and effect, Project Freedom (The Movement of Ships through the Strait of Hormuz) will be paused for a short period of time to see whether or not the Agreement can be finalized and signed…” – President
Les États-Unis n’ont donc pas réussi à faire passer un seul superpétrolier ni un seul grand cargo. Mais peut-être qu’un de ces petits bateaux qui longeaient la côte d’Oman a pu passer, ce qui n’est pas anormal. Cela arrive. Comme je l’ai dit, par exemple, l’un des bateaux que les Américains ont frappé hier était un très petit cargo qui se déplaçait d’Oman, si je ne me trompe pas, vers l’Iran, faisant la navette entre ces deux pays. Les Américains n’ont donc pas réussi à frapper des vedettes rapides iraniennes. Ils n’apportent aucune preuve de cela. Les images qu’ils montrent sont celles d’un bateau transportant une cargaison, un bateau civil, et apparemment, ils ont également frappé quelques petits bateaux de pêche qui se trouvaient en mer. C’est ce que j’ai compris.
JOURNALISTE : Oui, il semble que cinq civils aient été tués…
PROF. MARANDI : C’est exact.
- Les frappes contre les Émirats arabes unis
JOURNALISTE : Et ce n’est pas tout : nous avons appris hier que l’Iran avait frappé trois navires commerciaux. Où se trouvaient-ils ? C’était aux Émirats arabes unis, vous savez, près des ports des Émirats arabes unis, ou quelque part au milieu, dans le golfe Persique.
PROF. MARANDI : Eh bien, je pense que l’un d’entre eux était… Je ne suis pas tout à fait sûr, mais il y en avait trois. Je ne sais pas si l’un d’entre eux se trouvait près de Ras Al-Khaimah ou près de Fujairah. Je ne suis pas tout à fait sûr. Je suis désolé. Je ne suis pas au courant des détails, mais ils ont bien frappé — trois navires ont été touchés — et, bien sûr, des bases à l’intérieur des Émirats ont été touchées et, comme nous le savons, Fujairah a été touchée, l’installation pétrolière qui s’y trouve a été touchée. L’Iran n’a pas ouvertement revendiqué la responsabilité des dégâts, mais la déclaration iranienne est un peu ambiguë. En tout cas, elle accuse les États-Unis d’être responsables de ce qui s’est passé, mais je ne sais pas trop s’ils veulent dire que ce sont les Américains qui ont fait ça ou que c’est simplement de leur faute si tout cela s’est produit.
Communiqué du ministères des affaires étrangères iranien rejetant les accusations émiraties, 5 mai 2026 Le ministère des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran, tout en condamnant les agissements destructeurs des dirigeants d’Abou Dhabi — notamment le maintien sur
Quoi qu’il en soit, les installations pétrolières émiraties ont subi des dégâts considérables. Trois navires ont été détruits. Et les Américains ne dévoilent pas l’identité des deux navires qui auraient réussi à passer, car cela n’aurait d’importance que s’il s’agissait de superpétroliers ou de grands cargos. Sinon, s’il s’agit d’un petit bateau transportant une faible quantité de marchandises, cela n’a vraiment aucune importance, car comme je l’ai dit, des bateaux — des petits bateaux — longent la côte d’Oman et traversent le détroit d’Ormuz.
JOURNALISTE : Et l’autre point concerne l’attaque iranienne contre un navire de guerre américain. D’après ce que nous avons appris par les médias, il s’agissait de deux missiles balistiques. S’agissait-il d’un avertissement, ou ont-ils tenté de frapper le navire de guerre ?
PROF. MARANDI : Je pense qu’il est assez clair que les Iraniens n’utilisent pas leurs armes les plus sophistiquées. Ils essaient d’amener les Américains et les Émiratis à épuiser leurs capacités militaires, leurs défenses aériennes. Les Iraniens ne veulent pas d’escalade. Ils sont très satisfaits de la situation actuelle. Ils contrôlent le détroit d’Ormuz. Les États-Unis ont de fait paralysé le commerce mondial. Ce sont les États-Unis qui créent une crise énergétique — Trump, Netanyahou et les États-Unis — et les Iraniens attendent que la pression s’intensifie sur Trump et sur le régime Trump pour qu’ils changent leur politique. Donc, pour l’Iran, les choses se passent très bien en ce moment. Ils ne souhaitent pas relancer le conflit. Ils veulent voir comment les choses vont évoluer dans les jours à venir.
🇮🇷⚡️🇦🇪 Le quartier général iranien Khatam al-Anbiya dément avoir ciblé les Émirats arabes unis : « L’Iran n’a mené aucune opération de missiles ou de drones contre les Émirats arabes unis ces derniers jours ; par conséquent, nous rejetons les informations émiriennes faisant état
JOURNALISTE : Un responsable émirati a tweeté hier que « le régime islamique en Iran regrettera le 4 mai tout comme le Hamas l’a fait après le 7 octobre. C’est une promesse. » Quelle est la réponse iranienne à ce genre de message de la part, vous savez, du gouvernement ou de ces responsables des Émirats arabes unis ?
PROF. MARANDI : Eh bien, les Émirats arabes unis ont aidé les États-Unis tout au long de l’agression contre l’Iran ; ils sont partenaires dans cette guerre et ils ont du sang — le sang de milliers d’Iraniens — sur les mains. Bien sûr, il en va de même pour le Koweït, Bahreïn, le Qatar et l’Arabie saoudite, mais la malveillance des Émirats est encore plus grande que celle des autres. Et à l’heure où nous parlons, ils accueillent un grand nombre de forces américaines qui ont été déployées dans la région — des forces terrestres préparées pour une éventuelle opération terrestre.
D’après ce que je comprends, les forces terrestres américaines — ces nouvelles forces qui ont été déployées avec beaucoup de matériel pour mener d’éventuelles frappes ou attaques contre les îles iraniennes et le continent — sont principalement basées aux Émirats, au Koweït et à Bahreïn. Les capacités aériennes se trouvent bien sûr davantage en Arabie saoudite que dans d’autres pays, et le Qatar joue également son rôle — les Américains au Qatar jouent aussi un rôle. Il y a donc une importante force de réserve, une forte présence militaire américaine aux Émirats en ce moment, prête à attaquer l’Iran.
Mais encore une fois, comme je l’ai dit, l’Iran n’est pas intéressé par une escalade car il estime que le temps joue en sa faveur. Chaque jour qui passe — chaque jour qui s’écoule — est un nouveau revers pour les États-Unis, car la pression sur l’économie mondiale s’intensifie. Les pays du monde entier veulent que les Américains mettent fin à cette situation. Le peuple américain — plus il est confronté à des difficultés économiques, plus il voudra faire pression sur le gouvernement. Et l’idée, le calcul, c’est qu’à l’heure actuelle, les prix élevés du pétrole et de l’énergie sont comme une fièvre. Mais le vrai problème est invisible, et les problèmes économiques mondiaux sont sur le point de devenir beaucoup plus visibles dans les jours à venir — dans un délai de 10 à 30 jours à compter d’aujourd’hui. Dans 10 à 30 jours, nous allons assister à une détérioration rapide de la situation économique mondiale.
Le Président iranien répond aux demandes de Trump que l’Iran se soumette : « Nous, les musulmans, nous nous sommes déjà soumis ; nous nous sommes soumis au Tout-Puissant, l’Élevé, et nul autre que Lui ne peut nous soumettre. Lors de mon appel téléphonique avec le Premier
Masoud Pezeshkian @drpezeshkian
نحن المسلمون قد خضعنا سابقا؛ خضعنا للقدير المتعال، ولا أحد غيره يستطيع أن يُخضعنا. في حديث هاتفي مع رئيس وزراء العراق، شددت على ضرورة أن تنصحوا المسؤولين الأمريكيين بسحب التهديد العسكري من منطقتنا؛ لأن أتباع المذهب الشيعي لا يمكن إجبارهم على الخضوع حتى بلغة القوة @AliFalihAlzaidy
JOURNALISTE : Hier, nous avons vu que l’armée iranienne et le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) ont publié ensemble une carte du détroit d’Ormuz comportant deux lignes — vers la partie orientale et vers la partie occidentale du détroit. L’une de ces lignes, qui se trouve à l’est du détroit, va vers ces deux ports à Fujairah — Khor Fakkan, si je ne me trompe pas sur le nom — les deux ports importants pour les Émirats arabes unis pour exporter leur pétrole. Et quelle est la politique de l’Iran en matière d’exportations de pétrole des Émirats arabes unis ? Car nous savons que les Émirats arabes unis ont quitté l’OPEP et l’OAPEC, l’organisation des producteurs de pétrole arabes, et qu’avec les pays du CCG, ils souhaitent vendre davantage de pétrole. Comment le gouvernement iranien perçoit-il cela ?
PROF. MARANDI : Eh bien, je pense qu’après ce qui s’est passé hier, ils ne vendront plus de pétrole avant un certain temps. Mais les Iraniens, en rendant publiques les zones qui seront sous leur contrôle autour du détroit d’Ormuz, je pense qu’il s’agit d’un message délibéré adressé aux Émirats et aux pays qui coopèrent avec eux, indiquant que ces deux ports émiratis sont sous contrôle iranien — du moins à distance — et que si des navires veulent entrer et sortir, en particulier à Fujairah, qui se trouve à l’extérieur du golfe Persique, ils devront obtenir une sorte d’autorisation des Iraniens. Il s’agit donc d’exercer une pression supplémentaire sur les Émirats. Rappelez-vous, les Émirats, en ce moment même — non seulement ils ont pris part à cette guerre, cette guerre qui se poursuit —, nous sommes en guerre contre les États-Unis. Il y a eu 39 jours de combats. Ensuite, les États-Unis ont poursuivi le siège, ce qui constitue un acte de guerre. Et nous avons constaté de nombreuses violations du cessez-le-feu par les Américains, y compris cette nouvelle soi-disant opération. Et les Émirats ont permis aux États-Unis d’amener un grand nombre de troupes, d’équipements, de moyens de défense aérienne et d’autres capacités. Des avions et des drones américains se trouvent aux Émirats. Les Émirats contribuent donc essentiellement à mener la guerre contre le peuple iranien. Ainsi, lorsque les Iraniens affirment que le port de Fujairah se trouve dans les limites de la région iranienne du détroit d’Ormuz, qui est sous supervision iranienne, je pense que c’est un message clair adressé aux Émirats et à quiconque travaille avec eux : vous ne pouvez pas utiliser ce port sans le consentement de l’Iran.
- La stratégie iranienne : de la guerre d’usure aux attaques préventives
JOURNALISTE : On a demandé aujourd’hui à Pete Hegseth : « Au cours des dernières 24 heures, l’Iran a tiré sur les États-Unis — le cessez-le-feu est-il rompu ? » Il a répondu : « Non, le cessez-le-feu n’est pas rompu. Il s’agit d’un projet distinct. » Professeur Marandi, comment l’Iran définit-il la situation actuelle avec les États-Unis ? S’agit-il d’une pause ? Quand on observe le niveau des moyens déployés — vous savez, la façon dont les avions de combat se déplacent dans la région, les avions ravitailleurs se déplacent dans la région — quelle est la perception de l’Iran ?
PROF. MARANDI : Eh bien, les Iraniens s’attendent à une attaque de grande envergure, et cela fait déjà un certain temps qu’ils s’y attendent. Je pense que la semaine dernière, lorsque nous nous sommes entretenus — à cette époque-là, on estimait qu’une attaque était très probablement imminente. Elle pourrait être imminente, et cette conviction persiste aujourd’hui.
Le fait que Hegseth et Trump soulignent tous deux que nous sommes toujours en cessez-le-feu — j’imagine que cela montre qu’ils sont inquiets, qu’ils sont prudents, ou qu’ils n’ont pas encore tout mis en place pour une attaque contre l’Iran. Cette opération particulière a été un échec, et tout ce qu’elle a fait, c’est tuer cinq innocents et un bateau — peut-être deux, mais peut-être un petit bateau — qui a peut-être longé la côte d’Oman. Mais comme je l’ai dit, cela n’aurait rien à voir avec les navires de la marine américaine, car cela arrive. De petits bateaux traversent. Pour l’Iran, ce sont les grands navires de charge, les superpétroliers et les grands pétroliers qui comptent. Ceux que l’on voit, quand on regarde les images du détroit d’Ormuz, tous ces navires, ou dans le golfe Persique, amarrés dans le golfe Persique — ce sont ceux-là qui comptent. Les petits bateaux, comme celui que les Américains ont frappé, n’ont aucune importance dans le commerce mondial.
Mais nous verrons bien. Je veux dire, une attaque pourrait avoir lieu ce soir, elle pourrait avoir lieu demain. Les Iraniens sont en état d’alerte maximale, et il est évident que Hegseth ne pourra faire passer aucun superpétrolier ni aucun grand cargo par le détroit d’Ormuz. C’était un coup d’éclat, ou un test, et je pense que c’était probablement plus un test qu’autre chose — les États-Unis voulaient voir si les Iraniens se laisseraient intimider ou non, et si l’Iran les laisserait faire cela ou non. Et les Iraniens ont clairement montré qu’ils ne le feraient pas. Ils ont causé des dégâts importants aux navires. Trois navires ont été touchés, et bien sûr les installations pétrolières de Fujairah ont été touchées, et apparemment des bases aux Émirats ont été touchées par des drones et des missiles. Cette opération s’est donc avérée très coûteuse pour les États-Unis, qui ont mobilisé une grande partie de leurs systèmes antimissiles et anti-drones contre ces missiles et drones iraniens bon marché, car les Iraniens n’utilisent pas de technologies de pointe contre eux. Ils réservent cela pour le moment où — si — une nouvelle escalade majeure se produirait.
kamal sharaf كمال شرف @kamalsharf
كاريكاتير
JOURNALISTE : L’Iran va-t-il recourir à une sorte d’attaques préventives ? Car nous n’avons jamais vu cela auparavant. Et l’attaque contre les Émirats arabes unis et ces ports aux Émirats arabes unis nous fait penser, d’une certaine manière, que l’Iran est peut-être en train de changer de stratégie, en optant pour une sorte d’attaques préventives lorsqu’il estime que les États-Unis s’apprêtent à attaquer l’Iran.
PROF. MARANDI : Oui. On pourrait le dire. Je veux dire, ce ne serait pas préventif au sens strict du terme, car les Émirats nous ont fait la guerre — ils nous ont fait la guerre pendant 39 jours et ils coopèrent et aident les Américains à se préparer à la poursuite de cette guerre. Mais si l’on tient compte de cela, oui, il est tout à fait possible que ce soit le signe que l’Iran ne va pas nécessairement attendre que les Américains lancent une frappe, et qu’il frappera le premier. C’est possible. Car même si les Iraniens n’ont pas ouvertement revendiqué la responsabilité de ce qui s’est passé aux Émirats arabes unis, le fait est que ces derniers ont été touchés par des drones et des missiles, et que les dégâts causés sont très importants. Et le fait que l’Iran ait déclaré que son autorité sur le détroit d’Ormuz s’étendait jusqu’à l’entrée des ports que vous avez mentionnés — cela envoie un message très fort aux Émirats et, bien sûr, par extension, aux États-Unis.
Car, vous savez, encore une fois — nous en avons déjà longuement parlé —, s’il y a une guerre, l’Iran frappera évidemment très durement le régime israélien et il frappera très durement les Américains. Mais ces pays — ainsi que le régime jordanien — font partie de cette guerre. Ils n’en sont pas exclus. Ils sont des partenaires à part entière dans les hostilités. Ils ont contribué à tuer des enfants iraniens. Ils ont contribué à tuer des femmes iraniennes. Ils ont contribué à assassiner des travailleurs iraniens. Ils ont contribué à détruire des installations pétrolières, gazières et pétrochimiques iraniennes. Ils n’ont donc aucune raison de se plaindre (de frappes de représailles). Quant aux Émirats, c’est un tout petit régime — 1,2 million de citoyens. Ils ne sont pas en mesure de proférer des menaces contre l’Iran. S’ils étaient intelligents, eux et les quatre autres pays, ils se réuniraient et déclareraient aux États-Unis qu’ils ne peuvent plus utiliser leur territoire, leur mer ou leur espace aérien pour attaquer l’Iran. S’ils faisaient cela, il n’y aurait pas de guerre, car sans eux — sans ces cinq pays — les États-Unis, d’un point de vue logistique — et la Jordanie aussi — mais juste ces cinq pays : sans ces cinq pays, les États-Unis ne peuvent pas, d’un point de vue logistique, mener une guerre contre l’Iran. C’est tout simplement impossible.
- L’économie mondiale sous pression
JOURNALISTE : En regardant la région aujourd’hui, quelle est l’évaluation de la part des Iraniens ? Pensent-ils que l’administration Trump va les attaquer ? Ou ont-ils le sentiment que quelque chose d’autre pourrait éviter cela ? Avec la question de la météo, avec la question des usines de dessalement, avec la question de nous avons appris hier dans le Financial Times que l’influence de la guerre contre l’Iran sur l’approvisionnement en pétrole sur le marché n’a pas d’équivalent dans l’histoire. C’est incroyable de voir à quel point la situation dans le détroit d’Ormuz influence l’approvisionnement en pétrole partout dans le monde. Et c’est le problème actuel. C’est pourquoi Donald Trump subit une telle pression à cause de cette affaire, à cause de l’affaire iranienne. Et quelle est l’évaluation de la part des Iraniens ?
PROF. MARANDI : Eh bien, nous savons tous qu’il existe un écart considérable entre le prix du pétrole affiché sur les sites web et celui du marché au comptant, qui est bien plus élevé. Et tout cela relève de la manipulation. Et il ne s’agit même pas du pétrole. Il s’agit du gaz naturel. Il s’agit du GNL. Il s’agit des engrais. Il s’agit de tous les produits pétrochimiques et de nombreux produits raffinés provenant du golfe Persique. Et bien sûr, avec l’attaque contre les Émirats arabes unis, le marché va devenir encore plus tendu, car les exportations limitées qu’ils pouvaient effectuer ont désormais pris fin. Mais il y a aussi l’hélium et toutes sortes de produits qui n’existent plus ou qui ne proviendront plus de la région du golfe Persique. Et on estime — comme je le disais tout à l’heure — que d’ici 10 à 25 ou 30 jours, les vrais problèmes, la véritable crise, commenceront à se manifester partout dans le monde : les chaînes d’approvisionnement seront perturbées, la production industrielle dans différents secteurs commencera à être perturbée, et des pénuries de carburant — pas seulement des prix plus élevés, mais de véritables pénuries — commenceront à se faire sentir. Et les Iraniens attendent simplement, car ce sont les Américains qui ont provoqué cette situation, et ce sont Netanyahou et le régime israélien qui l’ont provoquée. Et les Iraniens restent en retrait.
Ainsi, Hegseth peut se présenter devant un public et prétendre qu’il a mené cette énorme opération, ce qui ne signifie rien. Et pendant ce temps, la situation ne fait qu’empirer pour les États-Unis. Les Émirats arabes unis — leurs exportations de pétrole sont tombées à zéro, d’après ce que j’ai compris. Et trois navires ont été gravement endommagés — l’un d’entre eux, je crois, a été complètement détruit. Ce n’est pas bon pour les États-Unis. Et bien sûr, Trump se rend en Chine dans moins de 10 jours, et le ministre iranien des Affaires étrangères, comme vous le savez, est en route pour Pékin. Je pense donc que dans les prochains jours, il lui sera très difficile de mener une attaque contre l’Iran. Cela ne fera pas très bonne impression. Et comme vous l’avez évoqué il y a quelques instants, le temps va se dégrader considérablement après le retour de Trump de Chine, au milieu du mois de mai. Je crois qu’il y sera les 14 et 15. C’est à ce moment-là que le temps dans la péninsule arabique commence à devenir très chaud très rapidement. Et j’ai discuté avec plusieurs hauts responsables militaires — pas iraniens, en fait, sur ces questions, mais américains, vous savez, d’anciens responsables, comme nos amis communs qui étaient dans l’armée — et ils reconnaissent qu’il sera très difficile pour les troupes au sol d’intervenir, et de manière générale pour les troupes de participer à une guerre par une telle chaleur.
Et il faut se rappeler que la guerre visant à chasser les forces de Saddam du Koweït a eu lieu plus tôt dans l’année, au printemps, et que l’invasion de l’Irak, qui a suivi, s’est également déroulée au printemps, alors que le temps était clément. Le temps se réchauffe de jour en jour, et d’ici au retour de Trump de Pékin, la chaleur et l’humidité vont augmenter très rapidement. Ce ne sera donc pas une période favorable pour les États-Unis. Et chaque jour qui passe la crise s’intensifie, la crise économique mondiale s’intensifie. Ainsi, alors qu’ils parlent de leur brillant siège des ports iraniens — dont on peut débattre et discuter du succès —, alors qu’ils s’en réjouissent, en réalité ils se causent plus de tort qu’à l’Iran. Et le temps ne joue pas en leur faveur. Et les Iraniens sont bien plus résistants, comme nous l’avons vu pendant la guerre des 39 jours. Et si les Américains réussissaient réellement leur siège de l’Iran, alors ce genre de fausses opérations ne serait pas nécessaire. Tout ce que Trump aurait à faire, c’est de s’asseoir, de se détendre et d’attendre que l’Iran s’effondre, et ce serait fini. Mais de toute évidence, ces tentatives stupides — ces opérations stupides — sont le fruit du désespoir. Elles sont motivées par le désespoir — parce qu’ils savent que le temps ne joue pas en leur faveur.
- Vers une nouvelle « Révolution de couleur » en Iran ?
JOURNALISTE : Hier, Donald Trump a déclaré dans une interview qu’il souhaitait armer le peuple iranien pour qu’il fasse le travail à la place des États-Unis, car il estime que — il avait déjà dit avoir envoyé beaucoup d’armes aux Iraniens, mais il pense aujourd’hui que ces armes ne sont pas parvenues en Iran entre les mains du peuple iranien. Et si l’on se souvient — lors de l’attaque dans le sud d’Ispahan — le général Caine a déclaré : « Tout le monde en Iran tirait sur nous ». Et qu’est-ce que cela signifie ? Donald Trump ignore-t-il simplement les faits de ce qui s’est passé dans le sud d’Ispahan ?
PROF. MARANDI : Eh bien, vous savez, comme vous le soulignez à juste titre, il admettait en substance que tous ceux qui pouvaient tirer sur les Américains le faisaient. Et cela montre — c’est un aveu de la position du peuple iranien — qu’il se range du côté de la République islamique d’Iran, de la Constitution, des forces armées et du Guide. C’est clair. C’est un aveu ouvert. Les médias occidentaux n’aiment pas s’attarder là-dessus car cela ne sert pas leur discours, car les médias occidentaux appartiennent aux mêmes personnes qui contrôlent le gouvernement et les généraux.
Général américain Caine : « Chaque Iranien qui avait un petit pistolet tirait sur nous. » Ça, ça vous dit que le peuple iranien ne voit pas les États-Unis comme des « libérateurs ». Ils voient les États-Unis comme des envahisseurs, c’est pourquoi ils tirent tous sur les avions
Power to the People ☭🕊 @ProudSocialist
US General Caine: « Every Iranian who had a small gun was shooting at us. » This right here tells you the Iranian people don’t view the US as “liberators.” They view the US as invaders which is why they’re all shooting at the US aircraft that are invading & bombing their country.
Mais d’un autre côté, quand Trump parle d’envoyer des armes en Iran, il parle en fait de terrorisme. Et c’est ce qui s’est passé lors des manifestations qui ont été suivies par une insurrection armée n’ayant rien à voir avec les manifestations. Les manifestations que nous avons vues auparavant, avant la guerre — où les Américains et les Israéliens ont fourni des armes — et de nombreuses armes avaient été fournies bien avant. Je veux dire, les armes qu’il a envoyées aux groupes terroristes kurdes dans le nord de l’Irak n’étaient qu’une partie de ces armes. C’étaient les armes qui arrivaient plus tard, mais beaucoup d’armes avaient déjà été distribuées à ces groupes terroristes, qui ont lancé ces assauts contre des commissariats et des bases militaires et massacré des centaines de policiers, d’agents de sécurité et de volontaires, et, bien sûr, quelques milliers de citoyens ordinaires sont morts à cause de cette insurrection armée.
Le New York Times a confirmé qu’Israël a joué un rôle dans le déclenchement des violentes émeutes pour un changement de régime qui ont fait environ 3000 morts en Iran les 8 et 9 janvier derniers, mais qui ont été présentées en Occident comme des manifestations pro-démocratie. Le
Max Blumenthal @MaxBlumenthal
NY Times has essentially confirmed that Israel played a role in stimulating the violent regime change riots that left around 3000 dead in Iran this January 8 and 9, but which were marketed in the West as pro-democracy protests. It was well understood by the Mossad that those
Donc, en gros, ce que les médias occidentaux ont présenté comme des manifestants pacifiques était en réalité une insurrection armée. Les médias occidentaux le savent. Les élites occidentales le savent. Ils le savent tous. Ils ont vu les images — leurs propres élites l’ont admis. Trump l’a admis. La chaîne 14 en Israël a été très claire à ce sujet. Pompeo en a parlé ouvertement. Nous savons tous ce qui s’est passé. C’était une insurrection armée.
À Ispahan, les Iraniens font leurs adieux à Anila. Elle avait 8 ans. Tuée par des émeutiers armés et « les agents du Mossad qui marchaient à leurs côtés » (ce sont les mots de Mike Pompeo, ex-directeur de la CIA sous Trump, pas les miens).
COMBATE |🇵🇷 @upholdreality
Iranians in Isfahan say goodbye to Anila. She was 8. Killed by armed rioters and ‘the Mossad agents who walked beside them’ (Pompeo’s words, not mine)
Le président Trump — ce qu’il dit en substance maintenant, c’est que nous voulons poursuivre les activités terroristes en Iran et que nos terroristes tuent davantage d’Iraniens. Pourquoi veut-il cela ? Parce qu’ils ont échoué. Ils ont échoué sur le champ de bataille. Ils ont échoué dans leur guerre contre l’Iran. Ils ont échoué à imposer un siège au peuple iranien. C’est un échec après l’autre. Ils ont échoué dans la guerre des 12 jours. Ils ont échoué, vous savez, du début à la fin. Tout a été un échec. Et les gens le voient. Même pendant cette insurrection armée, les gens sont bien plus conscients de ce qui s’est réellement passé qu’ils ne l’étaient il y a quelques années, car nous avons vu comment ils ont été touchés lors des émeutes « Femme, Vie, Liberté », et les mensonges qu’ils ont répandus au sujet de Mahsa Amini, prétendant qu’elle avait été torturée et assassinée — ce qui n’était que des fausses nouvelles. Elle n’a pas été battue. Elle n’a pas été blessée. Les images l’ont toutes montré. Elle souffrait d’un problème cardiaque depuis son enfance.
Oui, ils l’ont retenue — ce qui n’était pas nécessaire — et c’est une autre histoire. Mais les médias occidentaux en langue persane ont inventé un récit et les médias occidentaux ont bien sûr joué le jeu, ils ont poussé les gens à descendre dans la rue, puis leurs terroristes ont fait la même chose. Ils sont sortis et ont déclenché des violences — pas à l’échelle de ce que nous avons vu cette fois-ci, mais quand même — et alors beaucoup de gens à travers le monde ont plus facilement cru à ce récit.
À VOIR ABSOLUMENT : comment des bandes armées et des terroristes, soutenus par des agents du Mossad, ont exploité les griefs économiques légitimes des Iraniens.
A MUST-WATCH on how armed gangs and terrorists, backed by Mossad agents, exploited the legitimate economic grievances of Iranians Follow https://t.co/B3zXG74hnU
Mais cette fois-ci — parce qu’après Gaza, après le génocide à Gaza, les yeux des gens se sont ouverts. Beaucoup de gens ont donc vu clair dans la propagande des émeutes d’il y a quelques mois. Le secrétaire américain au Trésor lui-même a déclaré ouvertement que nous avions fait chuter le rial pour que les gens descendent dans la rue. Nous savons tous que lorsque les gens sont descendus dans la rue, ils n’étaient pas très nombreux, mais il n’y a pas eu de violence, il n’y a pas eu d’arrestations. Puis, après quelques jours de manifestations pacifiques — pour lesquelles le gouvernement a reconnu le droit de manifester — et en raison de la chute du rial, ces émeutiers et ces émeutiers armés se sont impliqués, et nous avons alors connu deux jours de violents affrontements à cause de leur insurrection armée. Il y avait eu quelques affrontements auparavant, mais ces deux jours ont été particulièrement violents. Les gens ont donc vu clair dans ce jeu. Et plus personne ne croit à la propagande.
Tout comme en Syrie — les gens ont pris conscience de la réalité de ce qui s’est passé en Syrie. Ils savent que la Résistance avait raison à l’époque. Beaucoup de gens, à l’époque, croyaient à la propagande. Mais aujourd’hui, les événements qui se sont produits et la prise de conscience qui s’est répandue à travers le monde — à l’exception de ceux qui veulent s’obstiner à fermer les yeux, ou de ces factions salafistes et wahhabites —, en ce moment même, dans le monde arabe, alors que les Iraniens frappent les Émirats, on voit les gens dans la rue et les Arabes ordinaires acclamer ces frappes. Seuls ceux qui sont à la solde de ces dictatures les soutiennent, ainsi que ces wahhabites et ces salafistes qui sont à leur solde — les mêmes takfiris qui ont contribué à la création de Daech, d’Al-Qaïda et de tous ces autres groupes. Le monde arabe ne soutient donc pas ces régimes. Les gens à travers le monde ne croient plus aux récits occidentaux.
Sur le champ de bataille, ils ont échoué. Et dans le siège, ils ont échoué. Donc, vous savez, pour l’Iran — malgré la douleur, malgré la souffrance — parce qu’après tout, ils ont bombardé des usines pharmaceutiques, ils ont bombardé nos hôpitaux et nos écoles. Ils ont massacré des enfants. Ils ont causé beaucoup de dégâts aux maisons, aux immeubles d’habitation. Ils ont assassiné de nombreuses familles dans des immeubles. Tout cela mis à part, la douleur est bien là. Le siège a bien sûr aussi un impact négatif. Mais les Iraniens savent qu’ils sont en train de gagner cette guerre.
- Les négociations sur le nucléaire et les missiles
JOURNALISTE : Le Wall Street Journal a rapporté que Trump semblait assouplir sa position sur le programme de missiles de l’Iran, car on lui a demandé — à Donald Trump — de limiter le programme de missiles balistiques de l’Iran. Et ce qu’il a répondu, c’est : « Écoutez, les missiles, c’est mal, mais le problème, c’est qu’ils ne doivent pas avoir d’arme nucléaire. » Est-ce qu’il nous manque quelque chose dans les négociations ? Car, pour autant que nous le sachions, il n’est pas question de missiles balistiques, et personne en Iran ne négocierait quoi que ce soit en rapport avec le programme de missiles balistiques iranien. D’un autre côté, ce que nous avons appris hier — le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré que même le programme nucléaire iranien n’est pas à l’ordre du jour des négociations pour le moment, car il y a beaucoup d’autres conditions ou conditions préalables à prendre en compte.
PROF. MARANDI : Oui. Je… tout d’abord, nous n’avons pas affaire à des gens sensés. Nous n’avons pas affaire à des gens normaux. Si Hegseth et Trump étaient normaux — s’ils n’étaient pas des psychopathes qui sont aussi des fous — je dirais que ce sont là deux déclarations importantes. Le fait que Hegseth dise que non, nous sommes toujours en cessez-le-feu, et que Trump dise que, vous savez, les missiles ne sont pas un problème — je dirais que c’est un signe qu’ils sont inquiets et qu’ils ne veulent pas d’escalade. Mais comme il s’agit de Hegseth et de Trump, et que Trump est profondément influencé par — je ne pense pas que cette interprétation soit valable. Je veux dire, je ne pense pas qu’on puisse accorder trop d’importance à cette interprétation. N’est-ce pas ?
Terrifiante réalité. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth passe en direct à la télévision et qualifie explicitement la guerre contre l’Iran de croisade chrétienne. Il assimile le pilote abattu à Jésus-Christ, en citant le Vendredi saint et une résurrection le dimanche. Le
Furkan Gözükara @FurkanGozukara
Terrifying reality check. Secretary of Defense Pete Hegseth goes on live TV and explicitly frames the Iran war as a Christian crusade. He equates the downed pilot to Jesus Christ, citing Good Friday and a Sunday resurrection. The Pentagon is run by an apocalyptic cult!
3:08 PM · Apr 7, 2026 · 430 Vues
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Donc, en temps normal, on pourrait dire que c’est un signe intéressant indiquant que Trump essaie en quelque sorte de faire marche arrière progressivement. Mais vous savez, c’est Trump, donc il peut dire une chose aujourd’hui et demain, il dira : « Je veux que tous les missiles soient détruits. » Vous savez, il pourrait — dans deux heures, on pourrait avoir un message sur Truth Social disant que non seulement les missiles, mais aussi toutes les armes de poing en Iran doivent être remises. Qui sait ce qu’il va faire — après-demain, il pourrait dire : « Je veux anéantir la civilisation iranienne, je veux exterminer tous les enfants en Iran. » Ce sont des fous. On ne peut donc pas vraiment faire de calculs.
Oui, vous avez raison, les Iraniens ne vont pas négocier sur le programme nucléaire. Nos négociations portent sur un cessez-le-feu, puis sur un accord de paix. Quant à savoir si nous y parviendrons, ce n’est pas vraiment notre problème, cela dépend des Américains. Mais nous resterons inébranlables jusqu’à ce que nous obtenions ce que nous voulons. Et au final, les Américains et la plus grande erreur de calcul de Netanyahou — je veux dire, les opposants à Netanyahou et à Trump parmi les fanatiques, vous savez, la secte sioniste — devraient crier haut et fort que ces deux personnes et leurs soutiens ont rendu l’Iran bien plus puissant, car aujourd’hui l’Iran contrôle le détroit d’Ormuz et l’Iran continuera de contrôler le détroit d’Ormuz. Et nous verrons demain, après-demain, si des centaines de pétroliers passent ou non. Si des centaines de navires passent demain — des superpétroliers et des cargos —, alors Hegseth a raison. Si des centaines de pétroliers, de superpétroliers et de cargos ne passent pas, alors Hegseth peut faire semblant autant qu’il veut. Il a échoué et il continuera d’échouer. Mais le temps ne joue pas en leur faveur.
Peut-être — peut-être, je veux dire, quand on prend en compte que le temps ne joue pas en leur faveur, qu’ils ont perdu, qu’ils sont en train de perdre la guerre — alors, si l’on considère Trump comme une personne normale, Hegseth comme une personne sensée, on pourrait dire : eh bien, peut-être veulent-ils faire discrètement marche arrière, vous voyez, en soulignant que — Trump a également souligné, je crois, que le cessez-le-feu est toujours en vigueur, et en ajoutant que, eh bien, parce qu’avant, il parlait de détruire le programme de missiles de l’Iran — maintenant, il tient un discours différent. Donc, dans des circonstances normales, avec un dirigeant normal — aussi sinistre soit-il —, on pourrait dire qu’il y a peut-être quelque chose à en tirer. Mais comme il s’agit de Trump, je préfère ne pas y voir plus que ce qu’il y a. Il faudra attendre de voir.
- Les relations Iran-Chine
JOURNALISTE : Vous avez mentionné le déplacement du ministre iranien des Affaires étrangères en Chine. Quels sont actuellement — vous savez — les rapports entre l’Iran et la Chine, et quels sont les principaux objectifs de ce voyage et de cette visite de la part du ministre iranien des Affaires étrangères ?
PROF. MARANDI : Eh bien, de toute évidence, les relations irano-chinoises sont plutôt bonnes. Je ne pense pas que ce soit un secret. Et son voyage en Chine intervient juste avant la visite de Trump. Je pense qu’il y a manifestement un lien évident. Les deux parties discuteront probablement du voyage de Trump. J’imagine que Trump a envoyé des messages à la Chine au sujet du détroit d’Ormuz et de la guerre avec l’Iran. Nous verrons donc ce qui se passera. Mais les relations entre les deux parties sont plutôt bonnes.
Les Chinois sont manifestement très en colère contre les Américains pour toute une série de raisons — vous savez — la guerre commerciale, mais aussi le fait que les États-Unis ont renversé le gouvernement au Venezuela et retiennent le président en otage, et maintenant ils ont assassiné des dirigeants iraniens et mènent une guerre contre l’Iran. Et les États-Unis ont provoqué cette crise économique qui perturbe les affaires et le commerce mondiaux, et la situation va très vite empirer considérablement. Et en fait — encore une fois, je ne suis pas économiste — et quand je dis que d’ici dix jours à environ un mois, la situation va empirer considérablement — c’est ce que disent les économistes. Des personnes en qui j’ai confiance et des personnes que vous connaissez aussi — c’est ce qu’elles disent. Et cela signifierait en gros qu’au moment du voyage de Trump — au moment où il se rendra à Pékin — ce sera à peu près le moment où la détérioration de la situation deviendra beaucoup plus visible dans l’économie mondiale. Ce serait donc peut-être le moment où la Chine pourrait faire pression sur Trump pour mettre fin à cette guerre idiote et criminelle. Qui sait ? Ce serait peut-être le cas.
Mais encore une fois, les Iraniens ne feront pas de compromis sur la souveraineté. Ils ne feront pas de compromis sur leur programme nucléaire. Ils ne feront pas de compromis sur (l’Axe de) la Résistance. Ils sont en position de force. Donc Trump va… s’il doit y avoir une réelle avancée, elle devra venir du côté américain, pas du côté iranien. Mais bien sûr, nous savons — et je suis presque sûr que Trump ne veut pas poursuivre cette guerre. J’en suis presque certain. Je pense que toute cette opération insensée à laquelle nous avons assisté hier était une sorte de tentative désespérée pour peut-être trouver une solution, afin de ne pas avoir à mener une guerre. Mais vous savez, ce sont les mêmes personnes qui ont provoqué cette guerre — comme l’a dit Joe Kent, cette guerre a commencé à cause du régime sioniste, elle a commencé à cause du lobby sioniste — vous savez, il a dit cela il y a moins de deux mois environ. Le monde n’a pas tellement changé. On peut donc supposer que le lobby sioniste et le régime israélien continuent de vouloir la guerre.
La seule différence ici — et je veux rester un peu prudent —, la seule chose qui pourrait changer la situation, c’est si l’économie américaine et la situation du gouvernement américain devenaient si mauvaises qu’ils devaient choisir — qu’ils soient contraints de choisir — entre leurs propres intérêts et le régime israélien. Ce n’est qu’alors qu’il pourra y avoir un changement. En d’autres termes, si cela ne suffit pas, les États-Unis sacrifieront leurs intérêts au profit du régime israélien. Comme nous l’avons vu, ils sacrifient actuellement leur peuple, leur économie, leur statut dans le monde, leur position sur la scène internationale — au profit du régime israélien. C’est clair comme de l’eau de roche. Mais si la situation en arrive à un point où cela devient dangereux pour les États-Unis, alors il pourrait y avoir une divergence. Les États-Unis pourraient alors dire : « Eh bien, vous savez, nous avons aussi d’autres priorités. » C’est ce que, selon moi, les Iraniens espèrent.
- L’isolement des pétromonarchies du Golfe
JOURNALISTE : Voyez-vous une sorte de changement s’opérer dans les pays du CCG (Conseil de Coopération du Golfe) suite à la décision des Émirats arabes unis ? Car en ce qui concerne l’Europe, vous vous souvenez du cas de l’Ukraine : la politique étrangère est essentiellement définie par l’OTAN. Mais d’une certaine manière, on voit ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient, et les divergences remontent à la surface. Que se passe-t-il dans les pays du CCG ? Qui décide des politiques de ces États du golfe Persique ?
PROF. MARANDI : Eh bien, tous ces régimes sont liés aux États-Unis, et à l’heure où nous parlons, les États-Unis utilisent leur territoire pour préparer une attaque contre l’Iran — une attaque de grande envergure. Bien sûr, les États-Unis manquent cruellement de munitions. C’est évident. Mais ils ont apporté beaucoup de matériel pour des opérations terrestres. Ils sont tous basés dans ces cinq pays, ainsi qu’en Jordanie, et bien sûr le régime israélien — cela va sans dire. Ils sont donc tous dans le même bateau à cet égard.
Mais les Émirats sont différents des autres, comme vous l’avez souligné. Non seulement ils ont quitté l’OPEP, mais ils ont également quitté l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP). Leurs relations avec les autres pays arabes ne sont pas bonnes — comme nous l’avons vu, avec les tensions récentes avec l’Arabie saoudite. Mais en général, ils sont méprisés dans tout le monde arabe car ils sont considérés comme — en quelque sorte — le partenaire subalterne du régime israélien. Vous savez, leur comportement en Somalie, leur comportement au Yémen, leur soutien au génocide contre le peuple soudanais — leur rôle dans toute la Corne de l’Afrique et dans toute la péninsule arabique — est quelque chose que tout le monde voit. Il y a donc une haine particulière envers la famille régnante dans toute la région et au-delà, en raison de ses relations extrêmement étroites avec le régime sioniste. Non seulement il y a des vols directs, non seulement il y a toujours un grand nombre d’Israéliens aux Émirats, mais il y a aussi des Israéliens — le Mossad est là, des soldats israéliens sont là, des officiers de la défense aérienne du régime israélien sont là. C’est une alliance avec un régime qui est — et même la déclaration que vous avez lue, où il est dit « tout comme le Hamas après le 7 octobre » — qui revient en gros à se présenter comme des Israéliens. Je veux dire, que tous les Arabes ou tous les musulmans apprécient le Hamas ou non, la manière dont cette déclaration est formulée est inacceptable, même pour ceux qui critiquent le Hamas. Même ceux qui critiquent la Résistance en Palestine — parce qu’ils décrivent la situation d’un point de vue sioniste, selon une vision sioniste du monde.
Je ne sais pas si je me fais bien comprendre. Donc dire cela, c’est hors de propos. Beaucoup de gens soutiennent peut-être le Hamas. Vous savez, mon opinion sur le Hamas : je crois que leur Résistance est tout à fait légitime. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de personnes au sein du Hamas qui ont commis des erreurs ou peut-être des crimes. Cela arrive partout. Des policiers dans certains pays peuvent commettre des crimes, mais cela ne signifie pas que la police en général soit illégitime. Quoi qu’il en soit, certains peuvent critiquer le Hamas ou s’y opposer, mais la manière dont ils parlent du 7 octobre est très claire. C’est très clair. Ils s’expriment d’un point de vue sioniste.
Et cela montre simplement où se situe le régime des Émirats arabes unis. Il est complètement isolé à cet égard. Il ne bénéficie d’aucun soutien ni d’aucun respect de la part de la majorité de l’opinion publique — seulement de la part de ces salafistes et wahhabites, et de ceux qui sont à leur solde. Et bon nombre de ceux qui sont peut-être à la solde des Émirats — ou du Qatar, qui a un grand nombre de personnes à sa solde — ainsi que des Saoudiens — soutiennent peut-être les Émirats en ce moment, mais l’opinion publique ne le fait pas.
JOURNALISTE : Merci beaucoup, professeur Marandi, d’être avec nous aujourd’hui. C’est toujours un grand plaisir.
PROF. MARANDI : Merci beaucoup de m’avoir invité. C’est toujours un grand plaisir d’être dans votre émission.
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