L’envoyé spécial sans portefeuille c’est celui qui a proposé à la FIFA de mettre à la place de l’Iran l’Italie qui n’avait pas réussi à se sélectionner puisque Trump l’exigeait. Un ancien chasseur de mannequins d’origine étrangère est devenu le visage public de 80 milliards de dollars d’accords internationaux. Son titre : Envoyé spécial pour les partenariats mondiaux. Ce rôle n’a jamais été défini publiquement. La plupart des Américains n’ont jamais entendu parler de Paolo Zampolli. Ce fondateur d’agence de mannequins d’origine italienne, âgé d’une cinquantaine d’années, vit à New York depuis le début des années 1990.… Ce personnage est bien sur un des individus de l’affaire Epstein mais il en révèle l’autre aspect clé celui qui utilise les liens avec l’Etat et le pouvoir pour favoriser les fortunes personnelles de personnages hauts placés et sont à ce titre intouchables. La corruption est le ressort plus secret mais tout aussi fondamental du fonctionnement du système de pouvoir qui unit Trump aux cercles démocrates, à des élites européennes, à la couronne d’Angleterre et aux paradis fiscaux sous protection de la city de Londres. A ce titre là il n’y a rien d’étonnant d’y retrouver des îlots des Caraïbes mêlés à l’Ukraine et à Israël qui bien sûr grâce au prévaricateur qu’est Netanayoun se retrouve celui dont les « pêchés » sont aisément caricaturés mais il y a également la mafia de Miami et Marco Rubio et les évangélistes. Quand Trump devient caricatural en revendiquant être un pirate, il ne fait que rassembler l’ensemble du système à la mode d’hollywood… mais voyez plus tôt cette enquête sur le personnage chargé de négocier et face auquel se retrouvent les professionnels que sont les soviétiques ou les Iraniens. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireet societe)

Paolo Zampolli et Moshe Reuven Azman, grand rabbin d’Ukraine
Dans les années 2000 et 2010, Zampolli évoluait à la croisée du mannequinat new-yorkais, de l’immobilier et des mondanités. Son nom apparaissait des dizaines de fois par an dans la rubrique Page Six, souvent aux côtés des mannequins que représentaient ses agences. Parmi ses relations d’affaires privées durant cette période figurait Jeffrey Epstein, qui soutenait son agence ID Models et était associé à sa tentative infructueuse de rachat d’Elite Model Management en 2004. Il a progressivement acquis des titres diplomatiques, principalement auprès de petits pays des Caraïbes : ministre-conseiller à la mission de la Dominique auprès de l’ONU en 2011, ambassadeur de la Dominique en 2013, représentant spécial de Saint-Kitts-et-Nevis et ambassadeur itinérant de Grenade.
Il ne s’agit pas de titres diplomatiques américains. Ce sont des nominations gouvernementales étrangères que de petits États caribéens accordent à des étrangers fortunés ayant les moyens et la volonté de les représenter aux Nations Unies. La Dominique, Saint-Kitts-et-Nevis et la Grenade proposent des programmes de citoyenneté par investissement qui vendent des passeports à des ressortissants étrangers, et leurs ambassadeurs à l’ONU sont, depuis des décennies, considérés comme des nominations honorifiques accordées à des personnalités sans aucun lien avec le pays qu’ils sont censés représenter. Ces titres confèrent le titre d’ambassadeur, l’accès d’un diplomate accrédité à l’ONU et la légitimité sociale d’un homme d’État, sans la vérification des antécédents, la formation ni la responsabilité institutionnelle qui caractérisent un ambassadeur américain.
En 2020, Trump a nommé Zampolli au conseil d’administration du Kennedy Center. Il était un habitué de Mar-a-Lago. Jusqu’au 11 mars 2025, ce poste au Kennedy Center était son seul titre au sein du gouvernement américain.
Le 11 mars 2025 à 17h42, Donald Trump a publié le message suivant sur Truth Social :

Au cours des sept mois suivants, Zampolli a voyagé à travers le Golfe, l’Europe de l’Est, le Vatican et l’Asie centrale. Il a participé à des séances de dédicaces, a fait partie de délégations et a figuré sur des photos officielles aux côtés de chefs d’État, de familles royales et de ministres des Finances.
Le 17 octobre 2025, le compte @HouseForeignGOP a publié le message suivant :

Trois noms. Le président des États-Unis. Le secrétaire au Commerce. Et l’homme que vous venez de rencontrer. Chacun d’eux a des liens avérés avec Jeffrey Epstein.
Envoyé spécial pour quoi ?
Le poste d’envoyé spécial pour les partenariats mondiaux ne dispose d’aucune charte publiée, d’aucun périmètre géographique défini, d’aucun secteur d’activité précis et d’aucune définition formelle de ce que recouvre ou exclut l’expression « partenariats mondiaux ». D’autres postes d’envoyés spéciaux, tels que l’envoyé spécial pour la Russie et l’Ukraine ou l’envoyé spécial pour l’Amérique latine, ont des attributions géographiques annoncées lors de leur nomination. Ce n’est pas le cas pour celui de Zampolli. Ce dernier décrit d’ailleurs sa hiérarchie en termes personnels sur les réseaux sociaux, qualifiant régulièrement Trump de « patron » et le secrétaire d’État Marco Rubio de « second patron ».
La nomination du 11 mars était officielle, mais il ne s’agissait pas d’une première tentative. En février 2025, Zampolli revendiquait un titre antérieur, « Envoyé spécial en Italie », lors d’entretiens avec des journaux italiens tels que Il Giornale et La Repubblica. Le vice-Premier ministre italien, Matteo Salvini, avait publiquement approuvé ce titre sur X après l’avoir rencontré au ministère des Transports à Rome. Presque aussitôt, le ministre italien des Affaires étrangères et deuxième vice-Premier ministre, Antonio Tajani, avait rejeté cette nomination devant les journalistes d’une simple phrase : « Zampolli ? Zampolli qui ? » Ni le ministère italien des Affaires étrangères ni l’ambassade des États-Unis à Rome n’avaient été informés. En mars, le titre initialement axé sur l’Italie avait été modifié a posteriori pour devenir un titre plus global. L’embarras institutionnel fut surmonté et le portefeuille élargi.
Au cours des neuf derniers mois, son portefeuille a concerné des ventes d’avions à l’Ouzbékistan et à Bahreïn, des mémorandums de coopération nucléaire avec la Hongrie et la Roumanie, des infrastructures énergétiques dans la région des Trois Mers, la diplomatie sportive dans le Golfe, le Vatican, l’Assemblée générale des Nations Unies, la Conférence de Munich sur la sécurité (dans le cadre de la délégation du secrétaire d’État Marco Rubio), le Forum économique mondial de Davos, les élections législatives hongroises (dans le cadre de la délégation du vice-président JD Vance) et le changement de nom d’un parc public de Bucarest en l’honneur de Donald J. Trump.
Le changement de nom du parc de Bucarest, entrepris le 8 avril 2026 avec le maire du 4e arrondissement, Daniel Băluță, a été présenté par Zampolli lui-même, dans une vidéo personnelle avec le maire, comme un cadeau d’anniversaire au président Trump et à l’Amérique. La Trump Organization a par ailleurs annoncé son projet de Trump Tower Bucarest, dirigée par Eric et Donald Trump Jr. Zampolli, agissant en sa qualité officielle de représentant du gouvernement américain, a contribué à orchestrer cet hommage personnel au président sur un marché où la famille présidentielle développe commercialement la marque Trump. Il a également déclaré au maire, devant la caméra, que la négociation n’avait duré que « 20 minutes ».
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Paolo Zampolli a déclaré cette semaine au Financial Times : « Dès qu’on me voit, on me demande quelque chose. On veut rencontrer le président. Je leur dis : “Achetez Boeing.” Si vous voulez faire plaisir au président, achetez Boeing. C’est la chose la plus simple au monde. » Il est l’envoyé spécial de Trump.
15h48 · 17 avril 2026 · 15,2 K vues Views
L’expression « 20 minutes » n’est pas anodine. Apparue pour la première fois en octobre 2025 dans le cadre de l’accord entre l’Ouzbékistan et Boeing, elle s’est construite une sorte de mythe autour du slogan « X milliards de dollars en 20 minutes » et a été reprise à maintes reprises depuis. Il s’agit d’une figure de style, davantage qu’une description concrète du processus de négociation des accords commerciaux intergouvernementaux.
Ce qui est avéré, c’est sa présence. Zampolli s’est rendu à Tachkent en août 2025 pour des réunions préliminaires avec Mirziyoyev. Il a rencontré la délégation ouzbèke à l’aéroport JFK le 20 septembre 2025. Son nom figurait dans le communiqué de presse de Boeing relatif au sommet sur l’Asie centrale du 6 novembre 2025 à la Maison Blanche, où l’accord portant sur 22 appareils a été finalisé, aux côtés de Lutnick, du vice-président de Boeing, Paul Righi, du ministre ouzbek de l’Investissement, Laziz Kudratov, et du président d’Uzbekistan Airways, Shukhrat Khudaykulov. Dans le cadre des accords conclus à Bahreïn, en Hongrie et en Roumanie, son nom apparaît également dans des mentions de crédit et sur des photos de signature similaires.
Ce qui n’est documenté dans aucun des accords que nous avons examinés, c’est son rôle dans l’architecture contractuelle proprement dite. Il n’apparaît pas comme négociateur américain dans les documents contractuels rendus publics. La tarification et les échéanciers de livraison ont été gérés par l’équipe commerciale de Boeing. Les démarches commerciales intergouvernementales ont été menées par le biais du Centre de défense des intérêts de l’Administration du commerce international (ITA) du Département du Commerce. Le financement de la Banque EXIM, y compris le prêt de 10 milliards de dollars pour le projet Vault, est géré par son président, John Jovanovic. Le respect des sanctions pour le protocole d’accord nucléaire avec la Hongrie, y compris l’exclusion de Gazprombank, est assuré par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Département du Trésor. Le volet réglementaire des accords nucléaires roumain et hongrois est supervisé par le président de la NRC, David A. Wright.
Zampolli a décrit lui-même son rôle au Financial Times : « Je fédère les gens, je crée des partenariats internationaux. Ensuite, il y a les détails… c’est là qu’interviennent les secrétaires. » Interrogé sur l’accord avec l’Ouzbékistan, il a présenté son argumentaire à la délégation de Mirziyoyev comme une démonstration de bravade : « Vous plaisantez ? Je ne vais pas appeler mon patron pour six milliards… J’en veux cinquante ! »
Cette description, prise au pied de la lettre, correspond au rôle d’un facilitateur de haut niveau. Il n’y a rien de fondamentalement répréhensible à cela. Les facilitateurs de haut niveau accomplissent un travail concret en matière de diplomatie commerciale internationale, notamment dans les pays où les relations personnelles avec l’entourage du chef d’État sont déterminantes pour la conclusion d’accords. La question n’est pas de savoir si le rôle de facilitateur a une quelconque importance. Il s’agit plutôt de comprendre ce qui permet à une seule personne, sans aucune limitation de responsabilités clairement définie, d’agir en tant que facilitateur officiel pour des transactions portant sur 80 milliards de dollars dans les secteurs de l’aéronautique, de l’énergie et des minéraux critiques, et quel type d’accès ce rôle lui confère au fil du temps. Il convient également de se demander si le terme « facilitateur » désigne la fonction réelle de ce rôle, ou s’il ne s’agit que d’une façade.
La question de la rémunération et de la divulgation
Les informations relatives à la rémunération, à la classification déontologique et à la déclaration de patrimoine de M. Zampolli en tant qu’envoyé spécial pour les partenariats mondiaux ne sont pas publiques. Les envoyés spéciaux du Département d’État peuvent être rémunérés selon différents barèmes de rémunération fédéraux, notamment le barème des cadres supérieurs, le Service supérieur de la fonction publique étrangère, le barème général, ou encore en tant qu’experts ou consultants. Ils peuvent également être classés comme employés spéciaux du gouvernement, un statut leur permettant de travailler jusqu’à 130 jours par an, avec ou sans rémunération, et qui impose souvent une déclaration de patrimoine confidentielle plutôt que publique. Le Bureau de l’éthique gouvernementale n’a rendu publique aucune déclaration de M. Zampolli, mais l’absence de publication ne signifie pas nécessairement qu’aucune déclaration n’a été faite ; cela dépend de sa classification et du niveau de déclaration requis.
Le problème plus général est d’ordre institutionnel. En mai 2025, Gregory Meeks, membre de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, a adressé un courrier au secrétaire d’État Rubio pour exiger des éclaircissements sur le statut officiel, la classification professionnelle et les conflits d’intérêts potentiels de six envoyés spéciaux de l’administration Trump, dont Massad Boulos (conseiller principal pour les affaires arabes, du Moyen-Orient et l’Afrique), Richard Grenell (envoyé spécial du président pour les missions spéciales), Mauricio Claver-Carone (Amérique latine), Keith Kellogg (Russie et Ukraine), Mark Burnett (Royaume-Uni) et Adam Boehler (réponse aux prises d’otages). M. Meeks a écrit qu’il s’inquiétait du fait que l’administration n’informe pas le Congrès des nominations d’envoyés et que ces derniers semblaient « exercer une autorité considérable en vertu des lois des États-Unis » sans l’avis ni le consentement du Sénat. M. Zampolli n’était pas mentionné dans le courrier de mai 2025. Il avait été nommé seulement deux mois auparavant et n’avait pas encore entamé ses missions commerciales plus médiatisées.

Le partenariat Lutnick
La relation avérée entre Lutnick et Jeffrey Epstein, longtemps après la condamnation de ce dernier en 2008 pour incitation à la prostitution de mineure, n’est plus contestée. La publication par le Département de la Justice, début 2026, des documents relatifs à la loi sur la transparence des dossiers Epstein a permis de constituer un dossier documentaire comprenant un contrat daté du 28 décembre 2012, cosigné par Lutnick (au nom d’une SARL nommée CVAFH I) et Epstein (au nom de sa société Southern Trust Company), portant sur l’acquisition de parts dans une société de technologies publicitaires appelée AdFin. Ce dossier mentionne également un déjeuner familial organisé le 24 décembre 2012 sur l’île de Little St. James, propriété d’Epstein, auquel Lutnick a assisté avec sa femme, ses quatre enfants et leurs nounous, après être arrivés à bord d’un yacht de 57 mètres. On y trouve aussi la correspondance commerciale d’AdFin jusqu’en 2014, ainsi qu’un don de 50 000 dollars d’Epstein en 2017 pour un dîner donné en l’honneur de Lutnick. Un échange de courriels de 2018 dans lequel Lutnick sollicitait l’aide d’Epstein pour s’opposer à une rénovation de la Frick Collection qui, selon lui, « bloquerait la lumière du soleil et la vue ». Un courriel du 28 mai 2018, envoyé par un expéditeur utilisant les initiales de Lutnick, « HWL », à Epstein, évoquant les perspectives de revenus d’AdFin : « C’est leur année. Ils doivent atteindre l’autonomie financière dans les douze prochains mois. »
Lutnick avait publiquement affirmé, encore récemment en octobre 2025, avoir rompu tout contact avec Epstein en 2005. Le sénateur Jeff Merkley a quant à lui recensé « huit interactions dans les dossiers après 2005 ». Le sénateur Chris Van Hollen, lors de son audition au Sénat en février 2026, a formulé la question avec précision : « Le problème n’est pas que vous ayez commis un quelconque acte répréhensible en lien avec Jeffrey Epstein, mais que vous ayez totalement déformé la réalité quant à l’étendue de votre relation avec lui devant le Congrès, le peuple américain et les victimes de ses actes criminels et prédateurs odieux. »
Wall Street a fait preuve de franchise là où le Congrès est resté silencieux. Jeffrey Sonnenfeld, du Yale Chief Executive Leadership Institute, a déclaré : « Lutnick a été d’une tromperie flagrante. Et le constat est sans équivoque. Tous les PDG qui serrent la main d’Howard Lutnick auront envie de se la laver ensuite. »
Lutnick et Zampolli n’ont aucun lien personnel avec Epstein, selon aucun document qui ait été rendu public. Le problème est ailleurs. Les deux principaux négociateurs d’accords internationaux de l’administration Trump sont des personnalités dont les documents relatifs à Epstein les auraient rendus politiquement intouchables sous n’importe quelle administration précédente, quel que soit le parti. Sous cette administration, ces documents ne posent aucun problème. Trump a défendu Lutnick devant les journalistes : « Howard ferait tout ce qu’il a à dire. C’est un homme innocent qui fait du bon travail. »
Le flux des transactions s’est poursuivi sans interruption.
Ce que le portefeuille ouvre réellement
Ce que cela ouvre, c’est l’accès. L’activité documentée de Zampolli depuis sa nomination au poste de secrétaire général de la République se répartit en quatre secteurs, et chacun d’eux touche aux engagements des États-Unis en matière de sécurité nationale.
Ventes d’avions. Uzbekistan Airways, commande de 22 Boeing 787 Dreamliners, signée le 22 septembre 2025 à New York pour un montant ferme de 8 milliards de dollars, a vu sa commande portée à 22 appareils lors du sommet de l’Asie centrale le 6 novembre 2025. Donald Trump a publiquement estimé la valeur de ce contrat à plus de 20 milliards de dollars. Gulf Air Bahrain, commande de 18 Boeing 787 pour 4,6 milliards de dollars, signée en juillet 2025 par le prince héritier Salman ben Hamad Al Khalifa lors de sa visite à Washington, en présence de Lutnick et de Stephanie Pope de Boeing, finalisée au salon aéronautique de Dubaï en novembre 2025. Ces deux contrats s’inscrivent dans le cadre d’un portefeuille de commandes Boeing pour l’Asie centrale et le Golfe qui, avec les commandes adjacentes du Kazakhstan et du Tadjikistan, totalise plus de 20 milliards de dollars pour la période 2025-2026.
Coopération nucléaire. La Hongrie a obtenu un protocole d’accord de plus de 20 milliards de dollars pour sa coopération nucléaire civile lors de la rencontre Trump-Orbán du 7 novembre 2025. Ce protocole d’accord inclut des engagements concernant les petits réacteurs modulaires (SMR), le stockage du combustible usé et la fourniture de combustible par Westinghouse pour la centrale de Paks. Il s’ajoute à une exemption des sanctions américaines accordée à la société nucléaire d’État russe Rosatom, que le Centre d’études orientales a qualifiée de « premier exemple d’assouplissement direct par l’administration Trump des sanctions américaines visant la Russie ». Ce dispositif autorise simultanément la poursuite de la construction par Rosatom à Paks II et intègre les entreprises américaines Westinghouse et GE Vernova au sein de la même architecture énergétique. La Roumanie a bénéficié d’un ensemble de mesures comprenant plusieurs volets, axé sur le projet de SMR NuScale de Doicești (décision finale d’investissement prise en février 2026), la modernisation de l’unité 1 de Cernavodă et la construction d’unités supplémentaires à Cernavodă. Le ministre de l’Énergie, Bogdan Ivan, a publiquement estimé la part américaine à 30 milliards de dollars et l’investissement dans le réseau électrique, financé par l’UE, à 30 milliards d’euros.

Minéraux critiques. Le projet Vault, un stock de minéraux critiques de 12 milliards de dollars initié par l’administration Trump et combinant 1,67 milliard de dollars de capitaux privés et un prêt de 10 milliards de dollars de la Banque d’import-export (EXIM), a été annoncé le 2 février 2026 par le président John Jovanovic dans le Bureau ovale, en présence du président. Zampolli a aligné ce projet, sur le plan du discours, sur la stratégie Vision 2030 de l’Arabie saoudite en matière de minéraux critiques, présentée par le ministre Bandar bin Ibrahim Al-Khorayef, et sur la stratégie ouzbèke relative au cuivre, à l’or, à l’uranium et aux terres rares, présentée par Mirziyoyev lors de la Semaine de l’ONU. Les contrats avec Boeing et l’architecture relative aux minéraux critiques forment un tout. L’acquisition d’avions consolide la relation client ; cette relation client ouvre l’accès à la chaîne d’approvisionnement. La Chine domine la chaîne mondiale actuelle des terres rares, et l’administration Trump s’emploie activement à développer une alternative.
Les corridors énergétiques. Le Corridor vertical et l’Initiative des Trois Mers sont des architectures préexistantes dans lesquelles Zampolli s’est inséré, plutôt que d’en être à l’origine. Wright et Burgum ont assisté à la réunion ministérielle du P-TEC à Athènes, le 7 novembre 2025, portant sur l’avancement des itinéraires depuis le terminal GNL d’Alexandroupolis jusqu’en Ukraine. Zampolli n’y figurait pas parmi les participants. Il s’en est par la suite attribué le mérite. Le projet Iron Gates III, une centrale hydroélectrique serbe à accumulation par pompage sur le Danube, dont l’étude de préfaisabilité a été réalisée par la firme américaine Bechtel, a été rejeté par l’ancien ministre roumain de l’Énergie, Sebastian Burduja, en août 2024, en raison d’inquiétudes concernant son impact en aval sur les installations existantes d’Iron Gates I et II. Sous Bogdan Ivan, la Roumanie a fait volte-face en 2025 et a préparé un protocole d’accord. Zampolli présente désormais publiquement le projet comme étant en voie d’avancement.
Le montant cumulé de ces quatre volets dépasse les 80 milliards de dollars en valeur nominale. L’envoyé spécial pour les partenariats mondiaux en a été le visage américain le plus visible.
Les fichiers homologues
Les interlocuteurs étrangers de Zampolli dans les transactions majeures ne sont pas choisis au hasard. Deux d’entre eux détiennent des dossiers de presse locaux qui n’ont pas été repris par les médias anglophones, mais qui ont une incidence directe sur le type de personnalités avec lesquelles il choisit de collaborer.
Florin Lazăr Vlădică, Roumanie. Zampolli s’est photographié le 22 février 2026 avec l’homme qu’il identifie dans sa légende comme étant « Florin Vladică, directeur du département du renseignement ». Vlădică a été nommé directeur de l’Office roumain de l’information intégrée par le président par intérim Ilie Bolojan début 2025. À ce poste, selon le site d’investigation roumain DeFapt.ro, il définit les priorités des services de renseignement roumains et a accès aux informations provenant de l’ensemble de l’appareil de renseignement du pays.
Son parcours professionnel antérieur illustre parfaitement le phénomène des transferts de personnel. Ancien chef du département des armements au ministère roumain de la Défense, avec rang de secrétaire d’État, il a initié l’acquisition de systèmes de missiles Patriot auprès de la société américaine Raytheon. Ce contrat, d’une valeur d’environ 3,9 milliards de dollars, a été négocié sans clauses de compensation qui auraient obligé Raytheon à réinvestir au moins 80 % de sa valeur dans l’industrie de défense roumaine. Il a été démis de ses fonctions au ministère de la Défense le 31 janvier 2018. Immédiatement après son départ du gouvernement, il a été embauché par Raytheon, l’entreprise à laquelle il avait attribué ce contrat de 3,9 milliards de dollars. En octobre 2024, le département de la Justice américain a annoncé que Raytheon avait accepté de verser plus de 950 millions de dollars pour régler deux affaires de corruption liées à la vente d’armes à des États étrangers. Vlădică a fait l’objet d’un audit de la Direction nationale anticorruption roumaine concernant les dossiers d’acquisition des systèmes d’armement « Piranha V » et « C4ISR ». Il a été associé commercialement à Frank Timiș, l’homme d’affaires roumano-australien dont l’orbite croise celle de l’élection présidentielle roumaine annulée de 2024, au cours de laquelle le mercenaire Horațiu Potra aurait demandé 20 millions de dollars à Timiș pour financer la campagne d’extrême droite pro-russe de Călin Georgescu en échange de la réouverture potentielle des mines d’or roumaines.
L’envoyé spécial de Trump pour les partenariats mondiaux a publiquement soutenu cette personne comme étant le chef des services de renseignement roumains, sur Instagram, avec une photo.
Son Altesse Cheikh Nasser bin Hamad Al Khalifa, Bahreïn. Zampolli s’est photographié à plusieurs reprises en compagnie de Cheikh Nasser lors de ses visites à Bahreïn fin 2025 et début 2026, le qualifiant de « mon cousin », assistant au Championnat de golf Bapco de Bahreïn organisé par ce dernier en janvier 2026, et emmenant son jeune fils Giovanni aux réunions avec la famille royale de Bahreïn. Cheikh Nasser est le commandant de la Garde royale de Bahreïn, le conseiller à la sécurité nationale, le président du Conseil suprême de la jeunesse et des sports, et le président du Comité olympique de Bahreïn.
Par un arrêt de la Haute Cour britannique d’octobre 2014, il ne bénéficie pas non plus de l’immunité de poursuites au Royaume-Uni pour son implication présumée dans la torture de prisonniers politiques détenus au fort de Manama lors du Printemps arabe de 2011. L’affaire a été portée devant la justice par un Bahreïni rescapé de torture, identifié par les initiales « FF », après que le directeur des poursuites publiques du Royaume-Uni lui eut initialement accordé l’immunité en lien avec les Jeux olympiques de Londres de 2012. Deux chefs de l’opposition ont affirmé avoir été battus, frappés à coups de pied et flagellés personnellement par le cheikh Nasser. Ce dernier n’a jamais fait l’objet d’une enquête. Bapco Energies, l’entité organisatrice du championnat de golf auquel Zampolli a participé, est placée sous la tutelle du cheikh Nasser, vice-président du Haut Comité bahreïni pour l’énergie et les ressources naturelles. Cette « diplomatie sportive » dont Zampolli fait l’objet s’inscrit dans un contexte de liens étroits entre Boeing et la famille royale bahreïnie, notamment en matière de commerce de l’énergie.
Le constat est le même pour les deux personnalités. L’envoyé spécial de Trump pour les partenariats mondiaux se fait photographier avec des homologues dont les dossiers en matière de renseignement intérieur, d’approvisionnement ou de droits de l’homme sont importants dans leurs presses nationales respectives, et les soutient publiquement, mais qui n’ont fait l’objet d’aucune vérification publique de la part du gouvernement américain.
Le test de résistance de la Hongrie
Zampolli a été photographié aux côtés du vice-président JD Vance et de son épouse Usha sur le tarmac de l’aéroport international Ferenc Liszt de Budapest le 7 avril 2026, cinq jours avant l’élection. La photo a rapidement circulé sur ses réseaux sociaux, où il met en avant avec le plus de vigueur sa proximité avec le pouvoir américain. Ce voyage constituait une intervention de campagne ouverte en faveur du Premier ministre Viktor Orbán. Vance a pris la parole lors d’un meeting électoral d’Orbán dans un stade de football de Budapest.

Cette visite faisait suite au soutien apporté par Trump à Orbán en février 2026, à la visite de Rubio en février et au voyage préparatoire de Zampolli le 21 mars, au cours duquel il a publié que « le Premier ministre Victor [est] le véritable ami du président ». Le protocole d’accord nucléaire avec la Hongrie et l’exemption des sanctions contre la Russie Rosatom étaient tous deux des produits politiques de la Hongrie spécifique d’Orbán.
Cinq jours après le départ de Vance de Hongrie, les électeurs ont organisé des élections enregistrant le taux de participation le plus élevé de l’histoire démocratique du pays depuis 1990 et le plus large mandat jamais obtenu par un parti dans les archives électorales hongroises modernes. Le parti centriste Tisza de Péter Magyar a remporté une supermajorité des deux tiers au Parlement, soit 138 sièges contre 55 pour le Fidesz, avec 53,6 % des voix. Magyar a promis de ramener la Hongrie vers l’Union européenne. Les accords d’exemption d’énergie russe que l’administration Trump avait conçus pour la Hongrie d’Orbán sont désormais politiquement vulnérables sous un gouvernement qui a en partie fondé sa campagne sur le rapprochement pro-russe du pays.
L’envoyé spécial pour les partenariats mondiaux et le vice-président des États-Unis étaient tous deux présents sur le terrain dans un État membre de l’OTAN, quelques jours avant le scrutin. Leur intervention a permis d’obtenir le pire résultat jamais enregistré pour le président sortant dans l’histoire démocratique du pays. Le dispositif a fonctionné exactement comme prévu au sein même de l’administration. Il s’est avéré inefficace lorsque les électeurs ont dû se prononcer.
Ce que le rôle permet
Le rôle d’envoyé spécial pour les partenariats mondiaux permet à une seule personne, sans portefeuille d’activités publié, d’assister à la signature d’accords internationaux de plusieurs milliards de dollars portant sur l’aéronautique et l’énergie ; de s’insérer dans des accords commerciaux intergouvernementaux préexistants et d’en revendiquer le mérite rétroactivement ; de dialoguer d’égal à égal avec des chefs du renseignement étranger, des responsables des acquisitions de défense et des familles royales ; de voyager au sein des délégations vice-présidentielles et secrétaires d’État lors d’élections étrangères ; de contribuer à l’organisation d’hommages publics pour le président sur les marchés où sa famille développe commercialement la marque Trump ; et d’agir sans déclaration d’éthique publiée, sans limites de portefeuille définies, ni contrôle institutionnel autre que sa loyauté personnelle envers le président.
Les critères requis, comme le démontre le mandat de Zampolli, sont une amitié personnelle de trente ans avec le Président, une volonté d’opérer sur des marchés et avec des personnalités que les vérifications normales signaleraient, une expérience dans le secteur privé qui a produit un minimum de documents, et l’absence de statut institutionnel indépendant qui rendrait le titulaire responsable devant quelqu’un d’autre que le Président personnellement.
L’administration a créé un poste dont l’intérêt pour le Président réside précisément dans son immunité face aux mécanismes de contrôle qui s’appliqueraient à la nomination d’un membre du Cabinet, d’un sous-Cabinet ou d’un ambassadeur confirmé par le Sénat. Le rôle et la personne choisie pour l’occuper sont indissociables. La création de ce poste et la désignation de Zampolli pour le pourvoir relèvent d’une seule et même décision.
Pourquoi c’est important
Ces accords sont bien réels et les enjeux stratégiques considérables. Les ventes de Boeing 787 à l’Asie centrale et au Golfe consolident des relations commerciales qui se traduisent par des décennies de dépendance envers la clientèle, l’approvisionnement en pièces détachées et une harmonisation opérationnelle. Le projet Vault et l’architecture relative aux minéraux critiques constituent des réponses directes à la domination chinoise sur les terres rares. Le Corridor vertical, l’Initiative des Trois Mers et le positionnement nucléaire roumano-hongrois sont de véritables tentatives de supplanter l’infrastructure énergétique russe en Europe de l’Est. Il ne s’agit pas d’accords de façade. Ils servent des intérêts américains clairement identifiés, et toute future administration, quelle qu’elle soit, héritera de cette architecture et des obligations qui en découlent.
Les homologues étrangers approchés par le biais du programme des envoyés spéciaux comprennent des personnalités dont les antécédents auraient, à tout le moins, déclenché un examen interne du département d’État sous les administrations précédentes. Florin Vlădică et le cheikh Nasser ne sont pas des cas isolés. Ils sont au cœur de la stratégie d’accords dans des pays où les États-Unis investissent des dizaines de milliards de dollars dans la vente d’avions, les infrastructures énergétiques et la coopération nucléaire. L’absence de frictions visibles dans le processus de vérification est la caractéristique, et non le défaut, de ce rôle tel qu’il est conçu. Le coût indirect de cette absence sera supporté par la prochaine administration.
Lutnick a été confirmé par le Sénat et relève de la compétence de la Commission du commerce du Sénat, mais les documents révèlent désormais qu’il a minimisé l’étendue de ses liens avec Epstein devant le Sénat, le public et les victimes d’Epstein. Zampolli, quant à lui, n’est soumis à aucune confirmation équivalente, n’a fait l’objet d’aucun examen public de conflit d’intérêts par le Département d’État et n’apparaît dans aucun document public du Bureau de l’éthique gouvernementale. L’un a été soumis à une enquête et a menti à ses enquêteurs. L’autre n’a jamais été soumis à une telle enquête.
Zampolli a mentionné à plusieurs reprises cette accréditation sur ses réseaux sociaux. Il qualifie Trump de son « patron » et le secrétaire d’État Marco Rubio de son « second patron ». Le jour où il a été photographié au Trump Peace Institute, sa légende disait : « La loyauté est reine. »
Il ne s’agit pas de la description d’un rôle diplomatique, mais de celle d’une nomination judiciaire. L’envoyé spécial pour les partenariats mondiaux existe car la loyauté, et non une vérification des antécédents, est le critère déterminant. Le rythme des négociations dépend de la loyauté.
Les informations présentées dans cet article proviennent des publications de Truth Social (truthsocial.com), des comptes officiels @HouseForeignGOP et @AMBZAMPOLLI sur X, des comptes Instagram @paolozampolli et @ambassadorzampolli (de mai 2025 à avril 2026), des communiqués du Département de la Justice publiés en vertu de la loi sur la transparence des dossiers Epstein, des communiqués de presse de Boeing et de la Banque EXIM, de la lettre de mai 2025 du membre de rang du Comité des affaires étrangères de la Chambre des représentants, Gregory Meeks, adressée au secrétaire d’État Marco Rubio, des auditions devant les comités bancaires et du commerce du Sénat, de l’arrêt de la Haute Cour britannique dans l’affaire FF c. Directeur des poursuites publiques, du média d’investigation roumain DeFapt.ro, du Centre d’études orientales (OSW), de Wikipédia, ainsi que des articles du Financial Times, de Defense News, de la presse italienne (Il Giornale, La Repubblica, La Verità, StartMag, Il Sole 24 ORE), de CBS News, de CNN, de Bloomberg, de Yahoo Finance et d’Al Jazeera.
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