Un autre aspect du « retournement » est le fait que si l’offensive de l’impérialisme dans les années mille neuf cent soixante et dix et mille neuf cent quatre vingt s’est paradoxalement fait sur le terrain de la victoire sur le colonialisme et sur la réalité de l’état providence et l’anticommunisme et l’antisoviétisme parait de fait être mené par la gauche, autant aujourd’hui l’anticommunisme et l’antisoviétisme de plus en plus délirant qui prétend être la liberté voire le christianisme, l’évangélisation, apparaît comme un fascisme à ceux qui en subissent les effets concrets. Et il ne s’agit pas seulement des plus pauvres pour qui cela se traduit en années de survie mais pour l’immense majorité y compris une jeunesse complètement déboussolée. Dans les années soixante et dix et quatre vingt on a pu faire croire que l’URSS, les communistes, l’Etat étaient le symbole de la répression des individus et inventer un colonialisme, une répression des femmes, émanant du socialisme, autant aujourd’hui avec le conservatisme comme justification de la guerre, la faim, le chômage etc… la fiction du néo libéralisme libertaire peut apparaître ce qu’il est et la lutte pour la liberté, la justice et la paix se recomposer à partir des réalités.Leur liberté est celle du libre renard dans le libre poulailler, celle de l’île de tous les plaisirs pour une élite de Epstein, ceux qui détiennent des îles paradis fiscaux, etc… En fait comme le dit l’article ils sont en train de vouloir nous faire revivre le cauchemar à travers lequel s’est consitué un mouvement ouvrier avec l’atrocité de la commune de Pais par exemple… Est ce que nous serons capable de nous économiser de tels épisodes? (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Photo AF
26 avril 2026 00:01
Dans les années 1960, mon camarade de l’École nationale d’économie de l’UNAM, Felipe Coello, l’un des fondateurs du Mouvement universitaire de renouveau et d’orientation (Muro), un mouvement d’extrême droite, déclara : « C’est bien qu’il soit mort. J’espère qu’un autre comme lui mourra. » Coello faisait référence au célèbre économiste Paul A. Baran, qu’il détestait car ce penseur éminent était un « rouge », et il souhaitait également la mort d’un autre, ce qui était peu cohérent avec le catholicisme que Coello prétendait représenter.
Les propos de Coello m’ont laissé sans voix car, à cette époque, moi et des millions de Mexicains en avions assez de l’anticommunisme et du rejet des mouvements populaires.
Nous recevions constamment des messages des médias, principalement de la presse écrite, de la radio et de la télévision, qui nous mettaient en garde contre le grand danger de la peste rouge, et nous entendions fréquemment Denegris, Zabludovsky, Baroni, Kahwagi et bien d’autres guides de l’opinion publique qui considéraient le communisme comme quelque chose de pire que la peste noire du Moyen Âge.
Ce qui m’a surpris, c’est que, malgré cela, moi et des milliers d’autres Mexicains avions des opinions contraires à celles de Coello.
Pendant presque tout le XXe siècle, le monde capitaliste a vécu un véritable cauchemar face à la progression fulgurante des mouvements populaires et socialistes. En conséquence, il a eu recours à une répression féroce contre ces mouvements et leurs partisans ; dès 1871, un massacre d’ouvriers eut lieu lors de la tristement célèbre Commune de Paris ; en 1905, de nombreux prolétaires furent attaqués lors de ce que l’on appela le Dimanche rouge en Russie.
En 1932, un terrible massacre fut perpétré contre les paysans du Salvador ; le nazisme et le fascisme furent créés pour mettre fin une fois pour toutes à la menace socialiste, et l’on pourrait citer des milliers d’autres exemples.
Mais, comme le disait le comte de Mirabeau, on ne gouverne pas uniquement en s’appuyant sur les baïonnettes. Le monde capitaliste, en plus du bâton, a donc choisi de brandir l’image de la carotte.
Au lieu de se dépeindre comme une sorcière, elle se présenta sous les traits de Blanche-Neige. Dès la fin du XIXe siècle, le chancelier prussien Otto von Bismarck déclara que les ouvriers se révoltaient parce qu’ils étaient malades, jetant ainsi les bases de ce qu’on appelait l’État-providence. Ce dernier engendra plusieurs réformes sociales favorables à certaines catégories de travailleurs. Grâce à cela, des aristocraties ouvrières émergèrent même en Europe et aux États-Unis. Ce type d’État ne favorisa pas la transition vers le socialisme ; au contraire, il en représentait l’antithèse. De ce fait, l’existence de l’Union soviétique, de la Chine et de plusieurs nations où prévalait le « socialisme réel » a, dans certains cas, favorisé l’ascension sociale de différentes couches de travailleurs, désormais moins exploités et opprimés qu’auparavant.
Mais, avec l’effondrement du « socialisme réel », le capitalisme a ôté son vrai masque ; jamais dans l’histoire universelle un système social, le plus puissant de l’existence humaine, n’a démontré avec autant de notoriété son immense mépris pour la démocratie, directe et représentative, son manque de respect pour le droit international, son obsession compulsive pour les génocides, son mépris néfaste pour la vie humaine, son empressement à inonder la planète d’écocides et à perpétrer des ethnocides.
On a atteint le stade extrême et terrifiant des massacres d’enfants, et de nombreux assassinats ont été perpétrés contre des journalistes, des militants sociaux et écologistes, des personnels soignants et des représentants des Nations Unies, notamment des Casques bleus. Un immense patrimoine culturel et artistique, fruit de toute l’histoire de l’humanité, a été anéanti.
Nombreux sont ceux qui affirment que nous vivons une ère apocalyptique et que l’extinction de l’espèce humaine est imminente ; cependant, nous pensons qu’il existe une formidable opportunité historique pour la majorité des habitants de la planète de s’organiser collectivement afin de combattre les maux susmentionnés, d’établir des réseaux de solidarité et d’altruisme et de s’engager à lutter quotidiennement pour leur propre émancipation, laquelle doit se fonder, comme l’a justement souligné l’ingénieur Heberto Castillo : « Nous devons avoir plus d’amour pour les opprimés que de haine pour les oppresseurs. »
MM. Trump et Netanyahu, loin d’être les cavaliers de l’Apocalypse, nous invitent à une tragédie fondée sur une létalité récurrente et sans aucune possibilité de salut.
*DEAS-INAH
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