Un large collectif d’associations narbonnaise organisent au Palais du Travail de Narbonne un événement antifasciste et solidaire, pour la paix et le progrès social, sous forme de concerts, conférences, cantines et pique-niques autour d’un village des luttes. Cela se déroulera après la manifestation du 1er mai, qui démarre à 10h30 devant les halles, à partir de 12h et jusqu’à 19h. Avec Danielle, nous y animerons un débat à partir de 14h autour des bouleversements mondiaux, du Zugzwang de l’impérialisme états-unien, de l’effondrement désormais enclenché des structures dominantes de l’Europe. Derrière l’affrontement verbal et militaire qui occupe le devant de la scène depuis deux mois, nous tenterons de cerner toutes ces transformations qui se révèlent avec encore davantage de clarté et s’accèlèrent avec le blocage du détroit d’Ormuz. Non pas une crise comme le capitalisme en génère régulièrement depuis plus de 40 ans, mais le moment d’une bascule profonde de la civilisation.
Le moment que nous vivons est extrêmement particulier. Des événements dramatiques ont eu lieu, nous le savons, nous les voyons en image, mais l’onde de choc n’est pas parvenue jusqu’à nous. Les derniers tankers qui ont franchi le détroit d’Ormuz ont livré encore du pétrole dans les raffineries en avril. La libération des stocks stratégiques a permis de masquer l’impact des premières livraisons manquantes. Déjà, tout un ensemble de conséquences sont enclenchées mais restent invisibles, à part une hausse des prix qui reste encore modérée et qui n’est probablement qu’un signal préparatoire adressé aux usagers des pompes à essences.
Cette situation, nous devrons l’aborder en articulant deux temps, le temps court de l’économie et de la politique et le temps long du développement des civilisations. Le temps court nous est nécessaire pour prendre la mesure du tsunami social et économique qui nous approche. Le temps long nous permet d’aller chercher les ressorts les plus profonds de ces transformations pour nous en saisir. Ce temps long a vu naître le capitalisme dans une poignée de petits états européens soudainement devenus capable de bouleverser et de réduire les plus grands empires mondiaux. Il voit aujourd’hui ressurgir ces vieilles civilisations, à la fois modernisées et puisant et offrant au monde leur héritage d’une culture millénaire, une manière d’être au monde qui remet à sa place le froid calcul de l’intérêt financier. Dans un fascinant renversement dialectique, on observe cet héritage culturel porter une perspective de dialogue mondial, d’une communauté de destin pour l’humanité alors qu’on voit le commerce du pouvoir s’éparpiller en contradictions, se désagréger, semer la guerre et la terreur et perdre tout sens de l’intérêt collectif de l’humanité.
Tout le fatras des « merveilleuses » années 1980 tombe en lambeaux et emporte avec lui tout ce que nous lui avons cédé : notre souveraineté, notre conscience, une bonne part de nos industries, de nos savoir-faire, de notre culture et le respect que notre pays avait su acquérir dans le monde… Et ce qui nous subsiste de plus précieux est souvent l’oeuvre des communistes, des résistants et du CNR. Un des meilleurs exemples est notre savoir-faire en matière de centrales nucléaires, qui est l’enfant de deux glorieux communistes : Frédéric Joliot-Curie, prix nobel et fondateur du Commissariat à l’Energie Atomique et Marcel Paul, résistant, déporté et créateur d’EdF. L’acquis est précieux, mais il fut tellement difficile à défendre; sans cesse attaqué, démembré, fragilisé et vilipendé.
Unir plutôt que diviser, unir les travailleurs, unir le peuple, unir la nation, ce fut la perspective par laquelle le PCF et la résistance surent vaincre les divisions, le défaitisme, l’isolement, la repression sauvage qui paralysaient l’élan populaire. La stratégie reste valable à l’heure où tout est fait pour opposer les travailleurs entre eux, le travail est immense et paraît presque désespéré. Raison de plus pour s’y impliquer massivement !
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