Cette référence aragonienne n’est pas un détour inutile non que le simple tâcheron que je suis puisse se comparer à cet immense écrivain mais le positionnement est le seul qui me permette de sortir de l’asphyxie actuelle celle où il est demandé en permanence de se renier pour faire passer en contrebande ce que vous êtes et pire encore la servile stupidité de ce que nous continuons à entretenir d’ignorance sur ce monde qui nait et dont il ne faudrait pas parler sous prétexte d’un repentir dont mon insolence ne s’est jamais encombré et à la fin de ma vie je m’en réjouis et je voudrais la diffuser autour de moi comme cette image de jadis d’une femme soufflant sur une fleur de pissenlit, le printemps, le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui à « la taille du monde plus que jamais » . (1)
Je sais qu’abattant mon jeu, je vous donne contre moi des armes. Seulement mon jeu n’est pas que le mien, car il s’est mis, lui, à la taille du monde. Ces armes que je vous donne, et je vous entends déjà comparant ce que j’ai dit telle année et ce que je dis, opposant mes paroles, découvrant en elles, il y en a, des contradictions d’apparence, concluant d’un article ou d’un discours, en le séparant du contexte, et cœtera… ces armes que je vous donne, craignez contre moi de vous en servir ; elles blessent les mains qui les manient, elles peuvent se retourner contre vous (p. 9). Aragon poursuit : « Ne triomphez pas de me voir dévoiler ma défense, me découvrir de mon gauche, ne triomphez pas trop vite pour un point que vous croyez marqué : car tout le monde, quand le jeu est abattu, le voit et juge des coups » et termine sur l’image des « lièvres », mot russe qui désigne « ces taches de soleil qu’envoie une vitre de la maison d’en face » : « vous ne pourrez m’empêcher de rêver à partir de ces reflets dansants. De jouer, de penser ».
Dans le Zugzwang j’ai déjà revendiqué cette liberté devenue monde, pour moi pour mon pays, pour ces jeunes qui sont si fragilement ignorants et si désireux de bien faire, parce quand ‘on n’a pas le génie pour le dire on peut et on doit revendiquer le chant d’Aragon, pas comme ces airs que l’on fredonne sans se souvenir de qui fut l’auteur des paroles… mais au contraire en le faisant revivre éternellement en cette aspiration à un métier d’intellectuel différent de la domesticité. avec ses querelles de préséances, ses humiliations jamais assouvies quand on accepte des jeux courtisans..
Si je n’adoptais ^pas aujourd’hui, au stade où en est la censure dans mon malheureux pays, la démarche aragonienne je serais chagrine et perdue, je vous en ai parlé dans le Zugzwang, je vais vous en dire deux mots bientôt *à propos de l’Asie centrale et de l’anticolonialisme; Je vais vous faire découvrir tout ce que ce choix de vie porte encore aujourd’hui de véritable compréhension et d’action alors que l’on voudrait qu’il soit démodé, mais je n’aime pas votre mode post-moderne ou épurée c’est toujours de la façade… Aujourd’hui 12 avril à 5 jours de mes 88 ans, je me contenterai de lire les événements et la stratégie chinoise. Aujourd’hui le moins pire, le moins haineusement raciste et xénophobe devrait-il se contenter du folklore d’une Chine subtile mais figée dans l’histoire … Un pays qui a multiplié les expériences et depuis 1949, a vécu un accéléré qui donne le tournis. Donc si j’éliminais l’histoire en tant que processus, j’en resterais au meilleur des cas la référence à l’art de la guerre de Sun Tzu. Et j’ignorerai par exemple les récits militaires de Mao Tse-Toung . Je ne m’interrogerais pas sur la guerre prolongée dans laquelle nous sommes et à la quelle rapporter les « événements ». je n’irai pas comme Aragon sur les pas de toutes les rebellions qui ont fait la France et nous ont ouvert sur le monde.

Mais revenons en à aux événements de cette fin de semaine.; les conséquences des événements sont filles du temps…
A propos des événements du jour que sont les négociations de l’Iran et des Etats-Unis au Pakistan ,mais aussi ce qui se passe en Asie et dont nous percevons moins ici en France l’importance comme la visite de la responsable de Taiwan du parti du Kuomintang. ou la rencontre entre chinois et Coréens du nord, ou encore qu’est-ce que tout cela à avoir avec la révolution bolchevique avec celle de Cuba ? je voudrais exposer ici les orientations qui sont les miennes pour ce blog histoire et societe et celles qui s’imposent le plus à moi comme les plus conformes à l’éthique d’une vie, de ma vie celle d’un engagement intellectuel mais qui a choisi de se réaliser dans l’action collective, la politique.
Une véritable liberté de dialogue, l’acceptation de points de vue non seulement dans les textes retenus mais dans la gestion même de ce blog. Si à cause de son âge qui l’implique dans une profession, celle d’enseignant, dans des combats syndicaux et politiques, Franck Marsal nécessairement n’a pas la même distance avec le champ politique français actuel , pourtant je n’y vois là aucun problème, Histoireetsociete a été et reste ce lieu qui a une ligne mais celle-ci favorise le débat entre courants actuellement éclatés à condition que les questions en débat soient clairement posées et que nous ne prétendions pas être une tendance de plus dans le parti communiste ou tout autre. Nous apportons de l’information et nous prétendons aider à éclairer les « événements » en leur resituant leur profondeur historique par rapport au passé mais surtout à leur conséquences.
De ce point de vue je voudrais citer Fernand Braudel, le grand historien français: « surtout, bien mieux qu’un journaliste (et le plus averti de nous), je sais quels sont les grands et les petits événements. Qu’est-ce qu’un grand événement en effet ? Non pas celui qui fait le plus de bruit sur le moment, comme je vous le disais il y a un instant, mais celui qui entraîne les plus nombreuses et les plus importantes conséquences. Les conséquences ne se produisent pas sur le champ. Elles sont filles du temps. « p. 77 (2)
Toute ma vie n’a été que cet engagement et celui du choix de l’histoire présente l’avantage comme le soulignait cet autre grand historien français qu’est Marc Bloch de prendre ce recul en mêlant érudition la plus poussée possible avec probité citoyenne. Avec la conviction que si les capitalistes peuvent se conter de l’illusion des apparences le rôle dévolu depuis marx et tous ses successeurs n’est pas une critique idéologique qu’une révélation des conditions existantes là où elles sont en situation d’effondrement pratique, pour qu’ils interviennent dans le processus en pesant sur ces effondrements potentiels.
Chaque « évènement » que nous mettons en évidence dans histoire et societe peut paraître très loin des préoccupations immédiates, en fait il s’agit d’une mise en lumière de la fragilité de la position impérialiste utile plus qu’il ne le croit à ceux qui en France ne supportent plus cette situation pour des raisons diverses, matérielles certes mais pas seulement. Il ne s’agit pas d’un énième positionnement idéologique avec ces radicalités dont les politiciens français raffolent et dont Marx prétend qu’ils étudient l’emphase devant leur glace tous les matins (en pensant comme Sarkozy et d’autres à ce que vous savez). En dehors de leur destin personnel et en ce sens ils ne tranchent pas sur le monde bourgeois y compris celui de la haute finance ils n’ont pas une vision trés claire de ce qu’est une victoire du mouvement en question. L’ensemble donne un sentiment d’incohérence surtout si on en exclut la logique impérialiste et la soif d’accumulation pour lui substituer une vision purement morale ou immorale. la vanité des enjeux frappe de sidération le peuple qui s’enfonce dans des problèmes immédiats, concrets n regard de « l’événement ». Le blocage du détroit d’Ormuz avec son corollaire quasi immédiat le prix de l’essence, l’inflation et ce qui se profile les faillites, les fermetures d’entreprise, la pression sur les services publics, etc
Donc les événements dont vous parle Histoireetsociete, nous en voyons les conséquences et à ce titre nous tentons de les contextualiser. IL en est ainsi aujourd’hui de la « sentinelle cubaine » qui voit l’ampleur du champ sur lequel se déploie ou tente de se déployer le capital pour détruire les routes de la mondialisation utilisée ou créée par la Chine…Peut-il ou non y avoir un cessez le feu? Ce serait souhaitable à la condition qu’il apporte un changement durable …
Mais que dire d’une réflexion qui pour moi est le fil rouge de toute une vie, ses expériences multiples à savoir la fin de l’impérialisme unipolaire, occidental, hyperlibéral avec un monde multipolaire déjà là et dans lequel le socialisme, la direction par un parti communiste mérite à chaque moment une contextualisation : le renvoi à un contexte historique qui permette de comprendre les revendications des protagonistes et donc d’aboutir à la paix véritable qu’il faut imposer à l’impérialisme en crise profonde, ce que j’ai défini comme le Zugzwang dans lequel nous sommes pris par le choix de nos dirigeants et face auquel nous devons reconstruire une initiative citoyenne.
Un exemple, le premier texte sur la manière dont le président XI a choisi de préparer sa rencontre avec Trump à partir de la conception chinoise du multipolaire, du destin du peuple chinois et son unité par la rencontre avec la représentante du Kuomintang taiwanais. IL y a là un paradoxe historique qui veut que face à ce que représente aujourd’hui l’ennemi de toujours de la nation chinoise et qui en défend le mieux la souveraineté, l’appel au patriotisme dans l’unité est le choix de la Chine qui célèbre cette rencontre.
Mais qu’est-ce que le Kuomintang ? et en quoi ce machin là nous concerne-t-il?
Tchang est dirigeant de la Chine à partir de 1928. Son gouvernement est basé en Chine continentale jusqu’à ce qu’il soit vaincu lors de la guerre civile chinoise par le Parti communiste en 1949. Il s’enfuit dans l’île de Taiwan d’où il prétend diriger la république de Chine . Tchang est le chef du parti nationaliste Kuomintang et il revendique être le commandant en chef de l’Armée nationale révolutionnaire de 1926 à sa mort, une révolution nationale contre l’empire et l’invasion étrangère initiée par Sun Yat sen qui est considéré comme « le père de la Chine moderne ». Sun Yat-sen, l’un des fondateurs du Kuomintang, a été le premier président de la république de Chine en 1912 et, entre 1917 et 1925, il dirigea plusieurs gouvernements basés dans le Sud de la Chine, qui visaient à réunifier le pays alors en proie à la domination des seigneurs de la guerre.Il a eu une influence significative dans le renversement de la dynastie Qing (dont le dernier représentant a été Puyi) et l’émergence de la république de Chine.
Mao et Tchang se revendiquent tous les deux les héritiers de de Sun Yat Sen, et la Russie soviétique, Staline hésitera car le Kuomintang de Sun Yat Sen a eu des rapports privilégiés avec l’URSS face à l’impérialisme des occidentaux.
Mais Tchang qui s’appuie sur le capitalisme naissant en Chine inaugure les hostilités en massacrant les communistes, la Longue marche est en fait une fuite devant cette répression qui reprend appui sur la Chine profonde, celle d’une paysannerie qui veut s’émanciper des propriétaires fonciers , des seigneurs de la guerre devenus les clients » des impérialismes occidentaux.
Tchang s’enfuit à Taiwan d’où jusqu’à sa mort il continue en tant que président du Kuomintang de s’affirmer généralissime. Taiwan est de plus en plus dépendante des Etats-Unis et ceux-ci créent un séparatisme avec un parti dit démocratique qui lui revendique l’indépendance par rapport à la Chine avec de fait une intégration toujours plus poussée dans la coalition dirigée par le Japon et dans une moindre mesure par la Corée du sud, coalition dont l’ennemi est la Chine continentale.
Mais cette coalition dont Obama et Biden voulaient faire une OTAN prolongée, aujourd’hui subit de plein fouet la politique des USA dont Trump est l’aboutissement le plus méprisant de ses alliés. L’asphyxie économique et l’exigence de guerre était de plus en plus intolérable et l’affaire du détroit d’Ormuz a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
Si l’on ignore ce contexte, il est plus difficile de mesurer l’importance de ce qui se passe dans la « zone asiatique » et à quel point la Chine pas plus que la Russie d’ailleurs ne prétendent recréer l’hégémonie occidentale, le caractère totalement novateur de ce monde multipolaire. (3)
Aujourd’hui nous voyons comment dans cette zone asiatique en crise la Chine joue la carte de l’apaisement et celle de la fermeté sur ses « lignes rouges », une stratégie qui ne prétend pas mettre à terre, détruire des civilisations comme l’affirme Trump, mais reconstruit partout des espaces de négociation sur le concret. Cela parait être la seule politique d’apaisement possible pourtant elle n’est pas démission mais positionnement pour mener à bien notre fondamentale volonté de changement de société concret, crédibles pour ceux qui souffrent justement des conséquence, il faut être la garantie que cette souffrance ne sera pas pire comme dans un compromis défaitiste. Nous le voyons à travers ce qui se passe en Iran, les négociations parce que derrière le Pakistan, il y a la Chine, personne n’a la force en dehors de la Chine (en partenariat stratégique avec la Russie mais aussi la Corée du nord) d’être une garantie de paix véritable. Et cela se construit d’abord en Chine elle-même et dans l’environnement asiatique.
Tenter de suivre cette accélération de l’histoire qui est planétaire mais part de l’histoire propre de chaque nation, de chaque peuple, de chaque force progressiste, patriotique, communiste, qui part des contraintes géographiques, climatiques mais aussi du niveau de développement réel, des ressources matérielles et humaines, alors que dans ce monde impérialiste c’est le marché et ses valeurs spéculatives parfois virtuelles qui paraissait être maitre des échanges.
ce sont de nouvelles perspectives qui bousculent des fondamentaux de la pensée à savoir la relation entre espace et temps. Il y a la nécessité d’une dialectique, d’un processus, d’un retour là encore à Marx se moquant d’un matérialisme qui ignore la dialectique comme d’une histoire qui ignore la base matérielle (4)
Cette articulation de l’espace et du temps dans la pensée marxiste a été pour Marx primat dans le capitalisme du temps (celui de l’exploitation, celui de l’accumulation, celui de l’impérialisme et du marché) sur la territorialisation de son emprise. mais ce n’est pas un hasard si face à la réalité du monde multipolaire on retrouve un débat théorique entre ceux qui revendiquent l’influence et le dépassement du marxisme en occident (5)
Il me semble mais peut-être suis-je trop optimiste que cet enjeu là et la manière largement inusitée et pragmatique dont il est abordé commence à être perçu par les peuples c’est d’ailleurs ce qui favorise cette sidération à la base également. Quant au sommet d’où ruissellent des divisions dont la source est dans celles de la classe dominante et son incapacité à offrir une issue. Le mépris, l’arbitraire des aspirants à la direction de quoique ce soit des appareils de cet impérialisme paraissent avoir à cœur de jouer la puissance comme l’imposition d’un supposé rapport des forces y compris à gauche et même dans le PCF qui s’est socialdémocrarisé.
Il n’y a personne pour concevoir un débat sur le mode réel de la négociation : comprendre ce qui est dit y compris quand on ne le partage pas, il faut frapper d’anathème, censurer, et interdire donc d’avancer vers des solutions politiques, le choix de la guerre perpétuelle, celui d’une classe capitaliste devenue caste qui régresse ou prétend régresser à l’ère de sa puissance colonialiste, au fait de l’exploitation de sa propre classe ce qui entre en contradiction avec le développement des forces productives et place cette caste dans une parodie permanente.
Je suis en train de travailler sur l’Asie centrale, une préface à la réédition du livre passionnant d’Henri Alleg, Etoile rouge et croissant vert que veulent rééditer les éditions Delga (6) alors qu’il a été publié par les éditions sociales du PCF en 1983. Cette date qui est charnière de la force d’une contrerévolution. C’est le choix par Mitterrand des diktats patronaux contre le programme de la gauche sur laquelle il a été élu, contre même le gouvernement Mauroy et qui débouche ultérieurement sur Jospin appuyé sur Gayssot… le tout avec un ralliement de « intellectuels » courtisans. Bref tout ce que j’ai esquissé dans le Zugzwang pour comprendre la nature de la censure que nous subissons en France. Et celle qui de fait multiplie les leurres, les empoignades dérisoires pour éviter les questions de fond sur la nature du changement et- ce qu’il impose. Et là s’impose ce que j’avais déjà esquissé dans les trois chapitres de notre livre collectif sur URSS- Russie-Chine à partir justement de cet espace commun eurasiatique depuis la révolution bolchvique jusqu’à l’effondrement et la renaissance d’un espace de « sécurité » dans cette Asie centrale.
Comme toujours c’est en écrivant, à partir d’un questionnement sur l’histoire et l’événementiel que l’on retrouve la passion du journaliste, de l’anthropologue, qui redonne des couleurs à l’épuisement de l’engagement.
C’est peut-être d’ailleurs la seule véritable récompense, celle qui vous met à l’abri de bien des stupides mesquineries des jeux de pouvoir, des coteries, des écoles, celle de la liberté, que ces rencontres en particulier avec des jeunes gens qui s’affirment à la fois paumés et ne renoncent pas pourtant à donner un sens à leur vie, un véritable échange au coin de la rue entre une très vieille dame qui s’éblouit elle-même d’être encore disponible pour une telle quête et d’y trouver des interlocuteurs même s’ils ne sont qu’une poignée. Et puis il y a tous ces livres dont chacun éclaire un des motifs du kaléidoscope de ce qui est là et à construire…
danielle Bleitrach
(1) Rapidement épuisé dès sa parution en 1959, ce livre enfin réédité éclaire l’oeuvre d’Aragon : il est à bien des égards un art d’écrire puisque l’auteur nous livre ses « secrets de fabrication ». Il permet également de mieux comprendre la conception générale du monde à laquelle Aragon est resté fidèle jusqu’à la fin de sa vie : le socialisme. En lisant ce recueil, on voit se dessiner, page après page, une figure de l’écrivain et du militant dont les caractéristiques principales sont l’honnêteté, la liberté critique, la générosité. Jean Ristat
(2) Fernand Braudel l’histoire mesure du monde. Conférence de la captivité. editions de la Maison des sciences de l’homme 54. avec une préface de Sanjay subrahmanyam et une post face de christian Grataloup. 2025
(3) Quand Marx se moque de Feuerbach et des hégéliens de gauche il a cette vision saisissante: quand Feuerbach est matérialiste il ignore la dialectique, quand il est historien il oublie la base matérielle.
(4 ) de ce point de vue Rockhill dit des choses de plus en plus intéressantes et qui ne se limitent pas à la dénonciation du « libéralisme libertaire » mais portent sur le débat actuellement à l’œuvre entre tenants du livre,I sur la plus value et tenants du Livre II et III qui s’intéressent à l’accumulation et la circulation pour faire simple. je voudrais signaler deux titres portant sur ces enjeux de la spatialisation de l’impérialisme à partir desquels on peut mieux percevoir l’originalité de la proposition chinoise en partenariat stratégique cette fois avec la Russie mais aussi l’Iran et d’autres continents l’Afrique, l’Amérique latine. Donc je vous recommande Daniel Harvey, la géographie de la domination . Capitalisme et production de l’espace. préface de cécile Gintrac . Editions Amsterdam. 2000. Et on peut également au niveau des FAITS consulter Quinn Slobodian le capitalisme de l’apocalypse ou le rêve d’un monde sans démocratie. Aux éditions du Seuil. 2025. Ces publications et d’autres sont d’un intérêt inégal mais le dialogue avec le matérialisme historique et dialectique devient incontournable même s’il est circonscrit dans le monde des sciences sociales qui subissent elles aussi une double exclusion, celles du scientisme qui n’est qu’un technocratisme et celle de l’universitaire écarté des débats s’il ne cède pas à la doxa et au consensus médiatique.
(5) Il y a peu de maisons d’éditions en France qui osent publier un catalogue entièrement consacré à des auteurs et de sujets aussi à contrecourant en France, ces éditions sauvent de l’oubli et de la liquidation des centaines voir des milliers de titre. Cette action à contrecourant s’assortit d’une pratique militante auprès des libraires, une politique d’association avec des groupes qui produisent des vidéos en dépassant les clivage, qu’il faut saluer . Cette orientation qu’accompagne une ascèse assumée par l’éditeur explique
ma fidélité même si j’ai une allergie totale à leur objet livre et j’ai réussi à obtenir de mon absence de droits d’auteur (un principe militant mais aussi pour éviter les problèmes de l’URSSAF) que ce soit pour les livres, préfaces et mêmes frais de déplacement pour la diffusion. L’objet Zugzwang ou la fin du libéralisme libertaire et Après? a été et reste un soulagement pour moi grâce aux talents de maquettistes de Samuel Autexier avec lequel je suis en parfait désaccord sur bien des points en particulier à propos de LFI ce qui n’interdit pas une estime réciproque. Ce livre se rapproche le plus de ce que je souhaite réaliser pour entamer le dialogue. Un seul regret Delga m’a suggéré un titre « glouscardien » (libéralisme libertaire) ce n’est pas tout à fait ma problématique et mon centre d’intérêt ^prioritaire. A choisir je préfère un retour à Pasolini…
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