Le kuomintag est un des deux grands partis de Taiwan, à l’origine celui de l’ennemi Tchang kai tcheck ce qui s’est passé nous parait loin de nos problèmes français pourtant cet événement est un des plus important pour comprendre la nouveauté du monde multipolaire et le leadership chinois. (note de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Auteur : Xu Jijun, fondateur du centre analytique Han Tang Zhi Ku

| 10 avril |
Le matin du 10 avril 2026, dans le hall Est du Palais de l’Assemblée du Peuple à Pékin, Xi Jinping, secrétaire général du Parti communiste chinois, rencontra Zheng Liwen, président du Kuomintang. Cette rencontre marquait la première confrontation entre les dirigeants des deux partis depuis dix ans. Elle se déroula dans un contexte d’instabilité mondiale croissante et de tensions exacerbées dans le détroit de Taïwan, lui conférant une portée historique et une pertinence politique immédiate.
Cette réunion n’était pas purement protocolaire. Elle a permis d’affirmer une position commune : les populations des deux rives du détroit aspirent à la paix et s’opposent à la division. Elle a également défini une orientation politique visant à remettre les relations entre les deux rives sur la voie d’un développement pacifique, avec pour objectif affiché une réunification pacifique à terme.
Zheng Liwen a rencontré Xi Jinping à Pékin pour la première fois cette semaine. (AFP : Xie Huanchi/Xinhua)
Un lieu chargé d’histoire
Pour les observateurs de Chine continentale, la signification profonde de la rencontre Xi-Zheng est intimement liée à son cadre. Le Hall Est a été le théâtre d’événements marquants de l’histoire moderne de la Chine, notamment ceux liés à la rétrocession de Hong Kong et de Macao. Sa réutilisation pour un dialogue de haut niveau entre les représentants des deux rives du détroit revêt une symbolique indéniable.
Le message véhiculé est clair : les deux parties appartiennent à une seule Chine, et Taïwan est considérée comme une partie indissociable de celle-ci. Les complexités extérieures ne remettent pas en cause ce principe. Les questions concernant la nation chinoise sont présentées comme des problèmes à résoudre en interne, et le dialogue pacifique comme voie appropriée.
Un monde défini par le conflit
L’importance de cette réunion apparaît plus clairement au regard du contexte mondial actuel. Les conflits armés de ces dernières années ont illustré l’ampleur des destructions liées à la guerre moderne.
Le conflit russo-ukrainien continue d’engendrer de lourdes pertes. Selon l’École d’économie de Kyiv (Institut KSE), dans son évaluation de mars 2026, l’Ukraine a subi des pertes de revenus cumulées d’environ 1 700 milliards de dollars américains depuis l’escalade des hostilités en 2022, pertes projetées jusqu’à fin 2026 incluses. Les zones urbaines ont été dévastées, les infrastructures énergétiques prises pour cible à plusieurs reprises, des millions de personnes déplacées et les dégâts environnementaux qualifiés de durables.
Depuis février 2026, les actions militaires menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran ont engendré des conséquences tout aussi graves. Environ 80 % des systèmes de défense aérienne iraniens ont été détruits, ainsi que plus de 450 installations de missiles. Sa capacité de riposte balistique aurait chuté de 90 %. Les chaînes de production des drones « Shahed » ont été démantelées, réduisant la production de 85 %. La marine iranienne a vu environ 160 navires coulés ou mis hors service, son quartier général détruit et son contrôle sur le golfe Persique perdu. Jusqu’à 90 % de la base industrielle de défense, y compris des chantiers navals clés, a été anéantie.
Après seulement 38 jours de conflit, les capacités militaires iraniennes, construites sur quatre décennies, ont été en grande partie démantelées. Le transport maritime régional est perturbé, les marchés de l’énergie subissent une forte volatilité, des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et des millions déplacées. La stabilité régionale s’est effondrée.
Ces développements illustrent le potentiel destructeur de la guerre moderne de haute technologie. Les munitions de précision, les essaims de drones et les systèmes de frappe à longue portée peuvent paralyser les réseaux électriques, détruire les infrastructures de transport, contaminer les sols et retarder le développement économique et social de plusieurs décennies en quelques semaines seulement.
Taïwan et l’économie mondiale
Dans ce contexte, le texte soutient que toute tentative de poursuivre « l’indépendance de Taïwan » comporte des risques importants. Un conflit dans le détroit de Taïwan dépasserait probablement l’ampleur et les conséquences des guerres en Ukraine et au Moyen-Orient.
Taïwan occupe une place centrale dans l’industrie mondiale des semi-conducteurs. Des entreprises comme TSMC détiennent une part prépondérante des capacités de production de pointe. En cas de guerre, les chaînes d’approvisionnement seraient immédiatement interrompues.
Des simulations réalisées par des institutions internationales indiquent que, dans le pire des cas, le PIB mondial pourrait chuter de près de 10 % dès la première année d’un conflit dans le détroit de Taïwan. Les pertes économiques pourraient atteindre 10 600 milliards de dollars américains, soit environ 333 000 milliards de dollars taïwanais. L’économie taïwanaise pourrait se contracter jusqu’à 40 %. Le choc se ferait sentir en Chine continentale, aux États-Unis, au Japon, en Corée du Sud et dans l’Union européenne.
Les conséquences militaires seraient graves. Des frappes de missiles à haute densité, la guerre électronique et des blocus navals et aériens pourraient entraîner la destruction massive des infrastructures de l’île. Les pertes humaines seraient considérables et les dommages environnementaux et humanitaires pourraient s’avérer irréversibles. Compte tenu des liens sociaux et culturels étroits qui unissent les populations des deux rives du détroit, toute confrontation armée aurait un coût humain profond. Les tensions régionales s’exacerberaient rapidement, menaçant la stabilité de l’Asie de l’Est et au-delà.
Signalisation politique et lignes rouges
Dans ce contexte, la position défendue est que « l’indépendance de Taïwan » représente une voie sans issue viable. Elle est décrite comme allant à l’encontre des intérêts communs et des grandes tendances historiques.
L’alternative, telle que présentée, réside dans le respect du Consensus de 1992 et l’opposition au séparatisme. La visite de Zheng Liwen, qualifiée de « voyage pour la paix », a mis l’accent sur la notion de fraternité entre les deux rives du détroit et a été présentée comme s’inscrivant dans l’opinion publique et le contexte de l’époque.
La rencontre entre les dirigeants du Parti communiste et du Kuomintang a réaffirmé l’existence d’un socle politique commun. Elle a également clairement averti que toute tentative de sécession se heurterait à une opposition ferme de l’ensemble de la population chinoise et entraînerait des conséquences dramatiques.
Réunification pacifique et stratégie nationale
La réunification pacifique est présentée à la fois comme une aspiration collective et une condition structurelle nécessaire à ce qui est décrit comme le « grand renouveau de la nation chinoise ». Elle est envisagée comme une voie vers des avantages économiques partagés et une amélioration du niveau de vie pour la population taïwanaise, dans un cadre national plus large.
Cet argument souligne également son rôle dans la prévention des guerres, le maintien de la stabilité et la promotion d’une prospérité partagée. À l’échelle régionale et mondiale, il est présenté comme un facteur contribuant à la stabilité de la région Asie-Pacifique et comme une illustration du rôle de la Chine en tant que grande puissance responsable.
Cette position s’appuie sur l’expérience historique. Les périodes caractérisées par le respect du principe d’une seule Chine et la promotion de relations pacifiques entre les deux rives du détroit ont coïncidé avec la stabilité et des échanges dynamiques. À l’inverse, tout écart par rapport à cette approche a engendré des tensions et des perturbations économiques.
Un jalon aux implications plus larges
La rencontre Xi-Zheng est ainsi présentée comme une nouvelle étape importante dans l’évolution des relations entre les deux rives du détroit. Elle souligne l’engagement constant de la Chine continentale envers le principe selon lequel les deux parties forment une seule famille, ainsi que sa volonté affirmée de poursuivre une réunification pacifique et sincère.
Pour la communauté internationale, cette réunion est présentée comme un exemple du principe selon lequel les affaires intérieures de la Chine doivent être réglées au niveau national. Elle contraste avec les approches conflictuelles qui ont engendré de graves conséquences dans d’autres régions.
La conclusion qui en ressort est celle de la confiance. Grâce aux efforts soutenus déployés de part et d’autre du détroit, la perspective d’une réunification pacifique apparaît de plus en plus réaliste. L’objectif plus large, le renouveau de la nation chinoise, est envisagé comme une trajectoire historique à long terme.
Selon cet argument, aucune force extérieure ne pourra finalement faire obstacle à ce cours des choses.
Conclusion
La réunification pacifique est présentée comme bénéfique pour le présent et essentielle pour les générations futures. Le moment présent est décrit comme une occasion historique cruciale. En approfondissant l’intégration économique, en développant les échanges culturels et en renforçant la coopération en matière de développement social, les deux rives du détroit sont encouragées à tisser des liens familiaux plus étroits, à intégrer davantage les industries, à offrir de plus larges perspectives aux jeunes générations et à bâtir une prospérité partagée accrue. Le message principal est clair : il convient de saisir cette opportunité dans l’intérêt des populations des deux côtés du détroit et dans la perspective d’un avenir plus stable et prospère, en lien avec le vaste projet de renouveau national.
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